LUTTER CONTRE L’AUSTÉRITÉ, C’EST PAS ASSEZ !

Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

Conscience « citoyenne » et « objecteurs de croissance »

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Je veux bien que l’on propose de développer ma conscience « citoyenne » et mes   capacités de réfléchir par moi-même (http://2ccr.unblog.fr/). Je reconnais comme l’auteur de l’article «que la flexibilité n’a jamais empêché la hausse du chômage», elle l’a plutôt accéléré (1). Mais, je ne puis acquiescer quand l’a de l’économiste affirme : « Aucune société démocratique ne peut accepter que des pans entiers de sa population ne puissent pas vivre décemment».  Chaque jour, les sociétés « démocratiques » fomentent et organisent la déprédation des populations laborieuses et de l’armée de réserve des travailleurs – chômeurs et désœuvrés – ainsi que des masses paysannes et artisanes dans les pays en voie de sous-développement. Chaque jour, plus de deux-milliards d’êtres humains disposent de moins de deux dollars pour survivre. Chaque jour, des tonnes de victuailles sont jetées aux orties, javellisées, plutôt que de garnir la table de ceux qui ont faim. Il faut être frappé de cécité pour prétendre, en pleine crise économique systémique que le problème de l’humanité c’est la « croissance consumériste », et pour se poser en « Objecteur de croissance » en pleine période de décroissance décadente. Depuis plus de dix ans, la guerre impérialiste fomentée au Congo a exterminé plus de cinq millions d’êtres humains, le saviez-vous ?

 

Je m’insurge contre ces prétentions « démocratiques » et j’affirme que chaque société  bourgeoise exige que la majorité de la population trime dure pour survivre et chaque société démocratique bourgeoisie accepte de sacrifier une partie de sa population considérer inutile – parce que non-productrice de plus-value – en attendant de la lancer dans des guerres fratricides pour le repartage des moyens de production, d’échanges et de communication, entre grands conglomérats capitalistes multinationaux.

 

Poursuivons l’analyse du texte incriminé. L’auteur écrit : « Les remèdes du patronat, soutenus largement par le gouvernement français, ont fait preuve de leur inefficacité. Cela fait des années qu’une organisation comme l’OCDE (…) reconnait que le marché du travail en France est suffisamment flexible. Et pourtant, cette flexibilité accrue n’a pas empêché la hausse du chômage, au contraire. La seule voie raisonnable pour sortir de cette situation est de rompre avec l’austérité qui va de pair avec la dévalorisation du travail.  Le président de la République (François Hollande) a clairement opté pour l’économie de l’offre, autrement dit pour des politiques de dévaluations internes, de dévalorisation du travail et de réduction des services publics. Dans cette perspective, les décisions de la BCE sont saluées, surtout en ce qui concerne la baisse de la valeur externe de l’euro ; une dévaluation censée permettre la hausse des exportations françaises. L’essentiel de nos exportations se fait avec les autres pays membres (de l’Union européenne), lesquels se trouvent dans la même situation » (2).

 

En effet, l’essentiel du commerce extérieur des pays européens se fait entre pays européens. De plus, si, conformément aux préconisations des tenants de « l’économie de l’offre », tous les pays européens veulent augmenter leurs exportations, alors que partout il y a une insuffisance de demande, on se dirige vers une course au moins-disant social et une mise en concurrence plus féroce des salariés européens.

 

Flexibilité du travail et surexploitation des salariés 

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Arrêtons-nous ici pour examiner le cul-de-sac dans lequel l’auteur s’enfonce inexorablement. Il part de constats pertinents et véridiques, à savoir que le marché du travail français – et nous pourrions ajouter de tous les pays capitalistes – est flexible. Flexible, signifie que le patronat peut embaucher, saquer, déplacer, sous-payer, exploiter à volonté la main-d’œuvre embaucher. L’auteur a raison de souligner que cette condition est indispensable pour assurer la profitabilité des entreprises multinationales installées dans les pays européens, l’UE formant un seul et même marché transnational intégré et globalisé, il est donc inutile de dévaluer la monnaie commune pour forcer la concurrence, à moins que cette mesure vise à attirer vers les bourses européennes des capitaux spéculatifs venus prélever leur livre de chair à même le labeur de la classe ouvrière.

