L’ENDETTEMENT MONDIAL GRAVIT DE NOUVEAUX SOMMETS

Bibeau.robert@videotron.ca    Éditeur   http://www.les7duquebec.com

 dette

 

Différents indices permettent de détecter l’approche imminente d’une résurgence de la crise systémique du mode de production capitaliste. L’un d’entre eux est l’endettement des ménages, des entreprises et des États. Un autre indice est la baisse du taux de profit des entreprises et un troisième indice est l’accroissement soudain du nombre de faillites. Enfin, un quatrième indice est l’activité de fusion-concentration des entreprises oligopolistiques. Les plus grandes devenant encore plus gigantesques, ce qui ne réduit pas la concurrence, mais au contraire l’exacerbe, la guerre commerciale qui en résulte mettant aux prises des monstres financiers gargantuesques. Dans une série d’articles, nous ferons la présentation et l’analyse des statistiques récentes pour chacun de ces indices.

 

L’endettement croissant

 

Ainsi, récemment le Fonds monétaire international (FMI) a sonné l’alarme à propos de la croissance de l’endettement des ménages, des entreprises et des gouvernements.

 

« Alors qu’en début d’année 2016 de nombreux analystes prévoyaient une année horrible, s’alarmant de possibles cataclysmes, le Fonds monétaire international a indiqué mercredi (5.10.2016) que la dette mondiale – tant publique que privée – avait atteint un montant sans précédent.  Elle est désormais plus de deux fois supérieure à la richesse économique créée sur le globe. Selon un nouveau rapport publié par le Fonds, l’endettement global s’élevait à la fin 2015 à 152.000 milliards de dollars en dehors du secteur financier, soit 255% du produit intérieur mondial exprimé en nominal » (1).

 

La traduction de ce texte donne ceci : le produit intérieur mondial (la somme des marchandises* ou des valeurs d’échange produites dans tous les pays capitalistes pendant une année), que l’auteur appel « la richesse économique créée sur le globe » est sous financé pendant que des masses de capitaux sont pourtant disponibles dans les canaux de circulation et d’enrichissement évanescents et chimériques. L’économiste appelle le capital financier « la dette mondiale ou l’endettement global ». On aura compris que ce crédit-dette constitue un emprunt sur la valeur d’échange (la valeur des marchandises) qui sera éventuellement produite par le prolétariat mondial. C’est justement là où le bât blesse, la crise de surproduction entraine la réduction de la production, le chômage et la diminution des revenus des consommateurs, retardant d’autant leurs remboursements.

 

Pour les économistes le capital financier est la différence entre ce crédit-dette (public et privé) et le produit intérieur mondial. Ce qu’ils appellent aussi l’économie « irréelle » qu’ils opposent à l’économie commerciale et industrielle « réelle ». Pour les économistes léninistes, le capital financier est la somme de ce crédit-dette (que Lénine appelait capital bancaire) ajouté au capital productif représenté par les actifs des entreprises productrices de marchandises (que Lénine appelait le capital industriel). Pour les économistes léninistes, le capital financier est donc la somme du capital réel productif et du soi-disant capital irréel-non productif. Trouvez l’erreur ?

 

Chacun l’aura compris, dans un cas comme dans l’autre les concepts de capital financier – de « financiarisation » de l’économie – d’économie irréelle sont des métaphores pour indiquer qu’étant donné qu’une portion de plus en plus grande du capital argent circulant ne représente plus aucune valeur d’usage, ni donc aucune valeur d’échange (aucune marchandise en somme), une portion de plus en plus forte de la circulation capitalistique (toutes formes de monnaies* confondues) est désormais financière et spéculative, anciennement sous forme de billets au porteur – billets à ordre – obligation et actions (que Lénine appelait les tondeurs de coupons) – aujourd’hui, sous forme de fichiers numériques, transitant sur les réseaux de télécommunications. La technologie pour l’échange et la spéculation est nouvelle, mais pas l’objet de l’échange. Cette spéculation sur la valeur existait au tout début du capitalisme, la phase impérialiste ne fait que l’accentuer (2).

 

Le cycle des récessions économiques

 

L’économiste écrit : « De hauts niveaux de dette sont couteux parce qu’ils conduisent souvent à des récessions financières qui sont plus marquées et plus longues que les récessions normales », a estimé pour sa part Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires au FMI. Cette flambée de l’endettement est la conséquence de la véritable boulimie d’emprunt qui a frappé le secteur privé, ce dernier surfant royalement sur la vague de « l’argent pas cher », courant alimenté par les politiques monétaires ultra accommodantes des grandes banques centrales » (3).

 

Il est superflue de distinguer ainsi les récessions « financières » des récessions « normales ». En apparence, toute récession débute par la sphère financière, puis transfert dans la sphère de la consommation, puis se transporte dans la sphère de la production, c’est-à-dire que l’économie productive tombe en panne sous le poids de l’économie parasitaire (boursière) qui accapare une part croissante de la plus-value. En apparence seulement, car dans la réalité concrète, une crise économique commence toujours dans la sphère de la production – c’est une crise de surproduction de marchandises – une crise de surproduction relative, car les besoins sociaux humains sont loin d’être comblé et pourtant les prolétaires, devenus soudainement des clients, n’ont pas l’argent requis pour consommer, le banquier leur prête donc de l’argent, collectant au passage sa livre de chair d’intérêt, augmentant d’autant sa ponction sur la masse de plus-value jusqu’à ce qu’il « saigne » son client que le surendettement des ménages, des entreprises et des gouvernements ne fait que rendre apparent.  

 

Toutefois, nous acceptons l’aveu non sollicité du directeur du FMI à l’effet que sous le mode de production capitaliste les sociétés passent d’une crise à une autre, quelle qu’en soit l’apparence. La boulimie d’emprunt n’est pas réservée aux ménages ni au secteur privé – elle frappe également le secteur public étatique (États + entreprises gouvernementaux) démontrant ainsi que sous le mode de production capitaliste entreprises privées et corporations publiques leurs empreintes économiques sont identiques (voilà pour les réformistes qui préconisent la nationalisation-socialisation des entreprises). Cette boulimie d’emprunt-crédit-dette est inévitable puisqu’elle vise à combler le manque à gagner pour la réalisation de la plus-value auprès des clients-consommateurs. En d’autres termes, ces emprunts-dettes visent pour les entreprises à encaisser aujourd’hui la plus-value qui ne sera peut-être jamais produite demain. En réalité, cette boulimie de capital « gagé » emprunte non pas de l’argent, mais du temps, un sursis, avant le grand effondrement de l’économie capitaliste. Et le plus terrible c’est que personne n’y peut rien, ni les banquiers, ni les spéculateurs boursiers, ni les politiciens contrairement à ce que prétendent les réformistes et les opportunistes qui aiment bien présenter les banquiers et les milliardaires comme des sanguinaires faisant la guerre pour satisfaire leur désir morbide. Savez-vous pourquoi les réformistes et les opportunistes répandent ce mythe des politiciens et des milliardaires mortifères ? C’est pour se proposer comme alternative pour la gouvernance de l’État des riches et la gestion de l’économie capitaliste. Pour notre part nous affirmons qu’il est inutile de substituer à l’État-major capitaliste une nouvelle équipe « socialiste », c’est le mode de production et ses institutions qu’il faut abattre sans rémission.

 

L’économie de la circulation contre l’économie de la production !

 

L’économiste poursuit : « Mais désormais, à l’heure d’une croissance atone, cet endettement constitue un lourd handicap pour de nombreuses entreprises, notamment en Chine où la situation devient de plus en plus préoccupante. Une dette privée excessive constitue un grand frein à la reprise mondiale et un risque pour la stabilité financière », a estimé quant à lui M. Gaspar » (4).

 

Comment espérer la stabilité monétaire et financière au milieu de la crise de surproduction planétaire ? L’économiste tente ici d’accréditer le mythe qu’il y aurait l’économie industrielle et primaire productive réelle d’un côté et l’économie financière monétaire bancaire boursière irréelle de l’autre et qu’il faudrait s’organiser pour qu’une forme de l’économie ne déstabilise pas l’autre forme de l’économie. Ces soi-disant « deux économies » (bancaires et industrielles comme les appelaient Lénine) n’en forment qu’une seule – inextricablement et dialectiquement – liée et « l’économie financière des emprunts, des dettes et de la spéculation » n’est que le reflet de l’économie réelle en cavale. L’économie de la circulation du capital « ou sphère de la circulation » ne peut être que l’image de l’économie de la production du capital « ou sphère de la valorisation » puisqu’il ne se produit aucune valeur nouvelle pendant la phase de circulation du capital contrairement à ce que laissent penser le système de prêt avec intérêt et le système de spéculation boursière et de fusion d’actifs. La Deutsche Bank l’apprendra bientôt à ses dépens comme toutes les autres banques incidemment.

 

Vous savez qu’elle est la preuve et la conséquence de cette imbrication entre ces deux sphères de l’économie ? C’est qu’au moment où l’économie de la valorisation-production du capital s’effondre, les acquisitions, les fusions et la concentration monopolistique sont en pleine expansion (5). C’est que le capital financier est soudainement trop abondant pour le capital productif circulant (industriel, primaire, construction, transport) qu’il est censé représenter. Ceux qui contrôlent ce capital financier – en profite pour s’emparer d’entreprises qui demain feront faillites, ce que les économistes bourgeois appelleront une « correction boursière ».

 

Les États capitalistes en faillite

 

L’économiste ajoute : « Le FMI souligne par ailleurs que les pays ont également vu leur dette publique gonfler et souffrent eux aussi de la conjoncture économique morose, ce qui restreint leur capacité à réduire ce fardeau. Selon les nouvelles projections du FMI, la dette du Japon devrait atteindre 250% de son produit intérieur brut cette année, celle de la Grèce 183% tandis que celle de la France devrait frôler les 100%. À la fin de l’année 2015, la dette publique de la Grèce atteignait d’ores et déjà 176% du PIB, tandis que le ratio d’endettement du Japon s’élevait à 248%. De quoi rendre quasiment impossible un remboursement » (6).

 

À des degrés divers, c’est la situation de tous les pays sur Terre. Aucun remboursement conséquent n’est envisageable ni de la part des entreprises privées ni de la part des gouvernements, d’où la conséquence assurée d’une débandade (correction) boursière et bancaire suivit d’une dévaluation monétaire, l’or devenant la valeur refuge, et la misère le lot des prolétaires de la planète toute entière. C’est essentiellement cela la phase impérialiste ultime du mode de production capitaliste. Nous verrons la semaine prochaine comment se déroule ce phénomène à partir de l’analyse de la faillite appréhendée de la Deutsche Bank. Puis nous analyserons le phénomène de fusions-acquisitions de titres boursiers surévalués avant de dévaluer.

