LES « INDIGNÉS » APRÈS LE SOMMET DU G-20

 

LES RÊVES DES INDIGNÉS

Qu’ont en commun les « Indignés », Michael Moore et Noam Chomsky ? Ces trois personnages – très médiatisés – ont un point en commun : ils rêvassent tous les trois. Non seulement ils rêvent mais chacun d’entre eux prend ses rêves pour la réalité, et chacun croit que, s’il rêve assez fort, il parviendra à transformer le monde.

Malheureusement, ce monde cruel dans lequel nous souffrons ne changera pas par l’action des « Illuminatis » et de la pensée magique. Leurs rêves pourront changer et leurs laisser croire que le monde change, mais ce ne sera qu’illusion, fumisterie, fantasme, frustration et désillusion.

Ce monde d’anarchie de la production, où la famine côtoie le gaspillage éhonté des aliments; ce monde où l’accumulation des profits astronomiques côtoie la pauvreté dégradante ; ce monde de guerres néo-coloniales pour le repartage des marchés, de repartage des zones d’extraction des matières premières, et de repartage des secteurs d’exploitation de la plus value ouvrière entre puissances impérialistes, à la fois complices et concurrentes, est un objet bien réel – pas du tout évanescent.

Ce monde repose sur la dictature violente des riches, la dictature d’une oligarchie – comprenant moins d’un pour cent de la population mondiale incidemment –, soutenue par tout un appareil étatique violent – avec ses cours de justice, ses prisons, ses bagnes, ses corps de police, ses agences privées d’assassins de sécurité, ses armées, ses réservistes et ses potences, ses chaises électriques et autres moyens de terreur collective. Tout individu qui n’expose pas ces faits élémentaires – criants de vérités – à ses auditeurs, à ses lecteurs ou à ses téléspectateurs est un naïf dangereux, un mystificateur cynique, ou un opportuniste machiavélique. La semaine dernière les « Indignés » d’Oakland – Californie – l’ont appris à leurs dépens. Fort heureusement, ils n’ont pas déguerpi et ils ont affronté, casqués et armés, les forces du désordre venues les frapper du plein poids de la loi. Félicitations aux révoltés d’Oakland, ils sont devenus l’exemple à suivre pour tous ceux que l’on voudra dorénavant chasser des lieux où ils sont campés (1).

LES DEMANDES DES INDIGNÉS

Ils sont, dit-on, des milliers d’« Indignés » de par le monde, squattant neuf cents parcs urbains dans autant de municipalités, s’attendant tous à être expulsés, à résister et à être emprisonnés. Que réclament tous ces «Indignés» ? Un récent document publié sur Internet répond à cette question. « Un mouvement inédit, impulsé par la jeunesse des classes moyennes, une vague de fond anticapitaliste et libertaire, qui attaque les fondements de la société américaine. Après les avoir regardés de haut, pressés par une opinion publique majoritairement favorable au mouvement contestataire, les médias prennent désormais celui-ci au sérieux. (…) l’hebdomadaire The Week se demande si «Occupy Wall Street » fait émerger un « Tea Party de gauche ». Le fameux Tea Party a d’ailleurs pris un coup de vieux et certains de ses membres vont même jusqu’à apporter leur soutien aux Indignés, espérant ainsi surfer sur la vague contestataire. Le Président Obama lui-même s’est senti obligé de déclarer « Je comprends la colère qui s’exprime dans ces manifestations »(2).

Voilà qui nous en apprend beaucoup sur cette vague de contestation « anticapitaliste et libertaire ». Selon Mohamed Belaali, « cette position réformiste des « indignés » explique, entre autres, la longue liste de soutiens hypocrites apportés au Mouvement par les porte-parole du capital. On peut citer pêle-mêle Ben Bernanke, président de la Banque centrale américaine, Jean-Claude Trichet et Mario Draghi, ancien et nouveau présidents de la Banque Centrale Européenne (BCE), Angela Merkel, Herman Von Rompuy, José Manuel Barroso et des milliardaires comme Warren Buffett ou Georges Soros (…). Par cette « sympathie » douteuse, la bourgeoisie tente de récupérer le Mouvement pour le dévier de sa trajectoire initiale et le vider de sa substance progressiste. » (3).

