Les Gilets jaunes contre l’«urgence climatique» et la «transition énergétique»

Par Robert Bibeau. Le 20.03.2019. Sur le webmagazine www.les7duquebec.com

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Deux classes sociales – deux visions diaphasiques

 

Le petit-bourgeois se préoccupe de la « fin du monde », le prolétaire se préoccupe de la « fin du mois ». L’expression, employée par un gilet jaune, a fait florès: comment concilier les exigences du pouvoir d’achat, et les impératifs écologiques et climatiques ? La formule a été reprise par Emmanuel Macron dans son discours sur la transition énergétique : « On l’entend, a-t-il expliqué, Ils évoquent la fin du monde, nous on parle de la fin du mois. Nous allons traiter les deux a-t-il promis. » La question étant évidemment comment seront-ils traités, et dans l’intérêt de qui ?

 

L’urgence environnementale, énergétique et climatique

 

Abordons le problème environnemental à la racine. En tant qu’élément constituant de l’environnement terrestre, la mission d’une société humaine est de se reproduire. Ce qui entraine que l’essentiel de l’existence d’une ou d’un individu est occupé à se reproduire. Ceci étant, la question environnementale – écologique – climatique doit être abordée sous l’angle de cette prémisse qui entraine la question suivante : comment assurer la reproduction sociale élargie dans des conditions environnementales contingentes et évolutives ? Les sociétés humaines y ont répondu en concevant divers modes de production, dont le plus récent : le mode de production capitaliste industriel et ses rapports de production sociaux spécifiques. Soit, un ensemble de procédés et de processus par lequel la société humaine contemporaine parvient à se reproduire en exploitant deux ressources fondamentales : – la nature (minerais, eau potable, énergie, terre arabe, océan, atmosphère, faune et flore, etc.) – l’être humain – spécifiquement, la force de travail et l’intelligence humaine. La seconde ressource métamorphose la première pour la transformer en marchandises commercialisables et consommables. Sous le mode de production capitaliste, tout facteur de production représente un cout (une dépense en capital) qui devra être assumé par les revenus de production dont l’unique source est la force de travail, qui par son activité fait fructifier le capital. Et le cycle de la valorisation-accumulation se poursuit.

 

Étrange façon direz-vous d’aborder « l’urgence environnementale, énergétique et climatique »! Pourtant, nous sommes bien au cœur du sujet. Depuis la nuit des temps l’homme, par son travail, puise des ressources dans la nature pour les transformer en produits consommables afin d’assurer la reproduction de l’espèce. L’homme – la société humaine dirons-nous – par ses activités exploite la nature, la transforme, la pollue, il produit des déchets et il modifie l’environnement, laissant une empreinte écologique d’autant plus marquante qu’il se multiplie et multipli ses besoins sociaux. Qu’y a-t-il de différent en ce XXIe siècle ?

Les vecteurs économiques de la déshérence

 

L’économie est la science qui étudie les modes de production et leurs évolutions. Deux vecteurs économiques sont aujourd’hui différents de l’ancien temps. Le premier vecteur concerne la quantité de déchets et de résidus à détruire, à enfouir, à neutraliser (gaz à effet de serre), à endiguer (déversements polluants), ou à recycler. Ce problème est à la mesure des immenses capacités de production industrialisée, robotisée, numérisée des sociétés modernes urbanisées dont les moyens médicaux ont prolongé l’espérance de vie, si bien que 8 milliards d’humains travaillent aujourd’hui à se reproduire en puisant dans les ressources encore immenses de la planète. En effet. Nous sommes encore très loin d’avoir épuiser les ressources planétaires et l’intelligence humaine – une partie de la force de travail salarié – imagine chaque jour de nouveaux procédés, méthodes et techniques de dépollution et de recyclage, d’économie d’énergie, de remédiation aux cataclysmes écologiques. Quel est le problème environnemental alors ?

