L’ÉTAT AU SERVICE DE LA CLASSE DOMINANTE

Bibeau.robert@videotron.ca      Éditeur   http://www.les7duquebec.com

 

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L’objectif de Tom Thomas dans ce volume « Étatisme contre libéralisme ? » (1) est de combattre l’utopie étatique. Une utopie largement sacralisée par la droite et par la gauche à travers les luttes électorales auxquelles elles convient leurs militants et les prolétaires dans le triste espoir de se voir confier par le grand capital la direction de l’État-major gouvernemental et ainsi être accréditée – affidés des oligarques financiers.

 

Tom Thomas y démontre que l’État ne peut être le moyen d’une solution à la crise économique systémique du capitalisme et à ses effets catastrophiques, « pour la raison qu’il ne peut pas être autre chose que l’organisateur essentiel de la reproduction du capitalisme (c.-à-d. des rapports sociaux capitalistes) et de plus en plus essentiel au fur et à mesure de son développement historique ». Le livre démontre que, pire encore, « tout renforcement du rôle de l’État bourgeois ne peut être qu’un renforcement de la dépossession des travailleurs des moyens de leur vie, un renforcement de la domination sur eux du capital (éventuellement étatisé) et de ses représentants, les bourgeois (appelée par Marx « les fonctionnaires du capital » parce qu’ils ne font qu’en exécuter les lois). Cela quelles que soient les promesses de démocratie « participative », « citoyenne », « républicaine », ou autres qualificatifs qu’on y adjoint comme pour admettre qu’elle n’est rien ! » (2)

 

Le volume démontre que cet étatisme capitaliste contemporain « n’est pas un fait du hasard, un choix parmi d’autres, mais qu’il manifeste une tendance au totalitarisme inhérente à l’essence même de l’État et dont le plein développement accompagne nécessairement celui du capital arrivant à son âge sénile », arrivant dirons-nous à son stade ultime – impérialiste – qui exige, comme on l’a vu à maintes reprises dans l’histoire, un appareil de gouvernance totalitaire pour ne pas se défaire et s’écrouler. On comprendra ici qu’aucun « projet » ou programme politique de réformes du mode de production capitaliste ne tient la route et ne peut sortir le corbillard de la mort de l’ornière de son calvaire. C’est la raison fondamentale pour laquelle la classe prolétarienne s’éloigne de plus en plus des mascarades électorales. La mission du prolétariat n’est pas de réformer l’État mais de le détruire.

 

L’État n’a pas été créé spécifiquement pour favoriser certains individus, pas même une classe sociale en particulier, mais pour reproduire une société dans son ensemble (au nom du soi-disant intérêt général, du bien commun des citoyens et du peuple) ; société dans laquelle une classe est dominante parce que propriétaire des moyens de production, de commercialisation et de communication. C’est en s’attachant à reproduire ce qui fonde cette société que l’État fait valoir les intérêts de la propriété (privée et public-nationalisé) sur le capital, et crée les conditions de la destruction de ce mode de production en collectivisant ses moyens de production-commercialisation  à travers une classe sociale minoritaire, l’aristocratie financière capitaliste, de laquelle sont exclus toutes les autres classes et fractions de classes, y compris la petite bourgeoisie rejetée et paupérisée, d’où sa frustration et ses protestations sous formes de manifestations, non pas contre le mode de production mais contre tel ou tel officier du capital (Donald Trump, François Hollande, ou Vladimir Poutine par exemple).

 

C’est en ce sens que l’État est « la forme par laquelle les individus d’une classe dominante font valoir leurs intérêts communs et dans laquelle se résume toute la société civile d’une époque » (3). Mais cette forme provient elle-même de ce que les individus bourgeois ne peuvent administrer et gouverner eux-mêmes, directement. C’est par et dans l’État que les individus bourgeois s’organisent en classe dominante, unifiant leurs différentes fractions, et garantissent leurs intérêts essentiels – le capital et sa reproduction élargie – finalité du développement de ce mode de production (4). Ils doivent passer par cette forme singulière, donner à ces intérêts particuliers une forme politique extérieure à eux comme individu – mais jamais extérieure à leur classe – (même si, évidemment, ils l’influencent fortement par toutes les ressources qu’ils détiennent), devant apparaitre formellement comme la volonté sociale générale et, pour cela, se légitimer aussi auprès des classes dominées « C’est justement cette contradiction entre l’intérêt particulier et l’intérêt général qui amène l’intérêt collectif à prendre, en qualité d’État, une forme indépendante, séparée des intérêts réels de l’individu et de l’ensemble et à faire en même temps figure de communauté illusoire… Précisément parce que les individus ne cherchent que leur intérêt particulier qui ne coïncide pas pour eux avec leur intérêt collectif… cet intérêt est présenté comme un intérêt qui leur est étranger, qui est indépendant d’eux… » (5). En d’autres termes l’État a pour mission d’assurer la reproduction élargie du capital objectif ultime du mode de production capitaliste. L’État doit accomplir cette mission en la faisant paraître comme l’objectif et la tâche de chaque citoyen au-dessus des classes sociales antagonistes. Voici pourquoi la première tâche du prolétariat révolutionnaire ne sera pas de « soviétisé » l’État bourgeois mais de le détruire.

 

Deux aspects sont frappent dans cette évolution de l’État vers des formes qui tendent à le faire apparaitre comme le représentant des intérêts de toute la société civile, du « peuple » (sic), pour le faire paraître comme au-dessus des classes, des fractions de classes, et des intérêts particuliers : Premièrement cette évolution fut inéluctable. L’État bourgeois n’est donc pas le fruit de circonstances particulières et momentanées, il est surtout, bien au-delà du cas concret particulier du totalitarisme, fruit incontournable d’une évolution en profondeur du mode de production capitaliste, ce qui fait que non seulement cette domination de l’État sur les individus et sur les intérêts particuliers n’a cessé de s’affirmer, mais une évolution similaire s’est produite dans les pays « socialistes », avec la même transformation du mode de production capitaliste, indépendamment de circonstances historiques régionales. Deuxièmement, concernant le procès de construction de l’État bourgeois de sa forme démocratique bourgeoise à sa forme totalitaire (toute appellation confondue) bourgeoise, ce n’est pas le fait qu’un dictateur y exerce un pouvoir despotique qui est le plus significatif, mais justement, et contrairement à ce que propagent les médias à la solde, que la personnalité de ces despotes n’a aucune importance. Hitler, Staline, Mussolini, Franco ou Hirohito, l’État joue son rôle normal dans le développement « normal » de la société bourgeoise dans un capitalisme en crise systémique sur laquelle cet État n’a aucun pouvoir en définitive. Comme l’observe judicieusement Marx, avec ses millions de fonctionnaires l’État bourgeois forme « un effroyable corps parasite qui recouvre comme d’une membrane le corps de la société française et en bouche tous les pores » (6). Cet énorme appareil bureaucratique, si imposant aujourd’hui – jusqu’à faire penser à un fétiche « État providence » égérie de la petite bourgeoisie – fonctionne par lui-même comme une machine automate, et pourvu qu’on le nourrisse copieusement d’impôts, avec ses appareils, son langage, ses règles, ses automatismes aveugles, et son monopole de la violence légale. Il fait ce pour quoi il a été construit : organiser la reproduction de la société capitaliste, et particulièrement assurer la reproduction de la force de travail source de la plus-value et du capital, de sorte que n’importe quel gouvernement – président – Premier ministre –  peut se trouver à sa tête, la machine marchera plus ou moins bien, mais produira à peu près toujours les mêmes résultats. N’importe quel polichinelle peut faire l’affaire ! Georges Bush, Barack Obama, Hilary Clinton ou Donald Trump, peu importe puisque maintenant l’État est un appareil indépendant des individus et des factions qu’il gouverne, et même aussi de ceux, les élus, qui le gouvernent, « Semble, car répétons-le, indépendant des individus ne veut pas dire indépendant de la société capitaliste, donc des intérêts de la classe qui en est la bénéficiaire et y domine en réalité. L’État est bien responsable de la reproduction du capitalisme, c’est même sa seule fonction (et c’est bien pourquoi ce sont les exigences générales du capital qui gouvernent les gouvernants). Indépendant, cela veut dire aussi que ce ne sont pas nécessairement les capitalistes eux-mêmes qui « règnent » au sommet de l’État, qui joue son rôle par lui-même, indépendamment des hommes qui se succèdent à sa tête et des formes plus ou moins démocratiques ou despotiques qu’il revêt » (7). En effet, comme nous l’avons largement démontré dans notre étude de la démocratie en Amérique à travers la mascarade électorale d’alternance, ce n’est pas tel ou tel capitaliste, fut-il milliardaire, ni telle ou telle faction des riches qui bénéficie de l’État, mais le système dans son ensemble et de surcroit sa classe hégémonique.