Poursuivons notre enquête et lisons un extrait de texte publié par les «IndignéEs» canadiens : « En tant qu’IndignéEs, quelques co-auteurEs du livre « TENIR PAROLE », feront lecture d’extraits pour faire revivre ce livre décrivant la lutte pour une loi sur l’élimination de la pauvreté au Québec. (…) où puiser matière à alimenter nos réflexions et nos actions. ».

Et oui, l’Assemblée nationale de la Province de Québec a eu l’outrecuidance d’adopter une loi « exigeant » l’élimination de la pauvreté. Loi inutile, évidemment, et qui n’a pas empêché la paupérisation des gagne petits, le foisonnement des enfants qui fréquentent les « banques » alimentaires. N’a pas empêché non plus l’appauvrissement des mamans monoparentales, la diminution du salaire réel et du pouvoir d’achat du peuple travailleur. N’a pas empêché la paupérisation croissante de la jeunesse rassemblée à écouter réciter des articles de la Loi bannissant la pauvreté dans ce parc public devant la Bourse de Montréal…Notez, que je n’ai pas écrit « rassemblées sur le parquet de la bourse à empêcher les cambistes spécieux de spéculer et de nous appauvrir », non, les « Indignés » sont sagement campées à l’extérieur sous les arbres dénudés par le vent de l’automne glacé.

L’histoire ne dit pas si l’Assemblée nationale du Québec a aussi adopté une loi interdisant les inondations le long des berges des rivières en crue, ou encore, une loi bannissant la neige en hiver dans les rues du Québec… Comprenons-nous bien, nous ne faisons ici aucune suggestion d’action législative à l’endroit des « Indignés ».

En bref, un parterre de bonnes intentions soutenues par un maelstrom de bonne volonté. Pour l’instant le maire de Montréal, complaisant, laisse filer, espérant que les dernières giboulées refroidiront les ardeurs des squatteurs. J’ai l’impression que l’on ne renversera jamais ce monde capitaliste moribond de cette façon.

NOAM CHOMSKY APPUIE LE RÊVE DES INDIGNÉS

Pourtant, le célèbre pamphlétaire Noam Chomsky y croit lui, et voici ce qu’il déclarait le 23 octobre dernier à une assemblée américaine : « Noam Chomsky, connu pour ses critiques de l’impérialisme américain et des médias, déclarait devant des milliers de personnes réunies à Boston, face au bâtiment de la banque de la Réserve fédérale : « Ce mouvement est spectaculaire. C’est sans précédent. Je ne me souviens pas qu’il y ait jamais eu quelque chose comme ça. Si les associations qui ont lancé ces rassemblements peuvent tenir pendant une longue et dure période – parce que la victoire ne viendra pas rapidement – cela pourrait vraiment se révéler être un événement historique, un moment important de l’histoire américaine. ».

Chomsky songe ici à la victoire de qui sur qui ? Et à quel genre de victoire réfère-t-il ? La fin du capitalisme ? La fin des inégalités sociales ? La fin des injustices universelles ? Il espère que Warren Buffet et ses semblables rendront les milliards qu’ils ont spoliés aux peuples du monde à travers leurs holdings multinationaux multimilliardaires ? Si c’est bien ce à quoi il rêve, alors ce ne sera pas demain la veille en effet.

WARREN BUFFET DEMANDE À ÊTRE TAXÉ DAVANTAGE !

Warren Buffet mène justement une opération de marketing en ce moment, attestant que son taux d’imposition de 17 % par année est bien inférieur à celui de sa secrétaire qui est gratifiée de 35 % d’impôt. Pire, un salarié de la classe moyenne subit un taux d’imposition de 45 à 50 %. Monsieur Buffet réclame donc qu’on l’impose lui et ses semblables aussi lourdement que les ouvriers spécialisés. Noam Chomsky et les « Indignés » fondent de grands espoirs sur cette suggestion spécieuse de Monsieur Buffet.

Chomsky et les « Indignés » devraient savoir que le salaire d’un milliardaire est bien peu de choses au regard de sa fortune et qu’un taux d’imposition de 50 % n’apporterait presque rien dans les coffres de l’État. Les milliardaires ne sont pas riches parce qu’ils encaissent de gros salaires mais parce qu’ils spéculent à la bourse et possèdent des actions de nombreuses et très grandes corporations multinationales et que leurs holdings empochent ainsi des dividendes astronomiques.