 

Le deuxième vecteur qui différencie nos sociétés contemporaines tient au fait que l’économie capitaliste est en crise de surproduction permanente alors que le taux de profit réel moyen est en baisse. Or, pour le capital en crise, les cataclysmes naturels, les déchets commerciaux, les résidus miniers, les émanations industrielles, les déjections agricoles, les déversements dans l’environnement, à enfouir, à détruire, à neutraliser, à endiguer, ou encore les études et les précautions environnementales à assurer, avant et après avoir exploité les ressources, sont autant de couts – de facteurs de production débilitants – qui amenuisent les profits des entreprises.

 

Sous le mode de production capitaliste, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme en cout de production (capital constant – matières premières – énergie – machineries – capital variable – charges – salaires) ou en profit. Réduire ou effacer l’empreinte écologique d’une installation de production, de transport ou de commercialisation entraine des couts que l’entreprise ne peut assumer si son taux de profit est en baisse, particulièrement si son concurrent ne se voit pas imposé les mêmes règles environnementales contraignantes, ou encore, si son concurrent reçoit des aides gouvernementales pour dépolluer, enfouir, éradiquer, éliminer, endiguer ou recycler ses déchets, émanations, résidus et contaminants.

 

L’assistance de l’État pour maintenir le taux de profit corporatif

 

Évidemment, les déficits gouvernementaux à répétition et le surendettement des États ne permettent pas à la fois de hausser les subventions aux entreprises polluantes et d’augmenter les services publics à la population précarisée. Des choix sont requis, et si l’État taxe le pollueur payeur institutionnel, entrepreneurial, ou commercial, il provoquera du chômage et une baisse de ses revenus en taxes et en impôts compliquant encore davantage l’équilibre budgétaire illusoire. Si l’État taxe le salariat pour soutenir les entreprises « vertes » (sic) et les programmes écologiques de transition énergétique (sic) il réduit le pouvoir d’achat du prolétariat et donc la consommation, réduisant les débouchés des entreprises en surcapacité de production, abaissant d’autant leur marge de profit et leur capacité d’investir pour réduire leur empreinte écologique et dépolluer (!) Comme on le constate, le cercle capitaliste est impossible à équarrir.

 

Les jeunes mobilisés pour sauver la planète savent-ils cela ?

 

Les jeunes qui manifestent dans les rues des pays occidentaux aux cris d’« urgence climatique » se trompent de cible quand ils condamnent tout un chacun – les prolétaires et la populace – pour les saccages environnementaux, les émissions de gaz à effet de serre, les déversements de polluants et autres sévices écologiques. Les pauvres gens n’ont aucun pouvoir de décision sur les facteurs de production, sur les pollueurs non payeurs, sur les entreprises polluantes qui doivent d’abord verser des dividendes à leurs actionnaires et pousser leurs actifs aux enchères boursières avant de débourser pour l’environnement. Les travailleurs et les pecnots n’ont aucune emprise sur les fonctionnaires gouvernementaux du capital qui ne daignent même pas les écouter quand ils manifestent par centaines de milliers, en gilets jaunes, pour maintenir leur pouvoir d’achat, alors que ces larbins politiciens portent aux nues les étudiants qui proposent de faire payer le salariat, incapable de boucler ses fins de mois, afin que les entreprises milliardaires ne polluent pas.

 

Le mythe démocratique de « l’opinion publique »

 

Mobilisons la puissante « opinion publique citoyenne » fredaine le fort en thème. L’opinion publique est un construit, le fruit d’un travail de fabrication de l’opinion. L’opinion publique est le produit de l’activité des médias qui conditionnent les pensées et les mentalités sans s’arrêter, tant et si bien que celui qui veut développer sa compréhension des évènements doit sérieusement sélectionner les sources consultées. Ainsi, de plus en plus de gens ne font plus confiance aux médias mainstream et se tournent vers les médias numériques alternatifs. Les jeunes écologistes qui manifestent prétendent qu’à force de s’agiter ils parviendront à gagner « l’opinion publique citoyenne » à leur idée et que cette dernière obligera l’État des riches à légiférer pour sauver la planète des riches (sic). Mais c’est justement ce qu’il souhaite l’État des riches,  qu’on le contraigne (sic) à taxer le prolétariat pour subventionner le patronat. Mais cela ne fonctionnera pas, car tout ce que l’on retire en pouvoir d’achat réduit les revenus du patronat.