 

Tom Thomas écrit « En Allemagne, la construction de l’État-nation intervint plus tard avec Bismarck (qui avait pris des leçons de Napoléon III, qu’il admirait, comme ambassadeur à Paris). Compte tenu du retard du capitalisme allemand, donc de la faiblesse de sa bourgeoisie relativement à la survivance de forces aristocratiques (propriété foncière), et de divisions territoriales relativement forte, il dut l’effectuer « par le haut », le pouvoir monarchique organisant lui-même l’accouchement d’une société capitaliste et de l’État correspondant, sur le gouvernement duquel l’empereur gardait de ce fait une forte emprise. L’alliance avec la classe ouvrière fut là aussi nécessaire pour briser les résistances des aristocrates et des forces conservatrices, mais elle ne surgit pas du « bas », dans l’insurrection. C’est l’État qui l’organisa à sa façon (cf. par exemple le Kulturkampf 1873-1879). C’est l’aristocrate et autocrate Bismarck qui fit voter les premières lois sociales en faveur des ouvriers d’industrie : assurance maladie (1878), assurance contre les pertes d’emploi dues aux accidents du travail (1884), assurance vieillesse invalidité (1889). Par ces lois sociales, il voulait organiser l’intégration pacifique, mais aussi entièrement disciplinée et soumise, du prolétariat (…) En Angleterre, la bourgeoisie, déjà ancienne et puissante, crée d’abord par elle-même des sociétés de secours mutuel pour ses ouvriers (plus de 4 millions de membres vers 1870), et des sociétés philanthropiques pour les pauvres. Mais la charité bourgeoise étant tout à fait insuffisante à entretenir une force de travail nombreuse et surexploitée, c’est l’État qui là aussi devra prendre progressivement en charge cette fonction (comme il avait d’ailleurs commencé à le faire par les Poor Laws de 1642 et 1834). Finalement, dans tous les pays capitalistes à partir de la fin du 19e siècle, « l’Etat va peu à peu supplanter les groupements privés dans la sphère de la reproduction sociale… », avec toutes sortes de nuances «mais le plus souvent sur le modèle des assurances sociales « inventées » par l’Allemagne de Bismarck » (8).

 

C’est l’État, plus que le mouvement ouvrier, qui avait l’initiative. « Dans quasiment aucun pays, durant cette période, le mouvement ouvrier n’a joué un rôle en tant qu’initiateur et supporteur actif et enthousiaste des assurances sociales » (9). C’est que nombre d’ouvriers voient encore l’État comme purement répressif, exclusivement au service des bourgeois, un ennemi dont il ne peut ni ne doit rien attendre (sinon le pire comme l’avait démontré l’écrasement de la Commune de Paris). L’autre motif pour expliquer la suspicion de la classe ouvrière vis-à-vis ces plans d’assurances et d’assistance sociales c’est que les travailleurs actifs (en emplois) savent pertinemment que ce sont eux qui défraieront ces programmes par leurs cotisations expropriées par l’État sur leurs salaires et non pas sur leur plus-value (déjà expropriée par le patron). Récemment, aux États-Unis, le programme d’assurance maladie « Obama Care » a été boudé par les ouvriers – surtout ceux que l’on appelle les « poors workers » – qui peinent à survivre avec leurs salaires de misère, ce que la gauche bourgeoise a dénoncé, se portant ainsi au secours du Président américain « charitable », poussant de ce fait les ouvriers dans les bras de Donald Trump. Pendant ce temps, l’État bourgeois est tenu d’assurer les conditions de reproduction élargie du capital. La première de ces conditions, en phase montante du développement capitaliste – à son stade ultime impérialiste – juste avant le grand basculement – c’est de reproduire le capital variable – vivant – prolétarien, sinon aucune plus-value ne sera produite et aucun capital ne sera valoriser, ni ne pourra être distribué et réinvesti. L’État providence n’est que la réponse particulière que les rapports de production capitalistes ont engendrée pour assurer la reproduction élargie du capital. L’État providence, éphémère et coûteuse, n’est pas une conquête de la classe ouvrière comme le laisse entendre la gauche bourgeoise qui aujourd’hui tente de mobiliser les prolétaires pour qu’ils se battent pour maintenir leurs « acquis » temporairement accordés, les emplois syndicaux, les emplois en ONG subventionnés et les jobs de clercs gestionnaires de ces programmes d’assurance et d’assistance publics dont la petite-bourgeoisie – courroie de transmission – est si fier, et si dépendante pour sa survie.

 

À partir du moment où le capital variable – vivant – ouvrier – est devenu trop abondant par rapport aux quantités de capitaux constants à valoriser, alors, dans le monde entier l’État bourgeois a changé de politique pour s’orienter vers le « néolibéralisme » comme l’appel la go-gauche déjantée, il est devenu l’État du rationnement et de l’austérité. En effet, pourquoi assurer la reproduction élargie d’un capital vivant surabondant ? On perçoit ici toute la fumisterie des protestations gauchistes visant à conquérir de nouveaux « droits sociaux », à maintenir les « droits acquis » et à conserver les « conquêtes ouvrières » des brèves périodes de prospérité. Sous la crise économique systémique du capitalisme il n’y a plus de pseudo « droits acquis » qui tiennent, sauf le droit acquis du capital d’assurer ses profits à tout prix.

 

Préoccupé par nature de son seul profit immédiat, et d’ailleurs obligé de le faire par la concurrence omniprésente, le capitaliste individuel ne s’occupe que de consommer le plus de travail salarié au moindre cout, et il ne s’inquiète pas de sa reproduction, persuadé qu’il trouvera toujours les bras dont il a besoin pour « profiter ». Il a fallu longtemps aux plus lucides d’entre eux pour comprendre que les conditions de misère et d’avilissement épouvantables des ouvriers des débuts du capitalisme étaient un frein, un danger mortel, pour le système capitaliste lui-même, et que le capital avait besoin d’une force de travail apte, en bonne santé, éduqué et former pour performer avec forte productivité lourdement mécanisée, systématiquement informatisée (ce que Lénine ou Mao n’ont jamais connu). Chaque capitaliste ne pouvant affronter seul l’organisation militante du prolétariat ce qui oblige à des réponses au niveau de l’État comme l’ont prouvée les montés de fièvre insurrectionnelle populaire. Bref, l’État doit intervenir de plus en plus pour réunir les conditions de valorisation du capital, aussi bien en prenant en charge divers investissements lourds (chemins de fer, ports, oléoducs, aéroports, réseau électrique) que la reproduction de la force de travail (éducation, santé, sport, loisirs) et la gestion de la lutte des classes (formule rand, comités paritaires et subventions aux organisations syndicales et associatives).