Ces dividendes, ces bénéfices spéculatifs boursiers, le gros de la fortune de ces moins de un pour cent de la population, ce ne sont pas des salaires, ce sont des profits. Une enquête récente aux États-Unis révèle que loin d’augmenter, les impôts sur les profits des entreprises américaines – déjà très bas – diminuent d’année en année et cela malgré la hausse constantes des profits concomitantes à la baisse des revenus du gouvernement américain (imposition moyenne de 18,5 % et un grand nombre d’entre elles ne paient aucun impôt et reçoivent de l’argent de l’État américain – 218 milliards de dollars au total – malgré leurs profits record) (4).

Taxons alors les bénéfices boursiers, les dividendes et les profits ! Difficile, sinon impossible. Une grande partie de ces profits sont enregistrés sur des comptes à numéro ou comptabilisés au siège social d’entreprises fictives ayant pignon sur rue dans des paradis fiscaux (Caïmans, Macao, Monaco, Barbade, etc.), des pays de complaisance, des États de non droit, que les capitalistes ont soustraits aux lois internationales avec la complicité bienveillante des politiciens qui étaient réunis cette semaine au G-20 à Cannes ! Ces paradis fiscaux servent également à blanchir l’argent mafieux qui se mélange aux avoirs de Monsieur Buffet, le bon samaritain et autres mandarins.

Des riches toujours plus riches et cupides et des pauvres toujours plus pauvres et livides. Des milliardaires bien protégés, à la recherche du profit maximum et des rêveurs pacifistes aspirant à une justice sociale inaccessible, voilà le rapport de force, voilà la triste réalité de ce monde impérialiste que Monsieur Chomsky et les « Indignés » espèrent voir changer à force de sit-in et de camping urbain.

MICAHEL MOORE SOUHAITE LA FIN DU CAPITALISME

Michael Moore – tout comme le Directeur de la revue Le Monde diplomatique, Serge Halimi diplômé de Berkeley – s’avance encore plus loin dans sa dénonciation du système capitaliste (5). Michael n’est pas tendre pour ce système et, hâbleur, il déclare : « Il faut mettre un terme au capitalisme. Le capitalisme est un train fou qui se dirige sur ses rails vers la vallée de la mort et personne ne pourra l’arrêter ni le dévier car sa « logique » ne le permet pas. Il s’agit de convaincre les peuples de sauter en marche avant que celui-ci n’arrive inexorablement à son terme: la fin de la vie biologique sur la planète Terre. Aujourd’hui nous n’avons aucun autre biotope à portée de main pour préserver cette vie biologique; c’est donc à la seule communauté des humains conscients à laquelle Michael semble appartenir, qu’incombe d’investir cet espace très limité et déjà mal en point. ».

Pour Monsieur Moore la façon d’échapper au capitalisme serait le suicide collectif, tous dans le ravin pendant que le train fou s’engage à vive allure sur la voie du désespoir et de l’Apocalypse! Mauvaise solution, ce n’est pas par le suicide collectif, ni via l’Armageddon, que nous y parviendrons.

La solution consiste à se saisir du conducteur et de tous ses acolytes de la classe capitaliste et à les rendre inoffensifs, cela s’appelle l’insurrection populaire. C’est le message que les révolutionnaires devraient porter à tous les « Indignés » de la terre. Sans révolution, sans renversement de la classe parasitaire qui s’accapare privément de la propriété des moyens de production et d’échanges collectifs dans dix ans les « Indignés » seront toujours frustrés devant Wall Street à écouter les états d’âme de Noam Chomsky, de Michael Moore et de Serge Halimi.

LE SOMMET DU G-20

Le président Sarkozy a été très transparent dans son discours au Sommet du G-20 à Cannes. Il a clairement remis en cause le contrat social établi entre la grande bourgeoisie et l’aristocratie ouvrière des pays occidentaux : désormais les programmes sociaux ne seront maintenus qu’à la condition qu’ils n’entravent pas la bonne marche des affaires et de la finance. Autrement dit, tous les programmes sociaux sont sujets à être comprimés jusqu’à et y compris éliminés. Mesdames et messieurs, avec ce Sommet du G-20, la guerre de classes entre le capital et le travail vient d’entrer dans une Ère nouvelle. Les vœux pieux, les rêves, les cris et les larmoiements ne suffiront pas à sauver la planète en danger et les peuples affamés.

