LES RÉVOLUTIONS DU XXe SIÈCLE

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Le XXe siècle a débuté par une guerre mondiale suivit d’une révolution régionale et il s’est terminé par de multiples guerres régionales suivit par une ère de réaction mondiale. Comment et pourquoi ?

 

1) Il n’y a jamais eu de révolution socialiste et encore moins de révolution communiste sur cette terre de misère. Dans la mesure où les marxistes sont concernés, une révolution est un mouvement social, une période historique, où un mode de production est renversé, et remplacé par un nouveau pouvoir, une nouvelle classe sociale dominante et un nouveau mode de production dominant.

 

2) Ainsi, le « Printemps arabe » n’a jamais constitué une Révolution. Ce fut plutôt une série d’insurrections nationales visant à secouer le joug d’une fraction de la classe capitaliste arabe afin d’exiger qu’elle prenne en compte les souffrances et les besoins des populations nationales paupérisées dans les différents pays ébranlés par ces soulèvements populaires et populistes. On sait aujourd’hui qu’une faction nationaliste bourgeoise, regroupée sous l’égide des « Frères musulmans« , a tenté de s’approprier ces soulèvements et de se poser en alternative aux capitalistes compradores défaitistes qui dirigeaient les différents pays arabes en panade. Dans la plupart des cas ils ont échoué devant la résistance concertée des factions déjà au pouvoir soutenu par les puissances impérialistes internationales « démocratiques et libératrices » (sic).

 

3) Dans le cas de la révolution prolétarienne à venir, l’objectif sera de renverser le pouvoir bourgeois, donc l’État bourgeois, de renverser le mode de production capitaliste (MPC) et de lui substituer la dictature du prolétariat (pas la dictature du parti communiste, mais celle de la classe prolétarienne) et d’imposer le système socialiste phase transitoire vers le mode de production communiste à venir.

 

4) Au cours du XXe siècle, les expériences de « Révolution socialiste » ont toutes échoué et servent aujourd’hui de repoussoir dans le cadre de la propagande de la bourgeoisie très inquiète de voir les ouvriers chercher une alternative communiste à leur misère et à leur colère (misère profonde qui ne fait que commencer même dans les pays capitalistes avancés).

 

5) Donc, nous attendons toujours la première révolution – non pas socialiste ni communiste -, mais la première révolution prolétarienne mondiale. Nous l’espérons encore et ce pourrait être la surprise du XXIe siècle. Une surprise tant attendue par la classe prolétarienne au grand dam de la classe capitaliste moribonde, dégénérée, décadente et fascisante.

 

 

 

 

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6) Ce ne sont jamais les communistes qui déclenchent les insurrections populaires et encore moins les révolutions prolétariennes. Une insurrection prolétarienne est déclenchée par la classe prolétarienne et nulle autre classe ou fraction de classe. Les communistes l’assistent – l’accompagnent – tentent de l’orienter dans un sens révolutionnaire (tenteront dans le futur devrions-nous écrire puisqu’il n’y a pas eu à ce jour une telle révolution prolétarienne victorieuse)

 

7) Une révolution prolétarienne exige l’existence une classe prolétarienne nombreuse, très nombreuse, moderne – très moderne – salariée dans des usines de pointe hautement sophistiquées – numérisées – mécanisées – robotisées – efficace – efficientes, productives – à la chaîne, aux cadences infernales, sous la gouvernance totalitaire, fordiste et tayloriste des capitalistes, dirigés à la baguette par l’État « fasciste » des riches déjantés. Les masses paysannes, les conglomérats de petits bourgeois frustrés, paupérisés, hargneux ne sont pas le bois dont on chauffe les révolutions prolétariennes. Il faut se méfier de ces classes et aviser la classe prolétarienne des tendances réformistes et conciliatrices de ces fractions de classe conspirationnistes.

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8) Un tel prolétariat s’échinant dans une telle économie industrielle et financière moderne, globalisée et mondialisée, n’existaient pas en Russie de 1917, ni en Chine (1949), ni en Corée (1950), ni à Cuba (1959) ni au Vietnam (1973), ni dans aucun autre pays ni sous aucun autre soulèvement s’affublant du titre de « Révolution socialiste« .

 

9) D’ailleurs, la plupart de ces révolutions ont été qualifiées de Révolution démocratique populaire – ou de lutte de Libération nationale anticolonialiste et anti-impérialiste ce qui était des appellations appropriées dans la plupart des cas étudiés.

