Mai 68, mouvement prolétarien international ou révolte petite-bourgeoise?

Par Mesloub Khider.  Sur http://www.les7duquebec.com

 

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« Comment peut-on penser librement à l’ombre d’une chapelle (église, mosquée, temple ou synagogue) ? » Mai 68

 

En ce jubilé de Mai 68,  cuvé avec modération, après l’avoir vendangé avec radicalisation, fêté dans l’ivresse de la réussite sociale par les anciens soixante-huitards, l’élite française, les hommes politiques tous partis confondus (aux programmes confondant de vacuités), tout comme les médias aux ordres juste aptes à déverser des ordures d’informations, commémorent à leur façon le grandiose Mai 68.

 

  En le couvrant au passage soit du linceul mortuaire, pour certains, soit d’un tombereau de mensonges, pour d’autres.  Parmi les contrevérités colportées par ces coqs gaulois, au premier rang figure ce mensonge de la « spécificité française » dans la production du mouvement Mai 68.

Rien n’est plus faux. La primauté n’en revient absolument pas à la France. La loyauté voudrait qu’on rétablisse la vérité, pour laver l’honneur de ces vagues de  révoltes mondiales très en vogue en cette décennie soixante diablement agitée. En cette époque des musiques iconoclastes débridées et des danses aux déhanchements endiablés. En cette période de la mini-jupe affriolante, et du maxi-shoot fortifiant.

A force d’avoir sniffé la spécificité culturelle française, nos intellectuels français ont fini par avoir des visions étroitement hexagonales. Pour ces descendants de Louis XIV, la Culture c’est eux. Dans la même lignée de l’État c’est moi, cher au Roi Soleil, ils pourraient proclamer : « la Révolte, c’est nous« . Hors de la France, point de salut révolutionnaire. Le monde s’ennuie. Nous on nuit, par notre exceptionnelle propension à la révolte. La révolte est une fabrication française, brevetée dans les musées de l’histoire. Et Mai 68 constitue  une spécificité française. Puisque, nous, les défroqués de la Révolution, les rangés du militantisme communiste stalinisé-maoisé-trotskysé, les intégrés au système capitaliste triomphant, on vous l’affirme. Ainsi, selon nos têtes blondes chenues dé-pouillées de leurs vieilles pensées ré-faux-lutionnaires, le mouvement soixante-huitard serait une spécificité française. Une production hexagonale. De fabrication artisanale française, œuvre d’authentiques Français aux mains d’orfèvre, mais à la cervelle de fève. 

En réalité,  Mai 68 s’inscrit dans une dynamique internationale. Mais pour nos plumitifs de service, Mai 68 est purement français. Il aurait démarré dans la nuit du 22 mars à Nanterre. Grâce à la seule prodigieuse éloquence  stimulante de Cohn Bendit, appuyée par la maladresse politique de De Gaulle connu pour  son paternalisme étouffant, le mouvement Mai 68 s’est ébranlé. Et ce fut la débandade pour De Gaulle. Cette érection de la personnalité de Dany le rouge en instigateur de la révolte contre le père De Gaulle dans une France impuissante, ne peut convaincre que les puceaux de la connaissance historique de la mouvance radicale. 

L’histoire universelle objective, au contraire, nous apprend que Mai 68 s’inscrit dans une dynamique des luttes mondiales contre le capitalisme et l’impérialisme. Et cette dimension internationale est volontairement passée au second plan pour faire finalement de Mai 68 une “spécificité française”. En réalité, la vague de contestation étudiante commence dès 1964, à l’Université de Berkeley en Californie avec pour revendication le droit de parole, la fin de la ségrégation raciale et l’arrêt de la guerre au Viêt-Nam. Cette vague se propage ensuite  au Japon à partir de 1965, en Grande-Bretagne fin 1967, en Italie, en Espagne, en Allemagne, au Brésil, en Turquie et au Mexique début 1968. Mais surtout, Mai 68 appartient au mouvement ouvrier international.

 


La vague de grèves commence en France en 1967. Et atteint son paroxysme en Mai 68. Ensuite elle va ainsi secouer le monde jusqu’en 1974 : le fameux Cordobazo argentin, “l’automne chaud” italien en 1969, l’Espagne et la Pologne en 1971, en passant par la Belgique et la Grande-Bretagne en 1972, la Scandinavie, l’Allemagne.

