Le secret du juge Delisle

 
 

 

Ce que je vais vous raconter ici est une pure fiction. Une spéculation.  Je ne connais pas le secret du Juge Delisle et je ne sais même pas s’il a un secret. J’ai pensé à écrire ce texte en lisant la chronique de Yves Boisvert, dans La Presse du vendredi 15.

J’ai hésité à l’écrire.  J’y pensais depuis longtemps, mais réserve durant un processus judiciaire en marche, puis, quand ce processus est arrivé à terme, une certaine pudeur, vis-à-vis ceux qui sont personnellement concernés. Ils ont  droit à ce que tous et chacun ne prennent pas prétexte de leur malheur pour pondre des lignes agate à se faire de la pub, en prétendant qu’ils ont trouvé quelque chose.

Puis, j’ai senti chez Boisvert, un chroniqueur que je respecte, le même malaise que je ressens depuis le début de cette affaire : le Juge Delisle n’a pas un profil d’assassin.  Boisvert est perplexe et je pense que j’ai le droit de l’être aussi. Je pense même que le devoir de réserve et la pudeur ne tiennent pas, si l’on croit qu’on peut dire un mot pour faire avancer la justice..  Alors j’ai choisi de dire ce qui me trotte dans la tête.  Ce n’est pas une révélation… mais c’est un scénario qui expliquerait bien des choses.

Imaginez …

…   Tout ne va pas bien pour le couple Delisle.  Elle est malade, handicapée, souffrante et ça ne peut aller que de mal en pis.   Il est vieux, la vie et ses défis sont derrière lui,  il n’y a plus de joie pour lui dans les quelques années qui lui reste.  Il y a cette affection qu’il partage avec une autre femme, mais, à son âge c’est un sentiment qui n’en mène large que parce que la vie est bien étroite. On ne tue pas à 77 ans pour rejoindre une maîtresse. Je le sais : j’ai 77 ans. La vie n’est pas drôle pour le couple Delisle.

Quand il n’y a plus de joie, la hargne s’installe. L’impatience vient pas vagues. On la regrette, on s’excuse, on recommence…  On voudrait que ça finisse.  Celle qui souffre dans sa chair, surtout, voudrait que ça finisse. Elle parle de suicide.  Elle lui en parle. Un peu pour le culpabiliser… Mais l’idée fait son chemin. Car il  n’y a pas d’autre issue et elle le sait. Nous le savons tous, mais quand on est cloué a une chaise on a plus de temps pour y penser. Pour apprivoiser l’idée de simplement en finir…

Elle lui en parle et il culpabilise. Il se sent coupable de même  penser qu’il pourrait se sentir soulagé  si elle prenait la décision d’en finir.  Lui la tuer ?  Ridicule. Impensable. Ce serait la contradiction totale de tous ses principes et de toute sa vie.  En bonne logique il sait bien que la mort est la seule issue, pour lui comme pour elle, comme pour tout le monde, mais ce n’est pas son affaire. On lui a appris jeune, dans les années « 30 et « 40, que c’est Dieu qui s’en occupait.  Mais en bonne lucidité, il doit bien s’admettre que, si elle partait la première, elle n’y perdrait rien , mais que ses dernières années à lui seraient moins pénibles.  Cette idée de son suicide à elle peut devenir un non-dit entre eux.  Un non-dit bien lourd.

Supposez maintenant un matin plus triste que les autres. Une acrimonie d’autant plus blessante qu’elle est retenue, polie et donc insupportable, puisqu’elle ne donnera jamais lieu a des excuses, à un rapprochement… C’est la désaffection définitive. Supposez que Nicole Rainvile, épouse Délisle, décide que c’est le bout de la  route. Imaginez un dialogue que je me sentirais inconvenant de vouloir inventer, mais  dont le sens peut être bien clair. ..

 » Moi, Nicole, ta femme je veux mourir. Tout de suite. J’ai la ferme volonté, mais ma main n’a pas cette fermeté. Je n’ai pas physiquement la force de mon projet. J’ai besoin de toi. Ne me laisse pas tomber, ne me refuse pas ton aide.  Je ne te demande pas de me tuer – je sais que tu ne le pourrais pas – mais seulement de guder ma main, d’affermir mon geste… »

Et le Juge Delisle, qui n’est pas un assassin,  peut bien cependant accepter de rendre ce service… Sa main sur celle de Nicole, l’arme à l’envers – qui est la position la plus confortable – et sa main a elle bien sur le canon, solidement, car ce n’est pas lui, mais elle qui va tirer. Son doigt a lui sur son doigt à elle,  mais c’est bien son doigt a elle sur la gachette…

En son âme et conscience, le Juge Delisle n’a pas tué sa femme. Elle s’est suicidée.   En toute bonne conscience il ne se sent pas tenu de donner les détails aux policiers. Ce sont des détails intimes, personnels, un secret entre elle et lui. Parce que le Juge Delisle ne veut pas dire son secret, il va « simplifier » les faits, faisant le pari que sa réputation  pesera plus lourd que les petits détails qui n’ont pas de sens…

Mais ce n’est pas le travail de la police d’aller au fond de la bonne conscience, seulement de voir des faits, de trouver des incohérences… Or, sans les petits détails qu’il a omis, il y en a. Il devient soupçonné, accusé…  Parlera-t-il des détails ? De sa main à lui sur sa main à elle… ?

