L’État algérien dans tous ses états

Par Khider Mesloub. Le 18.03.2019. Sur le Webmagazine Les7duquebec.com

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Quand l’imagination s’empare du pouvoir algérien, l’intelligence fuit

 

Dans cette longue période de la vacance présidentielle appelée à se perpétuer du fait de la maladie maintenant étendue à tout le pouvoir affecté par une attaque de panique caractérisée par une forte crise d’angoisse associée à une impression de catastrophe et de mort imminente, assortie d’une sensation de perdre le contrôle de son gouvernail, sur fond d’une déréalisation et d’une sidération gouvernementale provoquées par l’éruption explosive du peuple dans la vie politique exprimée combativement dans la rue, l’imagination grabataire de nos dirigeants juvéniles ne chôme pas. Elle semble même s’emballer. Tant sa créativité ne cesse de nous surprendre.
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Dernière virtuose inventivité ministérielle jaillit de l’incompétente tête du pouvoir menacé de décapitation politique par la Rue : la promulgation de l’arrêté ordonnant la fermeture anticipée des universités. Ainsi, pour désapprendre aux étudiants leur dernière discipline universelle créée par leur débordante imagination subversive, la Lutte dans la Rue, imprévue au programme officiel, le régime a décidé de leur infliger une punition exemplaire par leur mise en vacances scolaires anticipées.
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À croire que ces dirigeants, gérontes gâteux au pouvoir gâté, vivent dans un monde imaginaire. De là s’explique leur croyance magique de pouvoir plier la réalité à leur caprice. Nos cacochymes confondent principe de réalité et principe de plaisir. Ces membres séniles d’un  régime stérile, à force d’avoir côtoyé que les cimes du pouvoir, ont fini par perdre le sens de la réalité. À trop tutoyer le ciel du pouvoir, ils ont fini par perdre le sens de la gravitation. Gare à la chute finale. À la lutte finale.
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Aussi, au lieu de donner congé à leur pouvoir moribond, il donne congé à la jeunesse estudiantine algérienne pétulante de santé combative. Cette force vive de la nation algérienne. Cette jeunesse intelligente et fougueuse appelée à sauver le pays minée par la sénescence gouvernementale, ruiné par la corruption politique et économique, épuisé par l’oppression et l’exploitation de la classe dominante.
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De toute évidence, à trop s’être hissés longtemps au sommet de la voûte politique et économique, ils ont crû que leur puissance est éternelle. L’impuissance est le propre du gouvernant, incapable d’assurer son existence sans violence. Sans connivence. Sans finance. Mais encerclé constamment par la résistance. Cette résistance de la masse opprimée silencieuse mais toujours animée d’esprit de désobéissance, de dissidence, et surtout de révolte momentanément mis en vacance. La révolte du peuple ne prend jamais de vacances. Telle une taupe, elle continue, en période d’accalmie feinte, à travailler son œuvre d’éruption.
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Aujourd’hui, pour perpétuer leur domination, face au soulèvement populaire, nos dirigeants éclairés par les ténèbres s’attaquent maintenant à l’intelligence. Au savoir. À la connaissance. À l’université. Plus précisément, à ses turbulents et virulents élèves. Ces étudiants « mal élevés » qui, au lieu d’étudier studieusement leurs leçons dans les amphithéâtres, préfèrent prendre des cours de révoltes dans la Rue. Aussi, pour parer à ces apprentissages dérangeants et révoltants, imprévus dans le programme du gouvernement algérien gérant les universités comme une épicerie familiale, le ministre de la Rééducation morale et civique de la jeunesse estudiantine algérienne désobéissante, a pris une résolution radicale : mettre en congé anticipé les étudiants, ces fers de lance de la contestation, afin de les dissuader de participer massivement au mouvement de révolte.
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Ainsi, par cette décision punitive draconienne, notre ministre de l’Enseignement infériorisé et de la Recherche des conflits croit pouvoir ramener le calme dans sa classe…bourgeoise conspuée et éreintée , pour sa classe dominante bousculée actuellement par le peuple laborieux trop turbulent et séditieux, surtout impatient de basculer cette bourgeoisie rentière parasitaire dans les poubelles de l’histoire.
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Trop tard. Les Algériens ne se considèrent plus comme de petits élèves obéissants aux maîtres du pouvoir. Ils ont obtenu leur diplôme es Révolte. Et ils affermissent quotidiennement leurs connaissances en matière d’émancipation politique et sociale. Ils commencent même à devenir des experts, à l’instar de leurs devanciers de 1954, en matière de Lutte. Rien n’arrête leur soif d’apprentissage de la Lutte de la Rue, de la combativité contre la tyrannie, ces authentiques cours de la vie politique collective accomplis dans une mixité joyeuse.
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Pour notre part, nous conseillons à notre auguste ministre de la provocation de mettre tous les élèves algériens en retraite anticipée. Ainsi, grabataires avant l’heure, ils n’auraient plus aucune force physique pour manifester dans les rues. Au mieux : nous lui conseillons même d’expulser le peuple algérien vers l’étranger, afin de permettre au pouvoir de continuer à gouverner, dans la sérénité et la sénilité, un pays vidé de sa population turbulente. De ce fait, les caciques du pouvoir pourraient gérer un pays de fantômes, comme le pays est gouverné aujourd’hui par un fantôme.  Encore mieux, nous lui conseillons même de dissoudre le peuple algérien, afin de permettre au régime de ressouder ses liens dans la solitude du pouvoir, loin des tracas et vacarmes du peuple algérien actuellement, aux yeux du pouvoir, trop remuant, trop bruyant. Mais, pour nous, très Brillant d’intelligence combative  pour être mis en congé de lutte, pour prendre ses vacances contestataires. S’il y a une classe à mettre définitivement en congé, c’est bien la classe bourgeoise politique, gouvernementale et  affairiste parasitaire algérienne. Cela fera des vacances au peuple laborieux algérien.
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(À suivre)
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Coup d’éclat pathétique ou coup d’État politique ?

