Le serment d’Hippocrate

ANDRE LEFEBVRE:

Traduction du serment d’origine:

« Je jure par Apollon, médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l’engagement suivants :

Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s’ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l’enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre.

Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté.

Je ne pratiquerai pas l’opération de la taille1.

Dans quelque maison que je rentre, j’y entrerai pour l’utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l’exercice de ma profession, je tairai ce qui n’a jamais besoin d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas.

Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire et mourir dans la tristesse. »

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Voici le serment de l’Ordre français des médecins de 1996 :

« Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. »

————————————————————–

Voici le « serment » prêté au Québec depuis 1999 :

« J’affirme solennellement (donc ce n’est plus un serment) que :

Je remplirai mes devoirs de médecin envers tous les patients avec conscience, loyauté et intégrité ;

Je donnerai au patient les informations pertinentes (autrement dit : je ne dirai pas tout) et je respecterai ses droits et son autonomie;

Je respecterai le secret professionnel et ne révélerai à personne ce qui est venu à ma connaissance dans l’exercice de la profession à moins que le patient ou la loi ne m’y autorise (Ce serait le patient qui autorise; sinon la loi qui oblige) ;

J’exercerai la médecine selon les règles de la science et de l’art et je maintiendrai ma compétence ;

Je conformerai ma conduite professionnelle aux principes du Code de déontologie (conditionnel aux décisions du collège des médecins);

Je serai loyal à ma profession et je porterai respect à mes collègues (inquiétant ça);

Je me comporterai toujours selon l’honneur et la dignité de la profession (sinon quoi?). »

—————————————————————

Euh… Cette dernière version est surement une blague! Elle place le médecin directement sous l’emprise du collège et de l’industrie pharmaceutique. De plus sur 7 « déclarations solennelles » une seule est réellement en fonction de la santé du patient.

Serait-il possible d’envoyer nos finissants en médecine de dernière année en France et de leur faire prêter le serment là-bas avant qu’ils reviennent. Moi ça me rassurerait énormément.

Même si je ne suis jamais malade, j’ai une conscience sociale tout de même!!!

André Lefebvre

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Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

14 pensées sur “Le serment d’Hippocrate

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    13 août 2013 à 7 07 24 08248
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    Si ce que vous avez écris est exact alors la seule bonne résolution à prendre c’est la prévention, c’est à dire une saine alimentation, être à l’écoute son corps, avoir des activités qui contribuent à maintenir une santé physique et mentale, une vie stable et surtout s’impliquer dans la communauté car dans cette communauté il y a des gens qui ont un savoir-faire au sujet de la santé qui est précieux. Je sais, c’est difficile et parfois très compliqué, mais il faut choisir les bonnes priorités et la santé devra être au sommet de vos priorités. La santé est certainement exigeante mais c’est votre plus grande richesse.

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    13 août 2013 à 7 07 46 08468
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    Donc, il y a des gens qui connaissent mieux l’état de mon corps que moi-même?

    Laissez-moi en douter. J’écoute mon corps en ce sens que: quand j’ai le goût de manger quelque chose, c’est qu’il en a besoin. Il m’arrive de ne pas déjeuner parce que mon corps me dit qu’il n’a besoin de rien. Sa façon de le dire est: « je n’ai le goût de rien, ce matin ».

    Pour l’instant, la prévention est du « Marketing ».

    Dites-moi? Vous croyez vraiment que c’est moi qui ai changer l’ancien « titre de « serment » en « promesse solennelle »???

    Amicalement

    André Lefebvre

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      13 août 2013 à 17 05 16 08168
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      Tout ce que vous pensez André n’est que réflexions conditionnés et vous n’en avez même pas conscience. Vous vous croyez libre d’agir selon votre guise mais ce sont des illusions qu’on a implantés depuis votre naissance jusqu’à tout récemment. Le plus rigolo c’est que vous n’y pouvez absolument rien. Vous vous croyez malin c’est ce qui vous condamne à être en fait qu’un conformiste utile au système. En fait c’est votre talon d’Achille et on le sait que trop bien. On vous laisse faire depuis toujours parce que vous totalement inoffensif.

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        13 août 2013 à 20 08 27 08278
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        Parfaitement inoffensif; je suis totalement d’accord avec vous.

        Conformiste utile au système; encore parfaitement d,accord avec vous.

