Les Mérovingiens!!!

Les Merovingiens

Notons tout de suite que le début de l’histoire de la France repose sur un « détail » religieux déterminé lors du premier concile de Nicée convoqué par Constantin en 325. Ce fut le même « genre » de concile qui détermina, en 416 à Carthage, l’histoire de l’Angleterre au sujet du Pélagianisme.  Ce « détail » religieux qui a servit de base au début de histoire de France est le rejet de l’Arianisme lors de ce concile de Nicée. Ce rejet de l’Arianisme détermina le Christianisme Nicéen dont s’est emparé abusivement l’Église catholique moderne. Si le Christianisme Nicéen avait gardé son identité l’histoire se serait assurément développée tout autrement et ses figures dominantes n’auraient pas été les mêmes.

Le contrôle graduel du Catholicisme sur le Christianisme Nicéen fut un travail de longue haleine à partir du IVe siècle avec Ambroise de Milan, devenu évêque contre son gré avant même d’être baptisé, qui convertit Saint Augustin. Ambroise excommuniera Théodose le Grand lorsque celui-ci, après avoir proclamé le Christianisme (foi catholique trinitaire qui se démarque ainsi de l’Arianisme) comme religion d’état, fait massacrer des païens (Gréco-Romains) de Thessalonique.

Tout comme le combat de l’Église trinitaire (catholique) contre le Pélagianisme lui fera prendre le partie des Barbares Saxons en Angleterre, son combat contre l’Arianisme lui fait prendre le parti des Barbares Francs en Gaule. On verra que ces prises de positions politiques résultèrent en l’établissement de l’Église Catholique romaine en Occident.

Notons ensuite que malgré le rejet de l’Arianisme lors du concile de Nicée en 325, Constantin fut baptisé, lors de sa mort en 337, par un évêque arien : Eusèbe de Nicomédie, évêque de Constantinople.

Durand les 50 années suivant le concile de Nicée, ce fut un combat constant pour le pouvoir entre les Arianistes (Ariens) et les « orthodoxes ». Ce sera la reconnaissance royale, par l’Église, de Childéric Ier, roi païen des Francs saliens qui décidera de la suprématie des rois Mérovingiens et du début de l’histoire de la France.

Childeric Ier est considéré comme un roi Franc mais également comme un « gouverneur romains » de la province de Belgique. Il est « païen »; ce qui lui donne la qualité importante aux yeux de l’Église chrétienne d’être LE SEUL roi de l’époque qui ne soit pas « ARIEN ». Childéric est donc un « païen » de la « meilleure espèce ».  Le roi Childeric Ier fut le père de Clovis qui, lui, fut consacré comme premier roi chrétien mérovingien (Chrétien oui, d’accord; mais, on le verra… plutôt « sur le tard »).

Vers 400 ap J.C. Les Francs saliens sont sujets du roi Clodion le chevelu qui devient un « officier  romain » en 448 (on remarquera, plus loin, que cette date diminue de beaucoup le règne de Mérovée si Childéric est déjà roi « détrôné » en 451. Il est plus probable qu’en 451 Childéric  est gouverneur romain plutôt que roi des Francs).

Le roi qui succède à Clodion est Mérovée suivit de Childéric Ier. Même si la filiation n’est pas attestée officiellement, on ne peut nier que la lignée Mérovingienne doit prendre ses débuts avec Mérovée et comme Childéric se disait mérovingien … Quand à Clodion, vous en faites ce que vous voulez. Grégoire de Tour en fait le premier roi des Francs qui s’empare de Cambrai en 445. Il nous indique également que ces premiers rois « se firent des images des forêts, des eaux, des oiseaux, des bêtes sauvages et d’autres objets et s’accoutumèrent à les adorer, leur offrant des sacrifices ». Ce qui est loin de faire un Dieu avec du pain sans levure, on doit le concéder.

C’est l’époque de la tentative d’invasion de l’Europe par Attila le Huns. En 451 Childéric appuie Aetius contre Attila. À la mort d’Aétius (assassiné par l’empereur Valentinien en 454 qui, lui, fut assassiné par un trompette d’Aetius en 455), on nomme Aegidius pour commander l’armée romaine. À partir de ce moment-là, l’Empereur romain d’Occident n’a plus aucun pouvoir réel. Le pouvoir est détenu par le (ou les) « magister militum » comme Aegedius. En 463, Childeric appuie Aegidius contre les Wisigoths et les vaincs. L’année suivante le fils d’Aegidius, Syagrius, remplace son père qui vient de mourir. Il prend le titre de « Dux » du domaine de Soisson. Parallèlement on trouve le comte Paul qui commande la marche maritime de l’armée romaine. C’est ce même comte Paul que nous avons vu dans « l’âge sombre de l’Angleterre » et qui fut tué (peut-être) par les Saxons dont l’invasion fut stoppée en 469.

Mais rien n’est encore décidé pour l’histoire de France; car les Wisigoths étendent graduellement leur suprématie sur le territoire. Childéric décide d’appuyer les garnisons romaines et les Francs saliens parviennent à stopper l’expansionnisme des Goths en aidant Aegidius contre les Saxons et les Wisigoths (qui ont adopté l’Arianisme) sur la Loire suivit de la bataille d’Orléans en 463. Ils sont également présents à Tours lors de la mort du comte Paul, où comme nous l’avons déjà vu, Tours tombe aux mains de Childeric Ier. Assez curieusement, à la mort d’Aegidius en 464, son fils, Syagrius, le remplace et se joint aux Wisigoths contre les Francs saliens. Ce qui porte à réfléchir sur l’aide apportée par Childéric au comte Paul tué lors de la prise de Tours et surtout aux événements suite à l’aide apportée à Aegidius en 463.