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.Ainsi, par un tour de prestidigitation pathologiquement pathétique, le régime opaque caporalisé a procédé subrepticement à un coup d’État politique déguisé en coup d’éclat pathétique annoncé par une missive rédigée dans  un style littéraire où l’envolée lyrique le dispute aux épanchement intimes cliniques ; les effusions personnelles le disputent aux confusions politiques.

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De l’aveu de Bouteflika, il n’a jamais songé, même dans ses songes diurnes immaculés de mensonges, se présenter à sa propre succession. Succéder à sa présente propre personne. Sa probité intellectuelle plaide pour sa gouverne, étant entendu que sa gouvernance préside avec probité morale. D’autant que, eu égard à son état fragile, il n’a plus, selon ses aveux, la capacité physique de diriger son État tout aussi fragilisé. Pour preuve de son honnêteté intellectuelle, il déclare, dans son émouvante lettre larmoyante de vérité morale  et de virilité politique, avoir décidé ne pas candidater à la magistrature suprême et d’annuler la prochaine élection présidentielle. Par cet aveu de son incapacité médicale à briguer un 5e mandat, lors de l’élection prévue initialement le 18 avril prochain, Bouteflika confesse ainsi ne plus être en mesure de remplir dès lors ses fonctions présidentielles à compter de cette date. La logique voudrait qu’il se démette de ses fonctions, en raison justement de son état de santé.

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Mais, avec ce régime, la logique perd sa raison. Mais pas la raison d’État.

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Ainsi, en démocrate fièrement assumé, Bouteflika vient de prendre la résolution la plus arrangeante, la moins dérangeante, pour le régime. En républicain patenté, Bouteflika n’a jamais été tenté par la monarchie. Juste par l’accommodation de la Constitution pour « monarchiser » sa présidence républicaine.