 

L’auteur, faute de ne pas comprendre que la résultante inévitable de ses justes constats est qu’il est totalement hors propos – sous peine de mort pour les filiales d’entreprises multinationales installées en France – de tolérer  « des mesures d’urgence comme l’augmentation immédiate du SMIC à 1700 euros bruts mensuels, ainsi que dans les mêmes proportions les minimas sociaux, les indemnités chômage, et les minimums retraites, et surtout, interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits, interdire également les délocalisations dans le seul but de verser plus de dividendes aux actionnaires alors que l’entreprise est viable ». Mais où se croit-il cet « objecteur de  croissance » ? Il voudrait dicter les lois de l’économie politique capitaliste aux capitalistes. Depuis quand l’État bourgeois peut-il forcer la diminution de la plus-value, et légiférer pour la faillite des multinationales apatrides ?

 

L’auteur en remet et pousse le courage jusqu’à exiger  « de diminuer le temps de travail (…) Une 6e semaine de congés payés, voire 8 semaines, ainsi qu’une durée de travail de 30h/semaine. En fait, il faudrait que le travail disponible soit réparti entre tous les ouvriers existants, cette répartition déterminant la longueur de la semaine de travail. Ne plus écouter le discourt archaïque de la droite patronale qui a toujours pleuré dans le gilet de l’État lorsqu’il a fallu qu’elle cède une partie de l’argent et du pouvoir qu’elle a escroqués aux citoyens comme en 1936 ».

 

Ces réclamations se retrouvent dans le programme électoral de la gauche bourgeoise. Un programme qui ne peut et qui ne sera pas appliqué, par aucun parti électoraliste de gauche. Et chacun de ces partis électoralistes ou de ces groupes altermondialistes ou de ces «objecteurs de croissance» le sait fort bien. S’il présente ces programmes loufoques, c’est qu’il désire obtenir quelques votes, en pensant que le jour improbable où la bourgeoisie leur proposera le pouvoir, ils feront comme Syriza et trahiront leur programme électoral, sinon ils ne verront jamais Matignon, l’Élysée, la Maison-Blanche, le 10 downing Street, ou le 20 rue Sussex de l’intérieur (3).

 

Les « acquis » qui s’enfuient

 

Nous sommes aujourd’hui très loin du temps bénis de l’État « providence », des fronts populaires, des fronts unis démocratiques bourgeois et des alliances de la gauche populiste et de ses programmes communs. Le panorama ne serait pas complet sans le couplet proudhonien sur l’injustice distributive de la richesse dans les sociétés capitalistes déjantées « Si on arrêtait de distribuer sans compter de l’argent au MEDEF, premier assisté de France, on trouverait de l’argent pour financer tout ce dont on a besoin. Sachant que la dernière tranche d’aide de 25 milliards a abouti à la création de seulement 100 000 emplois, soit 250 000 euros par emploi … de qui se fout-on? Devant des inégalités de plus en plus criantes, il devient urgent pour la classe capitaliste d’allumer des contrefeux » (4).

 

C’est vrai, les subsides que l’État bourgeois verse à ses maitres corporatifs servent à absorber leurs concurrents, et à acheter de la machinerie robotisée informatisée, à accroitre la productivité du travail salarié et à détruire des emplois davantage qu’ils n’en créent. Mais l’État bourgeois n’a pas le choix dans ce monde globalisé où chaque concurrent fait face à tous les autres, l’actionnariat ayant le choix de ses « retombées » d’emplois. De fait, l’économiste  préconise que le capitalisme ne soit plus le capitalisme, mais que nous demeurions sous le capitalisme « rénover », tâche homérique et désespérée. C’est sa contribution, comme celle de toute la gauche bourgeoise, pour tenter de sauver ce mode de production moribond. Car le plus triste dans cette affaire c’est qu’en investissant pour augmenter la productivité du travail salarié l’État des riches ne fait qu’approfondir le fossé dans lequel il s’est engagé. La composition organique du capital ne fait qu’augmenter et corrélativement le taux de profits ne fait que diminuer.