Comme il a cette moralité rigide  venue des années « 3o et « 40,  il est piégé  car il ne voudra jamais  avouer un  premier mensonge d’omission.  Rigidité, amour propre,… dire la vérité lui devient insupportable, impossible…  Un parjure lui serait encore plus odieux et, plutôt que de mentir sous serment, il va choisir  de ne pas témoigner, ce qui pour les jurés va apparaître comme un aveu.

Il s’ensuit la CONDAMNATION à laquelle il n’a pas cru et qui lui apparaît infiniment injuste. Le résultat ?  Le reste de sa vie en prison.  Une assistance à suicide, avec toutes les circonstances aggravantes qu’on pourrait y trouver, ne lui vaudrait sans doute que d’être confiné à domicile pour quelque temps.

Chacun, selon ses propres principes, a le  droit de trouver où il veut son estime de soi et celui de payer le prix qu’il veut pour la conserver. Chacun a aussi le droit de réévaluer ses principes.

Tout ça, bien sûr, n’est qu’une fiction en forme d’hypothèse…. ou l’inverse.

Pierre JC Allard

41 pensées sur “Le secret du juge Delisle

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    18 juin 2012 à 1 01 42 06426
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    En effet, cette histoire est pour le moins inusitée. Par contre, au risque de me tromper, je pense que les décisions prises par le juge Delisle d’être jugé devant jury et de ne pas témoigner étaient déjà surprenantes. Il s’agit normalement du type de défense privilégié lorsque le poids de la justice risque à priori d’être défavorable. Puisqu’il ne peut ignorer les façons de faire en matière de justice, il est peu probable qu’il se soit fié aveuglément à la décision de son avocat d’adopter semblable stratégie.

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    18 juin 2012 à 7 07 03 06036
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    On achève bien les chevaux… un grand classique. Manque un seul élément, crucial à mes yeux: la trajectoire du flingue. Car enfin, dans ces histoires de meurtres par arme à feu, l’occasion fait le larron, toujours. Au Canada, pays où, l’un dans l’autre, le port d’arme est sensé être illégal, un juge tient un flingue chez lui, comme on tient un Kodak ou un tournevis électrique… pas net.

    Dans ce genre d’histoire, je dis toujours: suivez la piste du flingue (son achat, sa marque, son armurier d’origine, le club de tir, le tiroir le contenant, les cartouches, etc). Mais, traitant ce dernier comme psychologiquement marginal (un peu comme au cinéma…), on ne m’écoute jamais. Pourtant le flingue est crucial. Il est tout. Sa trajectoire de « vie » en dit plus long que tout le reste. La différence radicale entre cet homme de 77 ans et vous, Pierre: il tenait un flingue…

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    18 juin 2012 à 7 07 18 06186
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    Et le flingue a été essuyé.
    Et avec ce genre de flingue, impossible de se faire une tache au « creux » (presque) de la main.

    Les « faits » sont en faveur du verdict. La « réalité » du juge Delisle, c’est autre chose qu’on ne connaîtra probablement jamais.

    Amicalement

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    18 juin 2012 à 9 09 04 06046
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    Bon, deux géants des mots qui expriment une opinion sur l’affaire Delisle.

    Monsieur Allard exprime le mécanisme psychologique qui fait de Delisle son propre prisonnier : il ne peut pas avouer une première faute et choisie une conduite qui le fait déclarer coupable de meurtre prémédité. Larochelle et Delisle, c’est un duo de virtuoses comme il y en a peu dans le monde.

    Comme l’exprime Monsieur Laurendeau : « le flingue est crucial ».

    Tellement que notre duo de virtuoses disciples de Thémis demandent et obtiennent un procès séparé pour l’accusation criminelle, passible de 3 ans de pénitencier obligatoire, d’avoir eu la possession et le transport illégaux d’un mini pistolet de calibre .22 LR depuis de nombreuses années. C’est une arme à autorisation restreinte que le marchand a l’obligation de ne vendre qu’au détenteur d’un certificat d’enregistrement émis préalablement à la vente par la « RCMP », depuis 1933 au Canada. En eut-il fait la demande qu’elle lui aurait été accordée, à moins qu’il y ait un secret le rendant inadmissible…Il n’y a qu’à penser à la scène de déshabillage du fils suite à la lecture du verdict pour questionner la santé mentale.

    J’affirme que le juge Delisle considère ridicule cette loi des armes à feu. Il est au-dessus de cela. Cette conduite fait de lui un criminel parce qu’il ne rencontre pas le fardeau élevé de conduite responsable imposé par le législateur aux détenteurs d’armes à autorisation restreinte. Et je soupçonne qu’il n’est pas le seul dans ce cas parmi « l’élite » judiciaire, incluant des policiers.

    Même en avouant le meurtre par compassion, car c’est un fait avéré que la main de Rainville touchait au pistolet au moment du tir, soit pour résister soit pour inciter, mais pas pour presser la gâchette de cette seule main gauche et certainement pas pour essuyer les empreintes…comme le souligne avec justesse André Lefebvre.

