Le Québec et les séismes, êtes-vous prêt?

CHINA-QUAKECLAUDE BORDELEAU

8.3, c’est la magnitude qu’a atteint le dernier séisme à frapper le Chili le mercredi 16 septembre 2015 dernier ne faisant, étonnement et heureusement, que treize victimes mais des dégâts considérables, surtout dus aux tsunamis qui ont ravagé ses côtes après. C’est le plus intense séisme sur la planète cette année, mais pour le Chili il est loin d’être le premier et probablement pas le dernier. Il se classe comme bon sixième de l’histoire de ce pays, le plus intense, près de la ville  de Valdivia en 1960 a fait entre 3 000 et 6 000 victimes était d’une magnitude de 9.5, soit la plus forte magnitude enregistrée sur la planète. Ce pays est abonné aux tremblements de terre, depuis 1570 et en ne tenant compte que des séismes d’une magnitude supérieure à 6, le Chili a tremblé sous environ 130 séismes dont 17 depuis l’an 2000.

Le Chili se situe au bord de la plaque tectonique océanique de Nazca qui est en subduction (s’enfonce sous) la plaque tectonique continentale sud-américaine à une vitesse de 8 cm par an, ce qui est très élevé comme vitesse de déplacement. Cette vitesse cause une accumulation énorme d’énergie qui, lorsque libérée brusquement, provoque ces secousses qui à leur tour provoquent les tsunamis. Dans le cas du séisme de Valdivia la plaque de Nazca s’est enfoncée d’environ 18 cm créant des vagues de plus de douze mètres.

La puissance d’un séisme est quantifiée au moyen l’échelle de Richter, introduite en 1935 par Charles Richter cette échelle est une fonction logarithmique continue; cela signifie que pour chaque augmentation d’unité la puissance est dix fois plus intense que la précédente : ainsi un séisme de magnitude 7 sera 10 fois plus fort qu’un de magnitude 6 mais 100 fois plus qu’un séisme de magnitude 5. D’autres échelles calculant l’intensité existent basées sur l’observation des conséquences du séisme : effet sur les personnes, les objets, les mobiliers, les immeubles et l’environnement. Les relations entre magnitude et intensité sont complexes.

Le fameux séisme de 1906 de San-Francisco d’une magnitude de 8.2 (quasiment identique au dernier du Chili du 16 septembre 2015) et ayant fait dans les 3 000 morts est souvent qui frappe le plus mon imaginaire, mais il est loin d’être le plus fort ou meurtrier de l’histoire de la Terre. Les 5 plus forts tremblements de terre enregistrés sont :

1- 9.5, au Chili près de Valdivia en 1960

2- 9.1 à 9.3 à Sumatra en 2004

3- 9.2 en Alaska en 1964

4- 9.0 à Tohohu, Japon en 2011

5- 9.0 Kamchatka en 1952

Mais les 5 plus meurtriers sont

1- Haïti en 2010 : 300 000 victimes

2- Tangshan, Chine, en 1976 : 242 500 victimes

3- Sumatra en 2004 : 230 000 victimes

4- Gansu, Chine en 1920 : 200 000 victimes

5- Xining, Chine en 1927 : 200 000 victimes

Les conséquences des tremblements de terre sont donc très variables selon l’endroit ou ils se produisent, un séisme de très grande magnitude dans un endroit désert aura beaucoup moins de conséquences qu’un de magnitude plus faible mais dans un endroit très peuplé ou mal préparé.

Mais au Québec sommes-nous à l’abri des séismes? Chaque année des centaines se produisent ici au Québec. Le Québec peut être divisé en trois grandes zones propices aux séismes : la zone Charlevoix-Kamouraska, l’Ouest du Québec et Bas-St-Laurent-Côte-Nord. Il faut toutefois spécifier que nos séismes sont de faible magnitude mais, historiquement, quelques uns entre 6 et 7 de magnitude nous ont un peu secoués.

La région de Charlevoix-Kamouraska est la plus active. Cette zone longe le fleuve et empiète dans la MRC de Charlevoix sur la rive nord et dans la MRC de l’Islet et Kamouraska sur la rive sud. C’est dans cette zone que le plus fort séisme enregistré au Québec s’est produit en 1663, d’une magnitude estimée à 7. Au XXe siècle c’est celui de Rivière-du-loup de 6.2 en 1925 qui vient en tête de liste.

La zone de l’Ouest du Québec comprend les régions de l’Outaouais, la région comprise entre Montréal et le Témiscamingue ainsi que les Laurentides et l’est de l’Ontario. En 2010 un séisme de 5.0 y a été enregistré près de Val-des-Bois et Gracefield.

