Les mercenaires à l’UQAM

  

  
Montherlant disait – plus élégamment, puisqu’il était Montherlant – que si, dans une querelle, les deux parties vous attaquent à tour de rôle, c’est que vous êtes sans doute un esprit libre… :-)   Je vais sans doute avoir fait un grand pas vers la liberté  d’esprit avec ce dossier des revendications étudiantes pour la gratuité des étude universitaires, car je ne me suis pas à m’y faire des amis…

J’ai répété, dès le début de cette grève, ce que je disais depuis longtemps : la gratuité des études. universitaires est une mauvaise solution. Ce n’est pas une mesure progressiste, mais élitiste, faisant porter par la classe moyenne le coût de formation et donc les frais d’établissement d’une minorité privilégiée.   Mes amis de la Gauche ont grincé des dents…

Quand j’ai dit, cependant, que la gestion provocatrice de la crise par la gouvernement indiquait que celui-ci comptait bien attiser ce conflit  pour qu’il en résulte une bavure qui lui permettrait de se faire réélire par une population apeurée, c’est la Droite qui s’est voilée la face, comprenant que ma position dans dossier n’était pas le commencement de ma conversion au libéralisme.

Je restais néanmoins dans une sorte de no man’s land  idéologique, puis hier, patatras !  Je suis retombé relaps impénitent dans mes vieux péchés de gauchiste. Car je continue de penser qu’il faut prêter et non donner à ceux qui suivent une formation professionnelle, mais la faute du gouvernement qui ne propose pas sérieusement  cette solution évidente devient tout a coup infiniment plus grave que celle des étudiants qui ne la réclament pas.

C’est que le gouvernement vient de faire un pas tragique dans l’escalade. Il a transformé nos étudiants en Taliban.  Vous croyez que même si le mot « taliban » signifie bien « étudiants »  en arabe et en pashtan, il n’y a rien en commun, entre  les fondamentalistes qui explosent les statues du Bouddha et lapident des femmes en Afghanistan et nos étudiants québécois ?

Détrompez vous. Les étudiants de l’UQAM ont maintenant UNE chose en commun avec les Talibans : on leur a donné pour adversaires des mercenaires.

Et pas n’importe quels mercenaires : les agents de sécurité de BEST, une filiale de la même société, GARDA, qui fournit des mercenaires en Irak.   De ceux dont on a dit qu’ils étaient responsables du plus clair des atrocités et des exactions.  Ces familles décimées, ces femmes violées par douzaines, ces films innombrables où l’on voit et entend ces mecs rigoler en tirant sur tout ce qui bouge…  Ce n’étaient pas seulement des mercenaires, les responsables, mais c’était SURTOUT des mercenaires.

Tous les mercenaires ne sont sans doute pas des brutes sadiques – ce serait une impossibilité mathématique –  mais peut-on avoir un préjugé favorable concernant la bonne conduite d’individus qui choisissent d’aller brutaliser et tuer au besoin des gens qu’ils ne connaissent pas ?  Et qui ne le font pas comme des soldats sous prétexte de défendre une patrie en danger, mais pour gagner pas mal de fric ?

Quand arrivent les mercenaires – à Montréal, comme à Kandahar et à Bagdad – c’est le signe que l’on ne fait plus trop confiances aux forces régulières pour mater l’adversaire avec toute la brutalité qu’il faudrait; un sursaut d’humanité est trop vite arrivé chez un policier ou un militaire honnête qui tape sur un honnête  homme …

À ceux qui se battent pour une cause le pouvoir oppose donc des mercenaires. Le bon mercenaire est payé et il fait son boulot sans états d’âme. Le mercenariat a une longue tradition d’excellence dans l’abomination depuis Carthage, mais, ne regardons qu’hier,

Ce sont les agents de sécurité de Pinkerton qui ont tabassé les grevistes pendant les décennies noires de l’histoire syndicale des USA.   C’est le même genre de ressources qui tapaient sur les grévistes à Asbestos. Ce sont d’autres mercenaires qui ont fait et défait les gouvernements en Afrique depuis l’affaire du Katanga dans le Congo des années ‘’60. On les appelait « les affreux »…

Encore des mercenaires qui ont tué et massacré sous contrat au Guatemala et au Salvador, puis massivement au Nicaragua, où on a parlé des « Contras ». N’oublions pas la Colombie, où l’on a mis en lignes les « Paramilitaires », payés par les propriétaires terriens, qui ont fait depuis 20 ans chez les paysans 10 fois plus de victimes que la guérilla… Seul le nom change.