    Donc, même en avouant le meurtre par compassion, Delisle ne pouvait pas éviter le pénitencier pour la possession d’un flingue non enregistré ni sa déchéance personnelle et la perte de confiance des « justiciables » dans l’Institution.

    Cela me rappelle le Roi-Oedipe ayant décrété la sentence avant de connaître le nom du coupable du meurtre de son père, qu’il ne connaissait pas !

    Qui sait quel coup de pouce cette affaire aurait pu être pour supporter l’appel à la Cour Suprême du Canada de la décision récente de la Cour Suprême de la Colombie Britannique ordonnant au gouvernement d’amender la loi afin de reconnaître le droit de disposer de SA propre vie à sa guise et de mettre fin à cet abus de pouvoir de Sa Majesté.

    Jean-François Belliard

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    18 juin 2012 à 9 09 46 06466
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    Monsieur Belliard,

    Excellent votre description des éléments de la piste du flingue. Poussons-les juste un petit peu plus. Vous dites:

    « Delisle ne pouvait pas éviter le pénitencier pour la possession d’un flingue non enregistré »

    Alors demain matin, je veux me procurer illicitement le type de flingue, assez spécial et spécialisé merci, que vous venez si bien de nous décrire. Je vais où, je m’adresse à qui? Ils fournissent (et re-fournissent) les cartouches et l’étui aussi? Ils me faut des contacts chez les armuriers, les flics (réguliers? ripoux?), la pègre?

    Ensuite, je fais quoi? Je m’entraine au tir ou pas? Dans quel club de tir ou cercle discret de bons copains tirant sur des pittes de terre dans le bois, si je n’ai pas d’autorisation officielle à brandir. Je ne garde pas mon flingue dans un tiroir pendant toutes ces années, comme dans les mauvais polars. C’est la vie ici. Il faut au moins que je le récure de temps en temps et vérifie s’il marche toujours. Par la pratique… C’est délicat ces petites mécaniques. C’est un savoir-faire que de s’en occuper. Qui dit flingue dit culture de flingue de l’homme à flingue.

    Et de faire tout cela, en toute simplicité: qui suis-je? C’est elle, la question qui compte, pour une compréhension adéquate des motivations profondes de notre acheveur de haridelle…

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    18 juin 2012 à 11 11 14 06146
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    @ Paul Laurendeau,

    Vous transmettez un « mème » d’une tristesse infinie : haridelle et un classique du cinéma. Cela me rejoint beaucoup. Ma mère, 92 ans, Alzeimer, CHSLD, toujours le même caractère de Beauceronne castratrice. Je lui demande, moi un pur étranger pour sa mémoire, si elle veut mourir ? Pas du tout. Ça ne fait pas partie de son programme génétique. Le Système lui a fait vivre ce que d’aucun considérerait comme l’enfer. Elle est passée de charbon à diamant. Ils vont finir par avoir sa peau en la nourissant TROP et de force…j’oserais dire farcie. Son métabolisme basal ne requiert que 800 calories, mais ils lui en donnent 1500 et 6 fois par jour, crisse en plus des « vitamines », calvert. Économie tertiaire.

    Voici une réponse basée sur du vécu. Lorsque la police saisissait une arme et qu’un honorable ordonnait sa destruction, cette arme accèdait à une seconde vie, clandestine. Elle pouvait même « disparaître » des exibits lorsqu’elle n’avait pas été meutrière, ou ne pas se rendre aux exibits du tout. Dérivez le reste de cette fiiière. Peut-on croire que Delisle en sa qualité de juge craignait pour sa sécurité ? Il y avait un besoin à combler, donc.

    Par vos questions, je devine que vous n’êtes pas un homme à flingue et comme toutes ces personnes, l’inconnu vous fait peur. Cependant, un autre classique : « Deliverance » a eu le don d’appeler une prudence par la possession légitime de flingues. J’ai eu vent de certaines initiations qui traumatisaient des « frères ».

    Jean-François Belliard

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    18 juin 2012 à 12 12 16 06166
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    « l’inconnu vous fait peur »

    Non, l’inconnu appelle mon projo, mon regard, mon écornifle. Je crains pas les flingues, je crains qu’on minimise la culture du flingue (dans ce cas, comme dans quelques autres), c’est très différent. J’ai pas peur de l’ours, j’ai peur de l’histoire d’ours.

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/02/le-paradoxe-nord-americain-du-port-d%E2%80%99arme/

    Je trouve qu’elle brouille ce qui compte le plus pour moi, la bonne et solide compréhension des faits et, en eux, la connaissande du vrai….

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    18 juin 2012 à 13 01 50 06506
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    @Paul Laurendeau,

    J’ai partagé du vécu pourtant. Pas du roman télé.

    J’avais lu votre histoire de la vie de l’ours traitée plus respectueusement que celle des humains.

    Tout le monde sait maintenant qu’une bombonne de poivre de cayenne fait rebrousser chemin au Kodiac autant qu’à un groupe d’étudiants portant carré rouge.

