L’ORGANISATION – DE L’INSURRECTION À LA RÉVOLUTION

Bibeau.robert@videotron.ca   Éditeur  http://www.les7duquebec.com

 

La semaine dernière nous avons présenté notre vision de la contradiction fondamentale qui entraine le déclin du mode de production capitaliste (1). Ce brulot a déclenché une avalanche de commentaires à propos de la façon pour la gauche de mobiliser, encadrer, diriger, commander le processus de remplacement de l’ancien mode de production et permettre l’émergence du suivant. Telle la mouche du coche, la gauche bourgeoise croit qu’elle tient dans ses mains la cravache qui lui permettra de se porter à l’avant-garde du contingent. Malheureusement, quand nous examinons les arguments que la gauche présente force est de constater que l’état-major de « l’avant-garde » est à l’arrière garde du convoi.

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  1. Le mouvement précède la conscience

 

Le mouvement précède la conscience – la conscience procède du mouvement, voilà la raison pour laquelle l’organisation – Le Parti – de la classe prolétarienne ne peut préexister à l’insurrection populaire qui marquera le commencement du long processus révolutionnaire. Oubliez la métaphore du Grand Soir qui ne vise qu’à galvaniser les esprits et à offrir un repère historique à la populace… La prise de la Bastille par exemple, se comprend dans le contexte d’une longue suite d’évènements – le précédent et lui succédant – comprenant Napoléon – la restauration, la Commune tout comme la Révolution d’Octobre fut précédée par la révolution de 1905, par celle de Février 1917 – Kornilov – Kronstadt – par Staline – Khrouchtchev – Gorbatchev – Poutine et les autres. L’histoire est en marche et sous le mode de production capitaliste c’est le pouvoir économique – politique –  idéologique bourgeois qui est hégémonique. C’est la raison pour laquelle jamais aucune révolution politique prolétarienne ne survivra esseulée, dans un ou dans quelques pays isolés, surtout si cette révolution se veut idéologique et politique avant d’être une révolution économique. Surtout si cette révolution prolétarienne moderne se déroule sans prolétaires – menée par des masses paysannes analphabètes, poussant l’araire tiré par des bœufs. La superstructure sociale repose sur l’infrastructure économique et non l’inverse. C’est ce qui nous fait dire et répéter « Dialectiquement, le mouvement précède la conscience – et la conscience procède du mouvement révolutionnaire conscient ». Ainsi, sous le mode de production capitaliste, le petit bourgeois est découragé de constater comme le prolétariat est difficile à mobiliser pour défendre son trécarré, comme l’ouvrier est réticent à mourir sur les barricades pour sauver le bobo paupérisé – rejeté parmi les assistés sociaux déqualifiés.

 

C’est que le prolétaire a déjà donné.  En 1871 à Paris il a donné et il a été fusillé par milliers. En 1905 à St-Petersbourg et en 1917 à Moscou, il a donné (les quelques prolétaires russes disponibles), et il s’est retrouvé dans les usines stakhanovistes surexploité… Puis, il a été mobilisé sur le front de l’Est et exterminé par millions. La suite de ces échecs s’allonge ainsi à l’infini. Alors, il hésite, il réfléchit, il se méfie le prolétaire corvéable et « massacrable » à merci. Même aujourd’hui, sur les fronts du Proche-Orient et de l’Afrique on le conscrit pour tuer et pour être tué pour un salaire de misère, sans espoir, sans lendemain, six pieds sous terre où le mène son destin.

 

Voyons comment le processus dialectique de maturation de la conscience se met en branle dans le cours même du mouvement insurrectionnel.  Personne ne fait sa formation nous dit-on.  Personne n’explique au prolétariat qu’il est la solution à cette succession de crises systémiques du mode de production capitaliste. Pourtant, chacun devrait savoir, les réformistes – les altermondialistes – les verts écologistes – les syndicalistes – les soi-disant communistes et les gauchistes – que personne ne peut sortir l’humanité de la crise systémique du capitalisme… Nous ne préconisons pas que l’on sorte de la crise économique du capitalisme. Nous préconisons que l’on renverse – que l’on détruise le mode de production capitaliste irrémédiablement. Il n’y a rien à conserver de ce mode de production moribond source de tous nos maux. Nous ne proclamons pas que l’on se lance à la conquête du pouvoir d’État bourgeois, électoralement ou militairement, nous préconisons que l’on détruise l’État bourgeois, que l’on ne conserve rien de cet État – instrument d’aliénation de notre classe – et dont la destruction est la condition de son émancipation. Alors camarades, la vraie question est plutôt, qui formera les formateurs du prolétariat ?