Introduire des mercenaires dans un conflit a toujours mené à des bavures… Je ne trouve donc pas raisonnable de mettre au front les agents de BEST contre les étudiants en grève de l’UQAM ou d’ailleurs. Nous en baverons beaucoup et, depuis hier, c’est déjà commencé, avec les profs qu’on veut intimider. Une grave erreur du gouvernement…

Mais est-ce une erreur ? Seule une énorme bavure dans le déroulement de la grève étudiante pourrait arracher à la population un autre mandat pour le gouvernement discrédité de Jean Charest.  Alors, quand le gouvernement provoque les étudiants, comme il le fait à Gatineau, par exemple, c’est de la bêtise ou une astuce ?

Je crois que le gouvernement est bête, SURTOUT s’il se croit astucieux. Il devient si évident qu’on a tendu un piége aux étudiants qu’on ne pourra que faire porter au gouvernement la responsabilité des conséquences qui en résulteront.

Or, le gouvernement ne semble pas comprendre que, dans un conflit urbain violent, les techniques modernes modifient radicalement l’équilibre des forces entre la société et l’individu.  L’État ne peut pas prendre en otage  toute une population où se mêlent ses amis et ses ennemis. Tout affrontement entre insurgés anonymes et les forces de l’ordre – qui ne peuvent jouer leur rôle qu’en s’identifiant – se transforme donc en une lutte inégale entre voyants et aveugles…

Il serait pourtant si facile de proposer un plan RAISONNABLE de financement a long terme… Si un malheur arrive, quel que soit le camp qu’on voudra en accuser, je prétends que Jean Charest en sera le grand responsable.

Pierre JC Allard

20 réflexions au sujet de « Les mercenaires à l’UQAM »

  1. Il est très dérangeant d’assister à une lutte symbolique de résistance du peuple contre la malversation politique et l’atteinte aux droits des citoyens en y retrouvant majoritairement que de jeunes adultes à peine affranchis de leur bienheureuse insouciance.

    Cette résistance n’a certes pas les mots justes, ni la connaissance approfondie des actions opaques que le pouvoir et ses complices mènent contre le peuple, mais elle sait qu’elle doit empêcher qu’on la mène à l’abattoir des rêves, dans le même moule que ceux dont elle percevra de plus en plus les ravages du prêt-à-penser et de la résignation.

    Peuple baffoué et soumis à coups de malversations, de tricheries, de mensonges et de répressions. Peuple anesthésié, bientôt suffocant aux gaz. Peuple ignorant: ton prochain te démontre les effets du pouvoir qui t’asservit chaque jour et tu feins d’ignorer.

    Alors qu’on t’endort en te berçant de commissions d’enquêtes parce que tu trouvais important d’exiger la transparence, on a monté sur scène un décor pour te plaire et capter ton attention pendant que dans les coulisses on prépare le grand spectacle auquel tu n’assisteras encore et toujours que comme victime. On t’a écouté, on sait dorénavant comment t’asservir.

    LOI SUR LES CONTRATS DES ORGANISMES PUBLICS:
    Les articles 21.1 à 21.16 qui traitent de l’inadmissibilité aux contrats, visant à rendre les contractants ayant commis des infractions inadmissibles à soumettre et réaliser des contrats pour des organismes publics (incluant les organismes de partenariat public-privé) ne sont pas en vigueur. Prévus mais non effectifs.
    http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_65_1/C65_1.html

  2. « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens de 1793 , née de la révolution française.

    Alors qu’est-ce qu’on attend?

  3. Le sud pleure. Ses enfants ont osé approcher les précieux assis au banquet de la honte. Le pouvoir ne se laissera pas contrarier et le bâillon sera mis à coups de bâtons.

  4. La réaction du premier ministre et de tous ses petits pantins qui gloussaient d’une complaisante complicité, en se gargarisant des propos disgracieux et indignes de la part du chef d’un état dit démocratique au sujet de la présence à leurs portes du peuple qu’ils n’ont eu aucune gêne à mépriser, dresse un portrait on ne peut plus navrant d’un pouvoir parallèle dominant qui n’a plus besoin de simuler la démocratie pour rouler sur le peuple.