 

Le fondement de la crise économique systémique

 

Sous le mode de production capitaliste – dont l’État n’est que le porte-faix des ordres reçus du patronat (et non pas le thuriféraire du citoyen lambda que l’on ne consulte pas, surtout s’il risque de voter du mauvais côté) – la classe capitaliste a tous les droits, et c’est son devoir d’assurer la valorisation du capital (la livraison des dividendes à l’actionnariat comme l’écrit l’économiste). D’assurer, la reproduction élargie de la plus-value. La crise économique systémique ne provient pas de la surproduction des marchandises et/ou des capitaux. La crise économique systémique de décroissance ne provient pas d’une trop forte « croissance » qu’il faudrait « objecter ». La crise économique systémique découle du fait que les capitalistes mondiaux parviennent difficilement à valoriser le capital – à produire une abondante plus-value. D’où, les panacées financières monétaires boursières cherchant à produire artificiellement de la valeur d’échange sans création de valeur d’usage… quelle absurdité.

 

Si l’économiste veut faire œuvre utile pour sauver le capitalisme qu’il explique aux capitalistes qu’ils creusent leur tombe avec ces micmacs alambiqués consistants à imprimer de l’argent de pacotille, non adossé à des valeurs marchandes représentant des valeurs d’usage gorgées de surtravail (5). Aucune tactique spéculative autour « d’actifs boursiers dérivés » gonflés, qui dégonfleront comme baudruche au prochain choc financier, ne peut fonctionner pour l’éternité.

 

L’État bourgeois et la « politique de l’offre »

 

Revenons au concept d’État bourgeois en qui la gauche bourgeoise place toutes ses complaisances. L’État capitaliste n’est pas l’État de tous les citoyens (ces citoyens qui seraient fraternels, libres, égalitaires, solidaires, etc.). L’ÉTAT est l’appareil administratif – le fonctionnariat exécutif – des  citoyens de la classe dominante, patrons et propriétaires des moyens de production, d’échanges, de communication et de la finance. Sachant ceci l’auteur a raison de souligner que les conditions de vie et de travail se détériorent pour  les « citoyens » de la classe ouvrière qui ne souffrent surtout pas de « surabondance de biens et de services ». Mais cela n’est pas la conséquence de la décision du Président de gouvernement – cette potiche – courroie de transmission de l’État des « citoyens » riches « d’opter pour une économie de l’offre » (sic). Ça n’existe pas une « économie de l’offre ». L’économie capitaliste est conçue pour reproduire le capital – à l’infini –. Elle est  construite pour valoriser le capital, lui faire produire non pas de l’offre ou de la demande, mais pour produire de la plus-value qui devra être réinvestie pour produire encore plus de capital. Et cela dans chaque pays capitaliste européen pour reprendre l’exemple de l’auteur.

 

Voilà ce qui explique que les politiques économiques de tous les pays d’Europe sont identiques (sur le modèle des autres pays capitalistes incidemment). Ce sont des politiques économiques capitalistes qui répondent aux exigences présentes du mode de production capitaliste en phase de crise systémique. Et nulle part sur Terre ils ne peuvent assurer la reproduction élargie de la plus-value, sans attaquer sa contrepartie – le travail nécessaire, le salaire (direct et indirect). Les « objecteurs de croissance » en pourfendant ce qu’ils appellent le « consumérisme » des pauvres et des travailleurs de la misère, et en proposant que les salariés se serrent la ceinture et consomment moins, sont les portevoix des capitalistes qui pensent eux aussi que les journaliers gagnent trop – comparés aux ouvriers de Chine et de l’Inde et qu’ils devraient travailler plus pour  gagner moins.

 

Les attaques systématiques contre les salaires directs et indirects

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Les attaques contre le salaire direct des ouvriers sont bien identifiées par l’auteur de l’article, ce sont l’allongement du temps de travail, l’intensification des termes du travail (cadences, alternances), les hausses de productivité par l’innovation technologique, la robotisation et l’informatisation des tâches. Les attaques contre le salaire indirect, les bénéfices marginaux, et la part du salaire provisionnée par l’État sont également bien identifiés par l’auteur. C’est le report de l’âge de la retraite, la diminution des prestations de retraite et des allocations sociales, la démolition des services publics (soins de santé, médicaments, éducation et formation, garderies) qui assurent la reproduction élargie de la force de travail.

 

C’est imparable. Tout État et toute société capitaliste qui ne met pas ces oukases en pratique (couper dans les salaires et les « acquis » – réduire les « avantages » sociaux – et les services sociaux) est voué à sa perte. Voué à voir ses concurrents capitalistes – les multinationales d’en face – soutenus par les États capitalistes adverses –  au service des monopoles ennemis,  absorber ou détruire les  monopoles de l’autre côté du mur de verre qui sépare les conglomérats impérialistes transnationaux. Par contre, tout État qui applique ces « remèdes » pour ramener les profits à leur niveau antérieur court également à sa perte.