    Mais c’est interdit d’en posséder individuellement. Arme prohibée.

    C’est comme la cuillère de bois pour frapper les enfants, le martinet pour frapper les enfants ou la règle avec côté métal pour frapper les enfants, interdits, impensable qu’un enfant puis avoir son « arme » pour se défendre ?

    Plus, pas de caméra ou de téléphone cellulaire dans les classes ? Mais des caméras même dans les toilettes pour « surveiller » les enfants !

    Compulsion de répétition de l’exercice du pouvoir.

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    18 juin 2012 à 16 04 39 06396
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    Il n’est pas exact de dire qu’un flingue ou une carabine se doit d’être « nettoyée » à intervalle régulier pour demeurer fonctionnelle. Si elle est bien nettoyée et qu’elle ne sert pas, elle peut demeurer dans son étui et sera tout autant fonctionnelle 5 ans ou même 10 ans plus tard.

    On doit la nettoyer lorsqu’elle a servi tout simplement.

    Avant la loi sur les armes à feu, une majorité de Canadiens possédait une ou plusieurs armes de chasse à leur domicile; et cela depuis les débuts de la colonie. Même si à une époque les armes furent limitées à un certain nombre « par village », elles étaient passées de main à main entre les habitants pour leur permettre de chasser.

    L’arme n’est pas le danger; l’homme qui l’emploie peut être le danger.

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    18 juin 2012 à 17 05 26 06266
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    « L’arme n’est pas le danger; l’homme qui l’emploie peut être le danger. »

    Hmmm, voici un argument qui sent la poudre (pour ne pas dire qu’il sent la NRA). Voici la réplique, logiquement imparable: pas de meurtre par arme à feu sans arme à feu. Et tuer, cela se joue dans le fulgurant, dans l’immense majorité des cas. En matière de flingues: l’occasion fait le larron. Et l’occasion, c’est la présence lancinante du flingue dans les replis de la vie ordinaire. Les alumettes du pyromane en somme… Le fait qu’on puisse tuer sans flingue ne change rien au fait que la présence du flingue augmente significativement le risque mortel et (second truisme) ne le diminue strictement jamais.

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      18 juin 2012 à 18 06 19 06196
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      Quel talent. C’est un délice que de vous lire. Fuck Wikipedia.

      « c’est la présence lancinante du flingue dans les replis de la vie ordinaire. »
      « Les alumettes du pyromane en somme… »

      Tous des symboles phalliques en plus, misandre peut être ?

      Cela explique si bien les meurtres de la rue St-Denis par un « blue gun thug » qui visa le noir et tua et le noir et le blanc. Avec un 9mm, qui peut tuer un V-8 n’importe quel jour de la semaine. Chargé de « dum dum » en plus, munition interdite sur les théatres de guerre.

      Cela peut s’assimiler aux pompiers ou ambulanciers qui rêvent depuis la petite enfance de faire « marcher » la sirène à tue tête et brûler les feux rouges.

      Mais je vous assure, Monsieur Laurendeau, qu’en temps que chasseur ou tireur à la cible, je n’ai jamais ressenti cette présence lancinante en question. Pas plus qu’avec ma canne à pêche ou ma hache ou mon marteau ou ma perceuse 1/2, ou mon moteur 400 c.v. et ma transmission 400 GM à 150 MILLES à l’heure. Ou que vous-même avec vos stylos bleus, rouges ou noirs, à moins que…

      Et j’appelle André Lefebvre en appuis.

      Salutations distinguées.
      Jean-François Belliard

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    18 juin 2012 à 19 07 42 06426
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    🙂

    Depuis que je me suis débarrassé de mes armes à feu je n’ai pas tiré un seul coup de feu. Donc impossible, pour moi, de faire un meurtre avec arme à feu. Ce qui donne raison à M. Laurendeau.

    Par contre j’ai commencé à me servir d’une arme à feu à l’âge de six ans et je n’ai jamais tiré sur personne et j’ai possédé des armes jusqu’à l’âge de 50 ans environ. J’ai aussi passé une grande partie de mes étés en forêt à faire de la survie par plaisir depuis l’âge de 14 ans. Je n’aurais pas accepté de le faire avec du poivre de cayenne. Pas aux endroits où je me rendais.

    Aujourd’hui, j’ai un arc à poulies. Je n’ai pas tiré à l’arc depuis six ans. Par contre j’ai commencé à tirer à l’arc à l’âge de six ans également. Je n’ai jamais tiré personne avec mon arc non plus. J’ai chassé avec une arme à feu pendant plus de 35 ans chaque année, et j’ai tuer deux chevreuils; tandis qu’un copain a tuer un orignal. Je ne compte pas les lièvres et les perdrix. Évidemment j’ai tout mangé.

    Je ne suis pas « homophage » donc je ne vois pas l’intérêt à tuer un être humain ni avec une arme à feu, ni avec un arc. Je pense qu’un homme ou une femme ayant vécu en forêt, ayant expérimenté la nature, ne peut pas faire usage d’une arme à feu contre une autre personne; parce que, pour lui, une arme à feu est beaucoup plus une arme défensive qu’une arme offensive. Ce qui est l’opinion contraire d’une personne vivant exclusivement en ville.

