Magazine Summum et suicide: démission du rédacteur en chef Alain Rochette demandée.

 

 

Raymond Viger Dossier Médias et publication et Suicide

Sous la plume de Kathleen Frenette, le Journal de Montréal nous présente l’enquête du magazine Summum titré: Des trucs pour réussir son suicide.

Plusieurs raisons motivent une violente réaction de ma part contre les dires du rédacteur en chef de la revue Summum, M. Alain Rochette. M. Rochette y va d’une première citation:

Selon l’auteur de l’article, les gens qui cherchent de l’information ne passent généralement pas à l’acte.

En tant que rédacteur en chef, Alain Rochette devrait être plus renseigné quand un de ses journalistes touchent des sujets aussi sensible que le suicide. Comment peut-on interpréter ces quelques mots: « Selon l’auteur de l’article »? Cela veut dire qu’Alain Rochette n’est pas solidaire avec l’auteur de l’article et qu’il va mettre le blâme sur celui-ci si ça tourne au vinaigre. Désolé M. Rochette, mais le rédacteur en chef est responsable de ce qui est publié dans son magazine. Les journalistes ne travaillent pas en cachette. Ils travaillent sous votre « responsabilité ». Vous êtes responsable de vérifier les faits avancés par vos journalistes.

La phrase porte à confusion et interprétation, entretenant un mythe dangereux envers le suicide. Il est vrai de dire que la majorité des gens qui pensent au suicide ou qui passent par la crise suicidaire ne se suicideront. Certains trouveront des ressources pour les aider avant de passer à l’acte, pour d’autres, le goût de vivre enfoui sous la souffrance réussi à remonter assez fort et à temps pour éviter l’inévitable… Mais il est complètement faux de dire que parce que je cherche de l’information, je ne me suiciderais pas.

Quelqu’un qui veut vraiment se suicider n’aura pas besoin du magazine pour le faire.

Il est vrai qu’une personne qui veut se suicider n’a pas besoin du magazine Summum pour le faire. Sauf que la revue peut être un déclencheur pour en pousser un certain nombre à passer à l’acte. Le suicide est un sujet important qui ne doit pas être tabou. Mais on ne peut pas en parler n’importe comment.

Quelqu’un qui veut vraiment se suicider n’en parlera à personne et il va passer à l’acte.

Certains en parle, d’autres pas. On ne peut pas généraliser et mettre tout le monde dans le même bateau. Rajouter le mot vraiment se suicider est un affreux préjugé qui laisse supposer que des gens en crise ne sont pas sérieux. Cela risque d’empêcher des gens d’intervenir. Ça laisse supposer que si la personne est suicidaire on ne peut pas rien faire, ce qui est totalement faux. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Les gens qui font des recherches veulent plutôt être aidés.

Épouvantable comme affirmation. Quand quelqu’un fait des recherches pour trouver des moyens pour se suicider, ce n’est pas un appel à l’aide. C’est une recherche de la mort. La personne suicidaire demeure ambivalente. Cette ambivalence nous permet de pouvoir l’aider. Mais on ne peut pas se fermer les yeux et dire que ce n’est pas grave, ils ne veulent pas vraiment mourir.

Nos lecteurs sont âgés entre 15 et 35 ans, et si on n’est pas punchés, ils ne nous liront pas.

S’il faut pousser le sensationnalisme d’un magazine à un niveau où l’on est dangereux pour la société, c’est qu’on n’a pas grand chose d’intelligent à dire. Le magazine n’aurait pas sa raison d’être et ne mériterait que d’être fermé.

Si on peut en accrocher un avec ça, si on peut le réveiller, ce sera ça de pris.

Une fausse illusion de missionnariat. Si j’en ai sauvé un, ça méritait qu’on publie de telles faussetés! Mais s’il y en a 10 qui se sont suicidés à cause de ces jugements de valeur? S’il y a 10 proches d’une personne suicidaire qui ne sont pas intervenus et offerts leur aide à cause de ces préjugés? Et si vous en aviez accrocher aucun?

