Rappeur homosexuel dans un milieu homophobe

Coming out du rappeur Lunatique

On pourrait penser qu’à l’âge de 30 ans notre vie commence à être stable et arrive à une certaine maturité, pourtant le jeune rappeur Éric Pelletier dont le nom de scène est «Lunatique», recommence la sienne. Il y a trois ans, Éric a fait son coming out auprès de ses amis, sa famille et du milieu artistique dans lequel il évolue, le Hip-Hop.

Robin Drevet    Dossiers Hip-hop et Homosexualité

Cet artiste québécois est sur la route depuis plus de 10 ans. Il a commencé sa carrière dans l’organisation d’événements, avant de se lancer lui-même dans la vie de rappeur. Il compte actuellement à son actif deux albums et deux vidéoclips. À côté de sa vie d’artiste, il anime une émission de radio sur CHOQ.FM. Ces textes reflètent souvent un rejet du système et de la société dans laquelle il vit tout en affirmant «même si le monde te juge, faut pas que ça t’empêche d’avancer.»

Homosexualité: embûches du coming out

lunatiqueConscient de son homosexualité depuis son enfance, son parcours pour s’assumer et s’affirmer a été laborieux et parsemé d’embûches. Élevé dans une famille qui possède un point de vue répandu, «ils tolèrent mais faut pas trop que j’en parle», Éric s’est longtemps senti dégoûté par sa propre orientation sexuelle jusqu’à même ressentir de la culpabilité lors de ses premières relations avec des hommes.

Il y a trois ans, il a osé s’affirmer et, depuis, sa manière d’appréhender la vie, de voir les gens, a beaucoup changé. Il se sent même investi d’une mission. «Les gens ne le réalisent pas. Les hétérosexuels n’ont pas besoin de dire qui ils sont, ils le sont», confie le rappeur.

Conseils pour le coming out

Éric estime de son devoir de personne publique de sensibiliser les personnes autour de lui. C’est sa mission. Il veut donner des conseils aux jeunes pour faire leur coming out. «Montrer aux gens que je m’accepte, cela peut les aider», explique-t-il.

Pour arriver à ses fins, il a pris contact avec l’association GRIS-Montréal, qui travaille dans les écoles, pour parler de ces sujets trop peu souvent abordés dans les cours d’éducation sexuelle. «Il y a encore beaucoup de préjugés, alors que chaque personne a au moins une personne dans son entourage qui est homosexuelle», s’exclame t-il.

Homosexualité en région rurale

Malheureusement, ce genre d’organisation existe surtout en ville, mais peu dans les régions où, par expérience, Éric s’est aperçu que l’homosexualité était bien plus dure à vivre. Encore que souvent, en ville, les écoles refusent d’ouvrir leur porte à ce type d’activité présentée par GRIS. «On a envie de le dire à tout le monde, de ne plus avoir peur des autres, de se sentir bien», se désole le jeune homme.

Lunatique a aussi un projet artistique. Il aimerait s’attaquer aux préjugés avec son prochain album. Montrer qu’on peut être un rappeur identifié Hip-Hop et homosexuel. «Je ne fréquente pas beaucoup le milieu homosexuel. Le Village n’est pas le meilleur moyen de s’intégrer. Mais on s’y sent comme dans une famille car on a besoin de partager avec des gens qui peuvent nous comprendre.»

Rap et homosexualité

C’est au sein de son milieu artistique, le Rap, qu’il a ressenti le plus de difficultés avec son coming out. «Des gens ne me parlent plus à cause de ça. Certains n’osent même pas me dire que ce que je fais leur plaît.» Ses relations autour de lui ont changé: «Dès que tu parles à un gars, il pense que tu es en train de le cruiser», déclare t-il.

Mais Éric demeure optimiste. «Le temps fera que ça ira mieux.» Il pense aussi aux opportunités artistiques que cela peut lui donner, par exemple participer à des festivals homosexuels. Mais lorsqu’on lui demande s’il va collaborer avec des personnes qui évoluent dans le rap plus contestataire, comme la française Keny Arkana, il reste conscient que toutes les causes sont bien distinctes. «Pour aider les autres, il faut d’abord s’aider soi-même.»

Les deux communautés dans lesquelles il évolue sont diam étralement opposées et pourtant les deux sont victimes de profilage et de stéréotypes souvent abusifs. On peut espérer qu’Éric arrivera à faire le pont entre les minorités qui ont tout à gagner dans l’entraide plutôt que dans le dénigrement. Son nom de scène le présente comme ayant la tête dans les étoiles mais il a bien les pieds sur terre.