    Je dois ajouter que de tuer un animal, comme un chevreuil ou un orignal est peut-être valorisant aux yeux de la majorité, mais lorsqu’on regarde l’animal mort, il se passe quelque chose à l’intérieur de soi qui nous marque envers l’importance de cette décision d’enlever la vie à quelque chose de vivant.

    Je ne suis pas de ces chasseurs qui « chasse pour le plaisir de tuer un animal ». Je chassais pour la viande que je savoure; et si j’avais ce que je voulais je cessais ma chasse. C’est la même chose pour la pêche. Je pêche ma limite parce que j’aime le poisson. Lorsque ma limite est atteinte, ma pêche est finie.
    Je suis probablement très « vieux jeux ». 🙂

    C’est un peu difficile à expliquer. En fait pour moi une arme à feu est exactement la même chose qu’un marteau. Pour certain, un marteau est une arme offensive. Allez comprendre ça…

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    18 juin 2012 à 19 07 48 06486
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    Je dois ajouter que le tir à la cible est quelque chose d’assez passionnant; que ce soit à la carabine ou à l’arc.

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    18 juin 2012 à 19 07 55 06556
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    Pour revenir au juge Delisle, il a dit que l’arme qu’il possédait servait lorsqu’il allait à la chasse. À mes yeux, la seule possibilité à laquelle cette arme pouvait servir à la chasse aurait été pour tuer une perdrix. Il ne serait certainement pas venu à la chasse avec moi avec cet arme. Lorsque je chassais le chevreuil ou l’orignal, il n’était pas question de tirer un coup de .22 pour tuer une perdrix. Mon groupe se servaient de « collets » ou d’un « lance pierre ».

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    18 juin 2012 à 22 10 26 06266
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    Question de circonstances et de culture. À Goma au Kivu-Nprd, en 1962-63, un fusll à côté du lit était la façon normale de passer la nuit, et il y avait beaucoup de matins où l’on apprenait que l’occasion de s’en servir s’était présentée pour un ami, un collègue, un voisin…

    Tout le temps que j’ai passé en Amérique centrale, dans les années « 70 et « 80, j’avais un pistolet dans le coffre a gants de ma voiture. Comme tout le monde. Je n’ai jamais eu à m’en servir et c’était dû pour une bonne part, je crois, au fait que tout le monde savait que tout le monde avait un pistolet dans le coffre à gants de sa voiture.

    Quand j’ai passé quelque mois à San Salvador, en 2009, Il y avait eu une évolution. Les « mareros » étaient partout et avoir un pistolet était devenu aussi dissuasif que montrer un tire-pois. On restait chez soi, ou on sortait avec une escorte SÉRIEUSEMENT armée.

    Aujourd’hui, la situation au El Salvador, mais surtout au Honduras, le pays voisin, s’est détériorée au point où il est plus prudent d’être a Kabul ou Bagdad qu’a San Pedro Sula ou Tegucigalpa. Je refuse donc d’y aller.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/144-la-breche/

    A Montreal on n’en est pas là, mais on n’en est pas AUSSI loin qu’on aimerait le croire. Ma fille a été cambriolée la semaine dernière. On connait les intrus, ils ont été dénoncés à la police…. qui n’est pas encore intervenue. Des broutilles, mais voyez aussi le lien suivant.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/22/montreal-de-la-corruption-a-lextorsion/

    Un juge peut recevoir des menaces. Il n’est pas extravagant qu’il ait une arme chez lui.

    PJCA

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    18 juin 2012 à 22 10 46 06466
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    Entièrement d’accord avec vous PJCA; mon seul problème est que cette arme de poing n’était pas enregistrée. Ce qui est illégal au Canada depuis toujours ou presque. Même avant le registre des armes à feu, les armes de poing devaient être enregistrée et on devait avoir un permis.

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    18 juin 2012 à 23 11 18 06186
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    Très bon résumé, André.

    Et bravo pour avoir relevé la Lapalissade. C.À.D. pas d’armes à feu, pas de meurtre par arme à feu. Désarmons les policiers. C’est dispendieux d’obliger 4000 policiers à passer par la salle de tir une fois par semaine. Nous au moins nous rechargions nos douilles pour le gros calibre.

    Si Delisle a dit qu’il chassait avec ce petit canon de 2 pouces 1/2, c’est encore une admission d’avoir porter une arme illégalement. C’est pas sérieux. Et une balle de .22 si ça rate sa cible ça peut tuer à 500 mètres. Avec une carabine ça parcourt presque 2000 mètres. Alors c’est mieux avec un fusil.

    Pour avoir testé en salle de tir différents calibres à canon court soit 2 pouce 1/2, il n’y a pas de plaisir là. La gachette n’est ajustable et la visée non plus. C’est purement défensif.

    Ha! les gars de la ville. Tout ce qu’ils ont manqué ! Enfin, c’est une autre sorte de jungle, la ville.