 

Les fonds « vautours » menacent les « requins » de la finance

 

L’analyste persiste : « On comprend d’autant mieux pourquoi, lors des soixante ans du Club de Paris, le 1er juillet dernier, la directrice du FMI, Christine Lagarde a appelé tous les acteurs officiels à se mobiliser pour améliorer les dispositifs de faillite des États. La dirigeante a pointé le problème posé par le volume monstrueux de dette souveraine ne contenant aucun bouclier contre des créanciers agressifs. Dès le début des années 2000, l’idée de clauses d’action collective (CAC)* a commencé à germer. Les instances internationales cherchaient alors des moyens pour mieux protéger les États surendettés contre des créanciers procéduriers du type fonds « vautours », capables d’échapper à toute initiative collective d’effacement de dette » (7).

 

Que faut-il comprendre de ce galimatias ésotérique ?  Que les vautours financiers ont commencé à se cannibaliser. La dame Lagarde signale à un clan capitaliste qu’un autre clan capitaliste se prépare à se jeter sur certaines proies (États) déjà dépecées par un clan concurrent sans respecter l’ordre de préséance dans le carnage. C’est le sauve-qui-peut financier anticipé. Ces fameuses clauses d’action collective sont des mesures visant à répartir les impayées entre les différents créanciers afin que l’un d’entre eux ne s’effondre pas emportant les autres dans sa chute. Ces clauses ne sont qu’un palliatif servant à retarder l’effondrement sans pouvoir l’empêcher comme va le démontrer le démantèlement de la Deutsche Bank allemande (8). Il faut comprendre que cette faillite pourrait être le premier acte « financier – bancaire – monétaire » résultant de la présente crise économique systémique du mode de production capitaliste (9).

 

Le directeur du FMI renchérit : « Fin 2014, le directeur juridique du FMI insistait d’ores et déjà quant à lui sur la nécessité d’agir également sur la dette plus ancienne. « Nous avons un stock d’obligations souveraines (d’une valeur de 900 milliards de dollars) qui ne contient pas les nouvelles clauses (CAC renforcé), dont une grande part ne va pas expirer avant 10 ans », s’alarmait alors Sean Hagan, dans une note, mettant en garde contre les risques liés à cette dette « héritée » (legacy bonds) dans le cas où des restructurations s’imposeraient » (10).

 

Qu’est-ce donc que ces restructurations qui s’imposent selon le directeur juridique du FMI ? Ce sont des renégociations – rééchelonnement de vieilles dettes souveraines, surtout si l’État débiteur tente de s’esquiver et de ne pas rembourser. Les autres États capitalistes sont intimés de se saisir des avoirs de ces États insolvables – ou des avoirs de ses ressortissants sur leur sol national et dans les paradis fiscaux offshore – afin de rembourser les créanciers vautours floués.  Bienvenue dans l’insoutenable monde des requins de la finance.

 

En définitive cet article du FMI illustre le branlebas de combat qui présage d’une intensification extrême de la crise systémique du mode de production capitaliste dont l’expansion du « capital financier » ne constitue qu’un miroir aux alouettes mystifiant les « économistes » en goguette.

 

NOTES

 

* Marchandise, tout bien ou service offert sur le marché, que ce soit une machine-outil, du pétrole ou du pain.

* Monnaie, tout document sur quelque support que ce soit servant à représenter une valeur d’échange. Argent, or, papier à ordre, papier-monnaie, fichier numérique, etc.  

Une clause d’action collective (collective action clause en Anglais) permet à une majorité qualifiée des détenteurs d’une émission obligataire d’accepter une restructuration de la dette qui sera juridiquement contraignante pour l’ensemble des détenteurs. La clause doit être stipulée dans le prospectus d’émission de l’obligation et utilisée dans le cas de la dette souveraine de certains pays émergents.

 

 

(1)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-fmi-salarme-du-niveau-record-de-lendettement-mondial/

(3)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-fmi-salarme-du-niveau-record-de-lendettement-mondial/

(4)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-fmi-salarme-du-niveau-record-de-lendettement-mondial/

(5)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/record-de-fusions-acquisitions-concentration-monopolistique/

(6)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-fmi-salarme-du-niveau-record-de-lendettement-mondial/

(7)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-fmi-salarme-du-niveau-record-de-lendettement-mondial/

(8)  https://www.euractiv.fr/section/euro-finances/interview/financial-expert-deutsche-bank-bailout-would-be-expensive-for-all-of-us/

(9)  http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/30/deutsche-bank-banque-allemagne-finance-europe_n_12263584.html

(10)   http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/le-fmi-salarme-du-niveau-record-de-lendettement-mondial/

 


 

 

19 pensées sur “L’ENDETTEMENT MONDIAL GRAVIT DE NOUVEAUX SOMMETS

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    14 octobre 2016 à 2 02 32 103210
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    Voici une analyse solide sur le capital réel et fictif, a comparer avec le texte de Robert