 

Tom Thomas signale qu’« avec les lois sociales, l’État devient petit à petit un gestionnaire du rapport salarial qui s’impose comme le rapport social dominant. Ce qui était naguère soi-disant des contrats purement privés entre individus réputés « égaux » devient ainsi contrat social étatisé. L’État produit et impose par la loi le contrat social et salarial, de sorte qu’il semble que l’État joue le rôle d’une puissance arbitrale, qui pourrait décider de favoriser les salariés pour peu que les résultats électoraux portent leurs représentants au pouvoir. En réalité, il ne fait, par ces lois, que leur redistribuer une petite partie des richesses qu’ils ont produites et qu’il a confisquées (…), mais après s’être lui-même copieusement servi au passage. Il ne fait qu’organiser une mutualisation des risques entre les travailleurs, mais sans eux. L’ouvrier accidenté, malade ou chômeur ne demandera plus justice… en descendant dans la rue. Il fera valoir ses droits auprès d’instances administratives… Mais cela (ces droits) ne lui donne aucun pouvoir sur la direction de l’entreprise ou sur l’État » (10). Pire, dirons-nous, même si, à la faveur d’une élection, un parti soi-disant ouvrier décroche le pouvoir d’État bourgeois, il ne pourra qu’appliquer la politique capitaliste qui s’impose compte tenu de la conjoncture économique de crise. S’il ne le fait pas, ce parti sera battu aux élections suivantes dans un État en faillite et au milieu d’un « backlash » politique catastrophique. Le mode de production capitaliste a ses lois qui ne souffrent aucun passe-droit.   

 

Certes, le capitaliste peut geindre que ces prélèvements de cotisations sociales par « l’État providence » (sic) est un cout salarial qui vient réduire la part de surtravail qu’il pourrait convertir en profit pour lui. « Il peut protester que l’État se fait payer fort cher pour assurer ce service, que la productivité de sa bureaucratie est très faible. Mais c’est une part qu’il doit accepter de lui laisser, malgré qu’il la convoite, pour prix de son incapacité à organiser par lui-même la reproduction de la force de travail et du rapport salarial. Il peut pester contre l’État, vociférer comme Harpagon après sa cassette et crier comme lui qu’on l’assassine, la socialisation étatisée des risques (accidents du travail, maladie, santé, etc.) lui permet de pouvoir puiser, dans le vivier de force de travail ainsi entretenue, celle dont il aura besoin à tel ou tel moment, qu’il trouvera ainsi, grâce à l’État qu’il maudit, disponible, apte, en état. Cette étatisation de la reproduction de la force de travail est une utilité pour le capital, quoi qu’en dise le capitaliste particulier qui en discute âprement le prix. Elle lui assure non seulement ce vivier sans lequel il ne pourrait pas produire de plus-value, et dans des conditions égalisées de concurrence, mais aussi l’entretien par les ouvriers eux-mêmes de « l’armée de réserve » des chômeurs si essentielle pour maintenir les salaires le plus bas possible. L’ouvrier quant à lui est assuré d’un certain revenu en cas d’aléa, ce qui est évidemment un mieux » (11), mais dont certains travailleurs, moins conscients, ont tendance à gratifier l’État qui l’organise alors que c’est l’ouvrier qui le finance en totalité, ce qui est un des facteurs qui amène, bureaucrates syndicaux et petits bourgeois de gauche, à réclamer toujours plus d’État bourgeois. Ce que ne font pas les ouvriers plus conscients qui se désintéressent de l’État, de son parlementarisme, de sa gouvernance et de l’électoralisme, ce qui est un signe de maturité politique de la conscience de classe prolétarienne contre lequel s’échine la gauche moyenne.

 

Ce mouvement d’étatisation s’est consolidé au cours du 19e siècle, pour s’affiner par la suite, poussé par tout ce que les pays occidentaux comptaient de socialistes, de communistes, et de gauchistes. En prenant en charge de plus en plus de fonctions, et notamment la gestion du rapport salarial, et même l’activité de grève (loi antiscab, règlementation des activités de grève, injonction et judiciarisation des luttes syndicales, droit du travail) « l’État apparait en même temps comme une puissance indépendante arbitrale au-dessus de tous les individus (hors classe sociales) et décidant pour eux, pour le mieux pour chacune des « parties ». En même temps, cela exige le développement d’un appareil spécialisé énorme, formellement à part, qui ne se présente plus ni comme l’association des citoyens, ni même comme simple appendice patronal. À la racine de ce mouvement, il y a la croissance industrielle, le développement de la machinerie et la concentration du capital que cela implique, la propriété privée devenant propriété capitaliste collective (sociétés par actions). Le capital s’affirme comme rapport de classes : moyens du travail socialisés, mais dans une propriété capitaliste elle-même collectivisée aux mains d’une classe privilégiée. De sorte que l’ensemble des conditions de la production se socialisant, échappant à toute maitrise individuelle bien que soit toujours affirmée la fiction de l’individu privé et de la production privée, elles doivent aussi être de plus en plus prises en charge socialement. Donc par l’État puisqu’il est le représentant de la société, de la puissance sociale que ne peuvent avoir les individus privés » (12).

 

L’essence du rapport que l’État entretien avec la société civile se confirme dans leurs transformations réciproques puisque l’État, en se développant, contribue à vider les individus de la société civile bourgeoise de leur puissance et de leurs responsabilités. Certes, on pourra toujours observer, comme preuve apparente de ce que l’État est aux mains de la bourgeoisie, que le personnel dirigeant de l’État est en général issu, à peu près exclusivement, des rangs bourgeois. Certes, car les connaissances, l’argent, l’enseignement, les idées et les modes de penser dominants, les relations, sont la propriété des bourgeois. Ils affirment dans l’État aussi ces divisions sociales. Mais d’une part, cela n’est pas toujours le cas, et il arrivera à la bourgeoisie de devoir « prêter » son pouvoir afin de conserver la société capitaliste dans son intégralité. On comprendra que les luttes que mena la gauche – toutes les gauches – pour maintenir le pouvoir bourgeois dans ses formes « démocratique-parlementaires » contre les formes autoritaires totalitaires (corporatisme, fascisme, militarisme, national-socialisme, stalinisme, colonialisme, etc.) fut une bataille d’arrière gardes dans lesquelles ils appelèrent au sacrifice suprême des milliers d’ouvriers en pure perte pour la révolution prolétarienne. La démobilisation des résistants de gauche à la fin des hostilités était inscrite dans les motifs de leur mobilisation. Il en sera de même aujourd’hui que l’on cherche à mobiliser les ouvriers pour contrer le terrorisme djihadiste entièrement construit par les agences étatiques du capital; pour contrer la Russie « postsoviétique »; pour contrer le péril chinois, lançant le prolétariat d’Occident contre les prolétariats de ces contrées excentrées. La mission de la gauche bourgeoise au pouvoir (et des sectes sans pouvoir) a été de préparer les conditions économiques, politiques, administratives, militaires, diplomatiques, sociales et idéologiques pour l’avènement de la droite qu’ils qualifieront d’autoritaire – de fasciste et de populiste, ces aristocrates gauchistes.

 

Les fonctions de l’État bourgeois s’élargissent inexorablement, au détriment de la société civile, de ses organisations qui deviennent ses appendices subventionnés des rapports privés qui sont de plus en plus régis par les lois et règlements de l’État de droit du profit, et qui en redemandent, étant ainsi graduellement dépossédées de tout pouvoir sur les conditions de leur existence. Ce que Marx voyait très bien dès 1852 quand il écrivait que l’accroissement « (…) de la division du travail à l’intérieur de la société bourgeoise créait de nouveaux groupes d’intérêts, donc de la matière nouvelle pour l’administration de l’État. Chaque intérêt commun fut immédiatement distrait de la société, pour lui être opposé comme intérêt supérieur, général, arraché à l’activité autonome des membres de la société pour être l’objet de l’activité gouvernementale, depuis le pont, la maison d’école, la propriété communale d’une commune rurale, jusqu’aux chemins de fer, aux biens nationaux et à l’Université de France » (13).

