L’HISTOIRE GÉNOCIDAIRE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.

 

bibeau.robert@videotron.ca      Éditeur   http://www.les7duquebec.com

 

Les États-Unis d’Amérique ont été créés au XVIIIe siècle suite à l’expansion de l’Empire britannique première puissance mondiale de l’époque, sur lequel le soleil ne se couchait jamais. En tant qu’extension du sanglant impérialisme britannique, la destinée de ce pays ne pouvait dévier d’une agressive expansion multinationale comme je le soulignais dans un texte récent : « Depuis sa création, en 1776, la République des États-Unis d’Amérique a été en guerre 220 de ses 240 années d’existence. Chaque Président yankee a promis la paix et a semé la guerre. Donald Trump promet la paix et la prospérité, il fera la guerre et il sèmera la pauvreté, ni plus ni moins que la prétendante Clinton ne l’aurait fait si elle avait été élue » sans compter que depuis 1945 le pays a provoqué environ 200 conflits régionaux (1).

 

Les États-Unis sont nés dans et par la guerre ; d’abord contre l’empire français et sa Nouvelle-France qui deviendra le Canada au nord (vallée du St-Laurent) et à l’ouest (vallée du Mississippi), contre l’Espagne au sud et contre la Hollande au centre. New Amsterdam sera renommé New York après cette première conquête (1664), puis ce furent les « natives », les Amérindiens, qui furent confrontés à l’expansion de cette nation née dans l’adversité.

 

Dans leur guerre contre les Amérindiens, ce ne fut pas un désir morbide de massacre génocidaire qui poussa le gouvernement, la bourgeoisie américaine et la cavalerie de Custer vers les plaines de l’ouest, ce fut simplement deux modes de production incompatibles qui se confrontèrent, le mode de production communiste primitif, fondé sur la chasse et la cueillette, opposé au capitalisme commercial, puis industriel et enfin financier, le plus expansionniste du monde moderne, avec Wall Street comme centre névralgique mondiale (2). N’en déplaise aux écologistes il était facile de savoir quel mode de production allait survivre en éliminant son concurrent.

 

Les États-Unis furent poussés inexorablement contre la France (dont ils acquirent la Louisiane en 1803), contre le Canada (guerre de 1812), contre les restes de l’Empire espagnole (1819), contre le Mexique (1845-1853), puis deux factions du capital se tournèrent l’une contre l’autre, la Confédération esclavagiste du Sud, contre l’Union capitaliste du Nord (1861-1865). Plus de 620 000 travailleurs-soldats y laissèrent la vie, puis la marche sanguinaire vers l’Ouest repris. Plus tard, ils s’attaquèrent à l’Empire britannique et au Second Empire français qu’ils désintégrèrent afin d’imposer l’impérialisme moderne – financier – en lieu et place de l’impérialisme colonial-commercial, ancien, qui ne pouvait survivre puisqu’il provoquait l’ire et les soulèvements constants des bourgeoisies nationales coloniales souhaitant s’affranchir des métropoles oppressives, pour se  poser en intermédiaires nationaux de l’exploitation de la force de travail locale, livrant eux-mêmes la plus-value à l’impérialisme mondialisé – globalisé. Toutes les guerres de soi-disant « libération nationale » portèrent exclusivement sur ce point crucial, quelle part de l’exploitation du travail salarié locale sera accaparée par la bourgeoisie nationaliste et quelle part sera abandonnée aux capitalistes étrangers ?  C’est ce que Théodore Roosevelt compris avant Lénine et les bolchéviques, sentiment nationaliste chauvin que les É.-U. exploitèrent pour déloger les ex-puissances coloniales commerciales concurrentes et y substituer l’impérialisme financier sur lequel Lénine a écrit brillamment en spécifiant que même opposé au capitalisme colonial-commercial, l’impérialisme financier n’en exploite pas moins la classe prolétarienne, unique productrice de plus-value, et qui demeure l’ennemi juré de la classe capitaliste mondialisée (3).

 

Le conflit irréconciliable dégénéra en guerre totale entre l’empire des soviets et l’empire occidental, européen d’abord, américain ensuite, quand il apparut évident que les bolchéviques n’entendaient pas partager les fruits de l’exploitation du prolétariat soviétique avec l’impérialisme occidental. La guerre à finir entra alors dans une phase qui, après moult tribulations, allait se conclure en 1991 avec le triste sire Boris Eltsine, indigne thuriféraire mortuaire de l’Union des Républiques Soviétiques.