Pour toutes ces raisons, je suis dans l’obligation de demander le congédiement du rédacteur en chef du magazine Summum, M. Alain Rochette. De plus, tant que le magazine Summum n’aura pas procédé au congédiement de son rédacteur en chef, je demande que le magazine Summum soit boycotté. C’est un appel aux citoyens de ne pas acheter le magazine. C’est aussi un appel à tous les détaillants de retirer les copies du magazine Summum de leur présentoir de vente.

RESSOURCES

Si vous souffrez au point d’envisager le suicide, si vous avez un parent ou un ami qui pense à se suicider autour de vous, ne restez pas seul. N’hésitez pas à demander de l’aide.

Pour le Québec, 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00.    SOS Suicide: 0 825 120 354   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Guide d’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire. Un guide simple et accessible pour tous.

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13 pensées sur “Magazine Summum et suicide: démission du rédacteur en chef Alain Rochette demandée.

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    5 septembre 2009 à 4 04 32 09329
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    J’ignore si cela est lié au sujet ou au site, mais il semble que les 16 premières lignes de cet article soient à peu près illisibles, ou brouillées.

    Un livre a été publié en France au titre raccoleur, « suicide mode d’emploi » et a été retiré des ventes pour les mêmes motifs que ce que vous invoquez dans votre article. Il y était fait mention de diverses méthodes, et notamment parlait des doses exactes de quels médicaments il fallait user pour ne pas rater son suicide.

    Je suis bien évidemment assez dubitative sur la réelle utilité d’un tel livre et comme vous, assez inquiète sur la dangerosité potentielle qu’il représente.

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    5 septembre 2009 à 5 05 34 09349
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    Vous faites très bien de mentionner le risque que ce type d’article, tout comme le livre dont parle Sophie, puisse être un élément déclencheur et facilitateur.
    Il est bien documenté que lorsqu’une personne souffre assez pour vouloir mourrir, il s’agit souvent de moments dans la majorité des cas.
    Lorsque l’outil et le moment se croise, le risque de passage à l’acte est décuplé.

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    5 septembre 2009 à 6 06 51 09519
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    Bonjour Sophie.

    Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la présentation du texte. Je l’ai réécrit et cela a réussi.

    En France, des gens ont eu le courage de dire NON et d’enlever le livre des tablettes. Au Québec, nous sommes malheureusement plus mou sur les actions à prendre.

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    5 septembre 2009 à 6 06 53 09539
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    Vous avez raison de faire ce commentaire Brigitte. Le suicide est souvent question d’un temps très court où la souffrance est à son maximum et les moyens pour se suicider sont accessibles.

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    5 septembre 2009 à 7 07 32 09329
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    merci l’article est maintenant parfaitement lisible

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    5 septembre 2009 à 13 01 02 09029
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    pour les « maladies dégénératives » et pour ceux en « phase terminal » mais qui ont toutes leurs tete…..ou prendre l’information? son medecin? le « pusher » du coin? le debat sur l’euthanasie dois etre fait. pour les deprimes et autre mal de vivre, je n’ai pas de reponse, desole.

    Simon Lussier

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    5 septembre 2009 à 15 03 03 09039
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    Pour moi, même si le suicide et l’euthanasie sont liés , il me semble tout de même qu’il y a deux sujets bien distincts.

    Le suicide du sujet de l’article fait référence essentiellement à des personnes qui n ‘ont pas de pathologie dégénérative particulière, mais qui traversent une mauvaise passe ( séparation, chômage, solitude, alcoolisme ou toxicomanie par exemple) et que certains dans ces moments de déséspérance peuvent être amenés à pratiquer un suicide , alors qu’avec une assistance provisoire, ils parviendraient à sortir de leur difficulté passagère et vivre encore des années qualitativement tout à fait acceptables.

    Alors que en matière d’euthanasie , et de personnes souffrant de maladies particulièrement invalidantes ou souffrantes, sans espoir de guérison ou d’amélioration de quelque nature que ce soit, ces personnes en fin de vie souhaitent mettre un terme volontairement à leur calvaire.

    Ces deux cas de figure sont assez différents, d’autant que bien souvent dans le second cas, les personnes ont besoin du geste d’une tierce personne pour parvenir à leurs fins.