    Odieux mais il fallait s’y attendre et il faut d’ailleurs s’attendre à pire ignominies.

    Depuis des mois, ce pouvoir a pris toutes les libertés, bafoué le bon sens et maintenant il transgresse la décence la plus élémentaire. Nous n’avons rien à envier aux pays dont on dénonce la dictature.

  5. «Car je continue de penser qu’il faut prêter et non donner à ceux qui suivent une formation professionnelle, mais la faute du gouvernement qui ne propose pas sérieusement cette solution évidente devient tout a coup infiniment plus grave que celle des étudiants qui ne la réclament pas.»

    Je ne le vois pas de la sorte. Vous vous imposez des dogmes économiques du capitalisme, laissez-les donc derrière. Faites table rase, temporairement, et imposez-vous d’une faisabilité relative, par exemple par le fait que certains partis politiques chiffrent cette gratuité, Q-s, mais que le parti opte également pour que l’utilisateur soit redevable à sa société (le cas des médecins qui foutent le camp par exemple, faute du marché…).

    Bref, je crois qu’il faut voir le tout comme un investissement et quand on regarde d’autres pays, comme Cuba, où le métier de médecin est «honorable», on comprend qu’avec un peu plus de moyens –capitaux-, on arriverait à faire encore mieux dans beaucoup de secteurs, moins honorables vis-à-vis le médecin. C’est déjà pas si mal, pour une économie de cette taille, qui offre un environnement social fort différent que bien des pays de sa taille économique et même parfois, plus riche que Cuba.

    Non, je ne crois pas qu’il faille plier aux dogmes du capitalisme, obéir à ses lois. Le capitalisme n’a jamais été aussi près du ravin à vrai dire. Poussons-le, plutôt. Un système qui ne fonctionne pas, qui ne sert pas nos intérêts, ne mérite pas qu’on lui fasse quelconque sacrifice. Sacrifions-le, lui!

    «Et pas n’importe quels mercenaires : les agents de sécurité de BEST, une filiale de la même société, GARDA, qui fournit des mercenaires en Irak. »

    Ha ha! Je n’étais pas certain! J’avais vu un logo «GARDA» sur les ondes de RDI, avec les couleurs de la boîte. Alors c’étaient vraiment eux! Des tueurs! Des mercenaires dans nos lieux d’études! Horreur! Quelle honte! Changez le titre pour GARDA, des mercenaires à l’UQAM! Chgangez-le!

    «mais peut-on avoir un préjugé favorable concernant la bonne conduite d’individus qui choisissent d’aller brutaliser et tuer au besoin des gens qu’ils ne connaissent pas ?»

    Entièrement d’accord avec vous!

    En attendant, regardez ce que ces imbéciles de mercenaires font en Irak, pour «aider ce peuple»… Ici, ce sont la Blackwater, qui a changé de nom tellement elle était couverte de plaintes. Ce n’est pas la première fois que la Blackwater change de nom.

    http://www.liveleak.com/view?i=245_1334734382

    http://www.liveleak.com/view?i=d53_1333662533

    http://www.liveleak.com/view?i=c15_1333825385

    Hey les parents! Sortez vos enfants de là! Des tueurs dans les écoles, à la solde de Charest!

  6. Jeff a raison, l’insurrection est légitime. Des agents de GARDA vous dites? Y a des troubles si on les tape? Ils ne sont pas protégés par la loi sur les agents de paix? Si tel est le cas, profitons-en.

  7. @ SG
    Le capitallsme n’a rien a voir dans mon choix de prêter plutot que de donner. Simple utilisation optimale d’une ressource limitée et donc rare pour répondre à une demande infinie

     » Changez le titre… » Si vous voulez que les chiens courent le cerf, vous ne leur mettez pas un gigot dans la gueule…

    PJCA

  8. «Le capitallsme n’a rien a voir dans mon choix de prêter plutot que de donner. Simple utilisation optimale d’une ressource limitée et donc rare pour répondre à une demande infinie»

    Oh que si, puisque vous calculez que la gratuité scolaire, est un don, or, je ne la calcule pas comme un don, mais comme un investissement. C’est votre perception qui déraille et qui s’impose des dogmes économiques de ce système capitaliste. Vous parlez des coûts de la gratuité, comme si les coûts, per capita, étaient moins pesants chez les utilisateurs, quand ils y vont, chacun pour soi.