 

Pendant un siècle les États-Unis se firent les alliées de ces bourgeoisies nationalistes tiers-mondistes (pseudo non alignées) désirant partager avec les marchands de guerres occidentaux une partie de la plus-value produite localement. Et vous avez vu Mandela se pavaner sur les estrades de l’anti-apartheid onusien (que les Sud-Africains subissent toujours), Ho chi Minh, Pol Pot, Ceausescu, Tito, Nasser, Gandhi, et les autres, tous heureux de collaborer avec les génocidaires É.-U., pour obtenir leur pitance nationale, plus abondante que ce que leur proposait Staline, Khrouchtchev et Brejnev, dirigeant d’un empire industriel désuet, pré-financier. Aujourd’hui, nous voyons Castro – le frère de l’autre – qui parcourt son chemin de Canossa afin d’obtenir un saufconduit des États-Unis pour son intégration au mode de production capitaliste.

 

Il faut en convenir, l’éviction de l’impérialisme yankee et mondial sera la tâche du prolétariat international. C’est à dessein que nous n’avons pas mentionné les « peuples », les bourgeoisies chauvines, ni les « nations », soi-disant opprimées, chères aux gauchistes déjantés. La question posée et à résoudre est de savoir si cette éradication surviendra avant ou après la guerre mondiale génocidaire que l’impérialisme prépare, et surtout si cette éviction ne sera qu’un changement de maitre impérialiste ou l’avènement d’un nouveau mode de production communiste ?

 

NOTES

 

(1)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/

(2)   Il y a plus de trois-cent-cinquante ans, Wall Street n’était qu’une route en terre, le long de laquelle les colons hollandais construisirent un mur fortifié, en 1653, dans le but d’empêcher les colons britanniques de passer. Bien qu’aucune bataille ne marqua l’histoire du mur mesurant plus de 3,5 mètres de hauteur et qu’il fut finalement démoli en 1699, son nom est resté («Wall» signifie «mur», en anglais). Au cours du XVIIIe siècle, Wall Street hébergea des commerçants qui se rencontraient pour faire des échanges de produits et services, mais ce n’est pas avant 1790 que furent émis les premiers placements faisant l’objet d’une négociation publique. C’est à cette période que la Bourse de New York vit le jour. Il s’en suivit un siècle de croissance rapide pour Wall Street et pour le marché boursier.  http://www.scotiabank.com/ca/fr/0,,3491,00.html

(3)   Lénine (1916) L’impérialisme stade suprême du capitalisme.  Édition de Pékin.

 

6 pensées sur “L’HISTOIRE GÉNOCIDAIRE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.