Il ne semble pas que Childéric se soit considéré comme un roi Francs sous les ordres d’un gouverneur romain. Il est d’ailleurs reconnu comme étant le seul vainqueur contre les Wisigoths et le seul vainqueur de la bataille de Tours lorsqu’il prit la citée. Rappelons-nous que Childéric, « détrôné » fut remplacé comme gouverneur en 451 par Aegidius et qu’il revint d’exil comme « roi des Francs » en 459. Aegidius ne fut probablement pas l’un des « amis intimes » de Childéric. Quelle que fut sa politique « publique » face à Rome, il avait ses propres visées au pouvoir qui sont transparentes dans ses actions militaires. Que ce soit lors du secours qu’il porte à Majorien en 458, de l’expulsion qu’il fait des Burgondes de la ville de Lyon, de la bataille d’Orléans en 463, où il vainquit les Wisigoths, de son siège de la ville de Paris en 465 pour appuyer Ste Geneviève magistrate antiarienne de Paris ou encore, sa victoire à la ville de Tour en 469, Childéric ne suit les ordres de personne; il dirige sa propre « politique » de « War lord ».

Lors de la chute de l’Empire romain en 476, la domination du territoire est divisée entre lui et Syagrius, fils d’Aegidius. Ce dernier appuie les Wisigoths ce qui dirige l’appui de Childeric vers Odoacre, gouverneur de l’Italie (qui, lui, a vécu à la cour d’Attila pendant les 30 premières années de sa vie), reconnu par L’Empereur romain d’Orient.

Petite note intéressante : Parmi les armes trouvées dans la tombe de Childéric on découvre une scramasaxe qui était l’arme privilégiée des Saxons. Elle était probablement l’arme d’un roi saxon battu en 463 que Childeric avait gardé comme souvenir. Évidemment on a également trouvé, dans le même trésor, une longue épée arme particulière des Francs.

La naissance du grand roi franc Clovis est simplement le résultat d’une libido exacerbée appuyée par un manque d’honorabilité de la part de Childéric Ier. Celui-ci lors du début de sa « royauté » (ou plutôt de son gouvernât), s’amuse à déshonorer les épouses de ses sujets. À tel point que ce « troupeau de bêtes à cornes » le « détrônent » vers 451 et nomment à sa place Aegidius, le romain. Pendant huit ans, Childéric se réfugie en Thuringe, chez le roi Basin. L’épouse de ce dernier, selon les ragots certainement, revient avec Childéric lorsque celui-ci fut replacé sur le trône des Francs saliens vers 459. Le roi Childéric épouse alors la femme du roi Basin, dernier représentant officiel du troupeau de cervidés en question. C’est de ce mariage que résulte la naissance de Clovis Ier vers 466. Celui-ci est considéré comme l’un des plus importants personnages de l’histoire de France ainsi que le premier roi Chrétien du royaume des Francs. Comme quoi l’histoire fait totalement fi des préjugés d’honorabilité quand c’est nécessaire. Clovis sera le principal ennemi de Syagrius.

Les Mérovingiens sont la dynastie qui régnera sur une partie de la France, de la Belgique, ainsi que sur une partie de l’Allemagne et de la Suisse à partir du Ve siècle jusqu’au milieu du VIIe siècle.

Cette lignée est issue des peuples de Francs saliens établis dans les régions de Cambrai et de Tournai. L’histoire des Mérovingiens est marquée par l’émergence d’une forte culture chrétienne parmi l’aristocratie. En fait, ce fut l’implantation progressive de l’Église dans leur territoire appuyée par une certaine reprise économique après l’effondrement de l’Empire romain.

Lorsqu’on se rend compte de la puissance de l’Église chrétienne dans l’empire d’Orient de culture grecque qui durera mille années de plus que celui d’Occident, il devient évident que les développements « politiques » dans l’ancien empire d’Occident est le fruit du travail de cette même Église. On en a déjà discerné l’influence durant notre étude de « L’âge sombre de la Grande-Bretagne ».

Les dogmes de l’Église chrétienne furent définis graduellement entre le Ier et le VIIe siècle. Cette période est également celle durant laquelle l’Église établit son autorité sur la civilisation du monde connu de l’époque. Un schisme se développera graduellement  entre l’Orient et l’Occident et en 1054 s’affirmera « l’Église Catholique romaine » (Église trinitaire) qui s’est développée en Occident depuis l’époque de Childeric Ier. Le reste de l’Église Chrétienne continuera simplement la doctrine et les pratiques de l’Église du premier millénaire. Ce qui nous indique clairement que l’Église catholique est, foncièrement, beaucoup plus l’orientation d’une « puissance politique internationale» qu’une  « dévotion spirituelle mondiale » au service des âmes. Mais c’est là l’histoire « souterraine » de notre civilisation; nous resterons autant que possible, au niveau du sol pour l’instant.

Clodion dit le Chevelu (vers 390 à vers 450) règne à partir de 428. Il est le premier roi Francs saliens; l’un des peuples germaniques qui constituent la ligue des Francs. Vers la fin de son règne, Clodion pénètre avec son armée en territoire romain et s’empare du Cambrésis et de l’Artois. Il fonde ainsi la base du royaume franc dont héritera Clovis Ier.

Mérovée, né vers 412 et mort en juillet 457, est considéré comme le second roi des Francs saliens. Il aurait régné à partir de 448. Childéric Ier « l’émancipé » est le fils de ce Mérovée.

À suivre.

André Lefebvre

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Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

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