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10) Une Révolution démocratique populaire marque l’étape de la Révolution nationale bourgeoise capitaliste (il en est de même des luttes de libération nationaliste anticoloniales et anti-impérialistes). Ces « révolutions » ne visaient pas à renverser un mode de production capitaliste caduque pour le remplacer par le système socialiste (en marche vers le mode de production communiste). Ces « révolutions nationalistes » ont toutes marqué l’étape historique où certaines bourgeoisies nationales ont remis en cause les liens économiques et politiques coloniaux soient dans des colonies de peuplement comme en Algérie, en Israël, au Canada, en Australie, en Argentine, au Venezuela, en Afrique du Sud, etc.; ou alors dans des colonies d’exploitation comme  au Congo, à Cuba, au Sénégal, en Libye, en Syrie, en Afghanistan, au Cambodge, etc.. Les capitalistes nationaux assujettis, attachés par des liens d’affaires à une ou à plusieurs puissances coloniales dominatrices, se sont révoltés et ont  exigé l’établissement de nouveaux rapports de production où ils auraient la part plus belle dans le partage des richesses spoliées.

 

11) Partout où elles ont eu lieu, ces Révolutions démocratiques populaires (populistes) étaient des révolutions bourgeoises, paysannes, parfois antiféodales, souvent anticoloniales, mais jamais prolétariennes. Dans tous ces pays, sans exception aucune, la classe prolétarienne révolutionnaire n’existait pas en tant que classe « en soi » et en tant que classe « pour soi » (cherchant la prise de pouvoir de classe sur l’ensemble de la société et d’abord sur l’appareil d’État bourgeois). Ou alors, la classe prolétarienne existait « en soi », et menait des luttes de résistance sur le front économique de la lutte de classe, mais elle végétait dans un état larvaire faible et minoritaire, sans grande expérience historique de lutte de classe mortelle, acharnée, et elle ne possédait pas une vision ne serait-ce qu’embryonnaire de sa mission historique dont l’objectif est de créer une société fondée sur le mode de production communiste.

 

12) Ces Révolutions démocratiques populaires (populistes) ne visaient pas à rompre totalement les liens économiques – politiques qui reliaient ces colonies, ou quasi-colonies, à leur “mère patrie” (dans le cas des colonies de peuplement); ou alors les reliant  par de multiples liens à l’empire colonial occidental. Ces Révolutions démocratiques bourgeoises – même quand elles étaient dirigées par des partis se proclamant “Communistes”, « Socialistes », “Rouges” ou “Révolutionnaires”, cherchaient à redéfinir les relations économiques et politiques que la bourgeoisie nationale du pays révolté entretenait avec la bourgeoisie impérialiste hégémonique internationale des pays dominants d’une alliance impérialiste ou d’une autre.

 

13) Dans la plupart des pays colonisés, la bourgeoisie nationale s’est enveloppée avec l’effigie du socialisme ou du communisme qu’elle a amalgamée à ses propres idées de classe nationaliste et chauvine afin d’embrigader le peuple (sic) – comprenant la classe ouvrière (toujours larvaire) – afin d’utiliser cette chair à canon nationale, cette force militante enrégimentée et formatée, dans la défense des intérêts de classe de l’un ou de l’autre des clans bourgeois en guerre « patriotique ». Leur guerre de libération nationale ne visait qu’à imposer une clique ou une autre comme bénéficiaire, ou à tout le moins comme intermédiaire dans l’exploitation impérialiste mondialisée des travailleurs – paysans – ouvriers – petits commerçants – et petits bourgeois nationaux.

 

14) Dans certains cas particuliers comme en URSS (1917), en Chine (1949), en Corée (1950), au Vietnam (1973) les forces communistes (ce ne fut pas le cas à Cuba où Castro devient « communiste » seulement après le refus américain de transiger avec lui) ont pris la direction de l’insurrection populaire-populiste qui ne pouvait être des insurrections prolétariennes puisque le prolétariat de ces pays était faible, minoritaire, inexpérimenté et aliéné, absolument pas galvanisée en faveur de la lutte de classe « pour-soi » en vue de la conquête du pouvoir d’État et de l’édification d’une société communiste internationaliste. En usurpant la direction de classe de la révolution – à son corps défendant il faut l’admettre –, le Parti bolchevique par exemple a été contraint de poursuivre cette usurpation et de se substituer aux soviets des paysans, ouvriers et soldats – et de prendre la gouvernance de l’appareil d’État qui ne pouvait qu’être capitaliste, car on ne peut faire l’économie d’un mode de production et sauter une étape dans l’évolution sociale. Les Partis communistes bolchevique, puis Chinois, puis Vietnamien, puis Coréen se sont retrouvés dans la position de devoir construire l’économie capitaliste industrielle , mécanique, productiviste, et plus tard robotique, numérique et hautement scientifique, afin de créer les assisses matérielles, industrielles, commerciales, communicationnelles capitalistes. La révolution prolétarienne mondiale exige l’existence d’un prolétariat mondial moderne et cette classe ne peut fleurir que sous le joug de la bourgeoisie et sous le mode de production capitaliste et des rapports de production capitaliste à propriété privée ou étatique bourgeoise, peu importe. Les partis communistes au pouvoir (y compris ceux des pays du Comecon), en avance sur les conditions objectives de la révolution prolétarienne, ont construit les assises économiques et politiques de la révolution prolétarienne mondiale dans chacun de leur pays respectif.