 

Il en est de la bataille de la soi-disant « opinion publique » comme des mascarades électorales. À ce jeu, pour gagner, il faut contrôler les médias et contrôler le message et pour cela disposer de beaucoup de capital – le nerf de la guerre de l’opinion publique. Les jeunes manifestants servent de chair à manifester afin de duper les ouvriers et leur faire accepter de payer pour des crimes écologiques qu’ils subissent et n’ont pas commis.

 

L’idéologie écologiste

 

L’État capitaliste en adoptant l’idéologie verte écologiste cherche à faire face au problème social qu’il nourrit par ailleurs. Il vise à transformer le secteur de l’environnement en une source de revenus et d’emplois stables pour la petite bourgeoisie paupérisée et précarisée. Les petits-bourgeois scolarisés sont embauchés à grands frais comme fonctionnaires gouvernementaux et institutionnels, comme chercheurs universitaires, intellectuels ou journalistes, en tant qu’administrateurs d’ONG, techniciens,  juristes et gardiens des lois environnementales, ou pour concocter des rapports sur les impacts des investissements, des gros œuvres jusqu’aux emballages en magasins; projets et dossiers que leurs activités ne font que ralentir sans jamais les interdire et pour cause, ce n’est pas pour cela qu’on les emploie. Et ce qui n’est pas moins important : le manifestant écologiste devient le représentant de la nation enrégimentée – la bourgeoisie d’État menant efficacement l’ensemble du corps social – le tout présentée comme un mouvement mondial grâce auquel le grand capital européen espère faire l’unité des populations derrière l’Union et devant l’euro, face aux concurrents américains et chinois. On le comprend, c’est l’urgence de la concurrence qui motive ces sponsors de l’urgence climatique.

 

Le webmagazine Nuevo Curso va plus loin et subodore que : l’arrière-pensée de ces mobilisations climato-écologistes est encore plus sinistre … La passion avec laquelle la chancelière Merkel promeut l’extension en Allemagne des mobilisations de jeunesses écolo-verts devrait allumer une lumière rouge. Que le journal « Le Monde » demande en éditorial si « nous pouvons sauver le climat en préservant les libertés citoyennes » doit être compris comme un énoncé d’objectifs. Comme nous l’avons déjà vu lors des élections bavaroises, la bourgeoisie européenne a interprété la montée des Verts non seulement comme une issue à la crise allemande, mais également comme la base d’une bataille commune en faveur du grand capital continental afin de canaliser la rébellion de la petite bourgeoisie aigrie. D’où les comparaisons permanentes avec les «gilets jaunes», le contrexemple qui effraie le grand capital européen. Par ailleurs, le dernier rapport du GIEC avait déjà servi à ouvrir ce débat sur la nécessité d’une « dictature climatique mondiale », c’est-à-dire, sur l’opportunité d’un nouveau discours impérialiste universaliste (comme il en fut de l’antifascisme en 1939 et de l’anticommunisme jusqu’en 1990. NDLR). Les changements climatiques deviennent ainsi un drapeau utile pour les impérialistes européens face aux États-Unis et à la Chine. Et quoi de mieux que de le concrétiser par des jeunes ? » (2)

 


 

NOTES

 

 

  1. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/quy-a-t-il-sous-le-mouvement-jeunesse-pour-le-climat/
  2. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/quy-a-t-il-sous-le-mouvement-jeunesse-pour-le-climat/

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

14 pensées sur “Les Gilets jaunes contre l’«urgence climatique» et la «transition énergétique»