 

L’État de droit bourgeois est un monstre aux mains de la bourgeoisie cupide, et des serviteurs stipendiés du capital, ce qui ne signifie surtout pas que l’État pourrait être un instrument de développement aux mains d’hommes vertueux, dévoués, « de gauche » ou « de La gauche véritable – insoumise » (sic). L’État bourgeois, et c’est la seule forme possible de l’État sous le mode de production capitaliste (même dans ses formes « socialistes » « communistes » ou totalitaires) est par nature un rapport de dépossession, une forme particulière de domination, de répression et d’aliénation de classe, l’ultime aliénation. Cela d’autant plus qu’il absorbe progressivement une puissance sociale dont sont dépouillés, corrélativement, les individus et leurs associations.

 

Les prolétaires révolutionnaires ne doivent en aucun cas batailler pour renforcer l’État bourgeois ou en prendre le contrôle ne serait-ce que d’une portion, d’une instance quelconque de la gouvernance bourgeoise, ce qui comprend les syndicats, les ONG et autres organisations de la société civile subventionnée stipendiée par l’État embourgeoisé. Une fois enclenchée l’insurrection populaire mondiale la révolution prolétarienne internationale qui suivra aura pour  tâche de détruire l’État bourgeois et ses dépendances.

 

NOTES

 

(1)   Tom Thomas (2011). Étatisme contre libéralisme ?  Démystification éditeur. Paris. 200 pages. Source URL :  http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme/

(2)   Dans l’histoire, chaque mode de production s’est d’abord développé sous une gouvernance libérale, pour ensuite évolué – réagissant aux contradictions antagonistes mettant aux prises les forces productives et les rapports de production trop étroits – vers un mode de gouvernance autoritaire dans une veine tentative de réguler ces contradictions et de maintenir les anciens rapports de production de domination. Ainsi, le mode de production féodale a produit le régime royal aristocratique par cooptation seigneuriale jusqu’à l’imposture dynastique héréditaire de droit divin (sic). Ainsi, le mode de production capitaliste a produit le démocratisme électoraliste bourgeois jusqu’au totalitarisme fasciste et ses variantes de l’Ère de l’Impérialisme déclinant.

(3)   Karl Marx (1968). L’idéologie allemande. Éditions sociales. Paris. Page 74.

(4)   Robert Bibeau (2016). La finalité du mode de production capitaliste. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/217913/

(5)   Karl Marx (1968). L’idéologie allemande. Éditions sociales. Paris. Page 31.

(6)   Karl Marx (1969). Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte. Éditions sociales. Paris.

(7)   Tom Thomas (2011). Étatisme contre libéralisme ?  Démystification éditeur. Paris. 200 pages. Source URL :  http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme/

(8)   Tom Thomas (2011). Étatisme contre libéralisme ?  Démystification éditeur. Paris. 200 pages. Source URL :  http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme/

(9)   François Xavier Merrien (2000). L’État providence. Que sais-je ? PUF. Page 14.

(10)                      Tom Thomas (2011). Étatisme contre libéralisme ?  Démystification éditeur. Paris. 200 pages. Source URL :  http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme/

(11)                      Karl Marx (1969). Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte. Éditions sociales. Paris.

(12)                      Tom Thomas (2011). Étatisme contre libéralisme ?  Démystification éditeur. Paris. 200 pages. Source URL :  http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme/

(13)                      Tom Thomas (2011). Étatisme contre libéralisme ?  Démystification éditeur. Paris. 200 pages. Source URL :  http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme/

 

 

 

26 pensées sur “L’ÉTAT AU SERVICE DE LA CLASSE DOMINANTE

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    5 août 2016 à 6 06 24 08248
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    Cet article est consternant

    L’État est un outil dont l’existence et la nécessité dépend de la taille de la société.

    En tant qu’outil, son usage dépend de son utilisateur et non l’inverse.

    Si la propriété des moyens de production est la base de la société, l’appareil d’État défend la propriété économique, si c’est la responsabilité, il défendra la responsabilité. Mais faire l’amalgame entre état et bourgeoisie est une faute de raisonnement inqualifiable et impardonnable, sauf si vous êtes payé pour !

    L’auteur fait donc une pseudo démonstration où s’il est sincère montre un grande médiocrité intellectuelle.

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      5 août 2016 à 11 11 55 08558
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      La propriété est un rapport de production, pas un symbole écrit sur un contrat.

      Si les décisions sont prises par une minorité en dehors du contrôle des travailleurs, cette minorité se nomme bourgeoisie. Si elle est à la tête de l’État, il s’agit d’un bourgeoisie d’État, d’une bureaucratie.

      Faire croire qu’on peut rendre le monde meilleur en changeant les personnes prenant les décisions, sans changer le rapport de production, est le propre de l’idéalisme petit bourgeois, le propre de la pensée réactionnaire. C’est par exemple ce que proposaient les philosophes des lumières avec leur monarque « éclairé »:
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Despotisme_%C3%A9clair%C3%A9

      Heureusement, la Révolution a été plus loin que la pensée petite bourgeoise des philosophes des lumières, et a coupé la tête du roi plutôt que de placer au pouvoir un roi éclairé.

      Il en va de même de l’État bourgeois: il ne s’agit pas de placer des gens « bien intentionnés » et doter d’une morale « satisfaisante » à la tête de l’État. Il ne s’agit pas d’avoir quelques tribuns et leurs bureaucrates prenant les décisions pour les travailleurs mais sans eux. Il s’agit de décapiter l’État Bourgeois, c’est à dire, pour citer Engels, de passer « du gouvernement politique des hommes à une administration des choses ».

      Changer le rapport de production qui fonde l’État revient purement et simplement à abolir l’État. Cela ne veut pas dire que toute administration disparaît, loin s’en faut. Cela veut dire qu’une administration qui n’est plus une bureaucratie, mais un appareil chargé d’administrer les choses sous le contrôle de hommes n’est simplement plus un État. D’ailleurs, une telle administration ne peut exister à l’échelle des nations, car la production étant mondialisée, l’administration des chose ne peut être que mondial.

      Mais n’en doutons pas, les réactionnaires voudront à tout prix nommer cette administration mondiale au service des travailleurs « État », pour pouvoir mieux en prendre le contrôle.

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        6 août 2016 à 19 07 13 08138
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        Je ne sais pas si ton commentaire m’est adressé, mais je vais faire comme si c’était le cas.
        Tu écris la même chose que moi mais en faisant semblant d’écrire le contraire. En effet j’ecris aussi que la propriété est un rapport de production, mais en aucune manière cela conduit a supprimer l’État dans sa fonction, raison d’être.

        L’État est un outil fait pour répondre aux exigences d’organisation d’une société de masse et non pour répondre à un système particulie

        Maintenant, si tu considère que la notion d’État est lié à la notion de nation, alors oui, il est incompatible avec l’abolition de la propriété économique, mais si on s’en tient à la définition d’E l’État comme système de gouvernement, alors, il est indifférent aux rapports de productions en tant qu’outil.

        On parle d’appareil d’État au sens « d’un appareil chargé d’administrer les choses sous le contrôle des hommes ».
        De
        Le fait que d’autres hommes se placent au dessus de l’État ne change pas l’outil en lui même, mais uniquement la manière dont il est utilise. Vous confondez le sujet et l’objet. ce n’est pas l’appareil d’etat qu’il faut supprimer et c’est ce que tu écris, mais qu’il y ait des hommes au,dessus de l’État pour le diriger dans leur interet particulier et placer les autres en devoir d’obéissance face a l’appareil d’État et donc de servir les prioritaires économiques .