Comme disait l’autre, on ne change pas ce monde capitaliste seulement en s’indignant, en chantant et en faisant des sit-in dans les parcs…Il est temps de poser la question de la prise du pouvoir et du contrôle du monopole de la violence légale de l’État. Quelle classe dirigera l’État ? Quelle classe imposera ses vues et ses intérêts à toute la société ? La classe majoritaire ou les moins de un pour cent de parasitaires (6) ?

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(1) Révolte à Oakland, Californie. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/11/03/001-port_oakland-activites_paralysees-indignes_wall_street.shtml et http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27266

(2) Courriel reçu le 6.11.2011. Pour recevoir copie, robertbibeau@hotmail.com

(3) http://www.legrandsoir.info/on-ne-change-pas-le-monde-avec-seulement-de-l-indignation.html

(4) http://lauer.blog.lemonde.fr/2011/11/03/etats-unis-profit-ne-rime-pas-forcement-avec-impot/

(5) Le directeur du Monde diplomatique. Serge Halimi. http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/335044/entretien-avec-le-directeur-du-monde-diplomatique-egalite-democratie-et-souverainete?utm_source=infolettre-2011-11-02&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(6) http://www.legrandsoir.info/on-ne-change-pas-le-monde-avec-seulement-de-l-indignation.html

15 pensées sur “LES « INDIGNÉS » APRÈS LE SOMMET DU G-20

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    9 novembre 2011 à 2 02 34 113411
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    Bravo à l’auteur,

    Ce « cri » les financiers ont souffriront bien plus qu’ils ne le laissent croire.
    Nous n’avons jamais été aussi proches de remporter ce qui nous appartient de tous temps et que nous nous faisons VOLER.
    Notre LIBERTE.
    Il faut ne pas cesser d’agir en ce sens pour retrouver le sens de notre « dignité ».
    Cordialement,
    Le Panda
    Patrick Juan

    (Y)

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    9 novembre 2011 à 5 05 32 113211
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    «Pour Monsieur Moore la façon d’échapper au capitalisme serait le suicide collectif, tous dans le ravin pendant que le train fou s’engage à vive allure sur la voie du désespoir et de l’Apocalypse! Mauvaise solution, ce n’est pas par le suicide collectif, ni via l’Armageddon, que nous y parviendrons.»

    Moore ne demande pas le suicide collectif, il ne connait pas nos idées et connait très mal le communisme et le socialisme. Ce n’est pas à lui, de proposer, mais à nous, communistes.

    Êtes-vous venu à la place du peuple, pour y jaser de tout ça? J’y serai dimanche, nous y allons quelques camarades, pour y présenter nos idées.

    Solidairement,

    Sylvain Guillemette

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    9 novembre 2011 à 8 08 53 115311
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    Top-down vs Bottom-up

    Vous dites :

    «La solution consiste à changer de conducteur».

    Ça, c’est l’approche «Top-down», et personnellement, je n’y crois pas beaucoup, car c’est basé sur l’illusion que ce sont les dirigeants qui dirigent. C’est bien plus compliqué que cela. Les dirigeants profitent d’une situation, mais cette situation les dépasse tous.

    Le mouvement des indignés, il est «Bottom-up». Il travaille simultanément et en synchronicité sous tous les régimes, dans toutes les langues, dans toutes les cultures. Aucune des personnes qui prétend parler au nom des indignés ne parle au nom des indignés car c’est impossible.

    Ce qui ne veut pas dire que ça ne compte pas.

    Bien au contraire, ce mouvement fait de l’éducation à un niveau beaucoup plus profond que le mental. Il est possible qu’aucune des personnes qui vit aujourd’hui n’en récolte les fruits, car c’est un travail de longue haleine. Mais c’est un travail qui ne fait pas que changer de conducteur, c’est un travail qui change la machine.

    Tout ce que les êtres humains ont aujourd’hui a commencé par être un rêve, une idée. Et les plus grands rêves peuvent prendre des centaines ou même des milliers d’années à se réaliser.

    Par exemple, la démocratisation du monde a commencé il y a des milliers d’années.