    Pour être franc et honnête, je dois cependant confesser que j’ai planifié de tuer mes 4 enfants par arme à feu lors d’un moment de perte totale d’identité après une douleureuse séparation. Cette solution altruiste visait à épargner aux enfants que j’avais été arnaqué à mettre au monde le malheur d’une vie qu’ils n’avaient pas demandé à vivre.

    J’avais réalisé que je ne pouvais pas réparer, défaire ou refaire ces quatre erreurs autrement qu’en y mettant fin. Irrémédiable.

    Puis j’ai aussi réalisé que je n’étais pas totalement responsable de ces malheureuses erreurs même si je prenais tout sur mes épaules, éduquer comme je l’ai été. Le processus de la culpabilisation s’est alors estompé laissant place pour le travail du deuil. Mais surtout, la vie m’a fait rencontré « mon infirmière » avec laquelle j’ai pu sublimer ma douleur dans une passion dévorante au point que ma vie n’aurait pas value la peine d’avoir été vécue sans elle. Elle n’a rien pris qu’elle n’avait pas donné.

    Ce que j’avais planifié a eu lieu c.a.d. une rencontre avec les enfants pour leur présenter ma nouvelle compagne, sans l’arme à feu. Alors, quand on me parle de Turcotte, de Fabrikant, de Marc Lépine épithète dont m’a affublé le Journaliste Rodolphe Morissette, j’ai une perspective personnelle.

    C’était en 1987. En 1991, plusieurs personnes prenant conscience qu’en sortant du brouillard, je constaterais leurs coups bas à mon égard, prirent peur et utilisaient le système psychiatrique pour tenter une nouvelle fois de me réduire à néant. J’ai été judiciairement désarmé 4 ans après la crise. J’étais parfaitement en règle avec la loi. J’avais moins de talent mais je suis passé par le même creuset qu’Hubert Aquin.

    @PJCA et André Lefebvre

    Il n’avait qu’à se soumettre à la loi comme tout le monde responsable. C’est le test. En cas de légitime défense, il se serait retrouvé dans la même merde. Mon compas moral était mieux calibré que le sien et bien d’autres, je n’ai jamais passé à l’acte, eux si.

    Jean-François Belliard

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    19 juin 2012 à 6 06 47 06476
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    Voilà. Parlant. C’est ce que je disais plus haut. On ne m’écoute pas. On se concerte massivement pour minimiser l’impact du flingue alors qu’il est tout. Tant qu’une telle attitude sociétale perdurera, faudra pas s’étonner de voir de juges Delisle percoler de ci de là, massacrant de bonne foi pour des raisons « strictement psychologiques ». Relisons ce débat et prenons la mesure de l’aphorisme voulant que nous soyons tous responsable, en tant qu’attitude d’époque, d’un crime d’époque…

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    19 juin 2012 à 7 07 48 06486
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    🙂
    Mais je vous écoute, M. Laurendeau!!!
    C’est d’ailleurs pourquoi je vous fais part de ce que représente pour moi, une arme à feu, tout simplement. J’en ai manipulé et usé presque toute ma vie. Je devrais être une voix qui puisse décrire l’un des deux côtés de cette médaille; non??? À moins que vous ne pensiez que seul une personne n’ayant jamais tenu une arme à feu puisse, seule, vous en expliquer les dangers et les sensations?

    Il y a une évidence qu’on doit prendre en considération: À mes yeux, une arme à feu n’est pas un instrument de pouvoir; c’est un outil. Un outil dont je sais me servir. C’est peut-être différent pour d’autres mais je ne peux pas parler en leur nom. Je ne peux que vous indiquer mon vécu. D’ailleurs je pourrais encore posséder une arme à feu selon les conditions de cette loi; mais je n’accepte pas qu’on me « taxe » une fois de plus sous des préjugés insignifiants. Pour moi, il est plus important d’arrêter les abus du pouvoir sur le citoyen que de garder mes armes à feu.

    La loi des armes à feu diminue ma liberté à mes yeux; mais si cela sert à rassurer la population de ses psychoses; je veux bien m’y soumettre. Par contre, je ne suis pas du tout convaincu que le gouvernement appuis ce contrôle pour la sécurité de la population. Je suis plutôt enclin à penser qu’il assure sa propre sécurité. C’est là la psychose non avouée du gouvernement.
    Il est même effrayé par un tout petit « carré rouge »; il est très possible, cependant, que sur ce point, il ait parfaitement raison.

    Amicalement

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    19 juin 2012 à 8 08 50 06506
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    Des 34,000 morts annuelles par arme à feu aux États-Unis, moins de 300 sont des homicides qu’on pourrait considérer comme «légitimes», catégorie incluant le fait d’abattre un cambrioleur, un agresseur violent ou un violeur. Dans plus de 40% des maisonnées américaines où vivent des enfants, il y a une arme à feu. Notons aussi que 50% de tous les meurtres US sont commis avec une arme à feu. Cela finit avec des olibrius de 20 ans qui gambadent dans la nature avec des semi-automatiques et nous, on chipote au sujet du “long prélude à cet épisode », quel qu’il soit.