        Autrement-dit, ce nkest pas à l’homme d’écrire les lois, mais aux principes définissant les rapports tant économiques que politiques, sur la base de l’équilibre et l’équité sociale.

        Et pour cela, il n’y que le principe de responsabilité définit comme la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui et nul autre.

        Parce qu’un état sans hommes pour le commander ne peut exister qu’avec le principe d’équilibre entre droits et devoirs des uns vis à vos des autres, sinon, c’est soit le système actuel, soit le retour à la case chasseurs-cueilleurs.

        On ne peut abolir la propriété sans lui trouver un substitut au moins égal et il n’y a que la responsabilité comme valeur supérieure.

        Lisez, relisez mes articles traitants de la responsabilité, c’est-à-dire, pratiquement tous. Ils donnent les éléments de bases du système social, économique et politique responsabilisé, sans propriété économique, mais toujours la propriété de soi, car c’est lexprincipe même d’une société responsable, chaque citoyen excerce la pleine souveraineté sur lui même et est à ce titre, propriétaire de son propre espace-temps de vie, mais pas de celui d’autrui etc ne peut réclamer en droits que ce qu’il accomplît lui même en devoirs.

        Dès lors où on sort du principe d’équilibre, on entre dans celui du déséquilibre tel que celui d’aujourd’hui. C’est mécanique !

        J’espérais rencontrer des gens qui comprendraient et développeraient en détails le principe de la responsabilité, mais pour l’instant il n’y a personne.

        Étrangement, dès que j’évoque la responsabilité il n’y a plus personne !!l

        Vous persistez dans u e erreur de niveau CP, à savoir, confondre le sujet et l’objet. C’est inqualifiable pour des gens qui ont un niveau universitaire et prétendent enseigner.

        Relisez votre avant dernier paragraphe, cela relève de l’absurde ou de la manipulation, car vous dites que

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    6 août 2016 à 19 07 23 08238
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    Désolé pour la fin du commentaire, je pensais l’avoir supprimé.

    J’essaie de bannir ce genre de propos car contre productif, mais il faut encore que je me reprenne !

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    7 août 2016 à 9 09 13 08138
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    Bravo Robert pour cet article qui est fondamental pour la compréhension de ce qu est l ‘ État capitaliste. Tom Thomas est une référence. Notre groupe a eu l ‘ occasion recemment de débattre avec lui. Il a un esprit de synthèse extraordinaire
    pour en venir à l ‘ existence ou non d ‘ un État, la raison fondamentale tient dans la séparation sociale des individus dans la production entre puissances intellectuelles et forces de travail exécutantes.
    Séparés comme le sont les capitalistes,incapables de reproduire les conditions de la reproduction du capital, il leur faut un outil qui valorise le capital GLOBAL.
    Même si certains capitalistes crient au vol, ou à trop d ‘ État, ce dernier leur est indispensablé non seulement parce qu il est répressif à l ‘ égard du prolétariat qu il maintient dans la soumission, mais surtout parce qu’il reproduit cette société se classe….
    L ‘ État ne disparaît que lorsque le prolétariat comme force sociale dominante, aura poussé jusqu’au bout sa logique d ‘ accaparement de toutes les conditions de la production de sa vie.

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      7 août 2016 à 12 12 35 08358
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      Merci beaucoup pour ton intervention.

      Cependant je dois dire que mon texte s’inspire de Tom Thomas mais en diverge également. Ainsi je ne suis pas d’accord ave ce concept de capital GLOBAL différencié du capital privés des capitalistes. Je ne suis pas d’accord on plus avec l’idée de l’État se développant pour contrer l’essor du prolétariat et sa menace de s’emparer du pouvoir bourgeois. Je crois plutôt que l’État se développe essentiellement pour assurer la reproduction du capital – dont le capital variable (reproduction de la force de travail social) et du capital constant (investissement) et qu’à travers ce procès il est amené à prendre des mesures coercitives mais ceci n’est pas le fruit d’un complot anti-ouvrier mais de la mécanique même de reproduction élargie du mode de production qui s’enlisant en vient à briser les mécanismes mêmes d sa reproduction (puisque inefficaces et non opératoires)

      Les conditions de la révolution se forge au cœur même du monstre à son insu et sans qu’il le veuille

      À propos du prolétariat et de sa prise de contrôle des conditions de sa reproduction il y aurait des pages à écrire – ce sera l’objet d’un prochain texte éventuellement

      Encore merci

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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        7 août 2016 à 17 05 00 08008
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        Tant que les individus sont privés, séparés et non pas associés volontairement pour produire, l ‘ État est nécessaire.
        Mais il est nécessairement aussi EN DEHORS des individus même s’il entend défendre « l ‘ intérêt général  » ce quil fait lorsqu il s ‘ agit de valoriser le capital dans son ensemble contre l ‘ avis même de certains capitalistes qui estiment qu’il y a trop d ‘ État. ..
        ce qui explique aussi que l ‘ Etat prôle tarien , du fait que l ‘ État est une entité EXTÉRIEURE aux individus peut se retourner contre eux car il possède tous les ressorts bureaucratiques et permettre ainsi à une nouvelle classe dominante d ‘ émerger comme ce fut le.cas après les révolutions du 20eme siècle.
        Lenine d ‘ ailleurs avait tres mal analysé cet aspect .

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      8 août 2016 à 6 06 25 08258
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      L’État, dans sa fonction ne peut disparaître, mais vous pouvez changer le nom !

      Ç’est comme le principe communiste, le mot a été supprimé du vocabulaire et remplacé par « collaboration », coopération ou encore solidaire, mais c’est fondamentalement du communisme !

      On peut changer la terminologie autant que l’on veut, mais le principe lui reste immuable et le principe de l’État est de permettre la gestion et la cohésion d ‘une société de masse, cdonc, dépassant un seuil, celui de la localité.

      Le prolétariat ne pourra donc dépasser et s’affranchir de l’État qu’en détruisant non pas le capitalisme, ni en prenant le contrôle total des moyens de productions, mais en détruisant purement et simplement tous les moyens de productions de masses et donc, toute organisation humaine dépassant le cadre local, mais pour cela, il lui faudrait aussi un organe d’État. Bref,xoa seule alternative est la destruction globale, planétaire pour éventuellement revenirca l’âge de pierre où on considère qu’il l n’y avait pas d’etat.

      Robert va ignorer ce dernier commentaire, mais cela ne change rien a son fond…

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        8 août 2016 à 7 07 26 08268
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        @ M. Hum

        Ma réponse est simple et complexe à la fois

        1) L’État dans sa forme actuelle est issu – arrimé – chevillé au mode de production capitaliste et en constitue l’organe vital le plus essentiel qui permet d’irriguer – d’articuler – l’ensemble de la société bourgeoise capitaliste non pas vicieusement intentionnellement en faveur des riches contre les pauvres – sournoisement en faveur de la classe dominante et insidieusement contre la classe dominée – l’écrire ainsi supposerais que cet organisme L’ÉTAT à un esprit et une ame et qu’il peut penser aimer et détester. NON

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    8 août 2016 à 7 07 45 08458
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    @ M. Hum je poursuis

    2) L’État bourgeois s’est construit – a été érigé – dans le cadre du mode de production capitaliste pour répondre aux besoins des mécanismes de reproduction élargie de ce mode de production. Ainsi l’État bourgeois n’est pas l’État féodal et pas non plus l’État romain esclavagiste ou byzantin esclavagiste

    3) Vous aurez noté que je ne m’étends pas sur la forme d’organisation de l’État ou de son substitut après la révolution prolétarienne. POINT sur lequel vous piochez et vous étendez longuement.