    Article du CRI des Travailleurs n°28
    Contribution à l’analyse de la « crise financière » de l’été
    Cet article vise à expliquer quelques mécanismes qui permettent de comprendre le déroulement de la « crise financière » du mois d’août. Pour cela, nous reviendrons sur la nature de la monnaie et les mécanismes du marché monétaire. Il s’agit de tordre le cou aux idées toutes faites, en premier lieu les préjugés populistes véhiculés par les trois principales organisations d’extrême gauche (LCR, LO, PT). Armés de ces quelques rappels, nous étudierons brièvement le déroulement de la « crise » d’août 2007.
    Quelques précisions sur la monnaie et le marché monétaire
    Pourquoi les banques commerciales ont-elles besoin de « liquidités » ?
    Ce sont les banques commerciales qui créent l’essentiel de la monnaie. En effet, quand une banque vous accorde un crédit, elle crée de la monnaie par une simple opération comptable : à son actif figure la créance qu’elle détient sur vous (ce que vous devez lui rembourser), à son passif figure le compte en banque que vous pouvez utilisez comme moyen de paiement. Par ce mécanisme, ce sont les crédits qui font les dépôts, et non l’inverse : la banque ne vous prête pas de la monnaie à partir de la monnaie qu’elle détient au préalable (dépôts de ses clients). Elle vous prête de l’argent qu’elle « crée » dans le même mouvement (1). La monnaie créée par les banques commerciales est de la monnaie « scripturale » (2) : elle n’est pas matérialisée dans un objet physique, mais elle n’en est pas moins réelle.
    Puisque les banques commerciales ont le pouvoir, d’un trait de plume, de créer aussi facilement de la monnaie, il faut bien qu’il existe un frein à ce pouvoir de création. Ce frein est le manque de « liquidités » : plus les banques commerciales accordent des crédits, plus elles ont besoin de « liquidités ». Comme c’est la Banque Centrale qui crée ces « liquidités », elle peut par cet outil réguler la création monétaire des banques commerciales en fonction des besoins du capital en général à un moment donné.
    Les « liquidités » sont donc la « monnaie centrale », c’est-à-dire la monnaie créée par la Banque Centrale. Cette « monnaie centrale » prend deux formes selon qu’elle est conservée à la Banque Centrale ou injectée dans l’économie : les comptes des banques commerciales à la Banque Centrale et les billets (quand les banques commerciales débitent leur compte à la Banque Centrale pour l’injecter dans l’économie). Les banques commerciales ont besoin de cette « monnaie centrale » pour essentiellement deux types d’opérations (3) : les règlements qu’elles font aux autres banques et surtout les retraits au guichet de billets de ses clients. En effet, même si la part des billets dans la masse monétaire ne cesse de diminuer (avec le développement du paiement par chèque ou par cartes de paiement) (4), ils n’ont pas disparu de la circulation et nous les utilisons pour nos dépenses quotidiennes.
    Comment les banques commerciales se procurent les « liquidités » dont elles ont besoin
    Sans rentrer dans les détails du fonctionnement des marchés, il est nécessaire de comprendre les mécanismes élémentaires qui permettent aux banques de disposer de « liquidités ». Les banques commerciales se fournissent en liquidités sur le marché monétaire (5) auprès d’autres banques commerciales (celles qui ont un excès de liquidités) et auprès de la Banque Centrale. Pour obtenir ces liquidités, les banques vendent des actifs non monétaires (on parle alors de monétisation des créances, c’est-à-dire la transformation des créances non monétaires en monnaie) ou elles empruntent (en mettant en pension des actifs comme « gage » de leur emprunt).
    En dernière instance, les banques commerciales achètent ou empruntent leurs liquidités — on dit aussi qu’elles se « refinancent » — auprès de la Banque Centrale, car celle-ci a le monopole de la création de la denrée rare (la monnaie centrale) qui est échangée sur le marché monétaire. La plupart des commentateurs ne font pas la différence entre achats et emprunts. Marx nous rappelle pourtant la « grande différence entre l’emprunt et l’escompte, celui-ci n’étant que la simple conversion des créances d’une forme dans une autre, ou en monnaie réelle » (6).
    Quand les banques commerciales achètent leurs liquidités, elles monétisent une créance non monétaire : elles échangent un titre qu’elles détiennent contre de la monnaie. Illustrons-le avec la procédure du « réescompte » (7). Une traite est une promesse de paiement à échéance ; pour pouvoir disposer d’un paiement immédiat, une entreprise créancière se tourne vers une banque commerciale : celle-ci récupère la traite et verse en contrepartie de la monnaie aux entreprises créancières. Le même type d’échange s’opère ensuite entre les banques commerciales et la Banque Centrale : les banques commerciales cèdent la traite à la Banque centrale contre de la monnaie centrale. On parle de « réescompte », car une traite déjà escomptée (vendue) une fois est escomptée une seconde fois. Bref, ce que la Banque centrale fait avec les banques commerciales (en leur fournissant de la monnaie centrale), les banques commerciales le font avec les entreprises quand elles escomptent une traite (en leur fournissant de la monnaie scripturale). La Banque Centrale est au sens propre la « banque des banques ».
    En revanche, quand les banques commerciales empruntent de la monnaie centrale (cas le plus fréquent aujourd’hui), elles ne vendent pas des titres. Elles mettent en pension leurs titres comme promesse de remboursement. Souvent, les emprunts se font à très court terme (une journée), les banques remboursant leur emprunt avec un petit supplément (le taux d’intérêt monétaire, le « coût de l’argent »).
    Concrètement, la procédure utilisée par la Banque Centrale Européenne pour « injecter », en grande quantité, des liquidités sur le marché monétaire, est la « procédure d’appel d’offre » : après avoir demandé aux banques à quel taux elles seraient prêtes à emprunter et pour quel montant, elle fixe le taux d’appel d’offre (8) et sert à ce taux toutes les banques qui ont fait des demandes d’emprunt à des taux supérieurs. La BCE décide ainsi de la quantité de monnaie qu’elle met en circulation, en fonction de ses objectifs (taux d’inflation, croissance, etc.). Il faut donc bien comprendre que, au mois d’août, la BCE a utilisé la procédure ordinaire, mais à un rythme accéléré. Ces opérations sont d’habitude hebdomadaires, alors que, pendant la « crise », la BCE a procédé à des « appels d’offre rapides » quotidiens (9). Ce que la BCE fait dans un sens (abreuver le marché de liquidités), elle peut le faire dans l’autre sens, en « asséchant » le marché : dans ce cas, elle rachète de la monnaie centrale en vendant des titres.
    Marxisme ou charlatanisme réformiste : il faut choisir !
    Une analyse marxiste est une analyse concrète de la situation concrète, une analyse scientifique qui doit permettre d’armer théoriquement les travailleurs dans leur lutte de classe. Or force est de constater que les principales organisations d’extrême gauche ne nous aident pas à comprendre la crise financière, en multipliant les erreurs, en martelant leur dogme sans qu’on comprenne en quoi la réalité le conforte ou non, et au final, on ne retient de ces écrits qu’une pure dénonciation morale, typiquement réformiste, de la « finance ».
    Première erreur : « on donne notre argent aux banques » !
    Le pompon revient indiscutablement au PT qui, dans Informations ouvrières, est revenu abondamment, chaque semaine du mois d’août, sur la crise financière. Le 16 août, IO titrait : « 150 milliards versés par la Banque centrale européenne aux spéculateurs ». Le 23 août, la « une » d’IO disait : « Hôpitaux asphyxiés, école sacrifiée, Sécurité sociale pillée… pour payer les 250 milliards offerts par la BCE aux spéculateurs ». Et Gluckstein commentait dans son éditorial : « Quand des centaines de milliards d’euros vont renflouer les poches des spéculateurs, c’est qu’ils sont pris dans celles des travailleurs et de la jeunesse ». Etc.
    La LCR nous chante le même refrain sous la plume d’Yvan Lemaitre : « La réponse des gouvernements comme des banques, l’injection de liquidités, plus de 400 milliards d’euros rien que pour la Banque centrale européenne (BCE), constituent de véritables subventions d’État aux spéculateurs, que payeront les contribuables » (Rouge du 6 septembre, p.7).
    D’une part, il ne s’agit pas d’un transfert d’argent de la poche des contribuables à la poche des spéculateurs : la monnaie centrale est créée par la Banque Centrale. D’autre part, il ne s’agit pas d’un « cadeau » au sens strict pour les banques : soit les banques ont acheté de la monnaie centrale avec une créance non monétaire, soit elles ont emprunté de la monnaie centrale, et dans ce cas elles doivent la rembourser. Donc il est totalement mensonger de faire croire que les 150 milliards, 250 milliards, 400 milliards… effectuent un aller simple de la Banque Centrale vers les banques. Le journal Lutte ouvrière, sous la plume de François Duburg le 17 août, a lui aussi tout faux quand il écrit : « Et ces « liquidités », les banques centrales ne les tirent pas de leur chapeau. Quand la Banque centrale européenne « injecte » ainsi des fonds, ceux-ci proviennent des banques centrales des différents pays et, en dernière analyse, ce sont les États qui paieront… c’est-à-dire les classes populaires, puisque la politique du gouvernement consiste à diminuer sans cesse les impôts payés par les plus riches. » Eh bien si, justement, elles les tirent de leur chapeau ! Mettre en rapport les injections de liquidités par la BCE (comme provenance) et les impôts payés par les travailleurs (comme source) est d’une démagogie incroyable, et le « en dernière analyse » ne change rien à l’affaire.
    D’ailleurs, comme la BCE injecte des liquidités par milliards chaque semaine sur le marché monétaire, le PT, la LCR et LO ne devraient pas s’arrêter en si bon chemin, mais poursuivre leur comptabilité ! Mais d’un autre côté, le PT, sous la plume de Pierre Cise (IO du 31 août), est bien obligé de reconnaître que ces injections sont en fait des « crédits » : difficile de nous dire alors qu’il s’agit d’un « cadeau », à moins de considérer que, quand une banque commerciale nous fait un prêt, elle nous offre un cadeau ! Même si IO, à mots couverts, admet que ces injections sont des prêts, il nous raconte une drôle d’histoire : l’injection de monnaie centrale ne serait qu’une injection de « monnaie fictive » parce qu’il s’agirait d’une « écriture comptable sur le compte courant que chaque banque est obligée d’avoir auprès de la Banque centrale ». Il s’agit bien de cela dans un premier temps. Mais la banque commerciale peut bien entendu retirer de la monnaie centrale (sous forme de billets) de son compte à la BCE pour (par exemple) fournir ses clients en billets ! C’est bien pour cela qu’elle se refinance auprès de la BCE ! Pas pour bénéficier de « monnaie fictive [qui] ne sert pas aux banques à acheter quelque chose, mais à maintenir en activité la longue chaîne de crédits que les banques s’accordent les unes les autres sur le marché interbancaire », comme l’affirme Pierre Cise ! Les banques commerciales se refinancent pour pouvoir continuer à faire des crédits. Contrairement à l’histoire que nous raconte Pierre Cise, la monnaie centrale n’est pas une monnaie fictive qui se perd dans les méandres du marché interbancaire, mais la base monétaire sur laquelle repose la monnaie de crédit (monnaie émise par les banques commerciales). Les taux d’intérêt que les banques appliquent quand elles nous prêtent de l’argent dépendent des taux d’intérêt sur le marché monétaire. Si les taux d’intérêt sur le marché monétaire baissent, le « coût de l’argent » diminue pour les banques commerciales, et donc elles pourront prêter elles-mêmes de l’argent à un taux d’intérêt moins élevé (la masse des crédits augmentera de ce fait) tout en maintenant leur profit (10).
    De façon paradoxale, les mêmes qui crient au scandale quand la BCE injecte massivement des liquidités, s’indigne que la même BCE maintienne des taux d’intérêt élevés au nom de la lutte contre l’inflation (11) (en fait pour contrer les revendications salariales) ! Ils ne comprennent pas que pour la BCE, baisser ses taux d’intérêts revient à injecter des liquidités sur le marché. Lorsque ces démagogues se prononcent pour la baisse des taux d’intérêt de la BCE (opposant une politique vaguement keynésienne à une politique libérale, l’une comme l’autre capitaliste), ils se prononcent donc de fait pour une injection de liquidités… Quand la BCE injecte des liquidités en temps de crise, c’est justement pour contrebalancer le fait que les banques commerciales, d’ordinaire prêteuses sur le marché interbancaire, gardent leurs liquidités. La BCE intervient alors pour empêcher la hausse des taux d’intérêt sur le marché monétaire.
    On ne peut pas dire tout et son contraire. Quand le militant du PS et social-démocrate de gauche Vincent Présumey (12) écrit, dans son article du 16 août : « Mais maintenir ses taux tout en injectant massivement de l’argent dans les circuits est une attitude totalement contradictoire qui si elle se prolongeait signifierait que la BCE n’a plus, à proprement parler, de politique », il nous fait croire que la Banque Centrale est doublement condamnable : d’une part, en faisant des cadeaux à la finance (les injections massives d’argent), d’autre part en maintenant ses taux élevés qui freineraient la croissance. En l’occurrence, s’il y a incohérence, elle n’est pas du côté de la BCE : celle-ci injecte massivement de l’argent pour maintenir constants les taux d’intérêt sur le marché monétaire.
    Une fois ces précisions faites, il y a un débat au sein de la bourgeoisie et de ses économistes pour savoir quel taux d’intérêt doit viser la BCE, ce que nous allons examiner plus loin dans l’étude de la crise financière elle-même.
    Deuxième erreur : « la Banque centrale européenne a prouvé lors de cette crise qu’elle est à la botte des États-Unis » !
    On retrouve cette deuxième erreur dans les analyses du PT comme dans les textes de Vincent Présumey. Ainsi Gluckstein affirme-t-il, dans son éditorial du 16 août : « La Banque centrale européenne, pilier majeur de l’Union européenne, joue ici pleinement son rôle en répondant au doigt et à l’œil aux exigences de la classe capitaliste et de la Réserve fédérale des États-Unis. » Il ne se donne d’ailleurs pas la peine d’étayer, se contentant, en guise de preuve, de marteler que les institutions de l’UE en général, et la BCE en particulier, « n’ont qu’une fonction : relayer les exigences de l’impérialisme américain contre tous les travailleurs et tous les peuples ». Quant à Présumey, il affirme : « C’est l’Europe qui paye pour les États-Unis. » Pourquoi ? Parce que la BCE a injecté plus de liquidités que la Réserve Fédérale (la Fed, Banque Centrale des États-Unis).
    Après nous avoir fait croire que les liquidités venaient de la poche des travailleurs, voilà maintenant qu’on nous dit qu’elles vont dans la poche des États-uniens. En fait, elles vont tout simplement dans la poche des banques qui opèrent dans l’Union européenne ! Si la BCE avait injecté moins de liquidités, cela aurait eu pour conséquence d’augmenter les taux d’intérêt européens relativement à ceux des États-Unis. Il y a un facteur qui explique pourquoi les banques opérant dans l’Union européenne ont demandé plus de liquidités que les banques opérant aux USA : dans l’UE, les banques peuvent déposer leurs liquidités excédentaires sur leur compte à la BCE contre un intérêt de 3 %, alors qu’aux États-Unis, les comptes des banques à la Réserve Fédérale ne sont pas rémunérés. Cela permet de comprendre pourquoi il est beaucoup moins coûteux pour les banques européennes d’emprunter de la monnaie centrale à la BCE et donc pourquoi elles en ont pris tant. Mais Gluckstein et Présumey préfèrent s’auto-persuader que tout et n’importe quoi témoigne de l’inféodation des institutions de l’UE au grand capital états-unien ! Politiquement, cette présentation totalement fausse tend à faire croire, à la remorque des bourgeois français, que tous les problèmes sont dus aux « méchants » capitalistes américains, qui arnaqueraient les capitalistes européens, et par là les travailleurs européens. Elle revient donc à soutenir l’opération idéologique de la bourgeoisie française pour alimenter parmi les ouvriers l’illusion qu’ils auraient des intérêts communs avec leur propre bourgeoisie, au lieu de développer leur conscience anticapitaliste.
    Troisième erreur : la confusion entre capital réel et capital fictif
    Dans IO du 9 août, Jean-Pierre Raffi écrit, commentant un extrait du journal Les Échos sur la baisse de 1000 milliards de la valeur des actions cotées dans le monde entier : « Mille milliards de dollars ! Évaporés. Mille milliards de dollars qu’ils voudront, n’en doutons pas un instant, récupérer sur nos salaires, nos retraites, nos systèmes de protection sociale… Pas besoin de chercher ailleurs les raisons de leur acharnement, en France, à vouloir mettre la main sur les six milliards d’euros de la Sécurité sociale » (p.14).
    Il est essentiel de distinguer le capital réel et le capital fictif. Décrivons rapidement le cycle du capital réel. Quand un capitaliste financier avance de l’argent au capitaliste industriel (celui qui exerce la fonction du capital dans l’entreprise en exploitant au maximum les travailleurs) par exemple en achetant une action émise par une entreprise (13), il avance un capital réel (sous forme monétaire) qui est utilisé pour acheter des moyens de production et des forces de travail. Avec ce capital réel, le capitaliste industriel produit des marchandises : le capital réel avancé (sous forme monétaire) est ainsi métamorphosé, à l’issue de la production, en capital réel sous la forme d’une marchandise, qui sera ensuite vendue et donc reconverti en capital réel monétaire.
    En revanche, le marché secondaire des actions (14) n’est pas en rapport direct avec le cycle du capital réel. Les actions qui y sont échangées sont des titres de propriété, qui portent sur du capital réel (sans être du capital réel), et qui donnent droit à une part de la plus-value (versée sous forme de dividendes) produite par les travailleurs. Le cours des actions peut augmenter sans accroissement du capital réel : comme l’écrit Suzanne de Brunhoff dans son livre magistral sur La monnaie chez Marx, « la circulation des titres comme marchandises boursières leur donne à tous une « valeur-capital » fictive » (15) ; ou encore : « Le capital de prêt, du fait même qu’il circule, prend un caractère « fictif » : le circuit du crédit, en se fermant complètement sur lui-même, s’ouvre sur un marché des créances qui échappe aux conditions de la circulation du capital. » (16)
    La sphère d’« accumulation » du capital fictif jouit donc d’une dynamique propre et d’une autonomie relative (17) par rapport aux conditions de l’accumulation de capital réel. Quand les cours des titres de créance (non monétaires) sur la production réelle augmentent plus vite que la valeur (monétaire) de la production, le caractère « fictif » est flagrant : la richesse financière est purement virtuelle et n’a plus de contrepartie réelle. Tant que l’offre et la demande sur le marché des actions s’équilibrent, la situation peut perdurer. Mais quand la demande fléchit et que de plus en plus de propriétaires d’actions veulent « liquider » leurs titres (c’est-à-dire les vendre pour les transformer en monnaie), pour jouir de leur pécule dans la sphère réelle, les cours des actions fléchissent. Il faut alors être parmi les premiers à vendre (18), pour bénéficier de la surévaluation des actions dans la sphère réelle.
    Toutes ces précisions invalident les affirmations de Raffi qui confond la sphère réelle et la sphère financière, additionnant et soustrayant des « milliards » (sous forme de titres dans la sphère financière et sous forme de monnaie dans la sphère réelle) dans la plus totale confusion : ce que les capitalistes ont « perdu » virtuellement dans la sphère financière, ils vont tout faire pour les « récupérer » dans la sphère réelle, nous dit-il ! On nage en plein délire. Il ne s’agit bien évidemment pas, de notre part, de nier les efforts de la bourgeoisie pour baisser la valeur de la force de travail. Mais il s’agit de comprendre que cette volonté est dictée par la nécessité de maximiser le taux de profit réel !
    La « crise » financière d’août
    Le déclencheur de la crise : la faillite des établissements qui distribuaient les « subprimes »
    Les « subprimes » sont des prêts immobiliers hypothécaires à taux variables accordés aux travailleurs états-uniens pauvres. Pour les établissements qui font ces crédits, le risque de défaut de paiement est élevé. C’est pourquoi les ménages pauvres doivent hypothéquer leur maison et s’endetter à un taux d’intérêt élevé et variable pour pouvoir bénéficier des crédits.
    Tant que les taux d’intérêt bancaires étaient bas, les travailleurs pauvres parvenaient à payer leurs traites. De plus, la bulle immobilière faisait que les établissements à subprimes réalisaient de juteux profits quand ils mettaient en vente les maisons des ménages en faillite personnelle.
    Mais, depuis trois ans, les salaires stagnent et les taux de la Réserve Fédérale (répercutés par les banques dans leurs prêts à taux variables indexés sur ceux de la Fed) sont passés d’environ 1-2 % en 2003 à 6 % aujourd’hui. D’où la multiplication des faillites personnelles. Des centaines de milliers de maisons de travailleurs ruinés (19) sont alors mises en vente, ce qui contribue à faire baisser les prix immobiliers. L’éclatement de la bulle immobilière fait que les établissements à subprimes se remboursent de moins en moins des crédits que les ménages ne peuvent plus payer par la vente de leur maison hypothéquée. D’où une cascade de faillites parmi ces établissements spécialisés dans ce type de crédits.
    Comment une crise localisée devient une crise générale des marchés financiers
    On aurait pu croire que la crise ne toucherait que les établissements offrant des subprimes. Mais en fait, la crise s’est étendue à l’ensemble des valeurs boursières, en premier lieu aux grandes banques. En effet, les établissements à subprimes se sont débarrassés d’une partie de leurs crédits en les revendant sous forme de titres sur le marché financier : c’est ce qu’on appelle la « titrisation » des créances (20) à risques afin de mutualiser le risque (de le faire partager par d’autres établissements). Pour compliquer le tout, les subprimes ont été en fait regroupées avec d’autres créances sur les mêmes titres. Ces titres, très bien notés par les agences de notation (21), ont été achetés par les banques du monde entier, comme la banque IKB en Allemagne (qui a annoncé de grosses pertes le 2 août, suite à ses engagements dans le marché des subprimes) ou encore la banque BNP-Paribas. Celle-ci a annoncé jeudi 9 août la suspension temporaire (22) de la cotation de trois de ses fonds. Sept jours auparavant, le directeur général de cette banque affirmait qu’elle n’était pas exposée au risque des subprimes…
    Ces événements illustrent la complexité, l’opacité et la pourriture des marchés financiers, où le mensonge est la règle. D’où les phénomènes de panique quand une grande société annonce des pertes : comme personne ne sait exactement qui possède quoi, tout le monde doute de tout le monde, les banques qui en ont gardent leurs liquidités et les acteurs du marché financier ont tendance à vendre des actions et à acheter des valeurs refuges (bons du trésor, etc.). Lors de la crise asiatique de 1997, les capitaux avaient reflué vers les États-Unis et l’Europe, alimentant la spectaculaire hausse des cours boursiers dans ces zones à la fin des années 1990. Mais aujourd’hui, la crise a éclaté au cœur même de l’impérialisme…
    Vendredi 10 août, la crise s’est accélérée, les taux d’intérêt sur le marché interbancaire ont brusquement augmenté (les banques ayant des liquidités ont refusé de les prêter), ce qui a entraîné l’injection massive de liquidités de la part des Banques Centrales, pour stabiliser les taux et calmer (provisoirement) les marchés financiers. Au cours du mois d’août, les marchés boursiers européens et états-uniens ont baissé d’environ 5 %. Si la situation devait en rester là, cela constituerait finalement une correction modérée. En France, par exemple, le CAC 40 (indice boursier de référence) est passé de 6 000 points fin juillet à 5 500 points (mi-septembre, soit grosso modo son niveau de début de l’année). La hausse importante intervenue depuis mars 2003 (où le CAC 40 était à 2 400 points) est donc très loin d’être effacée : il s’agit à ce stade d’une petite correction. Cela n’a pour le moment rien à voir encore avec la correction sévère du début des années 2000, où le CAC 40 était passé de 6 900 à 2 400 points entre septembre 2000 et mars 2003, corrigeant entièrement la hausse spectaculaire de 1997-2000, où le CAC 40 était passé de 2 000 à 6 900 points.
    Retour au calme… en attendant la grosse crise financière et économique aux États-Unis ?
    Cependant, la question que tout le monde se pose est la suivante : s’agit-il d’une péripétie financière, d’un petit krach sans conséquence ou du signe annonciateur d’une grave crise économique ? Et dans ce cas, quels pays seront en priorité touchés par cette crise économique ?
    Au sein de la bourgeoisie, il y a un débat sur ce que doivent faire les Banques Centrales, en particulier la Réserve Fédérale des États-Unis. D’un côté, l’injection massive de liquidités permet de juguler à court terme la crise, d’éviter la hausse des taux d’intérêt et donc la restriction du crédit et la baisse des marchés boursiers et immobiliers, qui auraient des conséquences sur l’économie réelle (23). D’un autre côté, c’est reculer pour mieux sauter. Du point de vue de la bourgeoisie, ne vaudrait-il pas mieux injecter moins de liquidités, provoquer quelques faillites (qui serviraient d’exemples), plutôt que de continuer la fuite en avant ?
    La question se pose d’abord aux États-Unis. Dans un prochain numéro du CRI des travailleurs, nous verrons que la situation économique des États-Unis est particulièrement critique : déséquilibres extérieurs abyssaux, endettement gigantesque, etc. Nous montrerons que la fuite en avant a été permise jusqu’à maintenant par l’hégémonie du capital états-unien et le statut de « monnaie internationale » du dollar – et que cette position est aujourd’hui menacée par la concurrence inter-impérialiste. L’éclatement de la bulle immobilière (qui a déjà commencé) et la baisse probable du marché boursier auront un impact important sur l’économie réelle aux États-Unis et par là même (de façon différenciée) dans le monde entier. Cela accélérera la reconfiguration du rapport de force international entre impérialismes.