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Aujourd’hui, pour pérenniser sa monarchie républicaine ou sa république monarchique, il décrète surseoir sine die l’élection présidentielle pour mieux assoir définitivement sa présidence. C’est ce qui s’appelle, dans la logique bouteflikienne kafkaïenne, s’assoir sur le pouvoir du peuple, s’assoir sur les revendications du peuple. C’est ce qui s’appelle aussi siéger à vie sur son fauteuil monarchique présidentielle. Présider « monarchiquement » sans lever un jour le siège du pouvoir.

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En attendant cette Arlésienne élection présidentielle, le peuple peut toujours continuer à valser dans la Rue. Le pouvoir n’est pas près de se faire valser. Le peuple peut continuer à chanter poétiquement à tue-tête. Le régime n’est pas près de se laisser tuer politiquement la tête de son pouvoir.

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Le peuple peut continuer à  peupler la Rue de son pouvoir de protestation. Il n’est pas près de peupler le pouvoir par sa domination. À moins que le peuple se résolve à ruer dans les brancards, pour mettre définitivement ce pouvoir au rancart.

 

5 pensées sur “L’État algérien dans tous ses états

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    18 mars 2019 à 13 01 15 03153
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    Les milliards de la rente pétrolière et gazière et les marchés juteux des infrastructures et de l’armement sont tout bêtement les véritables enjeux qui ne permettront aucune transition qui soit facile ou automatique. Bouteflika et ses copains du FLN et de l’armée ne sont pas réellement des monarques, mais des gardiens d’un système bien huilé qui veille à partager le gâteau selon leur règles bien établies, un système qui fonctionne de la même manière depuis des lustres, et qu’ils ne peuvent envisager de changer ou peuvent changer à moins que le changement soit brutal et émanant de la confrontation avec le peuple justement ou de la désertion de clans et de rentiers qui soit progressive et soumise aux pressions internes de leurs propres fonctionnement. Les bénéficiaires du trésor Algérien au grand jour et les autres rentiers des caisses abondantes et remplies de cash qui s’adjugent une grosse part du pactole ne se comptent plus par dizaines comme avant, mais par centaines et milliers et sont dispersé dans l’appareil du pouvoir et en dehors de cet appareil depuis que le système à fait tant de petits et est devenu complexe, car aujourd’hui il suffit de lire la presse algérienne aux mains du pouvoir pour comprendre que tout ce qui prête allégeance au système reçoit sa part du gâteau, hauts fonctionnaires, presse, syndicats, hommes d’affaires, associations…etc..,

    de même que dans un autre registre, si le peuple aujourd’hui réclame son dû c’est parcequ’une bonne partie du pactole va à des marchés opaques et publics qui sous pretexte de mederniser le pays, garde la jeunesse en retrait des retombées économiques au niveau des emplois qualifiés et non qualifiés et de la distribution équitable des revenus qu’ils génèrent. les marchés juteux de l’armement par exemple, jugés opaques, scandaleux et inutiles par le peuple font que les russes apporteront toujours leur soutien au système en place car ne sont pas prêts d’abandonner la rente sur la vente d’armes qui leur assure pour l’Algérie seulement au moins 4 ou 5 milliards de dollars par an…! (c’est ce qui doit les aider à compenser leurs  »sacrifices » militaires aux côté de Bachar El Assad en Syrie), et c’est ainsi que l’Algérie au même titre que la Syrie avant la guerre se doit de convoyer une partie de ses recettes d’état à l’état russe sous forme d’armement et autres combines de corruption dans ces marchés ! même chose pour la Chine qui soutiendra ce système tant elle a su tirer profit et continue des marchés gigantesques des autoroutes et des infrastructures sans qu’il y ait de véritables appels d’offres transparents depuis des années maintenant ! et bien entendu, il y a aussi des monarchies comme les émirats ou le Qatar qui tout intérêt à ce que la situation ne change pas trop car ont des investissements conséquents aux côtés d’hommes du pouvoir ou leurs rejetons en Algérie dans des secteurs clé privatisés ou semi privatisés !

