L’empathie développe-t-elle la responsabilité?

On parle beaucoup ces jours-ci de l’absence d’empathie chez certaines personnes, telles Guy Turcotte et Magnotta, pour ne nommer que celles-ci.

Il est fondamental de se demander : Est-ce que l’empathie engendre la responsabilité? Quand on se met à la place d’une autre personne, on finit par voir les choses différemment puisque l’empathie consiste à tenter de comprendre le point de vue de l’autre et ses motivations profondes, sans préjugés. De ce fait, il y a une conscience qui se lève en soi éclairant ce qui appartient à chaque personne, à commencer par soi-même. Il me semble que l’empathie incline à moins jeter la responsabilité et le blâme sur les autres, mais plutôt à prendre en soi le chemin de la prise de responsabilité en comprenant que, finalement, tout se joue à l’intérieur de soi-même, même scénario chez les autres. Ou dans la tête, si on préfère.

L’absence d’empathie

En réfléchissant, on peut en déduire que l’absence d’empathie pourrait être l’incapacité de se mettre à la place de l’autre. Cela est possible, n’est-ce pas? Ce serait même notre tendance première. Trouver un coupable à l’extérieur, le marché économique, les autres, leur attitude, et ceci ne finit plus.

L’absence d’empathie génère une insensibilité face aux autres.

Chez des personnes dénuées d’empathie, même après avoir commis des crimes ou des actes qui échappent au bon sens, cette attitude révèle que leur conscience est cadenassée dans une perception de leur moi qui prend toute la place. Les autres existent par extension, ils sont comme des objets. Ce qui leur arrive n’est pas vraiment important. C’est ce que ces personnes vivent elles-mêmes qui importe!

Lorsqu’un spécialiste affirme qu’une personne est dérangée dans son mental, qu’elle n’est pas dans la réalité – soit sous l’emprise de drogues ou d’émotions qu’elle ne peut gérer, ou d’une déficience du cerveau – que peut-on faire? Il me semble que ce n’est pas une raison pour la laisser vivre une vie sociale comme si elle était responsable.

On pourra prétexter que les psychopathes ou personnes reconnues non responsables de leurs crimes sous l’emprise d’une autre réalité ne sont pas en soi responsables de leurs actes. Peut-être juridiquement.

Humainement, c’est différent. La société se doit de protéger les intérêts de l’ensemble.

Si la personne non empathique n’assume pas les conséquences de ses actes, elle n’aura aucune chance d’évoluer.

Cette situation me fait penser à des enfants-rois trop gâtés. Sans doute que dans notre société moderne, la vertu de la responsabilité tend vers la mollesse.

Si un enfant arrache les fleurs du jardin du voisin parce qu’il n’en aime pas la couleur, doit-on faire semblant que ce n’est pas grave? Il ne faut pas laisser passer, il faut souligner l’impact du geste sur autrui. Ouvrir la conscience. Demander réparation.

Les adultes considérés malades et non responsables de leurs actes – incapables de ressentir le remords et le chagrin qu’ils ont causé à d’autres – devraient être gardés en retrait. Et soignés. Si la maladie ne se soigne pas, il ne faut pas les retourner à la société. Peut-être serait-il bon de les mettre en action, par exemple, les faire participer à des travaux collectifs, les envoyer dans le Grand Nord, les faire travailler de leurs mains, que sais-je?

Notre justice est devenue tellement élastique! Si la personne qui découpe une autre personne en morceaux est graciée au bout d’une année ou deux, celle qui tue avec un revolver devrait être considérée comme magnanime puisqu’elle n’a pas torturé sa victime!

Il ne s’agit pas de condamner l’autre et de l’étiqueter. Il s’agit de grandir et de guérir. Une personne contagieuse dans un hôpital sera mise en quarantaine pour protéger les autres patients. C’est logique.

La même logique s’applique aux personnes dont les actes mettent la société en danger.