 

Il faut cessez de répandre parmi la classe ouvrière ces fumeroles à propos des « acquis sociaux, et des concessions arrachées dans les années 1936  ou en mai-1968 ».  En ce temps-là, au sein même des forces productives des pays capitalistes avancés il était encore possible d’obtenir des « gains de productivité » (lire, intensifier la surexploitation de la force de travail salarié), si bien que des concessions temporaires étaient encore envisageables pour le capital. En ce temps-là, l’impérialisme mondial triomphant était encore en expansion vers des continents encore vierges des forces productives capitalistes (contrairement à ce que Lénine avait laissé entendre sur la fin prématurée du capitalisme avec son entrée en phase impérialiste suprême décadente dès 1914). En ce temps-là des milliards de paysans-artisans-métayers restaient à métamorphoser en prolétaires salariés surexploités. Ceci est maintenant réalisé.  Maintenant, nous pouvons dire que la Terre entière a été partagée  (ce qui comprend la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Amazonie, La Nouvelle Guinée-Papouasie, le Congo et le Nigéria, etc.) entre les puissances impérialistes et que seuls les repartagent des marchés, des sources de matières premières, de la rente énergétique, des sphères financières et des secteurs d’appropriation de la plus-value prolétarienne sont possibles. Il ne reste plus de terres nouvelles à harnacher pour le système impérialiste globalisé. Les dernières zones dans la Russie et la CEI profonde, l’Inde et la Chine profonde sont en cours d’intégration, ce que ni Staline, ni Gandhi, ni Mao n’étaient parvenus à réaliser.

 

Le temps des grands affrontements

 

Voici maintenant revenu le temps des grands affrontements, classe contre classe (comme en 1914, comme en 1939), où les grands camps impérialistes retranchés s’affrontent  pour savoir quelle alliance absorbera les forces productives de l’autre camp et ses capacités de valoriser le capital par la surexploitation de la force de travail de milliards de prolétaires qui n’ont toujours – aujourd’hui comme hier – que leurs bras à offrir pour survivre.

 

Il est faux  de prétendre que sous le mode de production capitaliste : « Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos », c’est impossible. Ce mode de production n’a pas été conçu pour « satisfaire les besoins communautaires ».  Une seule solution, détruire ce mode de production qui n’existe que pour reproduire le capital et donc faire réaliser des « profits à gogos » et en construire un nouveau.

 

Les contrefeux

 

L’économiste a raison d’écrire que : « Devant des inégalités de plus en plus criantes, il devient urgent pour la classe capitaliste d’allumer des contrefeux : détourner l’attention de la crise, par la dette, la menace terroriste, etc.…Mais une des valeurs sures des riches  c’est de faire battre les pauvres contre les plus pauvres, le chômeur contre le précaire, le salarié du privé contre celui du public… » de tous les faire lutter contre les mesures d’austérité et pour préserver leurs « acquis » biens éphémères en laissant croire que le prolétariat peut gagner sur le terrain des réformes, ou sur le terrain électoral.

 

Il n’y a qu’une porte de sortie pour la classe ouvrière du monde entier – et ce n’est pas de faire obstacle à la croissance, ni à la décroissance, ni aux politiques d’austérité, ce qu’elle serait bien incapable de faire démunie qu’elle est de tout pouvoir. L’alternative c’est de comprendre que toutes ces guerres pseudoantiterroristes (les terroristes sont dans les parlements et dans les officines de l’État bourgeois) et toutes ces attaques contre leurs conditions de survie et de travail visent à faire tourner les usines et à engranger les profits de guerre et à permettre aux riches de régler leurs comptes sur le dos de la classe prolétarienne (6). Il faut donc congédier les capitalistes et leur mode de production moribond.

 

 

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(1)    http://2ccr.unblog.fr/ Textes de J.P Acasoca   http://2ccr.unblog.fr/search/acasoca

(2)    http://www.les7duquebec.com/ 7-dailleurs/la-flexibilite-na-jamais-empeche-la-hausse-du-chomage  Et  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-capital-fuit-les-etats-unis-et-lor-aussi/

(3)    http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/en-grece-ce-qui-devait-arriver-est-survenu-comme-nous-lavions-prevu/

(4)    https://2ccr.wordpress.com/?s=temps+de+travail

(5) Robert Bibeau (2015) Le dessous des cartes dans l’affrontement russo-américain.