    1) En augmentant le stock de monnaie dans l’économie, on ne crée pas de valeur supplémentaire (la valeur est créée uniquement par les travailleurs).
    2) Même si beaucoup de choses ont changé (formes de la monnaie, fonctionnement des marchés, etc.), l’analyse de Marx reste largement pertinente (cf. en particulier la 5e section du livre III du Capital).
    3) Auxquelles il faut ajouter, dans certains pays (comme dans l’Union Européenne actuellement), l’obligation légale pour les banques commerciales de disposer d’un montant minimum sur leur compte à la Banque Centrale (pas ou peu rémunéré selon les pays) en proportion des crédits qu’elles allouent : c’est ce qu’on appelle les « réserves obligatoires » (un des outils utilisés par la Banque Centrale pour contrôler la création monétaire des banques commerciales).
    4) On comprend aussi pourquoi les banques commerciales ont intérêt à inciter leurs clients à ne pas payer en liquide. En effet, plus les clients utilisent les billets comme moyens de paiement, plus les banques commerciales doivent s’en procurer (et ce n’est pas gratuit pour elles, comme nous allons le voir) auprès de la Banque Centrale.
    5) En fait, le marché monétaire comprend principalement deux départements : le marché interbancaire, où n’interviennent que les banques, et le marché des titres de créances négociables, qui est ouvert aux entreprises non financières.
    6) Le Capital, Livre III, section 5, Éditions Gallimard, « La Pléiade », tome II, 1968, p.1171.
    7) Procédure qui n’est plus utilisée aujourd’hui car c’était une transaction « hors marché » ; désormais, la Banque Centrale intervient sur le marché monétaire, mais le mécanisme est le même.
    8) C’est le principal « taux directeur » de la Banque Centrale, le taux plancher du marché monétaire. On parle de « taux directeur », car le taux auquel la Banque Centrale prête de l’argent aux banques commerciales oriente les taux auxquels les différentes banques prêtent de l’argent aux particuliers comme aux entreprises. Hors procédures d’appels d’offre, les banques commerciales peuvent tout de même se refinancer, mais à des taux supérieurs.
    9) Ainsi la Banque Centrale Européenne a-t-elle effectué un appel d’offre extraordinaire pour la première fois lors de cette « crise » le 9 août, un jour où elle ne devait pas le faire.
    10) Les profits des banques proviennent de la différence entre le taux auquel elles empruntent et celui auquel elles prêtent.
    11) En effet, quand les taux d’intérêt monétaire sont élevés, le taux d’intérêt qu’appliquent les banques commerciales est lui-même élevé, ce qui limite les crédits accordés par les banques et donc la monnaie qu’elles créent.
    12) Vincent Présumey a écrit une série de trois articles sur la crise financière, consultable sur son site : http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons.
    13) En revanche, lorsqu’un investisseur achète une action déjà émise à un autre investisseur, cela n’apporte pas d’argent à l’entreprise ; de même, la hausse des cours de son action n’apporte en elle-même pas un sou à l’entreprise pour développer la production.
    14) À distinguer du marché primaire, où sont émises les actions par les entreprises : ceux qui achètent les actions quand elles sont émises font une avance réelle de capital ; alors que ceux qui achètent les actions sur le marché secondaire n’avancent pas un centime de capital réel : ils s’emparent simplement d’un titre de propriété qui leur donne des droits sur la production à venir ; ils achètent du capital fictif.
    15) S. de Brunhoff, La Monnaie chez Marx, Éditions sociales, 1973, p.142.
    16) Ibidem, pp.143-144.
    17) Le marché secondaire des actions n’est pas entièrement déconnecté du cycle du capital réel ; ainsi, la valeur des actions dépend des flux de dividendes à venir, même si la logique spéculative introduit d’autres paramètres (cf. note 17)
    18) Et ce sont en général les grosses fortunes ou leurs représentants qui vendent en premier, car ils sont mieux informés et conseillés, bénéficiant parfois d’informations confidentielles (quelques-uns sont pris la main dans le sac et condamnés pour « délits d’initiés »). Les autres ont alors tout intérêt à vendre très rapidement avant que les cours ne baissent trop (à moins d’avoir la patience et le pécule pour attendre que les cours remontent à nouveau). La logique des marchés financiers est telle qu’il est rationnel de se comporter de façon irrationnelle : non pas acheter des actions parce que les « fondamentaux » (les indicateurs de la production réelle) sont bons, mais parce que les autres en achètent aussi, ce qui fait monter les cours. L’art de l’as de la finance est de vendre en premier, à condition bien sûr d’être suivi !
    19) Des économistes estiment à 2 millions le nombre de familles états-uniennes qui perdront d’ici la fin 2008 leur maison suite à leur impossibilité de rembourser leur prêt hypothécaire.
    20) Dans ce cas, les organismes qui avaient accordé les prêts « subprimes » ne se chargent plus, moyennant une commission, que de recouvrer les mensualités.
    21) Ces agences, formellement indépendantes, sont payées par ceux qui émettent les titres ! Les agences de notation sont régulièrement mises en cause, comme lors de la faillite d’Enron en 2001. Régulièrement aussi, les politiciens bourgeois roulent des épaules et parlent de « transparence », de « réformes », mais rien ne peut changer à l’époque où triomphe le capital financier.
    22) Suspension pour éviter une dégringolade vertigineuse des titres de ces fonds.
    23) La consommation des ménages états-uniens est alimentée par leur endettement, qui lui-même est permis par le gonflement de leur richesse virtuelle (portefeuille d’actions, valeur de l’immobilier). Si les marchés immobiliers et boursiers s’effondrent, cela aura donc des conséquences sur la consommation et sur leur capacité à s’endetter. Ces conséquences ont été observées en 2001 et 2002 aux États-Unis, suite à la baisse spectaculaire du marché boursier (qui succédait à une hausse toute aussi spectaculaire).