        « Vous vous croyez libre d’agir selon votre guise  »

        Je ne crois rien; mais je le fais c’est assuré; croyez-moi.

        « En fait c’est votre talon d’Achille et on le sait que trop bien »

        Heureusement que « on » exclue la personne qui parle; ce qui me semble assez évident.

        Mais au total, je suis d’accord avec vous.

        André Lefebvre

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    13 août 2013 à 12 12 18 08188
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    Super intéressant. Ca explique tout. Je suis infirmière….

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    13 août 2013 à 12 12 29 08298
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    Il n’y a plus de serment au Canada – pour respecter la liberté de conscience de tous. Une affirmation a au Canada les effets juridiques d’un serment. Dans l’au-dela on ne sait pas, mais il n’y a pas d’extradition…

    Quant au contenu de cette affirmation, il n’est pas necessaire d’être avocat – seulement pas trop bête – pour comprendre qu’elle n’engage a RIEN … sauf è n’importe quoi qu’on crée par la jurisprudence. Ca fait une loi pour ceux qui savent et une autre pour ceux qui ne savent pas. Juste une petite pièce du grand puzzle qu’est devenu la Justice pour qu’elle serve l’Injustice.

    PJCA

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      13 août 2013 à 14 02 56 08568
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      « Il n’y a plus de serment au Canada – pour respecter la liberté de conscience de tous. »

      C’est évident que la conscience d’un voleur, tueur ou escroc peut être mal à l’aise devant l’obligation de prêter serment. Nul besoin d’être avocat, en effet, pour comprendre. 🙂

      Amicalement

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        13 août 2013 à 15 03 53 08538
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        J’ignore s’il s’agit d’un montage, mais je vois dans le Serment original une forme subliminale d’une croix, presque celtique ?

        Affectivement.

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    13 août 2013 à 21 09 44 08448
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    Entendu dans un centre hospitalier de banlieu: La jeune docteure s »adressant a l’épouse et la fille d »un patient, sur un ton ne laissant aucun doute devant l’évidence de la situation  » yé fini, yé plein de métastase » !

    Même le patient as pu entendre le diagnostic.

    On es loin du vieux médecin de campagne qui a 80 ans venait voir ma tante de 86ans chez elle il y as une dizaine d’années !

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    15 août 2013 à 12 12 41 08418
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    @André Lefebvre,

    Bonjour André,

    Les choses ont évolué depuis le serment d’Hippocrate, peut-être pas dans le sens le meilleur pour le patient. C’est plus sophistiqué maintenant, les mots ont des rondeurs insaisissables, des aspérités difficiles à interpréter. Dans le premier serment, les choses sont dites comme elles sont, on comprend l’engagement du médecin, ce qui ne porte pas à interprétation.

    Quant à l’affirmation solennelle de nos médecins québécois, il y a un trou noir dans leur cosmos.

    Merci d’avoir pensé à écrire ce texte.

    Carolle Anne

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      15 août 2013 à 12 12 58 08588
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      Je pense que cela est d’une importance capitale puisque le « serment d’Hippocrate » auquel tous se réfèrent, et qui justifie notre confiance envers les médecins, est un engagement entre le médecin et son patient. Lorsqu’on lit « l’affirmation solennelle » des médecins du Québec, on est face à un engagement entre le médecin, ses semblables et le collège de médecine.

      Se rappeler qu’à l’apparition de cette « affirmation solennelle » , la médecine voulait appeler les « patients », des « clients ». On a laissé tomber l’appellation trop révélatrice, mais la « notion » derrière cette proposition refusée est toujours présente; et on la voit dans cette « affirmation bidon ».

      Un malade est un « client »; rien d’autre.

      Résultat: Je n’ai pas plus confiance à un médecin qu’à un mécanicien ou un vendeur de balayeuses. Et ce n’est pas moi qui ai provoqué cette situation révoltante.

      Amicalement

      André Lefebvre

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        16 août 2013 à 13 01 21 08218
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        J’en suis venue à la même conclusion … depuis que suite à un accident il y aura bientôt trois ans, j’ai VU de mes yeux, plusieurs erreurs médicales, et j’ai ASSUMÉ dans mon corps leur négligence qu’il ne faut surtout pas critiquer.

        Bonne fin de journée,

        Carolle Anne

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          16 août 2013 à 13 01 38 08388
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          On ne peut tout de même empêcher que ce soit « révoltant ».

          Amicalement

          André lefebvre

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