    Quant au titre, j’aime la provocation et elle est justifiée, ces temps-ci. Mais c’est VOTRE texte et VOTRE titre, faites-en ce que vous voulez. Ce n’était pas un ordre, je ne donne jamais d’ordre, j’aime consulter et prendre des décisions avec mes camarades de classe.

    Sur une autre note, avez-vous remarqué, hier, à Radio-Canada (RDI), avec Duceau, que Radio-Canada a aussi invité deux étudiants CONTRE la grève et que ces deux étudiants n’étaient pas pourvus d’arguments autres que «Vous ne condamnez pas la violence!» et de, «Vous brimez notre droit…»… Ils étaient deux du même groupe, à dire les mêmes bêtises, contre 1 représentant de la FEUQ et l’autre de CLASSE. Ouf! Beau balancement des forces! Ils n’invitent même pas Amir Khadir au «Match des Élus le vendredi dernier, où les trois élus, dont un de la CAQ qui ne fut pas élu sous cette bannière, étaient d’accords avec un dégel des frais de scolarité!

    Donc, résumons:

    À Radio-Canada, on invite que les élus POUR le dégel des frais de scolarité et lorsque les forces étudiantes doivent débattre en ondes, on invite 2 étudiants POUR le dégel, contre 1 pour le gel ou la gratuité! Bref, vendredi dernier, ils étaient tous d’accords avec le dégel, et Amir n’était pas là pour parler du programme de Québec-solidaire, qui CHIFFRE dans son programme, la gratuité scolaire!

    Je vis dans un État capitaliste, totalitaire! Point final! C’est de la marde! Pis pour être certain qu’on ne chiale pas trop fort, le gouvernement engage des tueurs, des mercenaires, pour nous mater!

    Quel système pourri! N’ai marre des médias de masse!

    Autre chose? Un retraité policier, hier, expliquait en ondes, en débattant avec un syndiqué de la CSN qui était présent à la manifestation de hier, que c’était difficile pour les policiers de différencier un manifestant pacifique d’un manifestant armé de cocktails molotov… Ben voyons donc! Le syndiqué a répliqué au policier qu’il a bel et bien vu des gens non-armés, ultra-pacifiques, se faire tabasser ardemment! Il a suggéré au policier, que les policiers soient sensibilisés à défférencier un homme armé de cocktails molotov, d’un homme armé d’une pancarte, l’air frustré! Et y a de quoi!

  9. « Vous parlez des coûts de la gratuité, comme si les coûts, per capita, étaient moins pesants chez les utilisateurs, quand ils y vont, chacun pour soi. »
    Je ne vois pas comment on peut m’interpréter de cette façon. Je dis que si la collectivité paye 200K d’études à Pierre et non à Paul, il n’y a pas d’équité. Pas plus que si Pierre avait hérité 200K de son père et Paul rien du tout. Vous n’êtes pas d’accord ?

    PJCA

  10. Il existe une autre approche que celle du « coût » ou de « l’investissement »; c’est celle du « droit ». À mes yeux, depuis la commission Parent de 63-64, l’instruction est un DROIT pour chacun des individus.

    Et un droit ne se monnaye pas; il se distribue sans aucune conditions quel qu’en soit le coût. Son coût revient donc à ceux qui administre les fonds publics. Il y a 12 ans, le budget était de 40 milliards; aujourd’hui, il est de 73 milliards. On ne me fera jamais croire qu’il est impossible de trouver 350 millions dans ce budget, pour l’instruction. Pour le croire, il ne faut pas connaître ce que représente un milliard de dollars.

    Surtout après que le Fédéral ait donné 550 millions de janvier 2011 à janvier 2012 pour les universités. Argent qui fut placé dans un « fond quelconque » sans rapport à l’instruction.

    André Lefebvre

  11. @ L’artiste

    Un droit qui n’est pas naturel mais conféré peut être retiré par l’autorité qui l’a accordé. Ici, c’est la collectivité québécoise et elle DOIT redéfinir ce « droit » : c’est une aberration de vouloir affecter des ressources limitées a des besoins illimités sans y mettre des conditions.