    4) Je ne vous répond pas sur tout cela parce que je n’en sais rien. Je suis incapable de savoir la forme que prendra l’État ou l’organisation sociale à l’intérieur d’un nouveau mode de production – le mode de production communiste – que par égard pour moi vous devriez cesser de confondre ave ce que certains pays capitalistes ont appelé le « communisme »

    5) Il n’y a jamais eu de société approchant même le mode de production communiste sur terre.

    6) Je sais cela mais je ne sais pas ce que sera le mode de production communiste et ne le sachant pas (je sais ce qu’il n’est pas sans savoir ce qu’il sera – pas plus que Marx ne le savait) je ne puis absolument pas débattre avec vous de ce que sera l’organisation sociale qui résultera de ce nouveau mode de production totalement révolutionnaire qui devrait abolir les classes sociales selon Marx… Je l’espère quand à moi

    Robert Bibeau

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    8 août 2016 à 7 07 53 08538
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    @ M. HUM

    Question alors … Que savez-vous alors M. Bibeau que vous souhaitiez ainsi écrire et transmettre ???

    1) Je sais que le mode de production actuelle – capitaliste bourgeois – est voué à sa perte et qu’il ne doit pas être rafistolé – réparer – réformer – mais renverser et sa structure étatique avec lui – impérativement son État bourgeois car tant qu’il existera cet État capitaliste il ne pourra s’empêcher de reproduire ce pourquoi il existe – le mode de production capitaliste – instinctivement c’est-à-dire par ses mécanismes auto-reproducteurs il fabriquera du capitalisme

    2) Voilà la raison pour laquelle cet État doit et sera détruit dans 10 ans – 100 ans – 1000 ans je ne sais mais inéluctablement quand l’humanité aura suffisamment souffert sous son hégémonie.

    3) Par quoi sera-t-il remplacé ce mode de production d’abord et cet État ensuite ???? Par le mode de production communiste dont je connais bien peu de chose tout comme Marx d’ailleurs à qui on fait dire des choses qu’il n’a même pas pensé.

    Merci de vos interventions ici sur http://www.les7duquebec.com M. Hum.

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    8 août 2016 à 17 05 03 08038
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    M. Hum…souhaitez vous vraiment revenir à l ‘ âge de pierre ???
    L ‘ humanité toute entière accède grâce au capitalisme et à la productivité très élevée que confère l ‘ usage non pas du silex mais des machines, à du TEMPS LIBRE…alors bien sûr il est chômé dans le système capitaliste qui ne conçoit que l ‘ activité rentable pour le capital, mais c’est tout de même une perspective de lutte contre ce système que de développer Ce temps Libre pour acquérir toutes les connaissances nécessaire à une bonne maîtrise de tous les moyens de produire sa vie et pas seulement de fournir le travail nécessaire à la production , je veux parler de toutes les activités RICHES, ayant un CONTENU RICHE et non pas un travail simple comme c est le cas dans le travail productif de plus value….

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      8 août 2016 à 19 07 06 08068
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      C’est ce qui nous différentie

      Nous les révolutionnaire prolétarien ne pensons pas que les prolétaires vont faire la révolution pour le motif qu’ils voudront développer des activités enrichissantes – culturelles – valorisantes – etc.

      Je ne crois pas que le prolétariat fera la révolution pour cela. Le prolétariat fera la révolution tout simplement parce que le mode de production capitaliste délaissera – rejettera la classe prolétarienne comme inutile – trop nombreuse – et il n’assurera plus sa reproduction élargie. Ceci se percevra de façon très concrete dans le fait que pratiquement l’ÉTAT quel qu’il soit dans n’importe quel pays capitaliste (donc partout sur terre les 200 états sont capitalistes) vont dépenser relativement moins pour les services de reproduction de la force de travail et relativement plus pour les services répressifs POLICE -JUSTICE – INCARCÉRATION et MILITAIRE

      les brailleurs petits bourgeois éperdue penseront que l’État ou les gens ne s’en apperçoivent pas et feront des manifestations contre la guerre les armes la répression etc. Mais l’État n’aura pas le choix C’EST SA RESPONSABILITÉ COMME DIT M. HUM maintenir le système fonctionnel alors ou tu nourris les gens ou tu les tuent s’ils s’agitent.

      Ce n’est que quand cette machine sera totalement en place et fonctionnelle – machine ou l’État jouera un rôle de premier plan prenant les profits des compagnies pour tuer les gens qui voudront abolir les compagnies pour manger – pas pour occuper leur loisir et s’enrichir l’esprit mais simplement our se reproduire – nourrir leur famille alors la le mode de production capitaliste aura vécu.

      Qu’est ce qui le remplacera ? Certainement pas le socialisme qui u jour a couvert soi-disant le quart de la terre – si c’est pour cela ca ne vaut pas la peine

      Le mode de production communiste et l’État communiste je ne les connais pas mais je sais qu’on ne pourra vivre plus longtemps sous l’ancien système voila pourquoi on fera la révolution prolétarienne

      Simple il me semble

      Robert Bibeau

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      9 août 2016 à 17 05 48 08488
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      Il me semble que vous n’avez pas bien compris le sens de mon commentaire.
      Je parle de l’appareil d’État !

      Sinon,,ce n’est pas le capitalisme qui est le moteur du progrès technique et de la production de masse, mais les défis que se propose de relever l’être humain.

      Faire croire au mythe du capitalisme comme origine du monde technologique est un bon moyen,,outil de propagande et de conditionnement des esprits !

      Le principe du mérite s’applique autant dans une économie capitaliste que communiste, ce qui change, c’est la méthode de calcul de redistribution de richesse et la manière de définir cette meme création, donc, les priorités.

      Ici, il y a une subtilité à laquelle vous ne voulez pas prendre conscience…

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    9 août 2016 à 10 10 02 08028
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    Lorsque tu ecris que « le mode de production capitaliste délaissera – rejettera la classe prolétarienne comme inutile – trop nombreuse « …mais C ‘ est déjà le cas ! Puisque justement le capital n ‘ a besoin que de 10% de travailleurs pour faire fonctionner les machines dans le secteur productif. ..C ‘ est ce qui mine également l ‘ économie chinoise , vietnamienne …pays dits émergents. ..
    Ensuite tu dis : « dépenser relativement moins pour les services de reproduction de la force de travail et relativement plus pour les services répressifs POLICE -JUSTICE – INCARCÉRATION et MILITAIRE »
    Mais ce n ‘ est pas la fonction principale même s’ilest vrai que ces fonctions répressives s ‘ accroissent avec l ‘ augmentation de l ‘ exploitation.
    La fonction principale de l ‘ État est de socialiser le capital, faire en sorte que les travailleurs paient (sous toutes les formes) pour valoriser le capital dans son ensemble.
    Que tu le veuilles ou non le temps libre est déjà une réalité. ..la tâche révolutionnaire du prolétariat est bien de s ‘ en emparer pour faire autre chose que dU temps passé dans des loisirs debiles…mais bien plutôt du temps pour lutter afin de faire disparaître les classes sociales qui n ‘ existent que parce qu existe un prolétariat dépouillé de tous son pouvoir sur sa vie face à des puissances intellectuelles qui les dominent…

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    9 août 2016 à 17 05 26 08268
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    Merci d’avoir répondu.

    Mais tu persiste à mépriser ce que j’écris.

    Mes articles sur agoravox et mes commentaires affirment donner les éléments de bases, via les principes fondamentaux d’une économie communiste avec la transposition de la propriété en responsabilité, mais tok et tes amis faites comme si je n’écrivais rien et ce, parce que vous êtes dans l’incapacité d’invalider ce que j’écris. Et au lieu de chercher a approfondir, vous fuyez.