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    20 mars 2019 à 4 04 34 03343
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    En tant qu’élément constituant de l’environnement terrestre, la mission d’une société humaine est de se reproduire. Ce qui entraine que l’essentiel de l’existence d’une ou d’un individu est occupé à se reproduire.
    =*=
    Je ne crois pas, non.
    Notamment parce que des sociétés ancestrales africaines, et pré-colombiennes, pratiquaient l’auto-régulation. À savoir que pour un territoire donné, ils décidaient d’un nombre maximum d’individus pour ce territoire en parfaite adéquation avec la Nature/Création. Pour dire que les sauvages ne sont pas ceux qu’on croit…
    Alors, on le comprend notamment en lisant la préface de Clastres du lire de Sahlins ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/04/20/pierre-clastres-prefacant-marshall-sahlins-version-pdf/

    (Pierre Clastres préfaçant Marshall Sahlins)

    « Ainsi donc qui sont les réalistes ? Les réalistes, à mon sens, sont les personnes sus-mentionnées qui prennent la culture comme l’état originel de l’existence humaine et l’espèce biologique comme secondaire et conditionnelle… La culture est plus ancienne que l’Homo sapiens, bien plus ancienne et la culture fut une condition fondamentale du développement biologique de l’espèce. Des preuves de culture dans la ligne généalogique humaine remontent à environ 3 millions d’années, alors que la forme actuelle de l’humain n’est vieille que de quelques centaines de milliers d’années. […] Le point critique est que pour quelques 3 millions d’années, les humains ont évolué biologiquement sous une sélection culturelle. Nous avons été façonnés corps et âmes pour une existence culturelle. »

    ~ Marshall Sahlins, « L’illusion occidentale de la nature humaine », 2008
    Et vous pouvez lire « La Nature humaine : une illusion occidentale » de Sahlins aussi ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/09/marshall-sahlins-la-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008.pdf

    Maintenant, je trouve que l’on en apprend le plus, avec James C. Scott, et son dernier livre : Contre le grain, l’histoire profonde des premiers États ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/09/james-c-scott-contre-le-grain-une-histoire-profonde-des-premiers-c3a9tats-2017.pdf

    Justement parce qu’il explique, dans le détail, les phénomènes de la reproduction des sédentaires et des nomades.

    Les Gilets Jaunes ont dénoncés en masse, ce qu’on dénonce depuis des lustres dans nos blogs, à savoir que la transition écologique/énergétique est une escroquerie climatique et une pompe à fric ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/11/18/transition-energetique-non-pompe-a-fric-climatique/

    Sans doute parce que certains d’entre-nous, avant d’enfiler un GJ, le dénoncions déjà…
    On sait lire, analyser, réfléchir et agir par nous-mêmes, c’est cela surtout qu’il va falloir que nos bovins dominants comprennent…
    JBL

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      20 mars 2019 à 7 07 11 03113
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      Merci pour ce post JBL

      Simplement pour te faire remarquer que ton commentaire renforce précisément mon argumentaire et le confirme.

      Pratiquer l’auto-régulation des naissances en fonction des capacités de production et d’exploitation des ressources naturelles compte tenu des moyens techniques de production est une modalité d’application sociale de la règle de la reproduction que j’ai énoncé.

      La citation de l’auteur vient également renforcer – avec sa notion de culture – que moi j’appelle social = société = ma théorie

      Merci
      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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        21 mars 2019 à 12 12 25 03253
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        Sauf que cette pratique était le point de départ, et non une conséquence.
        Par exemple les Pygmées lorsqu’ils envisageaient d’investir un territoire, calculaient le nombre d’individus maximum qui pourraient vivre sur ce territoire donné en parfaite adéquation avec la Nature. Instinctivement (ce qui n’était pas le cas de toutes les sociétés ancestrales) ils respectaient une équation de bon sens.
        L’auto-régulation présuppose une volonté de départ intrinsèque.
        Aujourd’hui, la civilisation occidentale, pour le moins, a fait de la reproduction la condition de sa survie. Mais en étudiant aussi bien les anthropologues cités plus haut, que les peuples originels on arrive à une conclusion toute différente. Enfin il me semble.
        Et cela saute aux yeux, notamment en lisant James C. Scott : L’Art ne pas être gouverné – Une histoire anarchiste des Hauts Plateaux d’Asie du Sud Est ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/06/lart-de-ne-pas-c3aatre-gouverne-une-histoire-anarchiste-des-hauts-plateaux-dasie-du-sud-est-par-james-c-scott.pdf