 

15) Il en fut ainsi en URSS (1921 et la NEP), en Chine en 1949, en Corée en 1950, à Cuba en 1959, au Vietnam en 1960-1973, etc.. En URSS, en Chine, à Cuba, en Corée, au Vietnam, au Cambodge et ailleurs des communistes « rouges » (véritables ou autoproclamés) se trouvèrent à suppléer la faiblesse organisationnelle et structurelle de leur classe bourgeoise nationale aliénée et à ordonnancer l’édification du mode de production capitaliste nécessaire et incontournable dans chacun de leur État-nation respectif (concept typiquement bourgeois et capitaliste) créant ainsi matériellement, concrètement, les conditions de la révolution prolétarienne à venir.

 

16) La Seconde Guerre mondiale, que les “camarades” soviétiques ont très justement désignée sous le nom de Grande Guerre Patriotique multinationale dans ce mélodrame palliatif-capitaliste pour ériger le mode de production capitaliste en pays « socialiste » mérite un examen attentif ce que nous ferons dans un prochain article. Cette guerre impérialiste mondiale galvaudée, trafiquée, dénaturée mérite une mise au point. Cette guerre interclans impérialiste révèle le mûrissement des conditions objectives de la révolution prolétarienne à venir en même temps qu’elle recèle le dépérissement des conditions objectives de cette révolution. L’inversion des conditions de la révolution mondiale de 1914.

 

17) La Révolution prolétarienne mondiale n’a pas eu lieu sur cette terre de misère et surtout pas au Cambodge, cimetière que des  bouchers “rouges” ont marqué du sceau de la barbarie. Nous réfutons toute association avec ces assassins qui, comme un camarade l’a souligné, ne se réclamaient pas du communisme contrairement aux rumeurs que répand la propagande bourgeoise (1).

 

18) La Révolution prolétarienne mondiale est à venir. La bourgeoisie mondiale, sur cette question comme sur d’autres, ment effrontément et sa propagande vise à tout confondre. L’ère des révolutions prolétariennes n’est pas derrière nous. C’est à peine si nous avons connu quelques incursions de la révolution qui ont toutes échoué, mais qui étaient toutes  nécessaires, l’histoire enseigne par l’exemple. Le présent état de développement du mode de production capitaliste, de ses forces productives (classe prolétarienne), de ses moyens de production, de distribution et de communication, dans un contexte inéluctable d’intensification et d’approfondissement de la crise économique systémique du capitalisme laisse présager une première secousse sismique de classe qui ébranlera les piliers du temple impérialiste mondial. Mais de cela aussi nous reparlerons dans un prochain article. Le Premier Mai de cette année fut un moment d’affrontement entre réformistes et révolutionnaires pour influencer les forces prolétariennes qui se gorgent de colère avant d’exploser (2).

 

(1)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/cambodge-et-khmers-rouges-le/

(2) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/premier-mai-fete-internationale-de-166851

 

Robert Bibeau (2014). Manifeste du parti ouvrier. Publibook. Paris. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

3 pensées sur “LES RÉVOLUTIONS DU XXe SIÈCLE

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    19 mai 2015 à 15 03 53 05535
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    Bonsoir,

    Il me semble qu’un point important est à développer si l’on veut bien comprendre le sens que donnait Marx à la révolution menée par la classe prolétarienne.
    Dans le Capital, on découvre que conjointement avec l’accroissement de la productivité, le temps de travail social diminue puisque c’est la machine qui supplante une part du travail humain de plus en plus grande au point qu’aujourd’hui (et malgré tous les efforts des capitalistes pour remédier à ce phénomène) les gains de productivité ne sont plus assez rentables car la plus-value relative extraite, due à la baisse de la valeur de la marchandise/ coût de production (CC +CV) est en baisse drastique. Moderniser coûte trop cher au capital et pourtant il doit y avoir recours sous peine de disparaître (ce que les économistes appellent « rendements décroissants » ou « perte de la « croissance » capitaliste). On connaît l’extraordinaire développement des scinces et des techniques et de leurs applications aux machines, de la productivité horaire et de la production que la recherche constante de la plus-value relative a engendré. Mais on connait aussi ses limites : l’augmentation de la composition organique du capital et la baisse relative concomitante de la masse salariale donc de la consommation. Autre limite qui a son importance : la résistance ouvrière face à la parcellisation du travail (on la voit en Chine en ce moment).