    Bref, la véritable monarchie dans ce contexte Algérien est sa majestée la reine corruption, au point qu’il soit devenu difficile voir impossible pour ces hommes aux commandes depuis belle lurette d’engager des réformes sérieuses tant ils savent à l’avance qu’il soit impensable que les clans organisés dans chaque secteur et dans chaque recoin renoncent à leur part du gâteau. Même Kadhafi n’a pu réellement gouverner que comme cela, et la majorité des pays arabes et de l’Afrique ne sont gouvernables que de cette manière en réalité dès qu’un système pareil se met en place et dure assez longtemps pour s’enraciner et se mouvoir en réseaux complexes, presque impossibles à extraire du sol !

    La transition sera longue c’est certain, très longue, et il faut espérer qu’elle ne tourne pas au vinaigre , vu que le clan au pouvoir peut décider de perdre la tête à tout moment et décréter l’ingérence étrangère, les islamistes ou n’importe quel pretexte pour décréter l’état de siège et le couvre feu !

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    19 mars 2019 à 10 10 55 03553
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    Je suis d’accord avec Sam et je rajouterais que le peuple algériens doit se méfier particulièrement des tentatives d’ingérences occidentales. Cela fait depuis son indépendance que le nationalisme algérien est dans le collimateur des puissances occidentales et celles-co sauteront sur la première occasion pour y mettre fin, même si cela doit consister en un scénario à la libyenne ou à la syrienne. La France est déjà à la manoeuvre elle qui d’une main salue la décision de Bouteflika de ne pas se représenter et de l’autre main encourage le peuple algérien à continuer à manifester. BHL est aussi sur le coup, ce qui ne présage rien de bon. Quand à la gauche occidentale, cela fait trop longtemps qu’à force d’aller se former dans des kibboutz, elle a abandonné la lutte politique pour se cantonner dans des postures morales pour espérer, dans cette affaire comme sur les autres guerres occidentales, autre chose que du collaborationnisme avec les fous de guerre.

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    19 mars 2019 à 17 05 55 03553
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    Pour un pays qui soit l’un des plus riches, sinon le plus riche d’Afrique (presque), qui a remboursé sa dette extérieur, et cumule des dizaines de milliards de dollars US en réserves de change (devises Euros ou dollars US), de même plus d’une centaine de milliards de dollars en recettes multiples, ou va donc tout ce fric ?!!!! l’Algérie ce n’est pourtant pas la Chine, il y a 41 millions d’habitants, avec un PIB de 215 milliards de dollars et l’une des plus basses dettes du PIB au monde de 9% du PIB seulement, un chiffre qui fait rêver les économistes occidentaux , comparée à une Tunisie qui compte 11 millions d’habitants avec un PIB de 50 milliards de dollars et une dette publique de 59% du PIB, et un Maroc qui compte 35 millions d’habitants avec un PIB de 109 milliards de dollars et une dette publique qui dépasse 75% du PIB, l’Algérie est supposée choyer ses citoyens, et leur fournir le gîte et le couvert comme personne d’autre au Maghred et même en Afrique à quelque exceptions près comme le Nigéria ! eh bien non ! c’est pas du tout le cas ! l’Algérie est riche certes, très riche, mais traite sa population comme dans les temps reculés de la misère ancienne ! il est excessivement cher de vivre décemment en Algérie, et si vous n’avez pas de relations, ou que vous ayez un parcours d’études exceptionnel, personne ne vous emploiera, sauf au bas de l’échelle et encore ça dépend ou ! et ce, même si vous êtes diplômé, vous êtes confiant en vous, et vous voulez travailler pour votre pays ! et lorsque vous réalisez enfin ce rêve de dignité de trouver un job, bon courage, le salaire de misère Djiboutien ou Malgache qui vous attend au bout du mois, ne fera que vous compliquer la vie, vous la rendre impossible, vous remplir de frustration et de colère, et peut-être vous jeter dans une ‘’patera’’ une barque de fortune pour traverser la méditerranée en clandestin avec peu ou presque pas de chance de survivre au voyage !