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La vague MAI 68 a même débordé les frontières de l’Europe et des Etats-Unis, pour atteindre l’Afrique. En Algérie, précisément à Alger, le désir de liberté s’est également exprimé (liberté et désaliénation). Les lycéens et étudiants algériens se joindront aussi au mouvement de révolte.  Alger a vécu des mouvements de grèves, et des manifestations dans les rues, lourdement réprimées.  Au moment du Grand festival panafricain de 1969,  des hippies du monde entier convergeront vers Alger.

Par ailleurs,  pour évacuer le caractère prolétarien de Mai 68, on focalise l’attention uniquement sur  la “révolte étudiante”. Le caractère prolétarien est ainsi masqué par la mise en avant du mouvement étudiant
La force de Mai 68, c’est la convergence des étudiants et des ouvriers, proclament aujourd’hui en chœur les gauchistes et les syndicalistes, à l’heure des manifestations et grèves perlées (bernées) actuelles.

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En vérité,  si Mai 68 a dynamisé la lutte partout dans le monde, c’est justement parce que la classe ouvrière ne s’est pas mise à la remorque du mouvement mais, au contraire, en est devenue la force motrice. Certes, au départ le mouvement étudiant des années 1960 était de nature petite-bourgeoise. 

 

Un des aspects les plus clairs  étant la volonté de « changer la vie tout de suite ».  « Vivre sans temps mort, jouir sans entraves ». « Il est interdit d’interdire ».

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Mais, le mouvement de Mai 68 prend de l’ampleur et sa dimension de classe qu’à partir du moment où la classe ouvrière relève la tête par son entrée dans la lutte. Beaucoup ignore que le 22 mai 1968 a connu la plus grande grève de l’histoire. En effet, il y’eut huit millions travailleurs en grève.

C’est alors la plus grande grève de l’histoire du mouvement ouvrier international. Tous les secteurs ont été concernés. Au cours de cette période, les facultés occupées, certains bâtiments publics comme le Théâtre de l’Odéon à Paris, les rues, les lieux de travail deviennent des lieux de discussion politique permanente. À cette époque, la répression féroce des étudiants mobilise de manière croissante la classe ouvrière portée par ses élans instinctifs de solidarité. 

 

Et Marx et d’autres auteurs révolutionnaires s’inviteront dans toutes les bibliothèques des maisons des prolétaires et étudiants en quête de lectures radicales maximalistes afin  d’étancher leur soif de connaissances du mouvement ouvrier et de parfaire leur  formation militante. 

En outre, contrairement aux élucubrations de la majorité des journalistes et analystes, Mai 68  n’a  pas été une “révolution des mœurs”. En effet, toujours dans l’optique d’escamoter la configuration ouvrière du mouvement de révolte de masse, depuis des années on s’acharne à réduire frauduleusement Mai 68 à sa dimension “étudiante”, présentée comme le symbole de la libération sexuelle et des femmes. Contrairement au programme de libération de l’humanité de toutes les formes d’oppression, porté par le marxisme, incluant la libération de la femme, la petite-bourgeoisie estudiantine de 1968 revendiquait tout autre chose, à savoir la libération “maintenant et tout de suite” dans le capitalisme. C’est la politique du capitalisme libidinal. Et non pas du socialisme révolutionnaire. Tout le monde se ligue pour dégrader ce mouvement à une histoire de libération des mœurs.

La persévérance de la bourgeoisie à rabaisser le mouvement de Mai 68 au soutien de gorges qui brûle et à la liberté sexuelle débridée n’est pas innocent. Elle cherche à dénaturer ce mouvement de masse prolétarien international. 

Enfin,  la fin de la grève de masse a été favorisée par les accords de Grenelle, célébrés par la  gauche et les syndicats comme LA grande victoire de 68. Au contraire, ces accords furent l’aboutissement du travail d’alliance du gouvernement et des syndicats pour arrêter le mouvement dans la défaite. Certes, ces accords ont acté l’augmentation des salaires. Mais, en vérité, cette augmentation des salaires sera rapidement enrayée par la hausse vertigineuse de l’inflation imposée par le patronat. Réduisant ainsi  à néant l’obtention de cette revendication salariale actée par les accords de Grenelle, tant vantés par les gauchistes.

