Les « Panama papers », la fraude, frauduleuse

Par Robert Bibeau. Producteur.  Http://www.les7duquebec.com

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Ceux par qui le « scandale » arrive

 

La guerre financière bat son plein entre les cartels bancaires depuis que les « lanceurs d’alertes », ces nouveaux mercenaires des milliardaires, ont propagé les « Panama papers » dont les experts connaissaient l’existence depuis belle lurette. Les « lanceurs d’alertes » colportent les allégations que leur refilent les agences d’investigation à la solde de puissances occultes.

 

Dans cette affaire on roule le petit-bourgeois scandalisé dans la farine médiatisée. Tous les offusqués savaient et ne disaient mot, où alors, ils miaulaient en attendant que ce scandale orchestré depuis Wall Street n’éclate dans les médias et leur assure du temps d’antenne. Le plus triste dans ce scandale patenté est que les manipulateurs d’information ont choisi une petite structure, un bureau panaméricain d’une multinationale du crime financier, que les médias appellent une « agence-écran » couvrant une multitude de « sociétés-écrans » : « Mossack Fonseca, une société dont le père du fondateur était Waffen SS allemand (histoire de rappeler ses origines à Angela Merkel) compte parmi ses clients des dirigeants de pays corrompus et de régimes autoritaires (quel gouvernement n’est pas corrompu, quel régime n’est pas autoritaire ?), voire des réseaux criminels de haut vol. Le magazine américain Vice, l’un des premiers à avoir identifié le rôle joué par la firme dans le blanchiment d’argent international, écrit le 3 décembre 2014, avoir la preuve que Mossack Fonseca a servi d’agent d’enregistrement de sociétés-écrans, pour des criminels et des voleurs notoires (…) dont des associés de Mouammar Kadhafi, Robert Mugabe [président du Zimbabwe] (…) le père du Premier ministre britannique David Cameron et l’oligarque [argentin] Lazaro Baez, soupçonné par la justice américaine d’avoir blanchi des dizaines de millions de dollars ». Les journalistes d’investigation (sic) et les médias outrés poursuivent leur mission en reprenant les allégations qu’on leur a fourguées : « Les « Panama papers » viennent compléter le tableau. La firme Mossack Fonseca a travaillé avec 33 personnes ou entités frappées d’un embargo aux États-Unis. Elle a bâti des sociétés-écrans pour l’entourage du président russe, Vladimir Poutine, ou le cousin du président syrien, Bachar Al-Assad, mais aussi pour des politiques poursuivis pour blanchiment de fraude fiscale » (1).

 

Nous connaissons maintenant les cibles de ce coup d’éclat dans cette guerre financière fratricide. Il n’est pas dans notre intention de contester le fait avéré que les gens ciblés sont des réactionnaires antiprolétaires. Il s’agit pour nous de stigmatiser les messagers manipulés et d’élucider les intentions véritables des manipulateurs d’information. Ce que nous savons c’est qu’à la fin le prolétariat mondial ne tirera aucun avantage de ce scandale, mais au contraire, il en récoltera davantage de souffrance, ce que nous allons démontrer séance tenante.

 

off-shores

 

N’importe quelle agence d’investigation pourrait, demain, publier les dossiers secrets d’une autre société-écran de montages financiers sulfureux où cette fois on afficherait les noms de personnalités américaines et européennes honnis par le capital des pays « émergents ». Après tout, il n’y a sur la liste des « Panama papers » que 12 chefs d’État, 128 dirigeants politiques et seulement 29 des 1864 milliardaires que comptent la Terre tout entière. Or, chacun sait que tous les milliardaires, et tous leurs acolytes pratiquent obligatoirement l’évitement fiscal. En effet, avec un taux d’imposition de 80%, que pratiquent plusieurs pays-écrans-Nordiques-hypocrites, comment pensez-vous qu’un milliardaire puisse accumuler une fortune colossale ? D’ailleurs, il est généralement admis parmi les « blancs chevaliers et les Robins des bois de l’équité fiscale » que « cinquante pour cent des flux financiers mondiaux passent par ces paradis fiscaux, des fuites énormes qui échappent au contrôle des États normaux (sic) et des organisations internationales, d’où un manque à gagner incalculable » (2). Ce taux de 50% sous-estime fortement l’étendue du phénomène d’évitement fiscal par et pour les riches. Quand une entreprise capitaliste bénéficie d’un taux d’imposition de 9% sur ses profits nets, toutes déductions défalquées et sans tenir compte des subventions et aides gouvernementales engrangées, on nage en plein « Paradis fiscal » même si cette fiscalité sévit légalement au « Paradis fiscal mondial ». Pour résumer, l’évasion fiscale n’existe pas pour les corporations ni pour les milliardaires qui pratiquent plutôt « l’optimisation fiscale ». Seuls, les salariés, dont les impôts sont confisqués à la source, sont sanctionnés pour évasion fiscale, vous n’aviez pas remarqué ?

 

Et voilà que les « complotistes » patentés, les défenseurs des mythes « vérité-démocratie-citoyenneté-liberté-égalité-équité », et autres fadaises, chipotent les « Panama papers » pour nous entrainer dans les égouts du Panama, petit pays malmené de l’hémisphère austral – hier chargé de fournir les camés d’Amérique – devenu depuis prête-nom des potentats internationaux, qui aujourd’hui le clou au pilori après les avoirs bien servis. Les plus grands paradis fiscaux du monde sont la City de Londres, les Iles normandes au large de la France et la Suisse. Attendez que les potentats russes et chinois, ou européens, exposent les secrets cachés dans les coulisses de Wall Street.