(6)    Gérard Bad (2015)  http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-terrorisme-arme-du-capital-pour-son-industrie-de-guerre/

8 pensées sur “LUTTER CONTRE L’AUSTÉRITÉ, C’EST PAS ASSEZ !

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    9 décembre 2015 à 17 05 07 120712
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    Les élites considèrent le peuple et ses représentants comme une masse manipulée guidée par ses seules intérêts et ses passions, incapable d’agir de manière rationnelle dans l’optique d’un « bien commun » dont elles se considèrent comme les seules dépositaires et représentants légitimes.

    C’est tout le système médiatique subventionné par le pouvoir politique – et qui partage les mêmes intérêts de classe – qui se trouve « choqué » par l’irruption de « l’irrationalité » et de la « folie » populaire, qui ne peuvent qu’être le fait de la « maladie » et non la traduction politique de l’opposition des intérêts de classe.

    En réalité ce sont les élites qui sont malades, nous devrions nous débarrasser de ces élites décadentes et dégénérées si nous tenons à la vie.

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    13 décembre 2015 à 7 07 39 123912
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    Bon article, Robert, mais tu reste encore trop hypnotisé par le système que tu dénonce. En effet, peu importe que la rivalité entre blocs impérialistes soit vrai ou fausse (ce que je pense), parce que ce clivage est nécessaire au capitalisme et Orwell la magnifiquement illustré avec 1984. Autrement dit, qu’elle soit vrai ou fausse, cette rivalité sert exclusivement les intérêts des capitalistes et d’eux seuls.

    Le principe est simple, la nécessité de chefs (donc, du capitaliste) naît de la guerre ou de la menace de guerre (état d’urgence) et se meurt par la paix.

    Autrement dit, la guerre ou état d’urgence est le meilleur allié du chef (capitaliste), la paix son pire ennemi, car alors, le chef devient inutile, puis la principale sinon la seule menace pour la paix. Il me reste juste à préciser un mouvement cyclique que je pense formuler avec un article court, mais je pense efficace pour faire comprendre la nécessité de changement de modèle).

    je vais te donner la formule à partir de laquelle on peut déduire le modèle économique qui doit se substituer au modèle capitaliste.

    L’intérêt général est la somme des utilités particulières à l’accomplissement de la volonté générale, définit par la somme des besoins de chacun et de leur aspirations secondaires, dans les limites des contraintes jugées supérieures (autres formes de vie, droits/devoirs intergénérationnels).

    OU

    la liberté d’entreprendre commence là où s’arrête les nécessités du contrat social et s’arrête là où commence les contraintes environnementales (autres formes de vie et droits/devoirs intergénérationnels).
    Ce qui donne que la liberté d’entreprendre est la variable d’ajustement entre les nécessités du contrat social et les contraintes environnementales.

    Là aussi, il va me falloir écrire un article pour expliciter cette formule et en montre toute l’étendu conceptuelle.

    Robert, ce qui m’énerve avec les gens comme toi, c’est qu’ils disent vouloir changer le système sans savoir comment, mais refusent de lire les articles (certes « complexes ») de quelqu’un qui affirme savoir comment et dont tu as reconnu la qualité d’un article.
    Mais attention, savoir comment ne donne aucun pouvoir supérieur, car il est question de principes qui régissent les relations entres les êtres et non des êtres qui régissent les principes (système actuel), car dans ce dernier cas, c’est que les principes sont des leurres, bref, ils n’existent pas en tant que tels. Là aussi, va bien falloir que je m’attèle à expliciter les choses…

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      15 décembre 2015 à 10 10 50 125012
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      @ Hervé

      Je crois que c’est de l’idéalisme métaphysique que tu professes quand tu écris ceci : « Autrement dit, la guerre ou état d’urgence est le meilleur allié du chef (capitaliste), la paix son pire ennemi, car alors, le chef devient inutile, puis la principale sinon la seule menace pour la paix. »

      1) La classe capitaliste contrôle tout ou presque et détient tous les pouvoirs ou presque dans la société capitaliste. C’est donc cette classe qui peut faire la paix ou imposer la guerre. La classe prolétarienne ne détenant aucun pouvoir ou presque – ne peut que se plier aux désidératas de la classe dominante.

      2) SAUF, dans la situation exceptionnelle – insurrectionnelle – qui ne survient que dans des conditions objectives très précises. ALORS, la classe prolétarienne a une fenêtre d’opportunité devant elle pour transformer CONSCIEMMENT cette insurrection anarchique – spontanée – inorganisée – au pouvoir volatile et éphémère en un mouvement révolutionnaire radical, conscient, afin d’arracher tout le pouvoir définitivement à la classe dominante et se l’arroger via la dictature du prolétariat.

      3) Alors et alors seulement la violence guerrière révolutionnaire peut et pourra IMPOSER la paix à la clase dominante – déchue.

      4) Avant cet acte insurrectionnelle – révolutionnarisée – ce n’est que palabre de discuter de la paix qui castrerait les « chefs » qui ne sont que des marionnettes entre les mains de leur classe dominante qui en arrive à la guerre par la force du mouvement d’affrontement entre les puissances alliées et rivales – dialectiquement – jusqu’à la guerre

      5) D’ailleurs nul n’a pu imposer la paix depuis les guerres napoléonniennes puis les suivantes jusqu’à aujourd’hui – même pas l’URSS soi-disant socialiste !!?…

      Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

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    15 décembre 2015 à 9 09 40 124012
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    « Il n’y a qu’une porte de sortie pour la classe ouvrière du monde entier – et ce n’est pas de faire obstacle à la croissance, ni à la décroissance, ni aux politiques d’austérité, ce qu’elle serait bien incapable de faire démunie qu’elle est de tout pouvoir. L’alternative c’est de comprendre que toutes ces guerres pseudoantiterroristes (les terroristes sont dans les parlements et dans les officines de l’État bourgeois) et toutes ces attaques contre leurs conditions de survie et de travail visent à faire tourner les usines et à engranger les profits de guerre et à permettre aux riches de régler leurs comptes sur le dos de la classe prolétarienne (6). Il faut donc congédier les capitalistes et leur mode de production moribond. »

    Excellente conclusion.Tout est dit.

    Mais le problème est que les communistes ne savent pas en général ce qu’il faut transformer.La plupart réduit le communisme à la nationalisation et à la planification.Ces deux sont absolument nécessaires.Bien.Mais réduire la transformation économique révolutionnaire du capitalisme à ces deux est une grave erreur qui rétablit nécessairement la concurrence et la propriété privée classique(bases du capitalisme actuel).
    Qu’est ce qui détruit alors en profondeur, en plus de l’ Étatisation-planification, le capitalisme pour déboucher sur le communisme ? C’est la formation des travailleurs à toutes les branches du travail social.La condition de cette formation étant la grande industrie.C’est ce mouvement qui aboutit au travail libre, c’est à dire au communisme.
    Sous le socialisme donc, la condition du travail(ou comme « loi de production sociale » selon Marx), est le changement dans le travail, le principe du travail varié.Maintenir sous le socialisme, le travail spécialisé est archi-réactionnaire(voir l’histoire de l’URSS).Une forme sous laquelle la propriété privée doit nécessairement existé.Donc une nouvelle forme historique du capitalisme sous les conditions de la nationalisation et de la planification.
    Marx avait prédit que : c’est seulement lorsque le travailleur dévient un homme complet, c’est à dire sachant travailler dans n’importe quel domaine du travail social que la propriété privée est définitivement abolie.Et qui correspond réellement à l’appropriation des moyens de production par les travailleurs unis.
    Pensée très loin des communistes actuels victimes de la propagande de l’URSS passée.
    Le mouvement qui détruit vraiment le capitalisme est : l’ Étatisation-planification-travail varié comme solutions aux trois contradictions principales du capitalisme découvertes par Marx.Ces contradictions sont:
    1° contradiction entre plus-value et grande industrie
    2° contradiction entre concurrence et grande industrie
    3° contradiction entre travail spécialisé et grande industrie
    Remarques: toutes ces contradictions sont économiques.Les marxistes s’attaquent aux contradictions économiques pour changer la société actuelle.
    Il est inutile donc de vouloir s’attaquer aux religions, drapeaux et autres idéologies; il faut que les conditions économiques changent pour que celles-ci changent.