    Oui, la solution existe et il y en a qu’une de valide, c’est celle donné par le principe d’harmonie ou de relation de causalité. Il n’est pas de moi, mais de la logique à laquelle obéit la réalité physique.

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      9 août 2016 à 19 07 37 08378
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      Je ne méprise rien de vous M. HUM.

      Je ne comprends pas – nous sommes sur deux planètes étrangères. Je ne raisonne aucunement comme toi et tu sembles rencontrer beaucoup de gens comme moi.

      La responsabilité individuelle est un concept fasciste – corporatiste qui m’est totalement étranger – je ne sais que dire face à de tels arguments et apparemment nous sommes nombreux. Je ne crois qu’a l’être social collectif – la classe sociale dont l’individu est un maillon transmutable. Je ne crois pas à l’âme ni à l’immortalité. Ni à l’enfer ni au paradis, ni au principe d’harmonie – le curé m’a perdu depuis des années.

      L’être humain transcendant est un concept religieux qui m’émeut mais ne me fait pas raisonner – je suis un matérialiste dialectique pas un mystique boudhiste ou un confucianiste du millénaire passer. Le principe de relation de causalité j’en ai rien à cirer.

      Je ne sais quoi te dire d’autre – nous ne sommes pas sur la même planète.
      J’en suis désolé.

      Robert Bibeau. Éditeur. http://www.les7duquebec.com

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        10 août 2016 à 8 08 10 08108
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        Robert , on ne peut pas se dire materialiste dialectique et mépriser le principe de relation de causalité car sans ce dernier le matérialisme dialectique n’existe pas.

        Mon propos s’appuie sur une dialectique purement matérialiste ou je n’ai,introduit le mot harmonie que pour ceux dont le langage trop froid du matérialisme dialectique effraie.

        Quand j’écris que la,monnaie est la mesure du temps de vie dédié ou/et détenue sur autrui, c’est matérialiste. Quand j!écris l’égalité entre droits et devoirs pour déterminer les limites de ce qu’une personne peut réclamer au corps social pour son apport, c’est matérialiste.

        Quand je donne l’aphorisme suivant ; l’intérêt général est la somme des utilités particulières à l’accomplissement de la volonté générale, définit par la somme des besoins et aspirations de chacun, dans la limite de contraintes jugés supérieures (écologie et droits/devoirs intergenerationnel) , c’est toujours du matérialisme.

        Je ne me départie pas du matérialisme et le prochain article portera même sur les nombres premiers pour rebondir sur l’économie et l’organisation politique et sociale. Donc, m’appuyer sur la logique scientifique, celle là même dont Marx se réclamait.

        Enfin, la responsabilité n’est un concept fasciste que si elle ne concerne que les citoyens et non les dirigeants politique, mais une société où la responsabilité est partout ne peut être que démocratique et communiste.

        Alors, je connais les développements et les détails, avec les forces et faiblesses. Les avantages et inconvénients, mais avant d’aller plus loin il me semblait vital d’être compris sur les principes et pour l’instant, je n’y parvient pas !

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          12 août 2016 à 3 03 41 08418
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          Robert, le principe de relation de causalité pose les règles logiques qui définissent les relations entre cause et conséquence que l’on peut comprendre aussi entre sujet, verbe objet.

          Une fois compris, le principe sert de guide pour tout raisonnement quel que soit le domaine et est alors impossible à prendre en défaut, sauf en interdisant son usage.
          Je ne connais que les éléments de base du principe et c’est déjà suffisant pour avoir raison sur tous mes contradicteurs, sauf lorsque je ne respecte pas le principe !

          Alors on me traite,d’arrogant ou on ne veut plus me parler et on me fuit comme la peste.

          Le principe stipule que la mondialisation ne peut être que communiste ou ne sera pas. Que de maintenir à toute force la division entre les peuples ne peut conduire qu’à la destruction violente de la mondialisation. Ce n’est pas une théorie, c’est un fait.

          Il y a donc une contradiction insoluble, entre d’un coté la mondialisation qui pousse inexorablement l’économie vers le communisme et une elite bourgeoise qui n’en veut pas parce que cela lui fait perdre sa position dominante, mais ne peut faire autrement que de suivre le principe capitaliste. Sa solution étant la destruction par la guerre, sauf que cette fois ci, les conséquences sont telles qu’une bonne partie de l’élite ne veut plus de cette solution. Mais le clash ne peut être évité…

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  • Ping : LE CAPITAL FINANCIER

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    13 août 2016 à 1 01 05 08058
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    Je reviens sur ce qu’écrit Herve Hum :
    « la monnaie est la mesure du temps de vie dédié ou/et détenue sur autrui ».
    Pour un matérialiste, il s’agirait de donner une explication qui permette de mieux comprendre le processus des échanges dans le capitalisme.
    Tout d’abord, la base du capitalisme c’est la propriété privée, où les individus sont séparés dans la production. Ils ne peuvent échanger leurs produits que par l’intermédiaire de l’argent.
    En fait ils aliènent tout le produit de leur travail dans l’argent qui est sensée représenter la valeur du travail. Dans le capitalisme on échange pas des qualités mais des quantités.

    De plus en plus développé, et alors séparé, sous forme de capital financier, du capital en fonction, il se veut néanmoins capital, alors qu’il ne produit aucune plus-value, non seulement parce qu’il est nécessaire à sa reproduction élargie mais surtout parce qu’il y apparaît comme la forme idéale du capital (et le représentant de toute richesse), au point même qu’il devient un Grand Fétiche: de l’argent produisant de l’argent!
    Voilà une analyse de la monnaie qui nous permet de mieux comprendre que la valeur d’échange est ce qui disparaît actuellement en même temps que le travail dans la production de masse puisque le capital a de plus en plus de mal à se reproduire.
    Sur ce dernier point on peut consulter les nombreux articles qui décrivent le phénomène de la crise sur notre blog.

    Pour en revenir aux affirmations de Hervé Hum, il me semble qu’il mélange un peu tout.
    Il présente au mieux une analyse superficielle de la réalité reposant sur un très grand nombre d’idées fausses concernant le travail, le temps, la science, la technique, la machine, la marchandise, le salaire, l’argent, la valeur, le capital, la finance, la mondialisation, la nation, l’État, l’intérêt général, le citoyen, etc., qui sont autant d’obstacles à la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

    Les conséquences sont du temps perdu et de l’énergie gaspillée à des discours trompeurs et des actions vaines, et surtout des individus rendus ainsi impuissants, dépossédés du contrôle de leur vie et de leur devenir.
    L’objectif de notre groupe (Regroupement Communiste) est de fournir des éléments pour s’éclaircir les idées.
    Je remercie Robert Bibeau avec lequel nous avons des échanges d’idées, dont les articles nous ont souvent inspirés pour écrire les nôtres.
    Même si nous ne sommes pas toujours d’accord il n’en demeure pas moins que ces échanges sont indispensables à une bonne compréhension de la société capitaliste.

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      13 août 2016 à 11 11 37 08378
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      @ M. Lehoux. Je vous remercie infiniment pour ces mots « L’objectif de notre groupe (Regroupement Communiste) est de fournir des éléments pour s’éclaircir les idées.
      Je remercie Robert Bibeau avec lequel nous avons des échanges d’idées, dont les articles nous ont souvent inspirés pour écrire les nôtres.
      Même si nous ne sommes pas toujours d’accord il n’en demeure pas moins que ces échanges sont indispensables à une bonne compréhension de la société capitaliste.’