  • avatar
    11 janvier 2017 à 19 h 14 min
    Permalink

    Excellent article !
    Instructif et lucide
    Merci

    Répondre
  • avatar
    11 janvier 2017 à 19 h 45 min
    Permalink

    « Dans leur guerre contre les Amérindiens, ce ne fut pas un désir morbide de massacre génocidaire qui poussa le gouvernement, la bourgeoisie américaine et la cavalerie de Custer… » Sans vous offenser, si précisément car c’est sur ordre divin que le Cristophe Colomb part pour « …pour envahir, traquer, capturer, vaincre et subjuguer tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de réduire leur personnes en esclavage perpétuel… » C’est précisé dans les bulles papales remises au Colón. Steven Newcomb a transmis une énième requête au Pape François en 2016, en main propre, afin qu’il révoque la bulle Inter Caetera qui a été légitimé par le Juge Marshall dans l’affaire Johnson vs Mc Intosh en 1823. Et parce qu’il fut simplement et implicitement compris qu’aucune personne indigène traditionnelle ou nation ne devaient être autorisées à survivre en dehors de la chrétienté et de sa nation « blanche ». D’ailleurs Pratt n’a t’il pas affirmé qu’il fallait tuer l’indien pour sauver l’homme ? Et Colomb a débarqué en 1492 et lorsqu’on célèbre le Colombus Day ou de Día de la Raza ou le jour de la découverte, chaque année, on remercie Dieu d’avoir permis de tuer l’indien pour sauver l’homme, blanc et chrétien de préférence. Ce que firent tous les bons patriotes le lundi 10 octobre 2016 = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/10/10/lundi-10-octobre-2016/ et à nouveau à Thanskiving. Et ce 26 janvier en Australie, les Aussies de Papier vont célébrer l’Australia Day soit le Jour de l’Invasion soit leur fierté d’avoir tué l’aborigène pour sauver l’homme blanc…
    Steven Newcomb lorsqu’il écrit « Païen en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte » nous explique justement que Colomb vient pour tuer les indigènes puisque les terres à découvrir ont été déclarées Terra Nullius, et les indigènes, les Natifs ou Nations Primordiales « Res Nullus » c’est à dire comme inexistants. Je viens tout juste de terminer la mise en PDF des traductions de larges extraits du livre de Newcomb et il est en lien, dans ce billet ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/01/08/tous-des-paiens-en-terre-promise/ Et la légende de l’illustration de la page de garde sont celles-ci = « Ils arrachaient les bébés qui tétaient leurs mères, les prenaient par les pieds et leur cognait la tête contre les rochers. » « Ils faisaient de longues potences où les pieds touchaient presque terre et par groupe de treize…ils y mettaient le feu et les brûlaient vifs. » Ce qui démontre leur volonté génocidaire. Et Hier, j’ai publié, par ce billet de blog le dernier PDF que j’ai réalisé à partir des traductions de l’anglais faites par R71 du livre testament de Russell Means « Si vous avez oublié les noms des nuages, vous avez perdu votre chemin » et en appui du dernier article de Newcomb sur la répression en cours au DAPL en hommage à Means qui était Lakota et qui a vécu dans la réserve indienne de Pine Ridge, tout proche… https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/01/11/tout-protecteur-de-leau-connait-le-nom-des-nuages/
    Et avec cette lecture on comprend tout aussi bien que le but était que « les femmes indigènes arrêtent de procréer ». Mais je vous accorde que cela est beaucoup plus probant sur ce point précis dans le Contre rapport à la Commission Vérité et Réconciliation Meurtre Par Décret, le crime du génocide au Canada qui traite des disparitions, meurtres, viol, tortures sur les enfants indigènes dans les pensionnats dit pour enfants au Canada. Tenez tout est là également, car vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole : https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/06/25/meurtre-par-decret/
    Par ailleurs, et j’en termine, l’intention génocidaire a été décortiqué aussi bien dans MPD, que dans Païen en Terre promise, comme dans le livre testament de Means….Personnellement, je n’ai pas l’intention d’excuser l’Amérique moderne tant qu’elle ne reconnaitra pas les Natifs comme souverains. C’est aussi simple que cela ! J’estime indispensable d’enclencher un nouveau paradigme en lien avec les Natifs sinon on continuera le bouzin et sans aucun changement. JBL1960

    Répondre
    • avatar
      12 janvier 2017 à 6 h 59 min
      Permalink

      JBL, pour savoir qui de vous ou Robert a raison, il faut déterminer la cause première qui conditionne les autres, et là, c’est Robert qui a raison.

      En effet, la noblesse « proto capitalistes » n’a que faire de la religion, tout comme la bourgeoisie « néo capitalistes), sinon, l’un comme l’autre ne se seraient imposés aux papes lorsque ceux ci avaient la prétention de les régenter. De leur imposer une conduite morale. L’histoire sur ce point est intraitable !

      Seulement, comme le disait un conquistadore (de mémoire, mais ce n’est pas la citation exacte) on ne massacre jamais aussi gaiment et sans remords, qu’avec l’aval, sous le sceau de la religion. Et ils s’en sont donné à coeur joie.

      Donc, une stricte affaire d’intérêt où il était « heureux » que les « indigènes » soient des paiens et non des chrétiens, mais le véritable et seul but était bel et bien économique où effectivement , le mode de production et le modèle social des amérindiens (ce terme étant strictement colonialiste) était incompatible avec le capitalisme expansionniste par définition et donc, violent par nature.

      Donc, même chrétiens, ils auraient été détruits, mais leur « chance » car évidemment, ce ne fut que calcul disons le, satanique, fut de pouvoir en faire porter le poids sur les épaules de la religion et du pape. Lesquels, n’en doutons pas, reçurent leur dû.