Carolle Anne Dessureault

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

11 pensées sur “L’empathie développe-t-elle la responsabilité?

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    14 juin 2012 à 6 06 34 06346
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    L’empathie est cruciale dans le combat intellectuel et dans le débat philosophique. Il est inutile et oiseux de démoniser son ennemi. Il faut se mettre à sa place pour bien voir ses grandeurs et ses faiblesses. « Do not hate your enemy, it scrambles your judgement » (Michael Corleone)… Ce n’est pas une question de magnanimité mais d’efficacité dans la lutte. Je n’ai jamais aussi bien compris mon objection fondamentale à Kant que quand j’ai saisi les arguments de Kant, dans ce qu’ils ont de difficile à réfuter, de convaincant, de séduisant. Tant que je prenais superficiellement Kant pour un absurde, mon manque d’empathie à son égard me rendait parfaitement inapte à bien argumenter contre, y compris intérieurement.

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    14 juin 2012 à 9 09 42 06426
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    A mon humble avis, nous sommes tous responsables, en tant que société, de ce qui se passe dans notre monde. Nous le sommes soit de façon active (par nos paroles, nos gestes, nos actions et mêmes nos pensées) ou soit de façon inactive (en ne disant rien et en laissant faire). Nous avons oublié que nous sommes tous et chacun les cellules d’un grand tissu nommé « humanité ». Que nous le voulions ou non, nous sommes tous inter-reliés et contribuons tous, sans exception, à la confection de ce « grand oeuvre vivant ». Chaque individu y apporte une texture, une couleur, une forme et un parfum unique. C’est l’ignorance de l’importance de notre rôle personnel dans la construction du monde qui est le problème. Ce rôle nous a été caché volontairement par ceux qui de toutes les époques ont voulu dominer et exploiter leurs semblables. Cette élite a utilisé la religion, la politique, la science, l’armée, l’argent, le pouvoir et toutes les technologies… pour garder son contrôle sur les populations. Sommes-nous vraiment surpris de voir des individus agir de façon aussi répugnante et avec une telle violence quand tout autour nous, à travers la télévision le cinéma, les livres, les sports, au bureau, à l’école, etc… on entend parler que de cela? La haine et la violence nous bombardent de partout Comment s’étonner que des individus fragiles et même des enfants finissent par commettre des abominations? On prêche par l’exemple!
    A cause de toute cette souffrance, je pense qu’il y a actuellement un grand éveil de conscience qui se fait en ce moment. Il amènera graduellement chacun et chacune de nous à se responsabiliser davantage si nous voulons un monde ou il fait bon vivre. Et c’est la jeunesse qui posera les bases de ce nouveau paradigme: l’Unité et la Fraternité. Elle a commencé ce travail… à suivre.

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    14 juin 2012 à 10 10 26 06266
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    Même si je ne partage pas sa conclusion, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce texte et la réflexion qu’il sucite. Je ne crois pas cependant que nous sommes (du moins à court terme) sur la voie de l’Unité et la Fraternité. Si les étudiants avaient choisi une cause moins corporatiste et avaient eu l’élégance de respecter de simples règles de démocratie, j’aurais été davantage convaincu. Or nous nous retrouvons avec une société plus divisée que jamais, un discours ambiant empreint de violence et de rejet de l’autre avec en prime aucun leader crédible qui émerge. En abordant les notions de responsabilité et de fraternité, je crois que le présent texte fait une oeuvre utile.

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    14 juin 2012 à 14 02 13 06136
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    @Estelle

    Votre point de vue se rapproche du mien. Voulons-nous devenir des adultes autonomes et libres ou des ados entretenus à la maison ? retrouver notre individualité et laisser aller notre individualisme ? Personne ne semble voir que tant que nous resterons dans la dualité des choses, rien ne pourra s’unir et tout restera séparé ou divisé. L’ignorance mais aussi bien l’inconscience perpétue cet état de conscience.