 

  1. Le parti prolétarien révolutionnaire

 

Mais, nous dit-on, il n’y a aucun parti révolutionnaire prolétarien pour diriger le mouvement révolutionnaire ! C’est normal, et il est sain qu’il en soit ainsi.  Cette non-existence d’un parti révolutionnaire prolétarien est le reflet de l’état de conscience au sein de la classe et de l’état d’avancement du mouvement révolutionnaire. La conscience de classe ne précède pas le mouvement de la classe, il en procède. Les forces objectives du capitalisme vont se charger de bafouer, d’écraser, de paupériser, de malmener notre classe, et de ces malversations répétées surgira la résistance massive comme une réaction instinctive de la population (y compris de la petite bourgeoisie si prompte à s’indigner). À travers ce mouvement spontané – irrépressible – insurrectionnelle – la conscience de classe va maturer et fera passer la classe du processus insurrectionnel spontané – inconscient – au processus révolutionnaire conscient. Une insurrection n’est pas une révolution comme l’a démontré la révolte Place Tharir au Caire. Mais l’insurrection populaire en est un moment spontané, violent, et surtout nécessaire, précédant la révolution, qui elle sera nécessairement prolétarienne ou ne sera pas. Ce qui doit nous préoccuper à ce moment-ci ce n’est pas l’inexistence d’un parti prolétarien révolutionnaire, alors que ni l’insurrection ni la révolution ne sont en marche, mais quelles sont les conditions requises pour que ce parti révolutionnaire de la classe prolétaire surgisse pendant le soulèvement pour servir le mouvement dans le sens de la destruction de l’ancien et de l’édification du nouveau mode de production ?

 

De cette maturation, de ce haussement de la conscience de la classe dans le processus même de la lutte – classe contre classe – qui s’échelonnera sur des années – naitra l’organisation de classe comme l’émanation de la conscience de classe qui dialectiquement sera structurée et structurera la conscience de la classe et en fera un mouvement révolutionnaire de la classe pour la prise de pouvoir dans l’ensemble de la société sous les trois instances économique d’abord, politique et idéologique ensuite. Économique d’abord signifie précisément que la prise de contrôle par le prolétariat des moyens de production, d’échanges et de communication sera essentielle et décisive pour assurer l’avancée de la révolution. Ce n’est surtout pas le Parti de la classe qui doit s’emparer du contrôle des moyens de l’économie, mais la classe elle-même via le mode d’organisation que la classe trouvera adéquat, les soviets ouvriers étant un bon exemple. Des besoins des soviets de base naitra le besoin d’une organisation de coordination de l’ensemble des soviets ouvriers. Contrairement à ce que prétendit l’opposition de gauche, l’échec de la Révolution russe ne fut pas la conséquence de la prise de contrôle des soviets de paysans, soldats et ouvriers par les bolchéviques, ou de la trahison de Staline, mais de l’impossibilité de construire le mode de production communiste sur les ruines du mode de production féodal, que la composition des soviets reflétait (paysans, paysans-soldats et ouvriers). Les masses paysannes doivent être prolétarisées avant de pouvoir mener une révolution prolétarienne. De cette impossibilité matérielle – objective – émergea le pouvoir politique bolchévique centralisé qui a eu pour tâche de construire le nouveau mode de production capitaliste industriel et ouvrier, successeur obligé du mode de production féodal, agraire et paysan.

 

L’hégémonie politique et idéologique de la classe prolétarienne révolutionnaire (non pas du Parti qui ne doit être que le servant de la classe et non son adjudant) viendra en dernier ressort et non pas en premier lieu comme le croyaient les bolchéviques.  Ce fut l’une de leurs erreurs. La conscience suit le mouvement elle ne le précède pas. L’idéologie prolétarienne communiste naitra lentement de la construction du mode de production communiste prolétarien. Ce n’est que dans ce mouvement – anarchique – spontané – confus que naitront les innovations pour la création d’un nouveau mode de production qui pour partie existe déjà dans le présent mode de production moribond.

 

  1. La dictature du prolétariat sur le parti

 

Les syndicats tels que nous les connaissons, devenus des appendices de l’appareil d’État bourgeois, seront hors combat et seront détruits au même titre que le reste de l’appareil d’État bourgeois alors que les organisations de la gauche bourgeoise qui se présentent comme marxistes, communistes, maoïstes, trotskistes, anarchistes, etc. disparaitront ou s’enliseront dans la réaction en tant que sectes antiprolétariennes, ou alors, fusionneront  dans la nouvelle organisation de classe – Le Parti qui ne peut absolument pas préexister – avant que la conscience de la classe nait maturée assez pour le faire émerger. C’est la maturation de la conscience de la classe (non pas du peuple, mais de la classe prolétarienne) qui assurera la juste orientation, l’évolution et la protection du Parti. La classe ne nait pas du parti, c’est le parti qui émane de la classe et en dépend pour survivre. Voilà la véritable signification du concept de « dictature du prolétariat », qui n’est pas la dictature d’un gourou sur le parti, puis sur la classe, mais la dictature de la classe sur tous les gourous et leurs sectes dogmatiques qu’ils brandissent ou non les saintes Écritures marxistes. Les bolchéviques ont pu faire à leur guise par ce que la classe prolétarienne n’avait pas la maturité économique, politique et idéologique requise. Si le mouvement prolétarien révolutionnaire ne parvient pas à émerger hégémonique du mouvement insurrectionnel populaire alors il subira une terrible répression de la part de la réaction et le parti révolutionnaire prolétarien devra être dissouts pour renaitre lors du prochain mouvement insurrectionnel mondial. Les organisations qui ne seront pas dissoutes seront éradiquées ou intégrées à l’appareil d’État bourgeois comme l’ont démontré toutes les phases de reflux insurrectionnelles précédentes.

 

  1. L’état-major de « l’avant-garde », que les camardes nous en garde

 

Ici nous réclamons un effort supplémentaire aux vieux camarades gauchistes en leur demandant d’oublier les enseignements du grand Lénine qui s’est fourvoyé à propos du Parti qui devrait préexister, tel un état-major – une « avant-garde » – de la classe en-dehors ou au-dessus de la classe. Lénine fut l’émanation de la conscience de la classe prolétarienne russe – marginale – vagissante – faible – inexpérimentée et qui ne pouvait, dans la société féodale archaïque de la Russie tsariste de 1917, concevoir le Parti de la classe que sous la forme d’une secte secrète – policée – hermétique – paranoïaque, coupée des influences révolutionnaires extérieures.

 

Personne ne peut aujourd’hui identifier une organisation qui soit une “avant-garde” révolutionnaire de la classe et qui ait une influence significative dans la classe prolétarienne. Ça n’existe pas, il y a la gauche bourgeoise, sectaire, dogmatique, soumise au « centralisme démocratique » dictatorial du polit-bureau petit bourgeois, un concept imaginé par Lénine et les bolchéviques pour chasser l’opposition, l’expulser ou la neutraliser.

 

Même si toutes les sectes de la gauche bourgeoise sont des éteignoirs, des entraves au cheminement de la classe, le soulèvement insurrectionnel aura lieu malgré eux. Même que leur agitation contribue à la maturation du mouvement ouvrier dans sa globalité. Mais ensuite, à l’étape suivante, la question du parti prolétarien révolutionnaire deviendra décisive dans le cours même du processus révolutionnaire où la conscience évoluera et exigera un accoucheur du nouveau mode de production communiste – ce ne peut être que le parti né dans la classe, ni au-dessus, ni à côté, ni en avant-garde. Pour l’instant, le débat ouvert est la clé de la démocratie prolétarienne.

 

Camarades, protégez-nous de « l’avant-garde », nos ennemis ont s’en charge.

Prolétaires du monde entier, unissez-vous!