    Serge Grenier

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    9 novembre 2011 à 9 09 33 113311
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    Bon vous faites partie des illuminatis – rêveurs qui aimeriez regarder passer le train se dirigeant vers la vallée de la mort – grand bien vous fasse

    1) Nous n’avons pas des milliers d’années devant l’humanité pour attendre l’avènement du ciel sur la terre. Ils vont détruire la planète avant cela.
    2) Quand je dis métaphoriquement qu’ils faut changés le conducteur – j’insinue = la révolution violente et radicale – l’élimintaion des gérants – boss – capitalistes – multimilliaradaires et leur expropriation complète sans évidemment aucune compensation – de toute façon que ferait-il de cet argent à l’endroit ou ils se retrouveront

    3) Bref on remake de la grande révolution socialiste d’octobre –

    Les luminattis et la pensée magique des chefs qui ne chefs pas et des masses qui se dirigent sans dirigées – et l’assemblée des scouts en culottes courtes et qui aiment leur CP

    C’est pas ma tasse de thé monsieur – pardonnez-moi.

    On se revoit de l’autre côté du miroir de rêve si vous voulez bien je vous y attend dans la vraie vie.

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    9 novembre 2011 à 10 10 06 110611
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    « Ce monde d’anarchie de la production »

    C’est dommage que l’on confonde toujours l’anarchie et l’anomie… Anarchie peut se résumer en « rejet de la domination », anomie est la situation de KO ou la violence prévaut.

    Alors que de nombreuses personnes sont « dans le fond » profondément anarchiste, elles ne se penchent jamais sur cette doctrine vu l’image qui en est donnée…

    Les mots sont importants, ce sont eux qui façonnent nos représentations et guident notre pensée. Voir le « Dico de Novlangue » disponible là : http://guerre.libreinfo.org/novlangue/dico-de-novlangue.html

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    9 novembre 2011 à 10 10 40 114011
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    J’imagine que vous vouliez dire que je fais partie des «illuminés», pas des «Illuminatis» (l’organisation la plus ancienne et la plus secrète des «Maîtres du monde»).

    Une révolution violente et radicale ne peut que recréer exactement la même situation que ce que nous vivons actuellement où un petit groupe impose sa volonté aux autres.

    En fait, nous vivons un changement de paradigme et l’essentiel de ce changement se passe dans notre façon de comprendre le monde.

    J’exagère un peu en parlant de milliers d’années, mais ce que je veux dire par cela, c’est que les personnes qui sont pressées que ça change parce qu’elles se sentent vieillir et veulent voir la révolution avant de mourir ne sont pas très «socialistes» car elles font passer leurs besoins individuels avant ceux de la population.

    Il ne s’agit pas tant d’éliminer les boss, gérants, multimilliardaires et autres que de faire en sorte que la population n’ait plus besoin d’eux pour vivre. Si on ne rend pas la population autonome d’abord, pour sa survie, elle recréera des boss, gérants et autres sauveurs de l’humanité et on sera revenu à la case départ.

    Serge Grenier

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    9 novembre 2011 à 11 11 17 111711
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    @ Robert Bibeau

    Votre article m’a suggéré un texte que je publierai le lundi 14 novembre. Je vous l’envoie donc ici en « avant-première », si on peut dire. Gardez m’en une copie, car même s’il dit des évidences, plusieurs le verront peut-être comme dangereusement radical. Il n’est donc pas impossible que je n’aie pas l’occasion d’en écrire beaucoup d’autres. pjca

    ***

    Une société se développe et devient le reflet de ceux qui la composent. Nous avons une société d’injustice, parce que l’égoïsme de la nature humaine ne veut PAS une société juste. La nature humaine changera avec le temps, partie par le travail de chacun sur lui-même, partie par la rétroaction positive sur l’Individu de la société elle-meme. Ce qui plus que tout, cependant, conduit à une société plus juste, c’est l’ABONDANCE. Une société peut devenir plus facilement plus juste, dans la mesure où les désirs peuvent y être mieux satisfaits.

    Au palier des BIENS matériels, tous les besoins peuvent déjà être comblés. Au palier des SERVICES, ils ne le seront jamais, car la demande est infinie. Mais ils le seront de plus en plus et, surtout, la répartition de ceux qui sont disponibles peut être juste, dans la mesure où elle obéit à des règles que soutient une majorité effective de ceux qui sont demandeurs de services.

    Ce soutien existe quand une majorité effective croit que soutenir ces règles leur apportera plus que s’y opposer. Nonobstant ce soutien, chaque individu a son seuil – qui dépend de sa perception de son besoin comme de son conditionnement – au-dela duquel son égoïsme l’amène à s’opposer à ces règles qui assurent la justice. C’est la responsabilité de la société de veiller à ce que ces règles s’appliquent malgré ces oppositions et elle peut y parvenir.