GRIS-Montréal

Le GRIS-Montréal est le plus important organisme de démystification de l’homosexualité en milieu scolaire au Québec. Ses 130 bénévoles sont invités par des écoles, principalement de niveaux secondaire et collégial, pour témoigner de ce qu’ils ont vécu et de ce qu’ils vivent encore aujourd’hui comme gais ou lesbiennes et pour répondre aux différentes questions des jeunes sur l’homosexualité. L’organisme effectue aussi des travaux de recherche sur l’homophobie en milieu scolaire.

Contact : http://www.gris.ca

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6 pensées sur “Rappeur homosexuel dans un milieu homophobe

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    12 février 2011 à 14 02 33 02332
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    Je suis d’accord qu’ils ont le droit de sortir du garde-robe , mais , il n’y a pas personne qui va m’empêcher de penser , qu’ils sont(peut-être normaux) , mais qu’il y a une anomalie quelque part.

    Combien sont entrés dans le garde-robe parce qu’ils ont manqué le premier contact ?

    Donnez-moi le nom d’un seul humain qui lors de sa première relation où il a pu faire trempette avec celle qu’il aimait et que celle qui lui permettait de le faire savait ce quelle fesait , est devenu homosexuel ? J’aurais des questions à lui poser. Voulez-vous que je les poses là ? Oui , j’ai pas le temps.
    Jean-Marie De Serre.

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    12 février 2011 à 19 07 26 02262
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    Je suis parfaitement d’accord! Personne ne peut devenir homo après avoir fait l’amour éternel à une jolie vampirella GOTHIQUE et légèrement dodue! À moins que cette personne soit elle-même une femme.==========
    On parlera alors d’amour saphique et c’est là que ça devient bien INTÉRESSANT!

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    12 février 2011 à 23 11 30 02302
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    Héééé Gothique!

    Même si les pédés ont des pulsions non-naturelles, je crois bien que la majorité a assez de jugeote pour ne pas faire l’acte avec une zombie. Tu pognerais plus avec les nécrophiles, je crois !

    C’est une blague, la p’tite ! Je t’aime bien, dans l’fond !

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable.. oui oui ! Reconnais-le !» – Pittacos de Mytilène

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    13 février 2011 à 14 02 31 02312
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    Les GOTH ladies sont les plus belles, POINT

    Désespérant et désespéré.

    ***

    Question sur votre esthétique : le fait que vous, gothiques, ayez artificiellement ou naturellement le teint très pâle, quand vous souriez, est-ce que vos dents paraissent plus jaunes ? Si c’est le cas, trouvez-vous que c’est une valeur ajoutée lorsque vous draguez quelqu’un ?

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    13 février 2011 à 18 06 18 02182
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    Selon moi, les individus ont le droit de vivre leur sexualité en fonction de ce qu’ils ou elles ressentent.

    Nous ne devons pas juger, mais « vivre et laisser vivre ». Apprendre à reconnaître une personne pour ce qu’elle est, dans son coeur. Tant et aussi longtemps qu’un individu ne vous manque pas de respect, je crois que cet individu a également droit au respect dû à un être libre. De toute façon ce principe est clairement établi et légalement reconnu dans la charte des droits et libertés. Touts ces combats pour la liberté de choix ont déjà été menés et gagnés. Chaque individu doit affronter ses propres peurs. Tout ce qui ne t’anéantit pas te rend plus fort/e. Le bonheur est une conquête , véritable ascension vers le sommet de l’être. Peu de gens trouvent le courage, la force qui est en eux, nécessaire à leur plein et total épanouissement. Il faut vaincre les préjugés, les dépasser, les éradiquer de notre pensée, afin de vivre parmi les vainqueurs. Voilà un formidable défi!

    On a le droit de ne pas être d’accord, mais pas de manquer de respect à l’encontre de quelqu’un qui est différent de nous.

    La sexualité est une question personnelle, il n’est pas nécessaire de se justifier de quelque manière. Toute personne est libre de vivre sa sexualité de la façon qui lui convient, dans le respect des individus et des lois, bien entendu.

    Tout le reste relève tantôt de la méchanceté ou de l’envie, tantôt des préjugés ou encore du banal potinage, genre parle-parle jase-jase. Rien de plus!

    L’essentiel consiste à s’aimer, s’accepter soi-même, pour être en mesure d’aimer quelqu’un d’autre, librement.

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