      Répondre
    • avatar
      12 janvier 2017 à 12 h 30 min
      Permalink

      A JBL

      Je comprends votre colère – DE fait, il est indubitable que nous sommes face à l’un des pires crimes commis contre l’humanité, pire que les juifs et autres personnes en camp de concentration au XXe siècle. Comparable à l’esclavage noir il me semble

      Ces exemples et d’autres font la preuve que la bête humaine est le pire prédateur pour la bête humaine. MAIS, les écrits sur lesquels vous fondez votre accusation de génocide volontaire ne font que confirmer que nous avions bien deux modes de production en présence et les lois de l’économie politique entraine qu’un seul mode de production – et les rapports de production qu’il génère peut exister sur un territoire donné – Ainsi tant que le territoire AMÉRIQUE fut isolé – inaccessible au territoire EUROPE sur chacun de ces territoires un mode de production différent pouvait vivre et prospérer.

      Dès que l’un des modes de production entrait en contact avec l’autre (via les conquistadores par exemple – qui ne sont que les instruments du mode de production – même si eux se croient les instruments de DIEU) l’un des modes de production fait disparaître l’autre – l’une des civilisations disait DOMINIQUE la semaine dernière – fait disparaître l’autre.

      Maintenant laquelle survit et éradique l’autre ??? Imaginons que les amérindiens en canots seraient parvenus à traverser l’ATLANTIQUE Croyez-vous que le mode de production communiste primitif aurait éradiquer le mode de production mercantile-capitaliste en Europe ??? NON assurément, la question n’est pas qui s’approche de l’autre en premier ou le « découvre » LA QUESTION est quel mode de production renferme les plus puissantes forces productives – moyens de production … celui-là est assuré de la victoire. (Ceci n’a rien à voir avec la morale – Dieu – qui n’est ici qu’un prétexte et un faire valoir – une potiche comme TRUMP)

      Nous ne discutons pas MORALE – éthique – charité – nous discutons de la science matérialiste et de modes de production je suis désolé de paraître aussi détaché de ce grave crime contre l’humanité.

      Mais il faut comprendre avant de juger

      Robert Bibeau

      Répondre
  • avatar
    12 janvier 2017 à 7 h 08 min
    Permalink

    Addendum,

    si les amérindiens avaient eut l’audace de se faire chrétiens avant d’êtres génocidé (car il s’agit bien évidemment d’un génocide), ils auraient été mis en esclavage, comme les noirs d’Afrique.

    Ce qui n’auraient pas du tout arrangé les affaires des colons, qui préféraient, de loin, que les « indigènes » restent des paiens pour mieux les déposséder. Chose qui auraient été plus difficile autrement, mais réalisé quand même, car les dirigeants US de l’époque, en rachetant la Louisiane (qui ignorait la présence des amérindiens) ils décidèrent qu’il n’y aurait de la cote est à la cote ouest, que la seule Amérique et aucun autre Etat indépendant, donc, rendait impossible un ou des Etats indiens indépendants, quand bien même ils furent chrétiens et rendu au capitalisme.

    Répondre
    • avatar
      12 janvier 2017 à 12 h 43 min
      Permalink

      A Hervé

      J’ajouterai que les indiens d’Amérique du Sud et du Canada (davantage que ceux des Etats-Unis plus récalcitrants parce que plus puissants) ont « épousé » la foi chrétienne -ont été mis en esclavage et sont mort dans les mines et les plantations – leur faible résistance physique – a fait qu’ils ont été vite exterminés si bien que l’esclave nègre devint nécessaire – le bois d’ébène – fut importé pour être immolé en grand nombre avant que le mode de production capitaliste EXIGE – RÉCLAME – l’esclavage salarié en lieu et place de l’esclavage nègre – d’où la guerre de sécession pas du tout MENÉE PAR LINCOLN = UN ESCLAVAGISTE LUI-MÊME = par charité chrétienne pour ces pauvres bêtes noires importées d’Afrique et crevant sous le joug – mais parce que le mode de production industriel du nord était incompatible avec l’esclavage classique et requérait un esclave « LIBRE » de vendre sa force de travail mais forcé de le faire.

      L’emploi d’esclave classique ne permettait pas d’augmenter sans cesse la productivité du travail et s’avérait non rentable industriellement parlant

      Alors les curés et les sœurs et les bigots oubliez l’étude scientifique des modes de production incompatibles avec les saintes écritures…

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *