L’IMPOSSIBLE DEUXIÈME «RÉVOLUTION» INDUSTRIELLE !

 

ROBERT BIBEAU

Délocalisation industrielle vers les États-Unis

Depuis quelque temps, médias, journalistes et économistes français, belges, suisses, constatent tristement que nombre d’entreprises américaines ferment leurs usines en Europe et les délocalisent vers l’Asie mais aussi, et cela est nouveau, en direction des États-Unis. On rapporte que la firme Otis, un monopole américain, ferme son usine en Europe pour rapatrier la production aux USA (1).

Une puissance impérialiste en voie de désindustrialisation peut-elle inverser le mouvement et se réindustrialiser progressivement ? Si la réponse est positive pour les États-Unis on peut imaginer qu’il en sera de même en France, en Belgique, en Suisse, en Grèce et au Canada. Nous croyons que cette ré-industrialisation est possible à quatre conditions que nous identifierons par A, B, C et D dans le texte.

Ce redéploiement industriel stratégique est rendu possible et nécessaire par la combinaison de quatre facteurs concomitants. D’abord, (A) le libre-échange, que d’aucuns nomment la « mondialisation des marchés sous le néo-libéralisme ». Le libre-échange permet en effet aux capitalistes monopolistes de déplacer leurs usines partout dans le monde, de fermer sauvagement telle unité de production en Belgique, en France ou au Canada et de la déplacer par exemple vers les États-Unis où la résistance ouvrière est larvée (B).

Le libre-échange implique des conditions douanières, tarifaires et de droit du travail (A) qui ont été forgées par les fonctionnaires de Bruxelles, de Washington et d’Ottawa au bénéfice des multinationales présentes dans l’espace de Schengen, dans l’aire de l’ALENA et dans la sphère de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) (2). Récemment le Collectif Plateforme contre le transatlantisme mettait au jour les pourparlers secrets entre les États-Unis (le Canada est également en négociation) – et l’Union européenne à propos d’une union douanière entre ces deux alliances impérialistes visant à forger un marché unique – transatlantique – afin de faire face au dragon chinois. L’auteur de l’article faisait très justement remarquer que « Le marché transatlantique uniformise tout ce qui est nécessaire à la libre circulation marchande (biens, services, investissements, capitaux, cadres, experts NDLR) d’un côté à l’autre de l’Atlantique, en choisissant de renforcer prioritairement la «libre-concurrence» (sic) et la compétitivité. Cela signifie que les marchés financiers et les firmes multinationales pourront agir de plus en plus librement sur un espace géographique de plus en plus étendu. » (3).

Mais cela n’explique pas quels avantages sont recherchés par ce redéploiement industriel et financier intra-capitaliste. Pour quels bénéfices doivent-ils fermer à Gent pour investir au Michigan ? (4)

Réduction des coûts du travail = réduire le prix de la «force de travail»

Depuis plusieurs années l’empire étatsunien maintient intentionnellement le dollar sous la valeur de l’euro, ce qui lui fournit un avantage concurrentiel évident. Les biens et services produits aux États-Unis sont ainsi moins chers à acheter pour un européen, un canadien, un australien ou un japonais. Encore faut-il que les coûts de production des biens et des services soient sous contrôle et maintenus au plus bas niveau possible (C), sinon l’avantage compétitif serait annulé par l’écart salarial qui historiquement était à l’avantage des étatsuniens relativement bien payés, dans la grande industrie monopolistique du moins.

Ce n’est plus le cas présentement car d’une part l’inflation engendrée par l’injection constante de dollars neufs dans le circuit financier a réduit le pouvoir d’achat ouvrier, c’est-à-dire la valeur de la marchandise « force de travail » sur le marché étatsunien (C); de plus, les capitalistes américains, avec le soutien de leur appareil d’État, ont lancé depuis nombre d’années des attaques en règle contre les conditions de travail, les salaires et les conditions de reproduction de la force de travail des ouvriers américains. Notamment, ils ont réduit les charges fiscales des entreprises et accrue celles des travailleurs.

Il appert que ces assauts virulents contre le prolétariat et les employés étatsuniens et la faible résistance du prolétariat (B) ont porté fruit. Aujourd’hui, non seulement la productivité de l’ouvrier américain (cadence de travail, nombre d’heures de travail, mécanisation-robotisation du travail, etc.), ainsi que son bas coût de revient (salaires et avantages sociaux) fournissent deux avantages concurrentiels inégalés aux entrepreneurs monopolistes étatsuniens face à leurs concurrents européens et canadiens. De fait, dans certaines parties des États-Unis les salaires et les conditions de travail sont équivalents à ceux en vigueur dans certains pays émergents  (C). L’union commerciale entre les deux grandes alliances (ALENA et Union européenne) accentuera la concurrence entre les classes ouvrières d’Europe, des États-Unis et du Canada…Quel pays vendra sa marchandise «force de travail» au plus bas prix ? Quel pays aura la plus forte productivité du travail et donc la plus grande compétitivité et le plus fort taux de plus-value ? (5)

Ayant quasi totalement écrasé la résistance ouvrière américaine (B), ayant ramené le prolétariat et une large partie des employés étatsuniens à des conditions de survie où, individuellement chaque travailleur se sent menacé par le chômage endémique et le surendettement; totalement isolé dans sa résistance en raison de la trahison de l’oligarchie syndicale collaboratrice (à peine 15% des travailleurs sont syndiqués). Aux États-Unis chaque travailleur esseulé (sans conscience de classe) lutte pour sa survie personnelle et se vend au plus offrant à des conditions ne permettant même pas sa reproduction élargie (voir les notes numéro 5 et 8) !

Oubliez la petite-bourgeoise et la frange des employés bien payés du tertiaire hypertrophié qui ont commencé à passer à la moulinette du processus de réduction des revenus et de paupérisation effréné. Vous les entendez s’apitoyer devant l’exploitation éhontée et supplier qu’on leur accorde le sursis de l’affidé.

Voilà l’industrie américaine enfin prête pour un second souffle, un «redécollage» – et une reconquête de ses marchés si ce n’était d’une série de problèmes aggravants qu’il lui faudra résoudre auparavant. Attardons-nous à ces problèmes quelques instants puisque l’Europe et le Canada y sont déjà confrontés.

La concurrence internationale inter-impérialiste

D’une part, la Chine impérialiste maintient sa capacité concurrentielle : en haussant constamment le niveau de productivité de sa main-d’œuvre salariée (budget croissant en recherche et développement, robotisation accélérée, cadence effrénée); en contrôlant sévèrement la lente et systématique augmentation des salaires de ses ouvriers afin de se constituer un marché intérieur.

En outre, la Chine a commencé à délocaliser certaines de ses entreprises à faible valeur ajoutée et au facteur main-d’œuvre – capital variable – élevée où la mécanisation-robotisation est plus malaisée (industrie du textile, du vêtement, de la chaussure, de l’alimentation, etc.) vers l’Asie du Sud-Est pauvre et vers l’Afrique miséreuse (Éthiopie, Nigéria) (6). La Chine maintient ainsi sa capacité concurrentielle face aux américains, aux européens et aux capitalistes canadiens.

D’autre part, l’Union européenne a commencé à lâcher du lest en laissant tomber la valeur de l’euro qui s’échange maintenant à parité avec le dollar (idem pour le dollar canadien). Cela rétablit une partie de la compétitivité de la production industrielle européenne (idem pour le Canada). Cela réduit aussi le pouvoir d’achat des travailleurs européens et donc la valeur de la marchandise «force de travail»; ceci déprécie leurs maigres économies et fait fondre leurs fonds de retraite (partie différée du salaire destinée aux rentiers) (7). Devant cette ignominie les ouvriers européens ont déjà entrepris des grèves féroces pour résister à l’érosion de leur pouvoir d’achat ou pour obtenir des augmentations salariales compensant l’inflation et la perte de pouvoir d’achat de façon à assurer la reproduction élargie de leur force de travail (8). Refusant d’être surexploité au-delà de leur survie en tant que classe sociale les travailleurs européens mettent en péril la ré-industrialisation de l’Europe nous avertit Attali.

Les capitalistes monopolistes européens – quelle que soit leur drapeau nationaliste chauvin – font déjà face à cette résistance ouvrière généralisée en Europe. Le maelstrom médiatique – de concert avec les politiciens véreux et les bureaucrates syndicaux affairistes – sont en campagne afin de démontrer, à partir des exemples grec, espagnol, portugais, italien et britannique, que les ouvriers qui ne se soumettront pas et n’accepteront pas de se serrer la ceinture et de revenir aux salaires et aux conditions de travail d’antan (1968) seront rejetés par le système économique omnipotent et ils seront mis au rancart – chômage et assistance sociale, soupe populaire, friperies et SDF (B). Le dilemme devient pour un ouvrier européen : mourir d’inanition en travaillant ou mourir d’inanition sous l’assistance sociale ? Voilà une condition de ré-industrialisation qu’une partie de l’Europe ne rencontre pas encore alors qu’aux États-Unis une partie de la classe ouvrière vit dans les parcs et dort sous la tente. En faillite, près de 30% des jeunes couples travailleurs américains sont retournés vivre chez leurs parents. Maints salariés ont vu leur revenu réduit de 25% aux États-Unis et ça continue (9).

Puisque les travailleurs américains s’y sont résignés, pourquoi les ouvriers et les employés européens et canadiens ne s’y résoudraient pas ? Alors, de grâce, scandent les capitalistes français et leurs sous-fifres socialistes, « oubliez les 35 heures », la France n’est plus au temps où les colonies dopaient le PIB métropolitain. Pareil en Belgique. Aujourd’hui, «enfants de la patrie, la plus-value doit être produite ici et extorquée patriotiquement avec la complicité de nos amis syndicalistes défaitistes » (10).

La dette souveraine est hors contrôle

Cette dépréciation de l’euro (du dollar canadien) a bien entendu pour conséquence de hausser la valeur de la dette souveraine de chaque état européen déjà lourdement plombée. Plus un pays est dépendant de l’épargne et de la capitalisation extérieure à la zone euro, plus sa dette augmentera au fur et à mesure qu’il empruntera sur les marchés extérieurs. Pour les pays qui se recapitalisent et qui empruntent sur le marché européen, ce qui sera bientôt le lot de tous les pays de l’UE puisque peu de capitalistes financiers étrangers souhaiteront risquer leurs deniers sur le marché des obligations européennes dévaluées, les dettes des divers pays européens seront de la sorte communautarisées – « socialisées » – de facto, sans qu’il ne soit nécessaire d’adopter une résolution quelconque au parlement européen (D). L’intégration financière-monétaire-fiscale se réalise sous votre nez camarades européens ce qui évidemment est déjà implantée au Canada et aux USA (D).

Ainsi, aux États-Unis, la FED achète les obligations d’épargne du gouvernement yankee et dévalue d’autant la valeur du dollar US. Il semble que la Banque centrale européenne (BCE) ait décidé de recourir au même stratagème suicidaire. En effet, ce système de financement de la dette est suicidaire puisque cette opération de renflouement des budgets gouvernementaux des pays de la zone euro à même de l’argent utopique-inflationniste ne fait que reporter la crise de surproduction – de sous-consommation – de chômage aggravé – et d’endettement privé et public catastrophique – vers d’hypothétiques échéances qui ne sauraient tarder ni être évitées.

Demain, économistes pédants, politiciens maniérés et autres cassandres viendront expliquer qu’il faut davantage de sacrifices de la part des «citoyens»; réclamer moins de salaires et plus de productivité-compétitivité; exiger moins de services publics afin de réduire les déficits publics gargantuesques conséquence de l’endettement croissant; cautionner les guerres coûteuses et destructrices; et, finalement, quémander plus de subventions et de dégrèvements fiscaux en faveur de «vos» entreprises en crise et de «vos» banques en déroute de manière à maintenir «leur» ardeur concurrentielle (compétitivité) et «leurs» taux de plus-value et de profit (11).

Profit accru – reproduction élargie

Ne vous méprenez pas. L’objectif du développement du système capitaliste n’est pas d’accumuler des profits astronomiques – vous faites erreur sur la finalité. L’objectif ultime du système capitaliste à son stade impérialiste de développement est, à travers cette prise de profits astronomique, d’assurer sa reproduction élargie. C’est la loi inaltérable du système qui pousse les concurrents monopolistiques intercontinentaux à s’entredéchirer afin de s’assurer de survivre et de prospérer : “exploite, accumule plus-value (PV) – profits, réinvestis ce capital constant (CC) et ce capital variable (CV) et assure un nouveau cycle de reproduction élargie; dans le cas contraire, péris et dépose ton bilan”. Voilà la recette capitaliste d’Arnault, Buffett, Slim, Gates, Desmarais, Bettencourt, Mittal, Soros, Pinault et Péladeau peu importe leur drapeau national en berne (12).

Les marionnettes politiques, socialistes, libérales, conservatrices, péquistes, caquistes, NPD, UMP, Démocrates, Républicaines et lepénistes ne sont là que pour réguler cette transaction financière entre d’une part l’investisseur – le preneur de risque avec le capital public, les fonds de pension et les caisses d’assurance – et d’autre part les masses ouvrières et besogneuses privées de tout pouvoir et vendant leur marchandise «force de travail» au plus offrant contre un salaire de moins en moins raisonnable et des impôts de plus en plus déraisonnables.

C’est à prendre ou à laisser clame l’impérialiste : nulle échappatoire au sein de ce système… même pas l’utopie de rétablir les frontières nationales de façon à se recréer ce petit milieu d’exploitation capitalistique patriotique d’antan, à l’abri de la concurrence internationale, où l’exploiteur sanguinaire parle français à des ouvriers exploités comprenant le français, ou l’anglais, ou l’allemand ou l’italien…ou le montagnais.

Deux voies s’offrent aux ouvriers : suivre l’exemple étatsunien et vendre leur marchandise «force de travail» à forte productivité en dessous du prix de revient (sous le seuil de reproduction élargie = mourir à petit feu tout en travaillant) assurant ainsi la compétitivité de «leurs firmes nationales»; ou résister de toutes leurs forces, rejeter le Traité de fiscalité (TSCG) et les traités de libre-échange transatlantique et surtout renverser le système capitaliste.

ROBERT BIBEAU

(1) http://economieamericaine.blog.lemonde.fr/2012/10/26/pourquoi-lindustrie-americaine-se-desengage-de-leurope/ Paul Craig Roberts http://www.vigile.net/L-effondrement-de-l-economie

(2) http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-economique-la-chine-l-110893 Vincent Gouysse (2012). 2011-2012 Reprise de la crise. http://marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm

(3) http://www.legrandsoir.info/plateforme-contre-le-transatlantisme.html

http://www.no-transat.be/

(4) http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-le-pdg-de-psa-peugeot-citroen-annonce-la-fermeture-d-usines-en-europe-110604349.html

(5) Les salaires et les profits aux États-Unis http://www.mondialisation.ca/usa-10-chiffres-qui-disent-tout/5310915. Dans un prochain article nous scruterons cette question de la hausse de la productivité du travail si chère aux employeurs – patrons – capitalistes et financiers. http://alencontre.org/europe/france/france-apres-les-pigeons-voici-les-vautours.html

(6) http://les7duquebec.org/7-au-front/afrique-le-continent-spolier/

(7) La faillite des régimes de retraite http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=258

(8) La reproduction élargie de la force de travail d’un ouvrier comprend ce qui lui est personnellement nécessaire pour vivre, être soigné, s’éduquer, se divertir et vivre sa retraite en sécurité, mais aussi pour se reproduire, procréer, élever et faire éduquer ses enfants, les faire soigner et les préparer à devenir esclaves salariés.

(9) http://les7duquebec.org/7-au-front/elections-americaines-2012-les-vrais-enjeux/

(10)http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-polemique-sur-les-35-heures-125075

(11)http://www.mecanopolis.org/?p=24488

(12)http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_milliardaires_du_monde_en_2012 http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_de_Schengen

 

Une pensée sur “L’IMPOSSIBLE DEUXIÈME «RÉVOLUTION» INDUSTRIELLE !

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    14 novembre 2012 à 11 11 11 111111
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    Bonjour!
    Bon article!
    Effectivement, comme on l’entend en France, l’appelle à l’écrasement des salaires est bien lancé…
    Petit ajout sur l’aspect financier.

    Le libre-échange était la politique de l’Empire britannique qui avait pour but la suppression du développement: tous les pays au 19e siècle qui la subirent (ou furent induits à l’adopter), comme l’Inde, l’Irlande, Turquie, Amérique latine, Chine, etc sont devenus les pays du tiers-monde au début du 20e. On leur disait: votre avantage comparatif est dans les matières premières , ne cherchez pas à développer votre industrie… c’était le moto des british; mais crucial, il ne faut pas oublier que la City de Londres les endettait à tour de bras: c’est pourquoi le pays devaient exporter des matières premières en Angleterre, pour générer de la livre sterling et ainsi être capable de payer la dette: il ne faut jamais oublier l’aspect financier: la politique impériale était: Free Trade, Gold Standard et Orthodoxie budgétaire: ça vous rappelle quelque chose??

    Tous les pays qui ont résisté à la politique coloniale anglaise (on se rappellera que la politique coloniale cantonnait la colonie à la production de matière première et interdisait les manufactures; la politique Free Trade des british avaient exactement le même but par d’autres moyens!), USA, Allemagne, France, Canada à la fin du 19e et l’Australie, Belgique, pays scandinave: on put se développer et avoir l’industrie, ce qui permet, potentiellement un meilleur niveau de vie (avec lutte sociale, syndicats, etc. pour être sur que la réelle croissance physique profite à tous).

    Car avant de pouvoir exploiter le prolétaire, encore faut-il qu’il y est des industries… Pérou, Argentine, Mongolie, Mexique, Russie post-soviétique, etc: avec les thérapies de choc du FMI: on littéralement connu une désindustrialisation, baisse des salaires suivit de baisse de population (par dénatalité ou émigration).

    Malheureusement, les élites américaines ont adoptés la politique britannique (aujourd’hui, un peu plus complexe: il y a les industries ‘low cost’ qu’on peut envoyer dans les pays pauvres.)

    Et maintenant, la classe d’aristo-financier veut, pour payer ses dettes, presser le citron dans les pays ‘développer’.
    Mais il ne faut pas croire qu’elles veut reproduire le cycle de produciton: s’en foutent… il ne faut pas oublier que l’idéologue des aristocrates et des ‘gentleman capitalism’ était Malthus, hier comme aujourd’hui: s’il y a des pauvres, c’est une loi de la nature, les ressources sont limités, on ne peut rien y faire… Crevez comme les Irlandais en 1840s, comme les Indiens dans les méga famines de la fin du 19e causé par les anglais. Après tout, le Prince Philip lui-même voudrait seulement 1 milliards d’humains… Pas pour rien que l’élite anglo-américaine finance à tour de bras l’«environnementalisme»: si des pauvres, c’est que trop de population, bref, et puis c’est pas bon pour l’environnement: accepter l’austérité.. e.. je veux dire la ‘décroissance’. (ie dans la finance, n’aiment pas l’industrie, sa salie les mains…: à Londres, on traitait avec dédain les industrielles de Manchester (Marx avait mal analysé les classes anglaises: la bourgeoisie industrielle n’a jamais eu le pouvoir en Angleterre. C’est la City de Londres, les financiers qui contrôlaient. Tant qu’un intérêt commun entre les deux, ça allait; mais fin 19e les industrielles UK auraient eu intérêt pour la protection et firent campagne (Chamberlain) pour elle: mais la City fut, comme toujours en Angleterre, plus forte et maintint le ‘Free Trade’. Voir l’excellent livre de Cain et Hopkin: British Imperialism, 1688-2000. L’impérialisme n’est pas propre au ‘capitalisme’ comme système, mais le fait de l’«upper class», ça oui, sinon comment expliquer l’impérialisme d’Athènes, de l’empire romain, etc? et les modalités seront différentes selon les époques, bien sûr.)

    Il faut non seulement revenir à un protectionniste social, mais il faut aussi reprendre le contrôle des monnaies nationales: car le libre-échange, par delà de sa supposée justification pour la production de bien est surtout mis en place pour donner la liberté à la circulation des capitaux pour effectuer de la spéculation n’ayant plus aucun lien avec la production réelle.
    Avec la fin du Bretton Wood en août 1971, la monnaie qui auparavant avait un taux de change fixe, est devenue une  »marchandise » sur laquelle on peut spéculer. Depuis 1971, les monnaies sont à taux flottant, objet de spéculation, ce qui permet au ‘marché’, ie groupe de spéculateurs à la George Sorros, de déstabiliser et runier un pays du jours au lendemain (Mexique 1994, Crisie asiatique en 97-98, Italie en 1992, etc.).
    95% est plus des transactions sur la monnaie ne correspond aucunement à un transfert de bien: pure spéculation!

    Il faut donc revenir au taux de change fixe; revenir au Glass Steagall (ie séparé les banques d’affaires et les banques d’épargne: en bref, zéro ‘bailout’ des banques qui ont spéculé: qu’elles tombent; mais on sauve l’épargne des gens).

    Et autant en France qu’au Canada: il faut revenir à la banque nationale qui puisse prêter crédit directement pour les infrastructures dures ou molles (train; hôpital). En France, de 1945 à 1973: la banque prêtait directement à l’État (ce fut les 30 glorieuses) à 1%: un hôpital payait 1% d’intérêt: aujourd’hui elle doit aller sur le marché avec un haut taux d’intérêt (pour le CHUM à Montréal, si je m’abuse, c’est du 6%). La France n’avait pratiquement aucune dette en 1973: et les calcules ont été fait: si la France avait conservé ce droit d’émission, le pays aurait pratiquement aucune dette aujourd’hui!! tout a été payé en intérêt!!
    C’est l’une des failles de Marx: il a certes analysé le mécanisme de bulle spéculative en Angleterre, mais il a volontairement pas voulu examiné plus avant cette question et croyait que la monnaie était une marchandise contenant de la valeur; alors qu’il ne s’agit qu’un d’un symbole: il y a constamment création monétaire à partir de rien. C’est les crédits qui font l’épargne et non l’inverse; ie une banque prête beaucoup beaucoup plus qu’elle n’a en épargne; en Fr, 93% des prêts viennent.. de rien: de la création monétaire et elles demandent des taux d’intérêts dessus!!! Un ‘Free lunch’ (c’est une fraude de Milton Friedman de dire qu’il n’y a pas de ‘free lunch’). Et le pire, c’est qu’elles spéculent avec, elles perdent de l’argent fictive et les États viennent les renflouer à coup de milliards en pompant la richesse réelle des citoyens!!!!

    Voyez ce site hilarant, mais très bien documenter sur les banques: Les 7 péchés capitaux des banques:
    http://www.pechesbancaires.eu/

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