 

(1)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-mode-de-production-capitaliste-est-condamne/

 

9 pensées sur “L’ORGANISATION – DE L’INSURRECTION À LA RÉVOLUTION

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    15 septembre 2016 à 4 04 30 09309
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    Heureuse de recevoir ces nouvelles du Quebec où j’ai vécue voici qqs années !
    Pour moi la notion de « prolétaire » reste qq peu restrictive car le petit Peuple, le Monde d’en bas, etc, celui qui sait « faire » est plus vaste que cela et comprend aussi toute une frange de la population en capacité d’autonomie pour franchir le Cap, celui pour lequel on se prépare en silence chaque jour, et ceci depuis bien longtemps déjà…

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      15 septembre 2016 à 7 07 09 09099
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      @ Madame Montfort

      De fait nous parlons bien des mêmes personnes madame. Le prolétariat ce sont ceux d’en bas – les sans grades qui fabriquent tout de leurs mains et fournissent les soins – les services et sacrifie leur vie pour la « gagner ». « Si tu veux vivre il faudra que tu meurs mon ami » disait le gérant de la mine

      Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    15 septembre 2016 à 11 11 56 09569
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    L’exploitation produit l’aliénation, la lutte de classe produit la conscience de classe.

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      15 septembre 2016 à 16 04 04 09049
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      @ iSGA

      Bien résumé – la lutte de classes produit la conscience de classe exact
      Il faut donc attendre et voir venir la montée de la lutte de la classe prolétarienne (qui existe déjà mais à l’état larvaire en ce moment) mais elle se radicalisera (et la radicalisation des adolescents actuellement leur paraitra bien enfantine) et alors la question de la direction se posera avec acquitté…. mais pas avant

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    16 septembre 2016 à 10 10 56 09569
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    Salut Robert

    On aura mi le temps, mais enfin du comprends les conditions qui forment la conscience de classe. Tu comprends que le slogan de Lénine «  sans théorie révolutionnaire » pas de mouvement révolutionnaire,marche sur la tête  alors qu’il faut dire « sans mouvement révolutionnaire pas de théorie révolutionnaire ». Lénine a vu son propre parti foiré complètement au moment de la révolution, il a été contraint de lancer le slogan « tout le pouvoir aux soviets » pour que son parti conserve le pouvoir et gère l’instauration du capitalisme ( La NEP et le taylorisme plus la Tchéka).

    Quand on parle de conscience,il s’ agit toujours de l’ être conscient comme un tout, il n’y a pas l’ être et puis la conscience du matérialisme philosophique. Le mouvement fait se déployer la conscience de classe, l’ unicité de la classe à un moment fort ou elle transcende toutes les divisions. Ce moment pour reprendre BouKharine est celui ou le prolétariat passe d’une classe en soi « classe pour le capital » en classe pour soi, classe révolutionnaire. Autrement de l’antagonisme de classe à la guerre de classe devenant par son propre mouvement conscient du but a atteindre la liquidation des anciens rapports de production pour de nouveau.

    Ceci étant laisse le PARTI cette organisation d’intellectuels idéologique et sa hiérarchisation et toutes ses règles disciplinaires jusqu’ au sacrifice de sa vie au musée de l’ histoire. Parlons plutôt de l’organisation insurrectionnelle type commune de Paris à un stade mondial.

    Voilà pour aujourd’hui

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    19 septembre 2016 à 11 11 47 09479
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    J’aime votre nouvelle page web même si je la trouve moins pratique.
    Je ne peux plus imprimer le texte comme avant en le mettant en surbrillance.
    Je me retrouve à imprimer tout ce qui apparaît à l’écran comme l’entête, les messages,
    les commentaires, etc…enfin, tout ce qui ne m’intéresse pas…Alain Barrette.

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      19 septembre 2016 à 16 04 53 09539
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      @ M. Alain Barette

      Il existe une technique simple pour obtenir que le texte M. Barrette

      Avec notre curseur tout en appuyant sur le bouton gauche de votre souris vous balayez le texte de haut en bas et seulement le texte cous copier –

      Vous ouvrez votre traitement de texte NOUVELLE PAGE ET VOUS COLLEZ CE QUE VOUS VENEZ DE PLACER EN MÉMOIRE

      COPIER – COLLER Vous vous retrouvez avec seulement le texte sans les a côtés
      Il ne vus reste qu’a sauvegarder ou à IMPRIMER LE TEXTE QUI EST ALORS DANS UNE PAGE DE VOTRE TRAITEMENT DE TEXTE

      JE VAIS VOIR avec notre webmaster si on peut offrir l’option imprimer directement sous Word Press