 

 

 

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L’Évitement fiscal offshore est le compagnon de la délocalisation  

 

« L’évitement fiscal parasitaire » est le pendant fiduciaire – monétaire – bancaire de la délocalisation du capital productif-industriel qu’elle rend réalisable, c’est-à-dire rentable. Les « paradis fiscaux offshore » se sont multipliés après l’amorce de la délocalisation industrielle dans les années soixante (1960-1970) dans le cours même de la globalisation-mondialisation de l’économie impérialiste. Pour le grand capital, pour son état-major étatique bourgeois, pour les médias à la solde, la délocalisation industrielle ne fait pas scandale. Il est convenu et admis par l’intelligentsia bourgeois que sous le mode de production capitaliste une entreprise multinationale a le droit, et le devoir, de rechercher les meilleures conditions d’exploitation de la force de travail même si cela nécessite de saquer des centaines de milliers d’ouvriers, jeter sur le pavé et paupériser. Après ce drame prolétarien, mille fois répétés, la petite bourgeoisie fera simplement le constat que le prolétariat disparait du paysage urbain, sans se rendre compte, sombres crétins, que la fin de l’hôte prolétarien marquera la fin de leur existence de bactériens.

 

De la nécessité capitaliste des « paradis fiscaux » mondialisés

 

Tout processus économique prend racine dans la sphère de la production, là où le capital se valorise et se reproduit. Puis, les forces et les tensions créées dans les sphères de la production et de la commercialisation sont transférées à la sphère financière dans laquelle baigne l’ensemble du cycle de reproduction élargie du capital. Le phénomène des banques offshore, des sociétés-écrans, des « paradis fiscaux » n’est que la transposition dans la sphère financière du phénomène de globalisation des entreprises multinationales productrices et distributrices de marchandises à commercialiser.

 

La délocalisation industrielle vers les pays « émergents », que la grande bourgeoisie a orchestrée, avec le soutien de ses États nationaux rivaux, afin de soutenir la valorisation du capital et maintenir les taux de profit, a pour corolaire nécessaire la délocalisation boursière, financière, monétaire, fiscale. Il n’est pas question de délocaliser l’usine, avec l’aide de l’État bourgeois, pour ensuite remettre le pécule – durement spolier aux esclaves salariés sous-payés – à l’État soudoyé, qui le redonnera aux capitalistes, c’est convenu, mais après y avoir effectuer des ponctions administratives, ou pires encore, l’État – via le fisc aveugle – pourrait remettre l’argent confisqué à la multinationale GMC à son terrible ennemi la multinationale FORD brisant les règles de la concurrence mondialisée.

 

Pour les États bourgeois, sous la supervision des organismes de l’impérialisme mondial (OMC, OCDE, FMI, BM, SWIFT, Agences de notations, FSB, BRI, ONU), il s’agit aujourd’hui de légiférer afin de légaliser les pratiques boursières, bancaires, monétaires, fiscales, déjà largement répandues et que les petits bourgeois fiscalistes voudraient présenter comme illégitimes et illégales. Ce qui est illégal sera rendu légal, voilà le seul résultat de ce brouhaha. Qu’un prédateur – spéculateur – boursicoteur international, comme Soros, chef d’état-major sur Wall Street, pêche en eau trouble et utilise les réseaux de médias à la solde pour mener la guerre économique-financière contre ses concurrents « émergents » et contre ses concurrents du vieux continent c’est entendu. Laissons l’alliance impérialiste des puissances « émergentes » et l’Union européenne décadente répliquées à la puissance américaine déclinante…

 

 

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Et le prolétariat dans ce charabia ?

 

Tout cela, pseudo scandale et pitreries politiques, n’intéresse pas le prolétariat mondial qui dans un cas comme dans l’autre sera la force de travail assignée à payer la fiscalité « frauduleuse » ou « blanchie et légalisée » des milliardaires et des multinationales industrielles et/ou financières, licites et illicites. Bientôt, le prolétariat des pays développés ne gagnera plus assez pour payer de l’impôt, alors, l’évasion fiscale ne le concernera pas, tandis que les riches s’y adonneront légalement, si bien que l’État des riches se dirigera vers la faillite et c’est ce que nous souhaitons. Quant à nous, notre combat consiste à accumuler les forces révolutionnaires qui nous permettront de balayer tout cela – légale et illégale.

 

 

 

 

Références pour l’écriture de cet article.

 

  1. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/pourquoi-les-panama-papers/
  2. http://reinformation.tv/montage-off-shore-panama-scandale-maconnerie-haute-finance-mossak-mille-53279-2/
  3. http://reinformation.tv/panama-papers-soros-pen-poutine-pouvoir-mondial-mille-53405-2/
  4. http://www.pressegauche.org/spip.php?article25865
  5. http://plus.lapresse.ca/screens/e80d1960-1cd2-4165-8ec7-cf59ad5eee9c%7C_0.html
  6. http://plus.lapresse.ca/screens/78d929f4-f594-4f21-a453-c3fc96d62ba4%7C_0.html
  7. http://foreignpolicy.com/2016/04/08/panama-papers-tpa-corruption-state-banks/
  8. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/les-panama-papers-sont-de-la-179746
  9. http://www.journaldemontreal.com/2016/04/11/109-entreprises-quebecoises-rattachees-aux-panama-papers
  10. http://www.les7duquebec.com/memes/les-memes-de-la-semaine-aujourdhui-panama-papers/

 

 

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