Les chiens d’assistance

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CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

J’ai eu le plaisir de rencontrer au cours d’un repas entre amis Daniel Drapeau, un vétéran militant, et son épouse Céline. Ils n’étaient pas seuls. Il y avait aussi Kenya, une magnifique bête au poil doré, calme et vigilante, qui s’est tenue aux côtés de Daniel toute la soirée sans jamais déranger personne. Parfois, je voyais la main de Daniel bouger pour caresser discrètement son cou sans pour autant nous quitter des yeux. On sentait un lien très serré entre eux, comme s’ils étaient une extension l’un de l’autre. Vers la fin du repas, j’ai eu la chance d’échanger avec Céline sur la nature des services que rendent les chiens d’assistance aux personnes souffrant du syndrome de stress post-traumatique, comme en souffre son mari. C’était la première fois que je prenais conscience de cette réalité.

Voici quelques éclaircissements sur les chiens d’assistance et les immenses services qu’ils rendent aux vétérans souffrant de désordres post-traumatiques.

Avant d’acquérir un chien d’assistance, un vétéran doit passer par plusieurs étapes dont l’obtention d’une ordonnance du fournisseur de soins traitant et l’approbation de l’équipe de soins de santé. Surtout, le vétéran accepte de montrer sa vulnérabilité. Si avant ses blessures ne se voyaient pas, il va dorénavant les révéler par le simple fait d’être accompagné par son chien partout où il ira.

Un chien d’assistance n’est pas un toutou que les étrangers peuvent caresser ou taquiner. Les gens doivent respecter le lien qui l’unit à son maître : un dévouement total et une surveillance de tous les instants à ses besoins parce que son rôle n’est pas seulement d’accompagner son maître, mais d’être aux aguets de ses sensations, malaises physiques, émotions, pensées, réactions afin de lui apporter réconfort et chaleur autant dans la journée que durant son sommeil. Pendant un cauchemar, par exemple, le chien est capable de sentir son malaise et de lui manifester de l’affection. Il lui apporte un confort immédiat. On comprend qu’il s’agit d’un service de vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ce qu’aucun thérapeute au monde, même le meilleur, ne peut rendre. Le vétéran n’a pas à prendre de rendez-vous avec son chien, ni à attendre de le voir pour lui en parler afin d’évacuer son trouble. Avec le chien, il est tout de suite soutenu.

Les chiens de soutien psychiatrique sont évidemment dressés adéquatement pour aider les personnes atteintes d’un symptôme lié à une expérience traumatisante, à un trouble d’anxiété, de panique ou à un état dépressif aigu. Après un entrainement individuel, ces chiens sont en mesure d’aider leur maître à effectuer des tâches particulières. À titre d’exemple, un chien peut rappeler à son maître de prendre ses médicaments; l’aider à retrouver certains objets; lui servir de guide dans une situation stressante ou agir à titre de renfort s’il devient étourdi.

En fait, l’utilisation de chiens d’assistance pour les anciens combattants souffrant de troubles de stress post-traumatiques suscite de plus en plus d’intérêt et d’attention dans la population. Plusieurs associations existent dans le but d’apporter de l’aide aux vétérans. Cependant, tout n’est pas à l’eau de rose. Il faut aussi que la société change et comprenne cette situation pour leur permettre de poursuivre leur vie le plus normalement possible, en les accueillant dans les endroits publics par exemple, restaurants, concerts, etc.

Il y a quelques années, le gouvernement du Canada entreprenait un projet pilote pour étudier l’impact de l’utilisation de chiens de soutien sur les vétérans atteints de stress post-traumatique. En 2013, Julian Fantino, le ministre des Anciens Combattants, annonça la création d’un partenariat avec la directrice de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans,  Dre Alice Aiken, et les Anciens Combattants en vue d’élaborer un plan d’évaluation des recherches faites sur le rôle des chiens de soutien psychiatrique dans le traitement d’un état de stress post-traumatique. Le premier sommet sur les chiens de service pour les militaires canadiens eut lieu le samedi 21 septembre au Musée canadien de la guerre à Ottawa.

L’aide qu’apportent ces chiens d’assistance est indéniable. Non seulement aux vétérans souffrant des suites d’une expérience traumatisante, mais également à la famille, à la conjointe principalement, qui même soutenante et aimante, ne peut être présente à chaque instant. Elle aussi subit les conséquences d’un trouble post-traumatique. La vie du couple change nécessairement et l’adaptation à une autre façon de vivre requiert des efforts et de la patience.

Enfin, de plus en plus, on reconnaît les bienfaits de la zoothérapie dans plusieurs segments de la population; pour les personnes âgées isolées, les enfants malades qui doivent retourner souvent à l’hôpital pour recevoir des soins, les personnes déprimées, les personnes handicapées.

Souvent, la gente animale se montre plus aimable et compatissante envers les humains que nous.

 

http://www.veterans.gc.ca/fra/nouvelles/viewrelease/1941

 

 

 

 

 

 

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

4 pensées sur “Les chiens d’assistance

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    2 juillet 2014 à 23 11 40 07407
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    Pauvres chiens ils endurent la bêtise humaine sans rechigner, ils ont tous mon admiration.

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    17 juillet 2014 à 2 02 27 07277
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    Votre article me fait pleurer…… Ni vétéran, ni quoi que ce soit, juste en admiration sur ces « chiens », que l’on peut considérer tout simplement comme une PERSONNE! Et vivement que ça le soit et que cela devienne REELLEMENT le meilleur ami de l’Homme au sens propre comme au figuré, il faut passer des lois pour que les hommes percutent, alors percutons-les!

    Je vous remercie infiniment de cet article majestueux!

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      17 juillet 2014 à 15 03 44 07447
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      Merci pour votre commentaire. Ces chiens sont en effet inspirants et si aimants.
      Bientôt, un autre article viendra sur le sujet, une interview avec un ex-vétéran.

      CAD

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    5 juillet 2016 à 21 09 58 07587
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    Je me demandais si ont était oublier d’être un veterant pour avoir un chien d’assistance!!! Je fais de attaque de panique et beaucoup d’anxiété et j’ai dejas un berger allemand de 5 mois es que c’est possible de pouvoir le dresser pour mes angoisse

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