    Comme vous dites, la conscience est en train de s’élever et elle ne pourra être arrêtée voire même freinée. Aussi bien aller avec et arrêter de combattre. On commence à voir la solution poindre à l’horizon. Mais attention, ce n’est pas tant le résultat que les moyens qui importent et le chemin pour y arriver devra d’abord être individuel avant de devenir collectif. Oublions nos vieilles façons de faire et effectuons le virage à 180 degrés chacun, individuellement, les deux mains bien sur le volant.

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    14 juin 2012 à 21 09 59 06596
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    Et maintenant, nous pouvons aussi montrer notre indignation envers cet autre psychopathe qui a tué sa femme avec un pistolet non enregistré, lui, un ex-honorable juge de la Cour d’Appel du Québec…qui n’a pas plaidé la folie ni même le crime par compassion comme Mortimer.

    Cette « élite » sociale est vraiment, mais vraiment nue. Plus nue que cela, tu meurs.

    Faudrait-il aussi avoir de l’empathie pour JJCharest, maintenant ? Ce « père » imbus d’un tel respect des institutions qu’il fait « estropier » ses « enfants » par des escouades anti-émeute, au nom d’un diktat psychopathe : « qui aime bien châtie bien ».

    Pour Obama ?

    Pour Merkel ?

    Pour  » Her Majesty can do no wrong  » ?

    Les enfants n’ont pas besoin d’empathie, ils « savent » instinctivement qu’ils ont affaire à des bêtes folles furieuses pouvant les occir pour un oui ou pour un non.

    Excusez-moi, je dois aller vomir.

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    15 juin 2012 à 8 08 01 06016
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    La colère, la haine, le mépris, le désir de vengeance, etc… rendent malade, donnent envie de vomir, n’améliorent rien et empirent la situation. L’empathie et la compassion aident à comprendre, à responsabiliser et à guérir.

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      15 juin 2012 à 11 11 03 06036
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      @maman Estelle,

      Seulement si elles sont refoulées ces émotions libératrices exprimées de façon socialement acceptable.

      Quand au reste, c’est une technique qui consiste à responsabiliser l’enfant et à épargner les parents. Faut respecter un certain 4ième commandement, grande valeur sociale.

      Je corrige ma phrase dans mon commentaire de 21:59. Les enfants n’ont pas besoin d’être empathique…Cela exprime plus justement mon idée.

      Amicalement.

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    16 juin 2012 à 15 03 40 06406
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    A mon petit Jean-François,

    Il faudrait apprendre à t’exprimer clairement lorsque tu écris. Ta première phrase est incomplète. Ton « si elles sont … » exige une conséquence ou se retrouve une autre action.

    Quel est « ce reste » dont tu parles dans la deuxième phrase?

    Pourrais-tu formuler la troisième phrase afin que l’on comprenne ton idée?

    Par contre le dernier paragraphe s’entend bien.

    Amicalement

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    16 juin 2012 à 19 07 13 06136
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    @maîtresse d’école Estelle,
    Je vous trouve de moins en moins sympa.
    J-F B.

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    17 juin 2012 à 13 01 56 06566
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    Pour la maîtresse d’école et de J-F B , comme je le disais : que ce sois les ENFANTS , les pauvres , les tous ce que vous voudrez , pourquoi est-ce qu’ils servent de chair à canon ,  »MÊME ICI » ?
    Jean Marie De Serre.

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    18 juin 2012 à 6 06 16 06166
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    « Il ne faut pas se prendre trop au sérieux » avait l’habitude de répéter mon père philosophe. Utiliser des jeux de rôles amuse et dédramatise les situations et amène « un effet miroir » qui aide à se conscientiser (en autant qu’on ne prend pas son idée ou opinion pour la « Vérité incarnée »). Que vous y voyiez « la guerre » dépend de vos lunettes… et des lunettes ça se changent régulièrement.

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