        Actuellement, on ne peut se réaliser, en tant qu’individu, que dans la paternité ou la maternité.
        Toute personne qui ne veut pas d’enfant doit se justifier et est montré du doigt.
        Pour moi, la décroissance est à tous les niveaux, et ça passe par une auto-régulation « volontaire » et donc non coercitive. Mais je te l’accorde, c’est pas gagné !
        JBL

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    20 mars 2019 à 8 08 36 03363
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    Il manque un élément fondamental à l’analyse du travail dans une société industrielle. Un tel travail a non seulement un coût économique, il a aussi un coût humain car il est hautement hiérarchisé. Cette hiérarchie s’ajoute et renforce les hiérarchies préexistantes de la richesse et du pouvoir. La gauche productiviste évite souvent de faire cette analyse car cela l’obligerait à considérer 1) que le prolétariat en ayant accès à cette hiérarchie n’est plus une classe révolutionnaire, et 2) que cette hiérarchie du travail qui renforce les autres constitue une bonne raison pour se débarrasser de ce qui constitue son fond de commerce, le productivisme industriel.

    De même il manque trois éléments fondamentaux de l’analyse de la situation du vivant sur cette planète, de notre seule source de vie. Le premier est que la plus grande cause de destruction du vivant aujourd’hui est l’emprise sur le vivant de notre mode de vie, l’infrastructure de cette société industrielle de consommation, de domination et de destruction de masse, toutes ses mines, ses voies de communications et constructions diverses.
    Le deuxième est que dès le début de la « révolution » industrielle, les économies d’énergies et de matières premières n’ont jamais servis à faire des économies mais toujours, grâce entre autres aux nouvelles technologies, a développer plus d’industrialisation. Cela continue aujourd’hui, la meilleure preuve en est que le rythme de l’extermination du vivant ne cesse d’accélérer.
    Le troisième est que notre mode de vie, cette civilisation industrielle de consommation, d’exploitation et de destruction de masse a déjà détruit entre 60% et 70% du vivant. En comparaison Hitler avec ses chambres à gaz fait figure d’amateur.

    La conclusion que j’en tire est que l’humanité est en train de détruire notre mode de vie industriel et non négociable. De plus autant la droite du capital que la gauche productiviste sont bien d’accord sur cette non négociabilité, ce qui suffit à prouver qu’elles ne comprennent plus rien à rien et que par conséquent seul l’émergence rapide d’un mouvement mondial de résistance dont le but soit de stopper cette solution finale appliquée au vivant qu’est notre mode de vie industriel et de développer des alternatives basées sur le local.

    Un autre fantasme commun à la droite du capital est à la gauche productiviste est de créer un gouvernement mondial. Ceci aussi suffit à montrer qu’ils font tous partie du problème car seules des sociétés multiples basées sur le local seront capables de développer des modes de vie qui soient à la fois durables et où le pouvoir y soit exercé par celles et ceux qui ont à subir les conséquences des décisions prises.

    L’histoire ne revient pas en arrière. Les sociétés durables et à structures horizontales de pouvoir se sont dévoyées dans les premières villes de l’antiquité, leur progrès suprématiste (dans le premier mythe connu, celui de Gilgamesh, cet espèce de connard ne trouve rien de mieux que de tuer le gardien de la forêt des dieux pour pouvoir la raser et construire une ville avec les troncs d’arbres morts!) et leurs structures verticales de pouvoir. Ce mode de vie suprématiste a été globalisé de force pendant les colonisations puis industrialisé. Aujourd’hui, nous savons qu’il a, depuis le début de la catastrophe industrielle, exterminé entre 60% et 70% du vivant, que le rythme de cette solution finale appliquée au vivant ne cesse de s’accélérer avec chaque nouvelle technologie industrielle, et qu’en raison de sa haute hiérarchisation du travail, ce mode de vie est également une catastrophe sociale (par exemple, il y a plus d’esclaves aujourd’hui qu’au plus fort de la traite des noirs!).