    Donc l’abolition du salariat est nécessaire mais plus jamais le capitalisme d’Etat, plus jamais le maintien artificiel du travail spécialisé(condition essentielle de la propriété privée des moyens de production).
    C’est ce que les travailleurs doivent savoir et ils ne manqueront pas de le savoir.

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      15 décembre 2015 à 11 11 22 122212
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      @ Jao

      Il y aurait beaucoup à écrire sur ton commentaire d’un haut niveau théorique. Félicitation.

      Je ne puis dans ce petit espace tout reprendre. Je m’attarderai à un seul extrait. Tu écris « Remarques: toutes ces contradictions sont économiques. Les marxistes s’attaquent aux contradictions économiques pour changer la société actuelle. »

      1) Toutes les contradictions ne sont pas économiques – mais toutes les contradictions même au sein des rapports de production reposent sur les contradictions principales – déterminantes – au cœur du mode de production (que tu identifies par le mot économie = on se comprend sur ce point). Il faudrait comme MARX utiliser le terme ÉCONOMIE POLITIQUE que les révisionnistes de toute espèce ont abandonné et ce fut une faute grave.
      2) Tu ajoutes que les marxistes s’attaquent aux contradictions économiques… C’est une erreur. Les MARXISTES analysent – expliquent les contradictions du mode de production qui sont d’abord et originellement de source économique, puis politique, et enfin idéologique. Nous n’attaquons pas les contradictions – comment pourraient-on attaquer des contradictions ???

      3) Ce qu’il faut écrire – ce que je fais depuis dix ans – c’est que la classe prolétarienne RÉSISTENT (elle n’attaque pas – elle attaquera seulement lors de l’insurrection pour la transformer en révolution consciente). Pour le moment elle résiste donc sur le front économique et politique de la lutte de classe – Donc elle résiste aux conséquences pratiques – matérielles – des contradictions qui minent le mode de production capitaliste de l’intérieur. Elle résiste avec plus ou moins de vigueur à l’austérité. Elle le fait sans nous les marxistes et elle n’a pas besoin de nous pour cette résistance spontanée. Notre rôle ne consiste pas à courir les lignes de piquetages sauf pour y expliquer le FOND DES CHOSES

      Le texte ci-haut le fait très bien il dit LUTTER-RÉSISTER = C’EST PAS ASSEZ – IL FAUDRA UN JOUR PASSER EN VITESSE SUPÉRIEURE ET RENVERSER LE POUVOIR BOURGEOIS POUR CRÉER UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ

      Pour ce qui est des trois contradictions que tu énumères je ne suis pas certain que tu aies la bonne formulation. Nous y reviendrons.

      Robert Bibeau. Directeur Les7duQuébec.com

      4)

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    15 décembre 2015 à 22 10 49 124912
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    Le Tchad, à l’instar du reste du continent africain sont pillés par les prédateurs capitalistes. Ces pillages décuplent les profits et l’arrogance des capitalistes.

    Vous concluez votre pertinente analyse par cette réflexion hautement marxiste léniniste : [« Il est faux de prétendre que sous le mode de production capitaliste : « Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos », c’est impossible. Ce mode de production n’a pas été conçu pour « satisfaire les besoins communautaires ». Une seule solution, détruire ce mode de production qui n’existe que pour reproduire le capital et donc faire réaliser des « profits à gogos » et en construire un nouveau]

    Je souscris entièrement à votre pensé. En effet, seule la destruction du capitalisme par la victoire d’une révolution socialiste, suivie de la construction d’une société socialiste, sous l’égide des véritables partis communistes ML dans nos états respectifs, sont à même d’instaurer la paix universelle et le bien-être pérenne pour les peuples du monde.

    Fraternelles salutations communistes,

    Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum
    Le Secrétaire Général d’ACTUS/prpe

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      16 décembre 2015 à 10 10 58 125812
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      @ Djimadoum.

      Cher professeur – il est probable que l’insurrection s’amorcera dans un ou quelques pays – mais elle devra s’étendre à un grand nombre de pays et devenir internationaliste sous la direction non pas des partis marxistes-léninistes mais sous la direction de la classe ouvrière révolutionnaire pour devenir une RÉVOLUTION prolétarienne.
      Malheureusement, l’expérience des directions de partis soi-disant ML n’ont mené qu’a la construction de capitalisme d’État partout où elles ont survenus.

      Robert Bibeau. Directeur Les7duQuébec.com

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