      Vous présentez de façon très résumé synthétique l’esprit qui doit émuler la nouvelle gauche prolétarienne révolutionnaire – en opposition au SECTARISME ET AU DOGMATISME QUI CARACTÉRISENT LES DIFFÉRENTES ORGANISATIONS DE LA GAUCHE BOURGEOISE qui ont surgit autour de la 2e, de la 3e, de la 4e INTERNATIONALE puis de la vague ML des années 70- puis et même des vagues d’opposition internationalistes apparus en opposition aux précédentes…

      Merci pour votre ouverture d’esprit anti-sectaire – anti dogmatique

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    17 mars 2017 à 1 01 28 03283
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    Notes de lecture sur le dernier livre de Tom Thomas : « La crise chronique ou le stade sénile du capitalisme » ed. Contradictions pris 10€. Commande en France : RIB : 30002-00421-742728Q-34 de Contradictions, Paris.
    Paru dans notre revue Echanges N°110

    Comme à son habitude, T. Thomas est d’une grande rigueur dans ses analyses et étude de K. Marx et du Capital. La qualité de T . Thomas, bien qu’il nous vienne de la mouvance Maoïste, c’est de chercher la réalité à partir de faits actuels, et de voir si les écrits de Marx sur le Capital son toujours d’actualité. Pour y parvenir, il a déjà publié plusieurs livres, qui s’interpénètrent et dont le raisonnement est de plus en plus compact avec quelques contradictions .

    Comme à son habitude, T. Thomas s’attaque à ceux ( la mouvance Attac….) qui comme le sieur Proudhon veulent combattre le mauvais coté du capital et en conservé le bon « l’économie sociale, les scop, le mutualisme … » et toutes les dérives autogestionnaires dans le cadre d’un système assis sur la propriété privée des moyens de production et de la concurrence.

    Nous devons remercier, T. Thomas d’avoir fustigé, l’idée que l’état n’avait plus de poids que la mondialisation avait terrassé, la puissances des états et donc relégué les états nationaux aux oubliettes de l’histoire. L’Etat providence, c’est-à-dire le volet « social de l’état des trente glorieuses est effectivement remis en cause pour les raisons qu’indique T .Thomas » mais le totalitarisme de l’état se renforcent chaque jour. Sur ce point nous sommes en adéquation avec T. Thomas.
    T ;Thomas fait un rappel sur la disproportion entre production et consommation, et rappelle que la théorie de la sous consommation est une pure illusion, de Marchais à Sarkozy, la médiocrité économique et populiste est de taille. Sur la question voir l’article de « programme communiste N° 68 : La « relance de la consommation populaire » ou l’élixir du docteur Marchais (octobre, novembre, décembre 1975).
    T.Thomas, va aussi s’en prendre, à ceux qui considère que le capital financier est l’horreur des horreurs et qui soutiennent les producteurs contre les spéculateurs, et donc nous resservent le plat plus que réchauffé de la contradiction au sein du capital entre usuriers et producteurs. Bien que reconnaissant, les mérites de ST Simon d’avoir, vu les prémices des contradictions de classes entre producteurs (ouvriers et entrepreneurs d’une part et banquier de l’autre) la théorie Marxiste ne saurait s’accommoder d’une telle réduction des contradictions de classe.
    En ce qui nous concerne, nous poussons la critique jusqu’à dire que Lénine était par certains côté ST Simonien, dans son « impérialisme stade suprême du capitalisme » il insiste beaucoup trop sur le caractère rentier des pays capitalistes de l’époque, alors qu’en réalité, la plus value extra tirée des colonies est essentiellement le résultat de la surexploitation du prolétariat des métropoles et de la vente de marchandises à prix « cassé » dans le tiers monde. La composition organique du capital, notamment anglais, étant supérieur au mode de production des pays indigène, le capital entamait sa saga de destruction de toutes les communautés qui lui résistaient à son profit. Il n’y avait donc pas, d’exploitation d’un peuple par un autre, mais l’exploitation par le capital de la classe ouvrière de « l’atelier du monde » et la destruction au sens de Rosa Luxemburg des zones non capitalistes. Toutes les théories sur l’aristocratie ouvrière, sur l’exploitation du nord par le sud, conduisent, non pas à une confrontation de classe contre classe au niveau mondial, mais à cette idée, que les blancs exploitent le reste du monde pour leur profit, l’anti- impérialisme sous cet aspect est un racisme. Par conséquent, la « gauche communiste » c’est toujours opposée, à tout soutien, même tactique aux luttes de libération nationale. Il ne semble pas que T.Thomas soit en rupture avec cette conception, notamment ses positions sur l’Etat palestinien, ou il soutien comme «  la corde qui soutien le pendu » le nationalisme palestinien contre le sionisme. Alors que pour nous, ce qui importe c’est de soutenir toute démarche de classe des prolétaires de l’état hébreu et palestinien, leur unité de classe contre ceux qui les incitent à la guerre entre frères.

    T. Thomas, c’est une de ses qualités, maîtrise bien, les phénomène de la crise financière internationale, et toute la partie sur ce sujet «  Krachs Financiers et crise du capital » mérite une lecture approfondie.

    Maintenant, il nous faut en arrivé aux conclusions, tout le développement sur la crise du capital, développé par T.Thomas, nous ramène au débat éternel de la périodisation du capital, au débat sur « l’arc historique » pour parler comme les bordiguistes qui mène de la naissance du capital à sa mort, l’éternelle dialectique qui veut que les « choses naissent se développent et meurt ». Le capitalisme, pour tout marxiste et révolutionnaire est mortel, la question est de se situer en 2004 sur l’arc historique qui mène à sa mort.

    Cette difficulté, nous a valu une première polémique avec Claude Bitot, qui considérait que le capitalisme était enfin de cycle, que la baisse tendancielle du taux de profit était devenu absolue et que l’accumulation capitaliste allait se bloquer définitivement. T. Thomas nous dit presque la même chose, le titre du livre sur ce point est révélateur on passerait de « La crise chronique «  du capital, à son stade sénile (Il veut sauver Lénine). Pour rappel, Lénine dans son impérialisme avait pronostiqué la disparition de la bourse à jamais.
    Si nous somme effectivement à l’aube de la décadence du capitalisme, et donc de son remplacement par un autre système économique. IL faudrait alors nous démontrer, qu’effectivement à l’ échelle de la planète, l’importance du capital fixe par rapport au capital variable, dans la période de domination ou subordination réel du travail au capital, rend « inessentiel » la force de travail et donc ruine toute possibilité d’accumulation du capital.
    Le Groupe Temps Critique a fait se « saut qualitatif » pour lui il n’y a plus d’antagonisme de classe, le sujet de l’histoire aurait disparu dans ce que de son coté T Negri appelle la « multitude ».
    Bien que les argumentations émises par Claude Bitot, Temps Critique et T . Thomas soient tout à fait dans la démarche de l’évolution du capital « le capitalisme est mortel » il n’est pas « la fin de histoire », il n’en reste pas moins qu’il y a un espace de « la coupe aux lèvres » qui mérite un débat final. A Echanges, nous ne pensons pas, d’une part que l’antagonisme de classe a disparu, que le prolétariat au niveau mondial est en « récession », que les contres tendances capitalistes sont au bout du rouleau. Actuellement, le capital se restructure en bloc continental pour affronter la « mondialisation » mondialisation qui pourrait, être effectivement le stade suprême du capitalisme, ou toutes les questions nationales, ethniques, religieuses…seraient reléguées au musée de l’histoire.
    Ceci étant et pour conclure, lisez le livre de T. Thomas, et pour T. Thomas, nous lui disons qu’il n’a pas encore fait le bilan, de son attachement aux luttes de libérations nationales, qu’il pense toujours que la GRCP (révolution culturelle en Chine) était un pas en avant vers la construction du communisme et que la lutte de la « bande des quatre » contre le droit bourgeois était le dernier sursaut du communisme en Chine. G.B.

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