Les idées élevées (Laurendeau)

LES IDÉES ÉLEVÉES

On affirme
Que l’homme est un fer
Que l’on déploie, arque, replie
Sous les chocs lourds
D’une machinerie.

On maintient
Que la femme est une fleur
Que l’on prend, pèle, déchire
Au gré du vent
De tourbillonnants désirs.

On répète
Que l’homme noir est un boeuf
Que l’on harnache, lie, attelle
Au soc d’un sol
Sec entre ciel et terre.

On enseigne
Que la femme orientale est une poupée
Que l’on paterne, que l’on dévêtit.
Client-rouage
D’une lucrative industrie.

Mais on néglige
Que les gamines et les gamins
Des favelas
Grimperont demain aux gratte-ciels
Casseront des vitres.
Et clic…
S’éteindront net
Toutes les idées élevées…

children-in-favelas

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Ysengrimus

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6 pensées sur “Les idées élevées (Laurendeau)

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    25 août 2014 à 13 01 40 08408
    Permalink

    @Paul Laurendeau

    Oh ! Que c’est beau !

    Je reconnais dans ce texte la sensibilité du poète que vous êtes.

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    25 août 2014 à 22 10 01 08018
    Permalink

    Dommage que tu n’aies pas mis le refrain… Cela aurait bien complété ce beau texte.

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    • avatar
      25 août 2014 à 22 10 41 08418
      Permalink

      Je me souviens pas d’un refrain. Si tu l’as, il faut le poster ici que je le relise.

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        26 août 2014 à 13 01 12 08128
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        Les idées bien élevées caracolent sur nos ondes
        Elles barbouillent le monde
        Sur du carton bosselé, craquelé, hérité, typé.
        Les idées bien élevées peinturlurent sans sagesse
        Le paysage figé de notre petitesse de pensée

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          26 août 2014 à 13 01 31 08318
          Permalink

          Absolument exact.

          On en avait fait une chanson. Bon sang, je perd la mémoire.

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