    Comment voulez-vous que ce peuple Algérien ne se révolte pas alors que les chiffres des salaires versus le coût de la vie sont choquants et terribles, sans parler de ceux du chômage sans qu’il y ait le moindre filet social, ou revenu garanti aux chômeurs. Je vais donner des chiffres à titre indicatif (relevé sur des sources de presse algériennes), sur les Salaires, le logement et la bouffe de base, on ne parle pas des habits, des meubles, du luxe que peut représenter une bouffe occidentalisée qui se vend tellement moins chère chez nous, et qui peut prêter au choc total !

    Salaires : Salaire minimum en Algérie 18.000 Dinars Algériens soit $201 CAD, Salaire moyen en Algérie 33.000 DA soit $370 CAD (plus de 70% des salaires en Algérie) , Salaire moyen des Cadres en Algérie 80.000 DA soit $900 CAD, les meilleurs salaires sont ceux des médecins et des cadres et ingénieurs dans l’énergie (gaz et pétrole) 120.000 DA ou $1345 CAD.

    Logement : Pour acheter un appartement, Le prix du mètre carré dans les grandes villes varie entre le moins cher (et le plus difficile à trouver) étant 90.000 DA ou $1009 CAD le mètre carré, ensuite un prix moyen prévalent aux périphéries et quartiers populaires de 130.000 DA ou $1457 CAD le mètre carré, et les prix astronomiques qui équivalent ceux des capitales Européennes et américaines dans les quartiers moyens des villes comme Algers ou Oran ou Constantine soit à partir de 220.000 ou $2466 CAD et au delà de 350.000 DA ou $3924 le mètre carré !
    Ainsi un tout petit appartement se vend minimum 5.000.000 DA ou ou $56.000 CAD, et en moyenne 12.000.000 DA ou $134.550 CAD
    Pour louer c’est la même galère, un minimum de 30.000 DA ou $336 CAD par mois, et une moyenne de 50000 DA ou $560 CAD par mois, qui peut monter vite à 85.000 DA ou $953 CAD par mois sans qu’aucun salaire ne puisse assurer de tels revenus !

    La bouffe (en moyenne et en temps normal et pas en temps de pénurie parce qu’il y en a ): 1 kilo de bœuf (sommaire importé ou local et pas de coupe au choix) : 1200 DA ou $13.46 CAD le kilo, 1 kilo d’agneau : 1600 DA ou $17.94, 1 kilo de viande blanche : 270 DA ou $3.15 le kilo, 1 Kilo de pommes de terres : 55 DA ou $0.65 (quand je pense qu’on achète le sac de 10 kilos au Canada à $2.99 CAD), 1 kilo de tomates : 120 ou $1.35…bref, les légumes comme le choux fleur, l’aubergine, l’artichaut, les poivrons, les poids, commencent à 100 DA ou $1.12 le kilo et peuvent flamber jusqu’à 200, 300 ou 400 voir 500 DA le Kilo pour le harricot vert ! Farine 70 DA ou $0.78 le kilo, sucre 95 DA ou $1.07 le kilo, pommes 300 DA ou $3.36 le kilo, banane 280 DA ou $3.15 le kilo !

    Bref pas sûr qu’on puisse se permettre nous les Canadiens de nous payer le panier de commissions Algérien !

    A l’opposé du peuple, les grands commis du régime et très hauts fonctionnaires, les entrepreneurs, les élites et les bandes organisées qui pompent le système qui ne représentent pas plus que 10% de la population, vivent eux avec des salaires Européens ou Américains, habitent les somptueux appartements ou villas qui coûtent plus cher que chez nous, et envoient les enfants dans des écoles privées qui coûtent plus cher que chez nous ! Alors que le salarié moyen, ne peut envisager de survivre, sans couper net dans les dépenses de bouffe, car la bouffe est toujours un luxe en Algérie, sans mal se loger, sans s’endetter pour la moindre dépense !