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      14 octobre 2016 à 10 10 54 105410
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      Une analyse solide ça ?

      Un analyse de plus en trompe l’oeil.

      Par exemple, le fait que si le capital d’un crédit est annulé par son remboursement, l’intérêt, par définition ne peut pas l’être.

      Que l’argent de dépôt ne s’évapore pas avec une crise financière, c’est absurde, il change simplement de main. L’argent de dépôt ne peut s’évaporer au sens de disparaître, que par la faillite de la monnaie ou enfin, par une décision politique consistant à prélever de force une quantité de monnaie… A condition de pouvoir l’imposer aux créancier ! mais en aucune façon par le marché financier seul ou même par la banque centrale. Reste l’inflation, mais ce n’est pas une évaporation, c’est une dilution !

      Car il est surtout fait abstraction d’une chose élémentaire, c’est que la monnaie contient en elle même une partie crédit et une partie dette. Or, si la partie crédit est toujours nominative, la partie dette est, elle, anonyme. Si personne ne parle de ce « détail », c’est que cela signifie deux choses.

      1) plus on crée de la monnaie de dépôt (pas de crédit !), plus on crée de dette systémique, qui ne peut alors être résolue que par les moyens cités plus hauts.

      2) Que la dette systémique lié à la monnaie de dépôt est 20 fois supérieure à la dette lié à la monnaie de crédit. Sauf qu’elle ne porte évidemment pas sur les détenteur de la monnaie, mais uniquement sur ceux qui n’en disposent pas ou trop peu. Comme la majorité des gens détiennent et sont aussi en manque chronique de monnaie, la confusion règne en maître, au plus grand bonheur des propriétaires économiques. La même remarque pouvant être faites avec la confusion entre propriété d’usage et propriété économique. Mais en fait, cette technique de manipulation est utilisé en usage intensif ! De cela il ressort qu’une économie équilibré repose sur la monnaie de crédit et non de dépôt.

      Qu’il est donc faux et manipulatoire de faire croire qu’il n’y a de dette que celle portant sur la monnaie de crédit, alors que la dette lié à la monnaie de dépôt est + ou – 20 fois supérieure. Mais ne comptez pas sur un banquier pour vous le dire, si un économiste patenté socialiste ou communiste ne vous le dit pas. Donc, l’auteur à tort en disant qu’en injectant des liquidités on augmente pas la dette, il oubli simplement le fait énoncé ci-dessus. Mais il est vrai qu’on ne l’apprend pas à l’école !

      Autre chose qui n’est jamais dite et est fondamental, c’est que même le pseudo capital fictif ne peut se réaliser que dans l’économie réelle. La différence avec le capital dit réel, c’est que le pseudo capital fictif produit des intérêts et non des marchandises. Mais comme le capital dit réel, le but est de ne pas toucher au capital, sinon pour l’accroître, afin de vivre sur le seul revenu des intérêts. Condition pour être un rentier ad vitam. Dans ce sens là, faire grossir le capital n’est pas un problème, même avec des taux d’intérêts négatifs tant que le capital excède très largement les besoins personnels et ne menace pas la position de rentier. Par contre, cela devient un problème insupportable pour tous les autres. donc, pas besoin de dettes lié au crédit pour rendre une situation économique intenable, suffit que la concentration de la monnaie de dépôt atteigne un seuil insupportable pour les prolétaires économiques.

      Non, il n’y a pas de capital fictif, il y a un capital dédié à la création de marchandise et un capital, tiré du premier via le bénéfice, dédié à la propriété des entreprises créatrices de marchandises. Autrement dit, un capital quasiment réservé aux propriétaires et un capital dédié aux prolétaires. Sachant que le système est conçu exclusivement pour permettre au premiers de récupérer le capital des seconds et ainsi, forcer les prolétaires à devoir toujours plus travailler, dédier leur temps de vie aux propriétaires économiques. Jusqu’à l’insoutenable.

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        14 octobre 2016 à 19 07 01 100110
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        Salut HERVÉ

        J’aime ce que je lis
        J’ai quelque incompréhension par rapport à ton texte mais dans l’ensemble je crois que tu vises juste

        Je vais relire our mieux comprendre

        Merci de ton intervention

        Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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        15 octobre 2016 à 5 05 56 105610
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        Bonjour Robert,

        à la relecture de mon commentaire, il me semble opportun d’apporter quelques corrections et précisions.

        J’ai écris 20 fois plus au pifomètre, le chiffre n’est donc à prendre que pour montrer le fait que la dette systémique lié à la monnaie de dépôt est infiniment supérieure à celle de la dette lié au crédit.

        Plutôt que d’écrire nominatif et anonyme, peut être vaut t-il mieux écrire, particulier et général.

        Après relecture, pour ce qui est de la différence entre capital réel et fictif lié aux actions des entreprises donnée par l’auteur, on peut la garder et rejeter ma critique. Si tant est que la spéculation ne porte pas sur l’évolution réelle de l’entreprise, mais sur l’évolution des cours des actions où le cours de l’action est déconnecté de la réalité de l’économie.

        Dans tous les cas, c’est bien la monnaie de dépôt qui crée ledit capital fictif, lorsqu’il déborde le cadre réel. C’est bien l’épargne qui pousse à ce capital fictif.