    Que l’on ait présentement en caisse ce qu’il faut pour une autre saignée ne change rien a ce principe . On ne peut pas payer sans limites toutes les études de tout le monde.,

    Si on fait des choix, je reviens d’ailleurs sur ce que je dis plus haut: si la collectivité paye arbitrairement 200K d’études à Pierre et non à Paul, il n’y a pas d’équité.

    PJCA

  12. Sauf si la collectivité propose à Pierre ET à Paul de payer leurs études. Si Paul refuse, on n’a pas à lui donner l’équivalent en argent.

    Je suis d’accord pour dire que le DROIT à l’éducation n’est pas naturel; mais il est indispensable à notre collectivité. Prendre l’engagement de fournir de l’instruction à tous est d’accepter une dépense constante; mais c’est beaucoup mieux que de « dépenser » tout de suite les imaginaires profits envisagés suite à « l’investissement » de 2 milliards dans le Plan Nord, par exemple.

    Il n’y a absolument rien pour appuyer les dires que la collectivité ne peut pas assumer l’instruction gratuite avec les moyens dont elle dispose actuellement. Le cas pourrait peut-être s’avérer exact, mais seulement après avoir corrigé les « failles administratives » actuelles.

    Il n’est pas plus exact de dire que la Santé doit coûter plus de la moitié du budget de la Province. Ça n’a aucun sens.

    Donc, oui, l’instruction gratuite est difficilement acceptable dans l’état actuel des chose, mais cet « état actuel des choses » est encore beaucoup plus inacceptable que la gratuité de l’instruction.

    Un budget de 73 milliards qui ne permet pas de fournir les services de base d’une collectivité de 7 millions d’individus et même d’en couper les services, ne laisse aucun doute sur l’existence d’abus et de fraudes de la part des administrateurs. C’est dans ce « gras-là » où il faut couper.

    Absolument rien n’est vrai dans les dires du gouvernement; je ne vois pas comment ce qu’ils disent au sujet des coût de l’instruction le soit plus que le reste.

    André Lefebvre

  13. 80 milliards pour le Plan Nord, les étudiants veulent la gratuité scolaire

    Hier, ça ressemblait à une guerre civile au centre-ville de Montréal.
    Le début de la manif d’hier a bien commencé, environ 150 personnes ont réussi à rentrer dans le Palais des congrès, toutefois après 5 minutes, les policiers de l’anti-émeute ont foncé sur nous. Les étudiants se sont retrouvés sur la rue Gauchetière. L’anti-émeute nous a poursuivies en courant sur la rue, mais on a déjoué les forces de police pour retourner manifester sur le coin de la rue Bleury et Viger en face du Palais des congrès. Quelques vitres ont éclaté, donc les portes du Palais des congrès. Poivre de cayenne, gaz irritant, bombe sonore et matraque, l’anti-émeute a tout tenté durant 3 heures pour nous déloger. Mais, on courrait autour des édifices pour revenir sur le coin de Bleury et Viger, ce qui laissait peu de chance aux policiers d’encercler les gens qui manifestaient autour du Palais des congrès. Les manifestants ont irrigué des barricades pour bloquer les rues. De violents affrontements ont éclaté entre manifestants et l’anti-émeute pendant une heure environ, sur le même coin de rue. Certains manifestants lançaient des projectiles de toutes sortes comme des roches ou tout ce qu’il trouvait, les policiers répliquaient avec des balles de caoutchouc ou des gaz irritants tirés un peu partout, personne n’était à l’abri des tirs. Par la suite, les étudiants se sont dispersés dans les rues du centre-ville, repoussé, par les forces de police jusqu’à l’angle des rues St-Catherine et Berry vers 15 heures. Les étudiants sont ensuite entrés dans le métro ce qui a mis fin à la manif.