    Il y a aussi des désirs, toutefois, que ne peut JAMAIS satisfaire une offre de biens ou de services, car ce sont des créations de l’individu en réaction à ce qu’il est, ou à la condition humaine. Quand il cherche cette satisfaction, autrement que par une action sur lui-même et que sa recherche prend la forme d’un jeu à somme nulle, l’individu est nécessairement en opposition avec les autres et c’est la responsabilité de la société de veiller à ce que son opposition ne contrecarre pas l’application des règles qui assurent la justice.

    Si un individu veut gagner ou détenir plus de richesses qu’il n’en faut pour satisfaire les désirs qui, objectivement peuvent être satisfaits par la richesse, on doit le voir comme un sociopathe. Si de ce fait il devient un obstacle à ce que d’autres aient accès aux biens et services que permet l’abondance, c’est la responsabilité de la société de veiller à ce qu’il soit mis hors d’état de nuire et traité. De même, s’il cherche tant de pouvoir qu’il en devient un obstacle à ce que d’autres aient toute la liberté à laquelle ils ont droit dans le respect de celle des autres.

    La société a ses responsabilités et la démocratie parfaite serait que ces responsabilités soient déterminées par consensus. Cela ne serait possible, hélas, que si chacun était irremplaçable, ce vers quoi tend une société, mais sans jamais l’atteindre. En pratique, les responsabilités de la société sont donc déterminées par les règles qu’y établit sa majorité effective.

    Il en résulte une démocratie imparfaite, d’ou une nécessaire supplétivité, une « subsidiarité inversée » qui doit amener tout échelon inférieur de la société, incluant l’individu, à réaliser lui-même ce qu’un échelon supérieur devrait faire, mais ne fait pas. L’individu qui s’autorise de ce principe peut poser, même seul, des gestes qui sont par définition illégaux, mais dont seule sa conscience peut lui dire s’ils sont légitimes. La mise hors d’état de nuire des sociopathes en est un cas d’espèce.

    C’est dans cette optique qu’un contestataire indigné, un rebelle ou un révolutionnaire doit voir son action et chacun de ses gestes, puis assumer ses responsabilités, leurs conséquences et son propre destin.

    N.B. Conformément à l’usage diplomatique international généralement accepté, je condamne fermement toute violence, dommages, exactions ou massacres, qui pourraient résulter d’une interprétation abusive du droit que ce principe pourrait prétendre conférer à des groupes ou des individus.

    Pierre JC Allard

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/161-un-temps-pour-lanarchie/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/05/31/puerta-del-sol-on-brise-la-boussole…/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2011/06/26/quand-lindividu-se-fache-2/

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    9 novembre 2011 à 21 09 55 115511
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    c’EST AMUSANT CAR DANS UN ARTICLE PRÉCÉDENT ICI-MÊME JE CONDAMNAIS CEUX QUI ÉVALUENT L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ À l’AULNE DE LEUR PROPORE LONGÉVITÉ. C’EST VOUS DIRE COMME JE SUIS D’ACCORD AVEC L’IDÉE QUE L’HISTOIRE DE LA RACE HUMAINE N’EST PAS ASSIMILABLE À L’HISTOIRE DE L’UN DE SES COMBATTANTS

    MAIS = LA DESTRUCTION DE LA PLANÈTE S’ACCÉLÈRE CELA EST VRAI ET TRAGIQUE ET NOUS NE DISPOSONS PAS DE MILLE OU DEUX MILLES ANS À MON AVIS – IL FAUT RÉGLER LE SORT DU CAPITALISME AVANT MILLE ANS – CAR LA TERRE TELLE QUE NOUS LA CONNAISSONS N’EXISTERA PLUS.

    POUR CE QUI EST DE LA QUESTION QU’UNE CLASSE SOCIALE RÉVOLUTIONNAIRE – REPRÉSENTANT L’AVENIR IMPOSE SA VOLONTÉ AUX AUTRES – NOUS NE SERONS JAMAIS D’ACCORD SUR CE POINT MONSIEUR – JE LE CROIS FERMEMENT – JE N’AI RIEN MAIS ALORS RIEN À FOUTRE AVEC LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE

    LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE ME FAIT DÉGEULER – C’EST TOUT JUSTE BON POUR FAIRE ÉJACULER LES PETITS BOURGEOIS INSIGNIFIANTS – ÉMASCULER DANS LEUR DUVET DOUX RÊVANT À MAMAN QUAND ELLE LES DORLOTAIT SI TENDREMENT – L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ EST L’HISTOIRE DE LA LUTTE DES CLASSES PAS L’HISTOIRE DES MASTURBATION PSYCHOTIQUE DE LA PETITE BOURGEOISIE NÉVROTIQUE

    DÉSOLÉ MONSIEUR NOUS NE SOMMES PAS EN PHASE VOUS ET MOI.