    Ce phénomène représente un contradiction insurmontable pour la bourgeoisie qui ne peut qu’accroître l’exploitation sous sa forme la plus brutale :
    L’extraction de la plus-value ABSOLUE (intensification du travail, précarisation etc.). L’ouvrier qui devait lui fournir la plus-value disparaît puisque la quantité de travail humain disparaît. Donc la valeur d’échange disparaît et c’est une crise sans fin pour un capital devenu sénile, à moins d’une destruction définitive de la planète…
    Mais même en détruisant le capital excédentaire qui ne parvient pas à retourner dans le cycle de la production, le capital ne pourra jamais retourner à l’époque des trente glorieuses…il en est parfaitement incapable…
    Alors se pose pour les prolétaires qui ne veulent pas être écrasés par le rouleau compresseur capitaliste, la question de faire la révolution sachant que le socialisme est réalisable aujourd’hui puisque le capitaliste a créé les conditions pour…
    Je m’explique :
    – la productivité peut dans le cadre de la socialisation des moyens de production LIBÉRER du temps qui ne sera pas chômé comme dans le capitalisme (temps qui n’est pas rentable pour lui) mais nécessaire aux prolétaires pour leur vie, pour s’extraire justement du travail CONTRAINT, répugnant et pouvoir pratiquer des activités RICHES par leur contenues et échangeables gratuitement (culture, formation scientifique – voir internet gratuit – etc.)…
    – c’est le sens du TRAVAILLER MOINS, TOUS et AUTREMENT, ce dernier point étant soumis à la condition que le prolétariat soit organisé pour mener sa révolution sociale c’est à dire DISPARAITRE définitivement grâce à son APPROPRIATION de toutes les conditions de la production de sa vie…

    Dès maintenant les luttes les plus dures, peuvent être transformées par les communistes (qui leur apportent la « vraie parole » de leur luttes) en luttes contre l’Etat, pour obtenir d’autres conditions de travail etc.. C’est le sens du mot d’ordre de diminution des cadences et du travailler moins pour que tout le monde puisse travailler au minimum et non pas se tuer au travail comme c’est le cas actuellement.

    Là, la révolution communiste prend tout son sens y compris dans les pays dominés, où le travail répugnant occupe toute la vie des individus…Il suffit que les communistes se rassemblent pour développer leur propagande dans ce sens.

    En résumé, retenons ceci : le capitalisme est une période de l’histoire humaine où l’étape suivante est la fin des classes du fait de la disparition de la valeur d’échange au profit de la valeur d’usage.
    Toutes les séparations qui dominent dans ce système de production :
    – Les individus qui sont séparés dans la production entre puissances intellectuelles et exécutants du fait de la propriété privée des moyens de production
    – l’argent qui en est l’expression entraîne l’aliénation de la force de travail et des produits du travail c’est-à-dire que le producteur quel qu’il soit est obligé de se séparer de ce qu’il produit pour de l’argent en essayant de céder le moins possible de son produit pour obtenir le plus d’argent possible.
    Dans le socialisme, ces séparations seront de moins en moins grandes à mesure que les individus deviendront aptes à échanger directement le produit de leurs activités (quelle qu’elles soient) sans passer par la valeur d’échange qui à terme disparaîtra.
    Pour cela seule une révolution politique puis sociale peut TRANSFORMER le travail en une multitude d’activités partagées par tous, échangeables suivant les besoins exprimés par la société.
    En tant que communiste il faut garder à l’esprit cette différenciation entre travail contraint et travail RICHE, riche de ce que chacun apporte (part qui deviendra avec les progrès technologiques et une autre répartition du travail contraint toujours plus importante) tout en sachant que ce qui reste de travail contraint devra être PARTAGE par TOUS, et qu’il constituera (au contraire d’aujourd’hui) une part beaucoup plus faible de la production.

    Voilà pour moi l’essentiel des tâches à accomplir au sein d’une structure associant les communistes révolutionnaires (les communistes vulgaires se contentant d’accéder au pouvoir pour le compte de la bourgeoisie).

    Amitiés révolutionnaires

    Pierre Lehoux

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    20 mai 2015 à 9 09 48 05485
    Permalink

    Merci pour ces éclaircissements monsieur Lehoux.

    Robert Bibeau

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