        Sur ce dernier point, une grosse difficulté de compréhension qui semble échapper aussi à l’auteur de l’article, c’est que la part d’un crédit non remboursé se transforme, de fait, en monnaie de dépôt. Puisque l’écriture comptable ne peut plus être soldé autrement, l’argent emprunté et non remboursé restant dans le circuit. Car il est bien évidemment impossible d’aller chercher l’argent chez celui ou ceux qui l’ont reçu et annuler l’échange. Autrement dit, lorsqu’une banque fait faillite, la banque centrale entérine celle ci en transformant la dette en monnaie de dépôt. Augmentant donc la dette systémique.

        C’est ce qu’il risque de se passer avec la majorité du QE, sauf si la BCE (coté Europe) dit aux créanciers des bonds qu’elle a rachetée qu’ils en sont pour leurs frais. Sinon, elle n’aura d’autre choix que de créer, ex nihilo, de la monnaie de dépôt.

        Donc, on ne peut pas dire qu’elle fraction des QE sont de la monnaie de crédit ou de dépôt avant les échéances des prêts !

        Pour finir, comme je l’ai écris dans un de mes articles sur la monnaie, ce système de cavalerie (ou Ponzy) est dissimulé en différents toujours plus le règlement de ces titres pourris. Le hic, c’est que ce report n’est acceptable, qu’à la condition de verser les intérêts. Or, un intérêts sur un emprunts ne peut être que de la monnaie de dépôt et donc, aller grossir la dette systémique et la richesse des propriétaires économiques.

        Au final, le système est condamné, mais le plus important n’est pas l’effondrement de celui-ci, c’est que ce soit le même système qui lui succède, mais peut être délesté du prolétariat devenu « obsolète ». Et pour cela, quoi de mieux qu’une bonne guerre, enfin, le hic reste quand même le niveau de son impact…

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      14 octobre 2016 à 11 11 43 104310
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      @ Gérard

      Je te remercie infiniment pour ce texte – que j’aurais aimé que tu commentes cependant

      Je vais en faire l’objet de mon éditorial de la semaine prochaine car ce texte demande une analyse critique sérieuse

      Encore merci

      Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    14 octobre 2016 à 5 05 05 100510
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    Salut Robert,
    Le détail qui tue, c’est que le montant de la dette est limité non par la somme capitalisé, mais par l’intérêt. C’est à dire, ce n’est que lorsque l’intérêt ne peut plus être perçu dans l’économie réelle que le système s’effondre. Mais, tant que les gros épargnants, soit, les rentiers, acceptent de placer leur intérêt dans le capital et non de le réaliser dans l’économie réelle, le système peut tenir encore un peu plus. Les concentrations et fusions des entreprises étant un bon moyen pour donner du lest. Le problème est plus difficile à résoudre pour les fonds de pensions, car ceux ci sont obligés d’avoir un intérêt positif pour le faire réaliser par les pensionnés. D’où la nécessité de faire tourner la planche à billet.

    Bien entendu, il s’agit d’une cavalerie monétaire qui ne peut que s’effondrer et les indicateurs que tu donne permettent de penser qu’il n’y en a plus pour très longtemps.

    Toutefois, le système tient encore bon, car l’important pour chaque dirigeants des pays (surtout US vu leur dette) est de faire porter la culpabilité à un ennemi extérieur qu’on aura soigneusement désigné à la vindicte populaire. Le hic, c’est que la sauce à du mal à prendre et qu’il leur faut donc un peu plus de temps pour la faire prendre, car même les idiots voient qui s’enrichit. D’où la nécessité de détourner l’attention sur d’autres menaces crées de toute pièce. Le terrorisme et l’islamisme s’avèrent décevant, finalement, il n’y a que la Russie, pour les dirigeants US, qui crée un sentiment de peur suffisant, avec un réflexe pavlovien déjà imprimé dans le cerveau des gens. Réflexion grandement déconditionné après la chute de l’URSS, mais que la propagande se charge de réactiver !

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      14 octobre 2016 à 11 11 58 105810
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      @ Hervé
      J’aime beaucoup ton commentaire – qui enrichit le débat et le porte à un niveau supérieur. Tu as raison à propos de DAESH et de l’État Islamique. j’ajouterais simplement que la résistance du gouvernement syrien, du Hezbollah et de l’Iran et des chiites irakiens tout cela a disqualifié leur leurre islamiste d’où la nécessité de se tourner vers un ennemi ancestral – russe – même s’il n’est plus soi-disant COMMUNISTE.

      Une remarque complémentaire. Tu écris judicieusement  » Mais, tant que les gros épargnants, soit, les rentiers, acceptent de placer leur intérêt dans le capital et non de le réaliser dans l’économie réelle, le système peut tenir encore un peu plus. Les concentrations et fusions des entreprises étant un bon moyen pour donner du lest. » Nous verrons la question des fusions d’entreprises dans un prochain article. Mais sur la question des rentiers tu dois comprendre que la grande masse des rentiers n’ont aucun choix. Le travailleur qui paye ses cotisations n’a aucun pouvoir sur les placements qu’effectue le gestionnaire – exemple Caisse de Dépôt – de son fonds de pension. DE PLUS, si les gestionnaires de fonds de pension se mettaient en frais de retirer leurs fonds de cette pyramide de PONZI monétaire ils ne feraient qu’entrainer l’écroulement de la pyramide et ils y perdraient de toute façon.

      Je vais te confier un secret. La crise financière – boursière surviendra le jour ou un très grand gestionnaire de FONDS – voyant que la roue est sur le point de s’effondrer décidera de retirer ses billes = espérant lui s’en tirer = alors que tous les autres perdront tout ou presque.

      C’est de ce point de rupture que nous nous approchons inexorablement et cela n’a rien à voir avec la méchanceté des boursicoteurs qui ne font que leur métier – c’est le système qui ne peut plus fonctionné.

      Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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      15 octobre 2016 à 7 07 53 105310
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      @ HERVÉ

      1) Merci d’expliquer aux lecteurs votre concept de dette systémique tel qu’écrit ici  » la dette systémique lié à la monnaie de dépôt est infiniment supérieure à celle de la dette lié au crédit.  »

      2) Ce concept de dette systémique a-t-il à voir avec ta remarque sur « Plutôt que d’écrire nominatif et anonyme, peut être vaut t-il mieux écrire, particulier et général. » ?? Particulier étant la dette de crédit que chacun – en particulier – sait avoir contracté – et la dette systémique – qui est général car reposant-écrasant sur l’ensemble de la société ???

      3) Je suis totalement d’accord avec ta remarque ici : « Si tant est que la spéculation ne porte pas sur l’évolution réelle de l’entreprise, mais sur l’évolution des cours des actions où le cours de l’action est déconnecté de la réalité de l’économie. » EN EFFET la spéculation boursière porte sur abstraction – les actions en bourse d’une entreprise. J’ai déjà donné l’exemple de FACEBOOK dont la valeur en bourse est fixé en fonction de la capacité de la firme de générer du crédit – c’est-à-dire que le crédit d’achat pour actions augmenterait sa profitabilité simplement en s’enfonçant davantage dans le crédit d’action pour achat d’action – autrement dit – la dette générerait le profit !!! (je ne suis pas certain ici que les lecteurs comprennent bien le mécanisme boursier que je décris ???) On y reviendra.

      4) Ta remarque ICI confirme ce que je décris au POINT 3 CI-HAUT, Tu écris : « Dans tous les cas, c’est bien la monnaie de dépôt qui crée ledit capital fictif, lorsqu’il déborde le cadre réel. C’est bien l’épargne qui pousse à ce capital fictif. » Fictif signifiant bien INEXISTANT dans la réalité sous forme de valeur marchande réelle(marchandises et valeur d’usage). Une idée me vient donc – Pourrait-on dire que en réalité la quantité de valeur d’usage (marchandise) étant chaque jour plus éloignée de la quantité de monnaie de dépôt et de crédit en circulation – chaque dollar ou euro ou yen est de ce fait déjà dévalué – seul la sanction des grandes banques centrales manquant pour officialiser cette réalité ????

      5) Merci de m’expliquer un peu mieux ce segment de phrase « sauf si la BCE (coté Europe) dit aux créanciers des bonds qu’elle a rachetée qu’ils en sont pour leurs frais. » Quelle forme prendrait une telle décision de la BCE – un refus de payer ??? Et quelle serait la conséquence d’une telle décision de façon pratique ??

      6) TOTALEMENT EN ACCORD AVEC TOI QUAND TU ÉCRIS : « le plus important n’est pas l’effondrement de celui-ci, c’est que ce soit le même système qui lui succède, mais peut être délesté du prolétariat devenu « obsolète ». Et pour cela, quoi de mieux qu’une bonne guerre… »

      VOILÀ JUSTEMENT L’OBJET DE MA CROISADE INTERNATIONALE – QUE CE NE SOIT PAS LE MÊME SYSTÈME QUI LUI SUCCÈDE et donc que la guerre thermonucléaire inévitable (c’est pas nous qui contrôlons le bouton) serve d’étincelle au prolétariat (pas à l’avant-garde marxiste-léniniste (:-) à déclencher la révolution prolétarienne…

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebe.com
      Merci de tes interventions solides et éclairantes.

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        16 octobre 2016 à 16 04 53 105310
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        Bonjour Robert,

        je vais répondre à tes questions,

        Pour le point 1 et 2 :

        Comme je l’écris dans mon précédent commentaire, la monnaie comporte en elle même une partie créance et sa contrepartie dette, sinon, ce ne serait pas un moyen d’échange. Mais à l’inverse du crédit, la créance appartient à une ou un groupe de personne, donc, particulière, pas le débiteur, car la créance peut être réalisée sur tous ceux qui sont en demande de créance (la détention de la monnaie), donc, la dette est générale.

        La relation est donc inversé, pour la monnaie de dépôt, on connaît toujours le créancier, mais pas forcément le débiteur, alors que pour la monnaie de crédit, c’est le débiteur qui est parfaitement connut et pas obligatoirement le créditeur.