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    13 novembre 2011 à 14 02 12 111211
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    Sanzalure

    ‘En fait, nous vivons un changement de paradigme et l’essentiel de ce changement se passe dans notre façon de comprendre le monde. »

    Je suis d’accord avec vous. Il faut élever notre niveau de conscience et changer notre perception du monde. La violence ne fait qu’engendrer la violence.

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      14 novembre 2011 à 19 07 42 114211
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      Mais la violence, les bourgeois en usent quand nous dérangeons. Et là, vous ne la questionnerez guère.

      Double-mesure. Ma violence n’est que la réponse à leur violence.

      «Pour aimer les hommes, il faut détester fortement ce qui les opprime…» Jean-Paul Sartres

      Je ne désire pas d’ailleurs, marcher main dans la main, tel que François Legault le propose, avec mes exploitants. Bien au contraire, je veux aujourd’hui, enfin, leur faire face.

      L’heure n’est plus à la diplomatie. C’est à sens unique et vous le savez bien, camarades.

      Si par exemple nous nous donnons un gouvernement légitimé par une élection bourgeoise, ils le détruiront, via la propagande, qu’ils contrôlent par le biais des médias, et via les ingérences étrangères, voire les Coups d’État et les assassinats.

      Quand on est sur la bonne voie, on le sait parce qu’on tente à tout prix de nous empêcher d’aller en ce sens.

      La révolution passe par un changement qualitatif et ce changement qualitatif, s’il n’est pas à nos portes, ne le sera peut-être jamais de toute façon, car nous ne contrôlons pas la propagande.

      Solidairement,

      Sylvain Guillemette

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        14 novembre 2011 à 23 11 32 113211
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        En effet nous ne contrôlons pas la propagande.

        Présentement le Capital contrôle parfaitement le chaos stratégique instoré par ses machines; de guerre, financière, et médiatique.

        La violence aux mains du peuple n’est pas la violence, mais la justice.

        Maria Eva Duarte aux « sans-chemises »

        DG

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          15 novembre 2011 à 8 08 59 115911
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          Bien sûr que nous questionnons la violence, toute la violence. Bien sûr que nous rêvons que nous sommes des «superman» et que nous pouvons battre les bourgeois à plate couture.

          Mais la réalité est que la classe ouvrière est complètement divisée non seulement entre les continents, mais à l’intérieur même des pays. La classe ouvrière est très loin de constituer une force capable de vaincre les militaires qui eux sont unis au delà des frontières.

          C’est pourquoi je ne comprend pas que vous critiquiez le mouvement des indignés qui est en train de rassembler les 99% de la population dans une même conscience. 99%, ça comprend les soldats, la police et la plupart des forces de l’ordre. Si ceux-là choisissent de défendre le 99% au lieu de défendre le 1%, la bataille est gagnée et sans effusion de sang.

          Les «indignés» ont fait plus en quelques mois pour regrouper la population du monde que toutes les forces «socialistes» depuis que je suis né.

          J’arrive à 60 ans et depuis 40 ans, je vois les petits partis politiques «socialistes» québécois s’entredéchirer et tourner en rond en rêvant de renverser l’ordre établi. C’est pathétique.

          Au lieu de critiquer les indignés, vous devriez vous réjouir : enfin, il y a quelque chose qui bouge sur cette planète !

          Serge Grenier

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    14 novembre 2011 à 20 08 21 112111
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    Écoute Sylvain, la machine a plus de bébelles pour tuer un homme que tu peux imaginer.

    Ça ne sert à rien de penser que tu vas aller à la guerre avec un tire-pois, parce que c’est à peu près ça dont tu parles.

    Réfléchis un peu!

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      14 novembre 2011 à 20 08 32 113211
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      Ce qu’il faut, c’est que la conscience évolue suffisamment pour que les soldats et autres exécutante refusent par eux-mêmes d’obéir aux ordres illégitimes ou illégaux.

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