    En conclusion, nous n’avons plus le choix et si nous voulons avoir la moindre chance que ce mode de vie industriel et suprématiste laisse des survivants, nous devons l’arrêter et développer des modes de vie pluriels basés sur le local. Vive la résistance!

    Pour des infos à jour sur l’état des lieux du musée des horreurs qu’est notre civilisation (et qu’elle a toujours été) ainsi que sur comment faire face, voir le site de DGR: https://dgrnewsservice.org/

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      20 mars 2019 à 9 09 57 03573
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      @ Dominic

      Je partage quelques unes de vos idées – dont celle que l’on doit mettre fin à ce mode de production – mais certainement pas celle d’être un SUPRÉMATISTE ou alors nous n’avons pas la même définition de ce concept.

      Pour ce qui est du vivant – je regrette comme vous cette éradication – mais au temps du grand crash des dinosauriens n’y a-t-il pas eu une telle disparition dont le vivant ses relevés ???

      Comme quoi OUI l’histoire recommence sous de nouvelles conditions

      Pour conclure merci pour votre effort mais notre espèce mérite votre respect tout autant que les autres du règne animal

      Robert Bibeau

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    20 mars 2019 à 15 03 50 03503
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    Je crois en l’être humain, ou plutôt comme Marx l’a prouvé, en sa capacité transcendantale de forger son avenir. Pour cela, il est capable, ici et maintenant, d’analyser un problème et donc de définir ses buts de façon consciente, et toujours ici et maintenant de travailler à leur réalisation.

    Par exemple, l’être humain n’est pas tombé de l’arbre comme la pomme de Newton car il se serait alors fait manger par quelque grand prédateur du coin. Pour cela, il a dû développer une technologie de défense et d’abri. C’est cette qualité qui le distingue des autres animaux qui eux, suivent leur instinct et vive la même existence génération après génération.

    Quand au suprématisme systémique, il commence avec la première ville car, comme dans Gilgamesh, construire une ville implique de raser une forêt. Pour cela, il faut une idéologie qui place l’homme sur un piédestal par rapport au reste de la création, au reste du vivant. De plus, comme les anthropologues et les ethnologues le montrent (lire par exemple Descola à ce sujet), notre rapport avec la Nature conditionne notre façon de voir les choses, d’appréhender le monde, ce qui a son tour conditionne tous les autres rapports humains. Notre rapport à la Nature est la base de l’ontologie d’une société, or une ontologie n’est pas que de la théorie, que la façon de voir les choses, c’est également la mise en pratique de cette façon de voir les choses, le mode de vie qui en découle.

    Notre rapport avec la Nature est très bien décrit en page 2 de la bible quand dieu, après avoir tout créé, donne son ordre de mission à l’homme et lui dit: « Tu domineras la terre et toutes ses créatures. » Nous en sommes toujours là aujourd’hui et c’est bien le problème car le suprématisme à la base de l’ontologie de notre société, à la base de notre mode de vie, existait bien avant la capitalisme et il a été globalisé par la force lors des colonisations puis industrialisé.

    Avec les premières villes, possible que grâce à ce suprématisme qui consiste à vouloir dominer notre seule source de vie pour l’éradiquer afin de faire place au progrès (oui déjà!), les structures de pouvoir horizontales disparaissent et laissent la place à des structures verticales de pouvoir. Cela aussi montre que le problème de fond de notre société existe depuis bien plus longtemps que le capitalisme, lequel est né avec la globalisation de notre mode de vie suprématiste pendant les colonisations avant de se renforcer avec l’industrialisation.