    La plupart des manifestants étaient pacifiques à l’exception de quelques casseurs qui se sont mêlés à la foule. La police a quand même décidé de déclarer la manif illégale ce qui a justifié une intervention policière violente? Le gouvernement de jean Charest est antidémocratique en empêchant les étudiants de manifester. Ce qui laisse place à des affrontements entre les forces de police et étudiants. Mais grâce à une bonne organisation des étudiants, il y a eu peu de manifestants arrêtés, environ 17 personnes sur une foule de 10 000 personnes. La police n’a pas pu faire d’arrestation de masse comme en Outaouais ou Québec. Je peux dire que la manif pour la gratuité scolaire au lieu de la gratuité minière fût un grand succès. Les manifestants ont réussi, à perturber le Palais des congrès et le salon du Plan Nord a dû être annulé. Le salon devait ouvrir à 14 Heures, ce vendredi. Le premier ministre se permet même de faire de l’humour malgré la crise sociale. Je vois bien que notre gouvernement ne prend pas la situation au sérieux. Le gouvernement Charest a créé un climat de terreur parmi la population avec la guerre civile dans les rues. La déclaration du premier ministre risque de mettre de l’huile sur le feu.

  14. @ L’artiste

    Je suis aussi sceptique que vous concernant les dires du gouvernement. Mais il ne sert à rien de parler des chiffres: c’est le principe lui même qui ne va pas : LA DEMANDE EST INFINIE. Quoi qu’on y affecte, on ne pourra JAMAIS combler la demande pour l’éducation. Il faudra poser des limites et les limites impliqueront des choix et dont une occasion d’arbitraire et d’injustice.

    Vous avec bien raison de mettre en parallèle la santé et l’éducation, car la problématique est la même. Je vous invite donc a voir les deux (2) textes en lien concernant la santé et où j’explique plus en détail que la gratuité de « tout pour tous » est une promesse impossible.

    Mutatis mutandis, cette problématique vaut, pour l’éducation, à cette distinction près que le choix en éducation est encore bien plu arbitraire, puisque pour la santé le destin détermine largement les priorités (maladies), alors qu’on ne peut pas postuler légitimement que certains individus ont un  » besoin ou un droit d’éducation » plus grand que d’autres…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/14/06-la-promesse-impossible/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/14/07-le-seuil-du-reel/

    (Les articles suivants donnent aussi des éclaircissements qui peuvent en partie s »appliquer à l’éducation, mais je ne pense pas qu’on devrait ainsi s’écarter du sujet: des mercenaires sont a taper sur nos étudiants…)

    PJCA

  15. @ PL

    Merci pour ce reportage sur les événements d’hier. IL semble de plus en plus que cette affaire est conduite pour des fins politiques et va vers l’un de deux scénarios..

    Scenario A

    L’action des étudiant dérange assez la population pour qu’une nombre rapidement croissant des citoyens exige qu’on y mette fin. Ce moment vient plus vite s’il y a une sérieuse bavure. Une grenade lancée sur les policiers avec un mort et quelques blessés par exemple. La grenade n’a pas a venir des étudiants; un fou ou un argent provocateur qu’on ne retrouvera pas ferait l’affaire.

    Charest, au nom de la sécurité publique et pour favoriser la reconciliation, annonce que l’augmentation des frais demeure, mais qu’il s’y ajoute une garantie de prêt à long terme pour tout étudiant qui reussit ses examens, lui permettant, frais de scolarité payés, de disposer d’un revenu égal au salaire minimum. Cette proposition est acceptée, les étudiants retournent en classe…. et des élections sont déclenchées que le PLQ gagne haut-la main.

    Scenario B

    Les étudiants arrêtent toutes les manifestations de masse pour éviter toute possibilité de dérive et se concentrent sur des opérations de commandos par des individus ou de tout petits groupes, en ciblant ce qui ne dérange pas la population… mais dérange prodigieusement le gouvernement. Il y en a plein…

    Simultanément, ils proposent un moratoire d’un an sur les augmentations, en promettant de s’y soumettre si, durant cette année, un comité conjoint auquel participent des étudiants n’a pas proposé une alternative à la hausse acceptée par des experts indépendants

    Charest accepte ou refuse cet arrangement selon ce que les sondages lui disent du jugement que portent les citoyens sur la conclusion de cette affaire… Si ce jugement est positif, il déclenche des élections. Si la population n’aime pas, il cherche l’escalade qui lui permettra de la convaincre…

    PJCA

  16. @pierrejcallard

    La guerre civile est à nos portes. Les étudiants vont continuer à manifester à Montréal même si les manifestations sont illégales. Quand on est beaucoup de manifestants, la police ne peut pas nous encercler pour faire une arrestation de masse. Les petits groupes se font facilement encercler et arrêter par la police de l’anti-émeute.