    Personnellement pour ce type d’euthanasie, j’estime que personne ne devrait avoir le droit de juger de la décision intime et personnelle d’un souffrant, surtout quand on sait que l’issue est de toutes manière fatale. Personne n’est capable d’estimer le degré de la souffrance que ce soit physique ou morale d’une personne dans cette situation précise.

    Dans les faits, quand les malades sont en phase terminale et que la souffrance domine , de nombreux médecins administrent des doses de plus en plus importantes de morphine , ce qui revient à une euthanasie passive de fait.
    Alors pourquoi ne pas encadrer ce genre de pratiques plutôt que de laisser au jugement du médecin l’appréciation dans chaque cas particulier ?

    Tant que le malade est lucide , si il réclame de lui même d’en finir, cela me semblerait plus adulte et responsable à ce moment de prendre le temps d’en discuter avec lui , qui est tout de même le premier concerné. Je trouve que l’absence de législation fait peser un poids trop lourd sur les épaules des médecins dont la vocation première est d’abord de soigner , de guérir et de soulager, dans le long débat sur l’avortement on voit bien que la légalisation est un indéniable mieux être sanitaire à la place de tous les avortements clandestins qui existaient et se passaient dans des conditions sordides. L’euthanasie en est là, elle n’a le droit qu’à la clandestinité, à l’hypocrisie et au mensonge , avec son lot de « ratés » ou de culpabilités qui n’ont pas lieu d’être.

    Dans nos civilisations , quand on a un animal domestique auquel on est attaché on a au moins la décence d’abréger ses souffrances quand on le sait perdu. Mais on doit au nom de la Vie Sacrée faire endurer tout un calvaire à nos proches malades et condamnés; je vous demande un peu !

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    5 septembre 2009 à 16 04 53 09539
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    Bonjour Sophie.

    Effectivement, le suicide et l’euthanasie sont 2 sujets totalement différents.

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    10 septembre 2009 à 14 02 19 09199
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    Voici le « lead » de leur article sur le site web de la revue:

    « Comment se suicider sans avoir mal et comment ne pas se rater? Comment avoir le courage de se suicider? Et comment le faire sans laisser de traces…? Allumez votre ordi et c’est parti… »

    C’est incroyable… Le rédacteur en chef Alain Rochette est un véritable hypocrite.

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    14 septembre 2009 à 4 04 12 09129
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    à Pierre

    J’aurais même dit que il est plutôt un incitateur au suicide à un tel point que ça en devient presque un homicide (in?) volontaire, et à ce titre, un acte criminel.

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    31 juillet 2011 à 23 11 12 07127
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    Le suicide est devenu un plus important problème de santé publique, il est devenu un consensus de la société à l’échelle. Les statistiques montrent que bien que 63% des victimes de suicide souffrent de divers degrés de troubles mentaux, mais seulement 7% des victimes de suicide avaient un psychiatre dans l’aide Qianceng silicium. En plus de suicides réussis par an dans le monde entier il ya environ 200 millions de personnes tentent de se suicider. Que chacun sera sur le suicide de cinq personnes autour d’un énorme impact psychologique, ils ont besoin d’un médecin possédant une expertise afin de faciliter, soulager la douleur du cœur, qui vit dans l’avenir afin de maintenir une attitude saine.

    Selon les chiffres faisant autorité dans les pays développés, il ya 500 personnes par million d’habitants engagés dans la recherche psychologique en Chine, seulement tous les trois à cinq millions de personnes ont été engagées dans la recherche dans ce domaine, mais par la recherche psychologique de se spécialiser dans le travail de consultation des savants est d’autant plus de moins en moins.

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    17 novembre 2011 à 20 08 30 113011
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    Wow, encore cette année Summum a augmenté son nombre de lecteurs! Félicitations à M. Rochette qui sait comment dénoncer les vraies choses sans avoir peur…d’avancer! J’adore votre magazine depuis tant d’années! Par chance que Summum n’est pas un magazine à potins livrant des messages que les gens VEULENT entendre. (Ce n’est que ça sur le marché, on ne se le cachera pas!) Et, Mme.Frenette…vous disiez? Vous « demandez » le congédiement de M.Rochette?…apparemment votre « boycottage » exigé en 2009 n’a pas porté fruit. Eh bien….

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