        Mais une autre grande différence avec la monnaie crédit, c’est que les parties créance et dette ne s’annulent pas en remboursant la dette liée à l’emprunt, (correspondant bien à une émission temporaire de monnaie), elles durent tant que la monnaie à cours. La monnaie de dépôt ne peut perdre de sa valeur que par dilution avec l’inflation, ou augmenter en cas de déflation, mais seule la faillite de la monnaie lui fait annuler la dette en supprimant la créance. Ainsi, tant que la monnaie à cours, on ne peut annuler une dette que si le créancier renonce à sa créance (éventuellement par la force, mais aussi et surtout dans son intérêt propre, pour éviter la faillite de la monnaie) ou en créant de la monnaie correspondant à la dette. Dans le cas où le créancier renonce définitivement à sa créance, cela revient, bien évidemment à détruire de la monnaie

        Par contre, et c’est sans doute un point de confusion, pour la monnaie de crédit, l’annulation de la dette en dehors de la faillite de la monnaie, se fait obligatoirement par la transformation de la monnaie de crédit en monnaie de dépôt. Ceci, parce que comme déjà dit, l’argent ayant été mis en circulation, il n’est plus possible de retrouver le créancier pour lui faire renoncer à sa créance, seule la BCE peut effacer la dette, soit, créer de la monnaie de dépôt correspondant. Il ne faut donc pas confondre un emprunt fait à partir de l’épargne de la monnaie de dépôt, d’un emprunt réalisée avec de la monnaie de crédit. Dans le premier cas, on peut agir sur les créanciers pour baisser, voir annuler la créance dû, mais pas pour la monnaie de crédit, pour cette dernière, il n’y a d’autres alternative que de créer de la monnaie de dépôt, car celle ci contient en elle même la partie créance et dette, alors que la monnaie de crédit les séparent. Ce qui explique le choix de renflouer les banques durant la crise 2008, car au final, faillite ou pas, il n’y avait qu’une seule solution possible autre que la faillite totale du dollar. Tout cela est très simple au niveau logique, mais très difficile à appréhender au niveau de leur différence dans les relations d’espace-temps que cela génère.

        La partie dette de la monnaie de dépôt est donc une dette systémique. Maintenant, tant que cette monnaie est utilisée exclusivement dans l’économie réelle, autrement dit, qu’elle est constamment recyclée dans celle-ci, cela veut dire que l’impôt prélevé sur la plus-value et le bénéfice sont réinvestis dans l’économie réelle, ainsi que la part des dividendes versés aux actionnaires.

        Mais, dans le système capitaliste, c’est une situation particulière, exceptionnelle, celle de construction ou reconstruction du tissu industriel que l’on retrouve après une grande catastrophe, comme une guerre ou un cataclysme destructeur à grande échelle.

        Mais dès qu’il y a constitution d’épargne cherchant à percevoir un intérêt, donc, une fois la reconstruction arrivant à son achèvement, alors, la monnaie sort de l’économie réelle et commence à la phagocyter. C’est mécanique et ne peut être corrigé, seulement ralentit, principalement par l’impôt et plus aléatoirement par l’inflation. Mais lorsqu’ils diminuent, alors que l’épargne grossit, cela veut dire que le déséquilibre structurel de l’échange s’accroît et s’accélère aussi. Ainsi, baisser les prélèvement obligatoires sur l’épargne pour relancer la croissance, est la politique de la saignée, où plus le patient est affaiblit, plus on lui pratique une saignée pour le guérir, alors qu’on ne fait que l’achever. Bien sûr, je fais abstraction du jeu de la concurrence ou dumping social et de l’évasion fiscale.Le dumping social agissant sur la structure sociale, la seconde sur la structure économique (réelle et fictive) . Les deux étant les jouets d’une élite financière (regroupant les élites antérieures) leur donnant le pouvoir de diriger, manipuler le temps de vie de milliards d’individus.

        Mais il est faux de dire que le problème de la dette est lié au crédit, c’est exactement l’inverse ! c’est la dette lié à la monnaie de dépôt, lorsque celle ci sort de l’économie réelle, qui fait basculer la dette systémique qui ne pourra plus être régulé, sauf à sortir du système capitaliste, ou attendre que le déséquilibre provoque la guerre et la destruction afin de recommencer un nouveau cycle de construction, qui équivaut à un cycle d’expansion récurrent, c’est à dire, figé et refusant de progresser.

        C’est qu’il faut comprendre que le capitalisme, en son principe premier qu’est l’exploitation du temps de vie d’autrui à son profit, implique une économie d’expansion pour être acceptée et acceptable, sans cela, la monnaie en excès (ou autrefois la concentration humaine) commence mécaniquement à phagocyter l’économie réelle parce que cette dernière ne peut plus absorber cette monnaie et donc, faire travailler les prolétaires en manque constant de créance monétaire. Ensuite, on peut faire les développements que l’on veut, le principe est là. Le déséquilibre de l’échange oblige à toujours produire plus pour permettre aux prolétaires de rester plus ou moins employés par les propriétaires économiques, détenteurs de la partie créance de la monnaie. Ou bien d’imaginer le revenu de base !

        Enfin, pour terminer ce commentaire, ce n’est pas le principe de la dette systémique qui est en lui même mauvais et injuste, si tant est que toute production de richesse est le fruit du travail humain, continuellement renouvelé par ses propres besoins, mais le déséquilibre de l’échange lié au principe de l’intérêt prélevé sur la transaction, permettant l’accumulation en terme de créance pour certains et en terme de dette pour les autres.

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          16 octobre 2016 à 17 05 13 101310
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          Erratum;

          « Dans le cas où le créancier renonce définitivement à sa créance, cela revient, bien évidemment à détruire de la monnaie »

          Fausse évidence. Non, le capital prêté, échangé contre promesse de remboursement est toujours en circulation, mais ne reviendra pas au prêteur, car ce qui est évident, c’est qu’on ne poursuit que l’emprunteur.

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        17 octobre 2016 à 7 07 35 103510
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        Bonjour Robert

        Je reviens pour ton point 4

        Tu semble oublier qu’il faut distinguer la quantité de monnaie en circulation dans l’économie réelle, de celle en circulation dans l’économie dite fictive ou irréelle, liés au marché des actifs financiers, et enfin, du capital immobilisé, notamment via les emprunts obligataires. On oubliera le capital immobile, non productif, autrement dit, les bas de laine. Car si l’argent existant venait à être répartit de manière égalitaire, l’inflation exploserait et la valeur de la monnaie plongerait. Seule son extrême concentration permet le maintien de la valeur du dollar et de l’euro. Mais encore une fois, c’est l’intérêt qui pousse le système à sa chute.

        Ainsi, tant que la majeure partie de la masse monétaire n’est pas utilisée directement dans l’économie réelle, mais seulement une partie des intérêts produits par elle, la monnaie conserve sa valeur, car elle reste, voir est encore plus rare et difficile d’accès pour le plus grand nombre.

        Le point 5 paraît peu probable, notamment concernant les détenteurs étrangers, car cela signerait une rupture de la confiance et donc, un arrêt des échanges commerciaux autre que le donnant-donnant, autrement dit, le troc. Les privatisations sont d’ailleurs nécessaires pour donner des garanties à ces détenteurs de stocks de monnaies. Mais évidemment, le jeu est pourri.

        Enfin, il ne faut pas compter sur les banquiers et globalement sur les propriétaires économiques pour faire s’écrouler le dollar, étant donné que leur fortune est surtout libellé en dollar. La révolution ne peut provenir que des prolétaires floués, lorsque la situation sera devenue intenable. Mais pour cela, il leur faut sortir du conditionnement du dieu dollar !

        Pour ta conclusion, je gage l’inverse, c’est à dire, que ceux qui ont pour mission de lancer les missiles, refusent d’obéir à l’ordre donné et amorcent la révolution par une prise de conscience des conséquences de leurs actes sur leur propre vies et celles de leur proches. Une guerre civile à l’intérieur de l’appareil de commandement militaire et des exécutants, mais qui s’étendrait à tous les services d’états où chacun doit se révéler à sa propre conscience. Car je crois que la majorité des gens sont mûrs pour une nouvelle conscience de la réalité sociale, politique et économique, basé sur la conscience que nous partageons le même espace terrestre et la même destiné universelle.

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          17 octobre 2016 à 9 09 56 105610
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          @ Merci Hervé

          C’est ce que j’appelle un vrai débat… Merci pour tes explications, complexes mais l’économie politique est complexe il faut l’admettre.

          1) Pour ce qui concerne le PROLÉTARIAT et son conditionnement – tu as raison – Mais tu es trop pessimiste en croyant que le prolétariat ne peut pas sortir du conditionnement. CONTRAIREMENT à ce que crois la go-gauche militante qui pense que la conscience (CE DÉCONDITIONNEMENT) viendra de l’extérieur – de L’AVANT-GARDE = eux-mêmes = et qu’ils doivent s’agiter d’autant plus que le prolétariat ne bouge pas PENSENT-ILS – de fait, la difficile réalité économique va les poussés ces prolétaires dans les cables encore une fois (comme lors des dux premières guerres mondiales)

          2) La première réaction instinctive du PROLÉTARIAT sera d’exigé que l’on revienne au passé – aux Trente glorieuses – ce court temps de prospérité relative et la petite-bourgeoisie – c’est sa mission sociale dans ce mode de production – parviendra à droite comme à gauche – à lancer le prolétariat contre toute sorte de vessies et de lanternes Y INCLUS LE FÉMINISME, A DÉFENSE DES DROITS DES PÉDOPHILES, DES ANIMAUX, LES LGBT-WRTUL, CONTRE OU POUR L,IMMIGRATION, ETC. ETC.

          3) Le PROLÉTARIAT mordra dans tout cela et davantage et descendra jusqu’au fond du panier de crabes avant de percevoir que toutes ces batailles – légitimes ou ridicules – pour ou parfois contre ses propres intérêts de classe – ne mène nul part si ce n’est ce que tu décris merveilleusement – la guerre pour détruire les manifestations de la contradiction fondamentale (qui ne réside pas dans la monnaie ou le crédit ou la dette) afin de rebatir le même mode de production moribond qui mènera aux mêmes conclusions et allons y pour une 4e guerre mondiale adnosum

          4) Le PROLÉTARIAT refusera d’instinct ce petit jeu et la go-gauche sectaire et dogmatique n’aura aucune influence ou presque sur cette prise de conscience instinctive – Mais un refus ce n’est pas assez… il faut ensuite VOULOIR construire quelque chose d’autre – c’est là que nous les révolutionnaires prolétariens nous les attendons – pour l’instant nous fourbissons nos de compréhension et d’explication…

          5) Pour ce qui concerne ton GAGE de final – à propos d’une prise de conscience de la part de la petite-bourgeoisie (la classe placée entre le grand capital et le PROLÉTARIAT – qui est nombreuse et joue un rôle si important dans le MPC – tu dois t’en rendre compte par la fréquence de mes dénonciations de cette classe qui DOIT IMPÉRATIVEMENT SE RALLEIR AU PROLÉTARIAT ET NON L’INVERSE) qui refuserait comme tu l’écris d’appuyer sur le bouton de la guerre nucléaire… Tu fais erreur – la même que l’intelligentsia avant la 1ere et la 2e guerre mondiale.