    En grand nombre, les étudiants peuvent courir toute la journée dans la rue avec les policiers de l’anti-émeute qui doivent trainer sur eux un équipement lourd: bouclier, matraque, veste antiballe, munition et casque. C’est plus difficile pour les policiers de courir avec l’équipement que pour les étudiants. Ce qui donne un avantage aux manifestants.

    Le simple fait de rendre les manifestations illégales est un risque potentiel d’engendrer une escalade de violence, dans les rues de Montréal et dans d’autres endroits au Québec. Les étudiants demandent au gouvernement d’annuler la hausse des frais de scolarité de 1625 $. Si Jean Charest ne recule pas sur la hausse, les étudiants vont continuer à manifester.

    C’est fini la paix sociale

  17. La gratuité de l’Instruction supérieure est extrêmement facile à installer ou plutôt, à contourner; il ne suffit que de donner un salaire du citoyen à chacun des individus à partir de 18 ans. Cela ferait changement d’injecter de l’argent dans la collectivité au lieu que de se contenter d’en soutirer.

    Cela provoquerait une poussée positive dans l’économie du pays. Par contre, il faudrait abolir les crédits d’impôts et rétablir une échelle acceptable des niveaux de revenus imposables.

    Cependant, avec le système économique actuel, vous avez parfaitement raison de dire que la gratuité est impossible. Nous sommes dans la situation d’une entreprise où le propriétaire retire constamment le « cash flow » pour le mettre dans un bas de laine. L’entreprise ne peut faire autre chose que « faillite ».

    André Lefebvre

  18. @ L’artiste

    « il ne suffit que de donner un salaire du citoyen à chacun des individus à partir de 18 ans…  »

    Voila ! Nous sommes devenus parfaitement d »accord. Il suffit de se parler… Le revenu- travail garanti est la première étape vers une Nouvelle Société ( mais recommande le RTG a partir de 16 ans). Il ne faut pas « donner » une formation professionnelle à l’étudiant,ce qui est une injustice et une recette pour la ruine, mais lui permettre de faire ses choix en rendant sa demande effective.

    La demande immédiate des étudiants devrait être un PRÊT lui permettant de poursuivre ses études s’il le veut et s,en montre capable. Un prêt à long terme et, idéalement, le remboursement devait être un pourcentage de son revenu entre 45 et 65ans.

    Dans une deuxieme étape, l »étudiant qui se qualifie par concours pour suivre une formation professionnelle correspondant à une demande établie par les prévisions de l’État devrait toucher un salaire. Etudier est son travail et mérite son revenu.

    C’est en ces termes qu’il faut penser.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2005/11/15/24-le-cycle-specifique/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2005/02/13/t26-le-plan-de-carriere/

    (Ou, pour ceux qui ont la curiosité et le temps, voir le plan dans son ensemble:

    http://nouvellesociete.wordpress.com/education/
    et
    http://nouvellesociete.wordpress.com/travail/

    PJCA

  19. Après, les attaques informatiques de vendredi dernier le 13 avril, les sites du gouvernement ne sont pas encore rétablis.

    Comme ce sont les sites du ministère de l’Éducation du Québec qui sont inaccessibles. On peut penser que ça pourrait être des étudiants qui ont bloqué les sites internet.

    Du lundi au vendredi, les sites sont bloqués le soir et la nuit. Les fins de semaine, les sites sont bloqués en tout temps.

    Les sites suivants sont indisponibles;

    Le ministère de l’Éducation.
    http://www.mels.gouv.qc.ca/

    Aide financière aux études.
    http://www.afe.gouv.qc.ca/fr/calculPB/fraisUniversites.asp

    Droits de scolarité
    http://www.droitsdescolarite.com/

  20. Monsieur Patrice Léonard , qu’est’ce qui va arriver avec moi si je retourne à l’école pour savoir à l’endroit de ceux qui enseignent l’Éthique et la déontologie ? === J’ai beaucoup de questions , est-ce que l’on va m’envoyer encore en prison , si je repose 2 fois la même question(on va m’accuser encore de harcèlement) ?
    Jean-Marie De Serre.

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