      Merci M Barette.
      Robert Bibeau Éditeur

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        20 septembre 2016 à 5 05 08 09089
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        Vous qui parliez du mouvement qui précède la conscience et qui est devenu un dogme sous votre plume e comment expliquiez votre conscience si vous en avez une – et je m en doute- que le prolétariat passera à un stade suprême celui du communisme !Ce communisme qui n est qu’une production des théoriciens marxistes que vous dénigrez tout au long de votre article.Votre parti révolutionnaire rejaillira par enchantement lors de l ‘insurrection et quant la conscience prolétaire ai atteint LA MATURATION .Etes vous capable de lire modestement et sans fanfaronnade nihiliste ce qu’ vécu la révolution égyptienne aux mayadines et à maydane attahrir.La lutte des classe est une guerre et dans chaque guerre la nouvelle science la nécessité aux belligérants de dispose d’un état major – dont le prolétariat possède quelques expériences avec des acquis et des erreurs – C’est cet état major qui dirigera la guerre contre l’autre état major des classes dominantes. Priver la classe ouvrière et ses allies de cet état major c est la pousser à la défaite et empêcher la réalisation de cette MATURATION votre nouveau mot fétiche . Vous êtes en train de dénigrer toutes les révolutions et les révolutionnaires alors que vous ne faite que pérorer des doctrines déjà réfutées et jetées dans la poubelle de l’histoire!

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          20 septembre 2016 à 8 08 53 09539
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          @ El Titi

          Confus votre intervention mais nous allons tout de même tenté d’y voir clair.
          1) COMMENT EXPLIQUER MA CONSCIENCE DEMANDEZ-VOUS… Excellente question. Vivant ici au Canada – pays fortement industrialisé – technicisé – parfaitement intégré à l’impérialisme globalisé – mondialisé – au prolétariat nombreux et expérimenté – étant moi même prolétaire EX-fonctionnaire – ma conscience de classe est le fruit de cette conjoncture particulière. Je suis à tout point de vue le produit de ma classe, ma condition physique et ma conscience y compris.

          2) NON le prolétariat ne passera pas à un STADE SUPRÊME LE COMMUNISME. Vous ne comprenez pas ce qu’est le mode de production communiste. Un prolétaire ne peut devenir un mode de production. Il devient un rouage – un élément de ce mode de production – une force active de ce mode de production il n’est pas lui-même LE MODE DE PRODUCTION TOUT ENTIER. Un prolétaire ne passera pas au stade suprême communiste.

          3) Le communisme (pas les communistes membres d’un parti politique soi-disant communiste) est un mode de production – sera devrais-je écrire – le mode de production communiste n’a jamais existé nul part sur terre LOIN S’EN FAUT – la Chine de Mao et la Russie de Lénine arriérées et féodales ne pouvaient produire le COMMUNISME meme si les médias bourgeois ont crié au communisme (sic) LE COMMUNISME DIS-JE est le nom que Marx a donné au prochain mode de production qui succèdera au mode de production capitaliste. Si ce nom vous blesse – utilisez en un autre je n’ai pas le temps pour la lexicologie

          4) Bien entendu que la guerre de classe est une vraie guerre et comme toute guerre elle nécessite des troupes – des guerriers -des cadres – des officiers – et un État major – mais ici moi je dis UN ÉTAT MAJOR SOUS LA DIRECTION DE LA CLASSE PROLÉTARIENNE ET À SON SERVICE. Exactement comme Pétain, Joffre, Ludendorf et les autres maréchaux étaient à la solde – au service de la classe dominante bourgeoise dans une guerre précédente.

          5) Ce que je dis c’est que cet État-major – cette avant-garde pour reprendre une terminologie léniniste – n’est pas constituée présentement – Les vieux partis politiques ex-socialistes – ex-communistes – ex-marxistes ne constituent pas une avant-garde et ne sont que des sectes. Il faudra attendre que la classe se mette en marche à travers l’insurrection d’abord POPULISTE puis SI LA CLASSE SE MET RÉELLEMENT EN MARCHE – CE QU’ELLE N’A PAS FAIT EN ÉGYPTE – l’insurrection populiste sera transformée par la classe – par son mouvement même – en RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE de classe en soi à classe pour soi = pour la prise de pouvoir économique – politique et en dernier recours longtemps après – idéologique. La conscience est une résultante en même temps qu’elle est une condition du mouvement = dialectique.

          robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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