    Abolition immédiate par décret du “droit” constitutionnel au port d’arme. Saisie et destruction, sans sommation ni compensation, de toutes les armes personnelles du continent nord-américain. C’est cela qui sera un jour la vraie réponse politique sur ces “terribles tragédies dues à des déséquilibrés”…

    Il faut absolument lever la puante “liberté” du port d’arme, comme on leva, rapido, vif et prompt, tant d’autres libertés civiles, du temps de la ci-devant “guerre au terrorisme”… Ce terrible consensus de violence implicite, docile et veule ne me comptera jamais parmi les siens. Le postulat fataliste du flingue est un crime sordide et crapuleux. Jamais je ne le partagerai.

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    19 juin 2012 à 9 09 26 06266
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    « comme on leva, rapido, vif et prompt, tant d’autres libertés civiles, du temps de la ci-devant “guerre au terrorisme”…  »

    C’est à ce niveau que nous sommes en désaccord. J’accepte difficilement une diminution des libertés au nom d’une psychose sociale montée de toute pièce.

    « Ce terrible consensus de violence implicite, docile et veule ne me comptera jamais parmi les siens. »

    Cette phrase pourrait me servir avec tout autant de pertinence.

    Mais il faut respecter les opinions de chacun; jusqu’à ce que cette liberté même soit annulée également.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    19 juin 2012 à 9 09 48 06486
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    Monsieur Laurendeau,

    Question, comme cela : Avez-vous peur de vous, de ce que vous auriez pu faire avec une arme à feu ?

    Vous n’avez pas à me répondre.

    @ Monsieur PJCA,
    Lorsque la crainte de quelque délinquent se protège par un pistolet dans le coffre à gant où à la ceinture ça me va.
    Quand c’est le sytème dont il faut de protéger cela ne va plus. Vous n’y aller plus.
    Vous avez raison de souligner qu’ici nous ne sommes pas très très loin de la seconde.
    J’ai vécu octobre 70 dans le quartier général de la police de Montréal. C’était extrèmement dangereux, voir ces policiers trimbaler des automatiques en tremblant…avec mes yeux d’initiés c’est insécurisant.
    Et l’armée sur le toit, et les hélicos vrombissants, dangereux.

    @ André Lefebvre
    Nous sommes tous d’accord que c’est le pouvoir du conquérant qui se protège et le pire, cela se fait avec notre dîme…crisse.

    @ Tous,
    Si les Mohawks d’Oka n’avaient pas été armés jusqu’aux dents et qu’ils n’avaient pas démontré par le meurtre de Lemay qu’ils se défendraient à mort, qui auraient respectés leurs droits ? Le génocide amérindien des amériques est un long prélude.

    Je crois que Monsieur Delisle doit cesser de jouer au fin finaud et se mettre à table. C’est le chemin de sa guérison et celle de la société qui l’a formaté.
    Au diable les histoires d’ours et les effets de toges.

    Jean-François Belliard

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    19 juin 2012 à 10 10 15 06156
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    « Question, comme cela : Avez-vous peur de vous, de ce que vous auriez pu faire avec une arme à feu ? »

    J’ai surtout peur pour mes fils jeunes adultes, quand ils vont jouer au billard dans des salles mal famées. Sur Toronto et Montréal, au jour d’aujourd’hui, la balle perdue n’est plus du tout la fable surréaliste de l’André Breton inconscient d’autrefois…

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    19 juin 2012 à 11 11 02 06026
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    Autre question comme cela : Que vous est-il arrivé à leurs âges ?

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    19 juin 2012 à 11 11 06 06066
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    « Avouez que toutes nos lois ont produit une drôle de société. »

    Et ce n’est pas fini : air connu.

    Vous savez que chez les Anglais, il faut se rapporter au poste de police lors d’un déménagement et déclarer les couteaux de cuisines ?

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    19 juin 2012 à 11 11 12 06126
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    « Autre question comme cela : Que vous est-il arrivé à leurs âges? »

    Restons décents… On reparlera de cette question là sous un billet plus frivole…

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    19 juin 2012 à 12 12 43 06436
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    @ JFB

    Le passage à l’acte n’est pas un détail trivial. Tout est là car c’est la seule vraie digue. Nous avons chacun la nôtre La civilisation est une formation réactionelle. La digue de Turcotte a sauté. il ne faut jamais le lâcher. La vôtre a tenu, chance au coureur… Certains ont la chance de vivre des situations qui suggèrent d’ouvrir les vannes, ce qui leur permet de relacher astucieusement la pression en gardant les bien-pensants de leur coté. Certains soldats et policiers le font, quelques justiciers… C’est un autre débat

    PJCA

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    19 juin 2012 à 12 12 52 06526
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    @ Paul Laurendeau

    La disponibilité des armes ne changent pas la violence, celles-ci en rendent seulement l’expression plus tragique. C’est l’escalade de la « guerre des boutons » … Si vous enlevez TOUTES les armes a feu, il y aura moins d’homicides – au moins le temps que les gens réapprivoisent la dague et le poison des Borgias…. MAIS si vous désarmez la population et laissez les armes au Pouvoir il est inévitable que le pouvoir en profitera et que la liberté s’étiolera …

    PJCA

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    19 juin 2012 à 12 12 59 06596
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    @ André L.