          6) Ils sont encore plus conditionné que les PROLÉTAIRES nos petits-bourgeois et ils ont massacrés en Afghanistan, Syrie, Libye, Congo, Afrique, Yemen, Serbie, Bosnie, etc. etc. Ils le referont à plus grande échelle en pensant à chaque fois qu’ils pourront ainsi recouvrer le bonheur des Trente glorieuse – leur grosse cylindrée, leur loft dans la Cité, la plage 15 jours par année –

          7) Eux aussi, seul le constat que tout cela n’est que reprise du même vieux film qui prépare la 4e puis préparera la 5e représentation les amènera – non sans avoir cherché à s’emparer de la direction du mouvement comme ce bon vieux LÉNINE – puis enfin à se rallier à la seule classe authentiquement révolutionnaire parce qu’elle n’a pas le choix – LE PROLÉTARIAT.

          Robert Bibeau. Éditeur http://ww.les7duquebec.com

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            18 octobre 2016 à 3 03 58 105810
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            Bonjour Robert,

            Je vois avec plaisir que nos sommes d’accord pour l’essentiel. Juste quelques précisions.

            Pour le point 1, celui-ci rejoint les points 5 et 6, où c’est toi le plus pessimiste !

            Je pense que le déclic, autant pour le prolétariat que pour la classe bourgeoise, ne peut provenir que face à la conscience du danger de destruction totale que représente une guerre nucléaire. Autrement dit, je suis pessimiste à penser que le prolétariat et la petite classe bourgeoise, les deux pouvant être réunis au sein de la même classe des salariés, que l’on peut appeler prolétariat économique (s’opposant aux retraités, faisant alors passer une même personne d’un statut à l’autre et donc, devenir son propre ennemi de classe. C’est pervers, c’est capitaliste !), puissent se déconditionner avant ce choix entre destruction et évolution du système vers le communisme, seule solution possible pour passer d’un monde divisé à un monde uni. Prenant pleinement conscience de partager un même espace terrestre où c’est le temps de vie des êtres qui est particuliers. Impliquant l’abolition de la propriété économique et sa transposition en responsabilité, car il est impossible de supprimer la propriété sans lui trouver un substitut qui lui soit au moins égal en valeur. Or, il n’y a que la responsabilité qui lui soit très largement supérieur. (si tu ne l’a pas lu, je t’invite à lire mon article publié sur Agoravox « la monnaie du XXIème siècle… La révolution des citoyens responsables).

            Pour ton point 3, je pense qu’au delà de celle décrite par Marx, la contradiction fondamentale du capitalisme est le fait que son système le pousse mécaniquement vers la mondialisation (c’est à dire, politique et sociale), mais que cette dernière ne peut que le détruire, car n’est compatible qu’avec le communisme. Il ne peut donc survivre qu’en détruisant systématiquement ce vers quoi il tend, ou bien accepter de se transformer en système communiste (chaque guerre l’y contraignant un peu plus). La solution que semble privilégier les penseurs du système capitaliste étant de mettre en place un monde orwélien, donc, divisé en au moins deux entités faussement ennemies pour eux, mais pas pour les prolétaires.

            Pour anecdote, je m’amuse parfois à demander a un agriculteur, un artisan ou ce qu’on appelle ici un auto entrepreneur, s’il pense être un patron ou un salarié et tous me répondent en coeur « un patron ». C’est pour eux tellement évident, que ma question leur paraît superflu, idiote. Mais pas après leur avoir démontré qu’ils sont autant patron que salarié, car leur rémunération dépend de leur propre travail et non de celui d’un autre. Qu’ils sont donc avant tout des prolétaires économiques et non des patrons bourgeois. Qu’ils s’exploitent eux même et souvent, plus durement que s’ils étaient simplement salarié et avec une rémunération pas toujours à la hauteur de leur travail. Autrement dit, il ne suffit pas d’être propriétaire de son outil de travail pour être juste patron, il faut aussi ne pas être soi même astreint par ce même outil de travail pour ne pas être aussi salarié de celui-ci. Donc, de faire partie de l’outil de production, comme tout prolétaire, mais avec ceci de plus, qu’il n’y même plus besoin de chef pour le faire trimer.

            De fait, aucune entreprise, même de la taille d’une multinationale, n’a besoin de patron au sens de propriétaire, mais uniquement de salariés responsables. Le capitalisme moderne, prouve surtout que la propriété économique est devenu totalement inutile et absconse. Que l’illusion de sa nécessité repose toute entière sur la concurrence, inutile et contre productive au niveau des êtres (utile uniquement au niveau des projets, mais pas des êtres) et sur le désir de richesse implanté dans l’esprit du prolétariat et alimenté par tous les jeux de hasards.

            Le communisme peut se définir selon cet aphorisme :

            l’intérêt général est la somme des utilités particulières à l’accomplissement de la volonté générale, définit par la somme des besoins de chacun et de leur aspirations secondaires, dans la limite du respect des droits/devoirs intergénérationnels et des autres formes de vies.

            ou bien,

            Le laisser aller économique commence là où s’arrête les nécessités du contrat social et s’arrête, là où commence les contraintes écologiques et des droits/devoirs intergénérationnels.

            Le laisser faire économique est la variable d’ajustement des nécessité sociales et des contraintes environnementales.

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    14 octobre 2016 à 5 05 22 102210
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    « En réalité, cette boulimie de capital « gagé » emprunte non pas de l’argent, mais du temps, un sursis, avant le grand effondrement de l’économie capitaliste »

    Encore le fruit de ton conditionnement !

    l’argent est, par définition, du temps (la réciproque n’étant pas vrai).

    emprunter de l’argent, c’est emprunter du temps, donc, ta phrase est une aporie. Mais encore te faut t-il sortir de ton conditionnement à penser que l’argent sert à échanger des marchandises au lieu du temps de vie dédié à la réalisation de marchandise. Sans cette correction dans la chaîne de relations de causalités, où la conséquence st prise comme cause pour tromper les prolétaires, rien ne peut changer, c’est impossible et ton discours n’est que du vent, tout comme ceux que tu accuse, car en gardant la même relation de causalité, tu garde de facto, le même système de pensé. C’est mécanique et tes invocations à la révolution prolétarienne, sur laquelle tu ne sait rien en dire parce que tu garde les mêmes modes de pensés capitaliste n’y changerons rien. Ton discours est de la poudre aux yeux, comme les autres.

    Pour le résumer en faisant appel à Einstein, « on ne résous pas un problème avec les mêmes modes de pensés qui l’ont engendré ». Médite cet aphorisme, ou celui de Bossuet, c’est pareil.

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      14 octobre 2016 à 12 12 06 100610
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      @ Hervé

      1) Marx a déjà expliqué ce que tu écris que la valeur de la force de travail – pour la rémunérée ou pour la spoliée – était proportionnelle au temps requis pour produire une unité de marchandise. La plus-value absolue comme méthode pour comptabiliser le taux d’exploitation de la force de travail est basée sur ce calcul = réduire le temps de travail nécessaire afin d’augmenter le temps de surtravail et donc le taux d’exploitation et la valeur de la plus-value confisquée. Aucun problème avec ceci.

      2) À propos de la révolution prolétarienne -il est faux que je ne sais rien en dire – cependant ce dont je ne sais rien dire c’est du mode de production communiste qui succèdera au présente mode de production capitaliste. CA en effet je ne sais pas en dire grand chose… merci à ceux qui pourront nous aidé.

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    16 octobre 2016 à 14 02 20 102010
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    1) NON, il n’y a pas de « capital de la dette ». La dette d’un État, d’une entreprise ou d’un particulier est une anticipation, c’est la promesse de remettre une certaine quantité de capital sous forme d’argent habituellement emprunté quand le créancier aura PRODUIT (pour le travailleur salarié) OU COLLECTÉ (pour tout autre créancier) du capital soit en le produisant (le prolétaire) soit en l’expropriant (L’État et le capitaliste) ou en le recevant (chômeurs avec prestation, assisté social, pensionné, rentier, etc)

    2) Le capital prend différentes formes au cours de son cycle de reproduction élargie. Il y a un moment ou le capital circulant – et il circule constamment   car c’est en circulant qu’il crée les conditions de sa reproduction élargie – prend la forme de machines-outils et de pétrole = énergie pour faire marcher la machine outil – puis il a un moment dans ce cycle de reproduction élargie où le capital prend la forme de FRIC=de  dollars= ou de pétro-dollars = une métaphore et il y a un moment ou ce capital circulant  prend la forme de marchandises  =  fusil de chasse, un pain, la force de travail d’un prolétaire – puis ce capital  reprend à nouveau la forme de monnaie-d’argent- d’euro et puis il reprend la forme de marchandise  etc.

    3) Ce qu’il faut savoir  c’est que cette abstraction  qui a nom de capital  ne se reproduit qu’à une étape précise de son cycle de circulation  et à aucune autre  C’est quand  il  se transforme  – devient  – prix ou coût de la marchandise  « force de travail »  C’est le seul moment ou le capital-marchandise-argent  s’investit pour  1  et devient  2  soit la valeur du  travail nécessaire + la valeur du surtravail soit la plus-value qui ne sera jamais versé pour la force de travail engagée – confisquée.

    4) De ceci il découle que   1)  l’argent – à la banque ou en circulation sur les marchés – doit obligatoirement représenter le capital circulant total, et uniquement.  2) Que lorsqu’il est à la banque le capital-argent perd son temps et sa valeur – il doit immédiatement être remis en circulation  3) qu’en aucun temps le capital – l’argent ne peut se reproduire – fructifier – être valorisé  pendant son séjour à la banque – à la bourse ou quand il est exporté dans un pays étranger où il devra nécessairement se transformer en moyens de production et plus particulièrement en force de travail salarié si le capitaliste souhaite valoriser son capital et refaire l’opération  1 devient 2. 4) ce qui implique que l’intérêt sur le prêt et l’enrichissement de l’actif boursier constitue  soit :  a) une ponction sur la plus-value produite par le capital pendant sa phase PRODUCTIVE, ce qui en laisse d’autant moins à tous les autres détenteurs de capitaux    b) Un mirage – une illusion  comptable – un chiffre frauduleux dans une comptabilité boursière-bancaire qui tôt ou tard ne peut que s’ajuster à la réalité – c’est-à-dire s’effondrer puisque ce capital ne correspond à aucune valeur d’usage – aucune valeur d’échange.

    La suite dans un prochain poste
    Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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