La troisième zone est celle du Bas-St-Laurent-Côte-Nord et se situe dans l’estuaire du fleuve entre la région de la Côte-Nord et celle du Bas-St-Laurent et aucun séisme majeur n’y a été enregistré.

Mais certains tremblements de terre peuvent se produire ailleurs, par exemple celui du Saguenay de 1988 et d’une magnitude de 5.9, ce qui en fait le plus intense des 50 dernières années dans l’est de l’Amérique du Nord, nous l’avions ressenti jusqu’à Montréal.

Contrairement au Chili, le Québec n’est pas près des limites de plaques tectoniques, quelles sont donc les causes de ses tremblements de terre dans ce cas?

Dans la région de Charlevoix une grande météorite a enfoncé le bouclier canadien, constitué de roches très dures et les parmi les plus anciennes sur terre. Le cratère que cet astéroïde de 5 km a crée il y a 241 million d’années est bien visible, c’est le cratère de 85 km2 du lac Manicouagan (100 km crête à crête); Cet impact a crée un réseau de failles en compactant le sol et le sous-sol sous sa force d’impact. C’est le rehaussement sporadique du lieu d’impact qui cause les tremblements de terre dont certain d’une bonne magnitude.

Pour ce qui est de la zone de l’ouest du Québec, région Outaouais, nous savons que cette région a été ensevelie sous des kilomètres de glaces pesant un poids considérable et ce pendant des milliers d’années durant les ères glaciaires. Ce poids énorme pendant une si longue période a littéralement écrasé et compacté le sol de cette région. La fonte assez récente (entre -13 000 et -10 000 ans) de la glace permet maintenant au roches de reprendre leur volume normal, encore là c’est ce rehaussement, souvent par à coup, qui cause nos tremblements de terre.

Le Québec n’est donc pas à l’abri d’un tremblement de terre d’importance et il est parcourue par une série de détecteurs qui en enregistre l’activité sismique et, depuis surtout les années 2000, les normes de constructions de structures résistantes aux séismes ont été mise à jour et augmentées. Nos amis chiliens on su tirer profit de leurs mauvaises expériences et ont porté leur niveau de détection et d’alerte à un niveau supérieur et, dès que les secousses du dernier événement arrêtées, un million de personnes habitants les zones côtières ont été évacué, résultat 13 malheureuses victimes mais des milliers de vies épargnées grâce à cette préparation.

Mais ici même au Québec des mesures et des informations sont mises en place autant au niveau fédéral et provincial qu’au niveau des grandes villes. Ces sites sont par ailleurs facilement accessible par internet avec des mots comme : risque, tremblement de terre, séisme, Canada, Québec, Montréal etc.

Parlant justement de préparation gouvernementale, vous savez que vous pouvez faire votre propre préparation antisismique? Vous avez entendu parler de « La grande secousse du Québec »? La Grande secousse se veut un exercice de simulation en cas de tremblement de terre sur une base volontaire, individuelle ou collective de savoir quoi faire, comment s’abriter et éviter les pires conséquences si un séisme d’importance frappait. Le site internet de la Grande secousse du Québec fournit facilement renseignements et documentations. Cet événement n’est pas seulement Québécois mais s’inscrit dans un cadre international car plusieurs villes et pays y participent. Donc le 15 octobre 2015 à 10hre15 un énorme séisme imaginaire ébranlera la planète. Saurez-vous comment y faire face?

Dorénavant, en automne, il n’y aura plus seulement à changer la pile du détecteur de fumée mais aussi à rafraîchir nos réflexes de survie face à une catastrophe naturelle. J’espère que le 15 octobre prochain ne vous secouera pas trop, retenez tout simplement ceci : se baisser, s’abriter, s’agripper! Qui sait?

 

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Claude Bordeleau

Né à Montréal en 1950. Diplôme de technologue en chimie, carrière de 37 ans comme technicien en travaux pratiques au Collège Ahuntsic. Études en guitare populaire et piano classique, accompagnateur instrumentiste dans un groupe vocal et une chorale. Ceinture noire 3ième Dan en karaté, toujours actif dans le Groupe Karaté Sportif. But dans la vie: apprendre et devenir une meilleure personne à chaque instant, physiquement et spirituellement avec le plus grand sourire possible.

Une pensée sur “Le Québec et les séismes, êtes-vous prêt?

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    22 septembre 2015 à 16 04 38 09389
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    Merci, Claude, pour cet intéressant article sur un sujet très peu traité. Pourtant, les séismes affectent la vie des gens les poussant à la survie.

    Je me renseigne pour la simulation. Donc, le 15 octobre prochain !

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