    Quid alors des armées de chômeurs qui représentent des millions et pas des milliers, ni des centaines de milliers ! aucun revenu, mais la débrouille, vente sur le trottoir, et une multitude de petits business improvisés et qui changent au fil des mois, des années et toute une vie !

    L’ambassadeur de Russie à Algers en 2018, à déclaré que l’Algérie achète à la Russie, la moitié de sa production d’armement chaque année !!! Chars d’assauts en tous genre, missiles, systèmes de défense, radars, véhicules, munitions, Avions de combats et hélicos, sous-marins, armes légères et armes d’élites ! bref, et la Russie n’est que le premier fournisseur, la Chine, l’Allemagne et une myriade de pays suivent dans la liste, même à un petit pays comme les Émirats arabes unis, ils leurs achètent des joujoux inutiles qui coûtent une fortune , et chaque année, des milliards sont déboursés par un pays qui ne soit même pas en guerre ! Bref, les dirigeants Algériens achètent en une année ce que Bachar El Assad n’a pas dépensé en huit ans de conflit armée intense sur plusieurs fronts !!! Lorsque les occidentaux les interrogent sur cette course effrénée à l’armement chaque année, ils répondent toujours la même chose : nous avons des défis énormes face au terrorisme qui se développe dans le Sahel, et les frontières ouvertes de la Libye et la Tunisie voisine ! Alors que le budget alloué à l’armée, et les moyens que cette armée possède en théorie devraient pouvoir la faire tenir devant l’US Army des années en cas de conflit supposé avec la plus grosse armée du monde! Bref, personne ne doute en réalité des desseins guerriers des généraux Algériens et leurs mentors du FLN, qui envisagent toujours le pire et la guerre totale, que tous craignent qu’ils la livrent un jour à leur propre peuple !

    Et si on met de côté le budget de l’armée, que font-ils alors des 150 milliards qui restent environ ! eh bien, ils importent presque tout, ils partagent une partie entre eux, et ils dilapident le reste dans la politique étrangère qui ne sert en rien le peuple ! et la jeunesse, ils s’en moquent, qu’ils crèvent et qu’ils connaissent la misère que nous-mêmes avons connue lors de la colonisation française, et un peuple qui ne crève pas la dalle n’est pas un peuple ‘’moudjahid’’, un peuple digne de porter le drapeau Algérien, un peuple qui sache ce qu’est ‘’le sacrifice’’ pour les causes justes !!

    Présentement, en pleine tempête, et refus du peuple de les suivre, ils ont remis Monsieur Lamamra au poste de ministre des affaires étrangères, et ils l’ont envoyé en tournée chez leurs alliés Russes, Chinois, Allemands (allié supposé) et Italiens (allié client du gaz)…pour y chercher des appuis, conforter que les intérêts de tous seront préservés, et que nous veillons aux intérêts de notre peuple et des vôtres ! n’importe quoi ! c’est à la limite s’il n’a pas été convoqué par les Russes et les Chinois ! et que les Allemands et Italiens se foutent éperdument de ce qu’il aura à leur baratiner ! Quant à la France et l’Espagne, pays qui se plaignent du coût du gaz et exclus de l’amitié d’Alger, on ne fait que les prévenir : mêlez vous de vos affaires et ne vous ingérez pas dans les nôtres, même si une majorité d’Algériens vivent en France, ils ne représentent pas plus que la partie chanceuse du peuple ayant échappé à notre joug, et qu’on surveille de près les critiques formulées à notre encontre !

    En attendant, Les Algériens du pays continuent de cuire à petit feu la marmite, divisés entre la peur et l’espoir… de voir cette gangrène disparaître à tout jamais !

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  • Ping :Situation en Algérie – L’analyse dérangeante du général Dominique Delawarde – les 7 du quebec

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