    L’industrialisation est une catastrophe car non seulement elle est en train d’exterminer le vivant dont nous faisons partie, mais en plus elle hypnotise les gens qui, aujourd’hui comme du temps de Marx, continuent de croire qu’elle est la solution à tous nos problèmes. Son évangile est la publicité, un évangile au message unique résumable à choix en 2 mots: « Consommons plus! » ou en 3 « Niquons la planète! ».

    Je sais bien que tu n’es pas un suprématiste. Mais je suis toujours sidéré de voir à quel point la gauche productiviste, face à une donnée têtue aussi simple que notre mode de vie a déjà exterminé 60% du vivant et le rythme de cette extermination finale s’accélère avec chaque nouvelle technologie industrielle », continue à considérer le productivisme industriel comme le saint Graal et à comparer les extinctions précédentes d’espèces dont les causes furent naturelles et qui prirent des dizaines de milliers d’années avec ce qui est une extermination finale sur quelques dizaines ou au mieu centaines d’années. Hitler avec ses chambres à gaz est un amateur en comparaison de notre mode de vie. Enfin, des scientifiques disent que si lors des extinctions précédentes, la Nature s’est refaite en quelques dizaines de millions d’années, cette fois-ci elle va avoir besoin au moins d’un milliard d’années, ce qui impliquent que ce n’est même pas sur qu’elle se refassent.

    Invoquer les extinctions précédentes est de la lâcheté envers les générations futures. Vive la résistance!

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      21 mars 2019 à 9 09 35 03353
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      @ Dominique

      Ne nous accusons pas mutuellement de lâcheté ou de duplicité.

      Il est évident que nous avons deux visions diamétralement opposé de la réalité, du monde qui nous entoure, de l’humanité et que si nous n’y prenons garde nous ne débattrons pas = nous monologuerons chacun son tour.

      Je suis foncièrement matérialiste dialectique et historique et tu es foncièrement inspiré par la métaphysique = Jamais nous ne pourrons nous rejoindre dans notre argumentation.

      Un exemple parmi tant d’autre : Tu écris que l’homme a construit une ville et que pour cela il a rasé une forêt – et que ce fut le début du saccage d’après toi … peut-être. Qu’y pouvons-nous ??

      Pour ma part voici comment je vois les choses : L’hominien quittant la sécurité de la canopée s’est regroupé en famille – clan – tribu pour des raisons de défense et de sécurité et de collecte collective + efficace des aliments – chasse et cueillette – Pour loger – réchauffer – sécuriser tous ces gens la caverne – la hutte – le village furent bientôt requis et construit ou aménagé — imagine la suite dialectique + nombreux + efficace – productiviste dirais-tu – plus de ressources = la ville pointe comme solution inévitable – et elle s’avère si concluante cette solution qu’elle se répand partout

      Aujourd’hui 8 milliards d’humains dans les arbres ??? de quelles forêts au juste ??? Les épinettes ne s’y prêtent pas au Canada

      Le succès du genre humain entraine ses problèmes auxquels nous devons faire face collectivement = et moi je considère que nous devons permettre au prolétariat de mettre en place SA solution = un nouveau mode de production différent du précédent

      Évite de me cataloguer parmi la go-gauche que tu appel productiviste – que moi j’appel classique et réformiste – et dont je travail très fort à me démarquer = mes écrits parlent pour moi si tu les lisais tu comprendrais

      Merci pour ton post

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    21 mars 2019 à 7 07 30 03303
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    Salut Robert,

    Tu dis: «Le petit-bourgeois se préoccupe de la « fin du monde », le prolétaire se préoccupe de la « fin du mois ».»

    Et tu as raison.

    Bien à toi,
    do
    http://mai68.org/spip2

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    24 mars 2019 à 16 04 50 03503
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    Ceux qui veulent sauver la planète sont en réalité les fossoyeurs de la classe d’en bas car le bio, les énergies vertes, les taxes sur les fossiles etc etc vont tuer certaines classes qui n’auront plus les moyens de suivre toutes les hausses de coûts reliées a « l’urgence environnementale, énergétique et climatique »

    Répondre
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