    C’est dans le premier chapitre du Prince, je crois. « Comme il ne peut y avoir de bonnes lois là où il n’y a pas de bonnes armes et que partout où il y a de bonnes armes, il y a nécessairement de bonnes lois, je m’abstiendrai de traiter des lois et parlerai des armes  »

    PJCA

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    19 juin 2012 à 13 01 01 06016
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    @ Tous Je serai absent. Si vous me commentez je ne vous repondrai que demain.. mais je répondrai.

    PJCA

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    19 juin 2012 à 13 01 21 06216
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    « MAIS si vous désarmez la population et laissez les armes au Pouvoir il est inévitable que le pouvoir en profitera et que la liberté s’étiolera … »

    Les armes à absolument personne quand à moi. Un jour viendra…

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    20 juin 2012 à 12 12 57 06576
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    Tranche de vie:

    J’avoue avoir récemment pensé à me procurer un permis, puis une arme à feu. Pourquoi? Pour pouvoir protéger ma famille en cas de besoin. Absurde? Desfois je troue que oui et defois non.

    Je me suis d’abord dégoûté d’y avoir pensé, me visualisant soudainement comme un redneck ou comme un névrosé des médias qui croit le monde plus violent qu’il ne l’est vraiment. Je me suis aussi dit qu’un de mes enfants pourrait tomber là-dessus et, outre le danger potentiel, la honte me viendrait de voir un de mes enfant avec ça dans les mains. Étrangement, je possède une dizaine d’armes blanches, fruit de ma passion pour les arts matiaux, que je n’ai pas hésité à mettre dans les mains de mon garçon dès l’âge de 5 ans. J’éprouvais même de la fierté à le regarder essayer de soulever un saï et tenter de faire un des mouvements que je lui avais montré. Parce qu’entre simuler un mouvement d’épée visant à trancher la gorge et entre se visualiser avec un « gun » dans les mains dans une situation critique, l’idée est, en théorie, aussi violente. Sauf que non, dans la pratique. Il y a un tabou. Je n’ai aucun malaise à ce qu’un voisin m’observe enseigner les rudiments de l’arme blanche à mes enfants tandis que je me cacherais pour en faire de même avec une arme à feu, même en possession d’un permis.

    Mais j’y ai tout de même pensé. Si moi, ultra-non-violent-paficique-amour-pour-tous, j’y ai pensé, c’est que ce doit être instinctif de prévoir un moyen de défense ultime pour sauver son clan. J’avoue y penser encore quelque fois, mais ça reste abstrait.

    Drôle de dualité.

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    20 juin 2012 à 13 01 18 06186
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    Je vous félicite d’enseigner le maniement d’arme blanche à votre enfant. Il ne deviendra jamais « fou » lorsqu’il en tiendra une dans ses mains.

    Le même principe s’applique à une arme à feu (de chasse) et ce n’est que l’opinion publique erronée (quant à moi) qui fait que vous en ayez un malaise.

    Du moins, c’est ce qui m’apparaît. Du simple fait qu’une arme à feu est potentiellement « dangereuse », il est normal qu’une personne ne sachant pas la manier puisse en avoir peur.

    En ce sens, cela m’inquiète un peu de voir que le gouvernement fédéral replace les armes de chasse accessibles. Non pas parce qu’elles pourrait servir à des meurtres, mais parce qu’une génération d’individus a perdu l’habitude de vivre en compagnie d’armes à feu et n’en mesureront pas l’importance de respecter les bases d’une manipulation sécuritaire.

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    20 juin 2012 à 14 02 18 06186
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    Pour faire une analogie avec votre principe, en ayant fait du judo, on est pas mal moins surpris quand on tombe par terre.

    Bon, ça ne règle pas le malaise, justifier ou non, autour des armes à feu, mais bon.

    À une prochaine fois.

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    20 juin 2012 à 14 02 20 06206
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    oups, on aurait dù lire « justifié ».

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    20 juin 2012 à 15 03 09 06096
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    @ PYL
    En suivant les lois actuelles, il est interdit implicitement de vous défendre ou de défendre votre famille avec des armes à feu. Vous n’avez même pas le droit de mettre des fenêtres pare balle, ou une porte en acier amarrée des deux côtés pour empêcher l’entrée par la force. Vous n’avez même pas le droit de vous barricader où vous pensez être chez vous.

    @ André Lefebvre,
    « parce qu’une génération d’individus a perdu l’habitude de vivre en compagnie d’armes à feu et n’en mesureront pas l’importance de respecter les bases d’une manipulation sécuritaire. »

    Cette phrase vaut de l’or. On robotise des porteurs d’armes dont les pères n’ont rien transmis par leurs gamètes ou leur exemple. Sans inné, on tente de « plaquer » de l’acquis.

    L’envahisseurE-impérialiste n’est pas étranger à la formation de ce fossé entre les générations d’hommes, ils écorment, dégriffent, castrent par tous les moyens possibles.

    Jean-François Belliard

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    21 juin 2012 à 9 09 02 06026
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    @PJCA
    Votre 12:43 est reçu comme empreint d’une grande noblesse à mon endroit. Merci.

    Répondre

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