En cette période de déclin de la lutte des classes marquée par le pessimisme, Mai 68 vient nous confirmer que le prolétariat est la classe révolutionnaire, qu’elle a la force de s’auto-organiser, de développer sa conscience par le débat en assemblées générales autonomes, de se dresser contre l’ordre établi et de le faire trembler.
Mai 68 n’est pas un “vieux machin du passé”.
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Le capitalisme est un système décadent qu’il faut abattre. 

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Aujourd’hui, la classe ouvrière  a perdu confiance en elle.  
La réalité de la force prolétarienne de Mai 68 devrait être une source d’inspiration pour elle. La bourgeoisie, elle, le sait. Voilà pourquoi elle  couvre le mouvement de Mai 68 d’autant de mensonges  et d’un linceul mortuaire. Et surtout pourquoi elle met en avant uniquement la révolte des étudiants, la soi-disant « révolution » des mœurs petites-bourgeoises histoire de les adaptés aux exigences nouvelles des rapports sociaux de production (liberté pour la femme d’être exploitée en entreprise, etc.). Car elle veut effacer de la mémoire ouvrière cette grandiose expérience de luttes révolutionnaires internationales.

« Tout souvenir perdu est un appauvrissement. » Victor Hugo

 

Mesloub Khider

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

9 pensées sur “Mai 68, mouvement prolétarien international ou révolte petite-bourgeoise?

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    27 août 2018 à 18 06 18 08188
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    Mai 68 en France? Marrant… J’y fus. En safari photo. Avec un père, pour l’heure étonnamment naïf, très passagèrement enthousiaste à l’idée que ces étudiants* (?! Évidemment; il pensait en termes de « monômes » alors que nous avions surtout affaire à des branleurs, surpris dans leur propre candeur par un succès inattendu qui n’était pas le leur mais celui des petits malins habituels – et je ne parle pas des “Katangais” – qui n’avaient rien à voir, ni de près, ni de loin avec le Quartier Latin mais qui les cornaquaient avec métier)… Que ces “étudiants”, pensait donc l’auteur de mes jours, allaient « secouer le Mandarinat ».
    Et c’est vrai qu’il aurait bien fallu secouer d’importance quelques vieux cons, une dernière fois, avant que de le devenir nous-mêmes.
    Il a donc fallu que je lui fasse observer, à mon père, qu’un tel** s’était fait la gueule à Saint-Just; un autre, celle à Robescaillou. Qu’un troisième bafouillait couramment du Danton.
    C’était beau comme du Lolly-Wood.
    J’ai dû le ramener à une observation plus froide de l’incident. Une “révolution”, on ne la fait pas en singeries façon bonobo en voulant ressembler à quelqu’un. On la fait avec ses tripes.
    Mais de tripes? Il n’y avait que celles – excellentes – qu’on se tapait chez « Jouhanne » au moment des arrêts de jeu.
    Les soissantuitards du début? C’était tous des fils de bourgeois aisés du seizième (arrondissement, pas siècle) qui avaient lu des livres (les fils. Pas les pères). Les ouvriers ont sauté de justesse dans la dernière rame du dernier métro – celui de la dernière représentation. Eux; c’était plutôt les 68-tard. Ils n’ont pas eu les mêmes cachets que ceux qui figuraient sur les plans rapprochés.
    Mongénéral s’est hélicopeté jusqu’à Baden-Baden pour se faire trop tard recadrer à coup de Massu. Ironie du sort: en filant sur Londres il était quelqu’un de pas encore arrivé; en revenant de Baden… il n’était déjà plus personne.

    La p’tite note:
    * Qui lisaient beaucoup, mais pas leurs polycopiés.

    Le supplément pour le dessert :
    ** Je ne livrerai pas les noms. Parce que je ne suis pas cafteur. Il nous est d’ailleurs facile, à nous qui les avons vécus, de les reconnaître malgré leur graisse jaunâtre et leurs peaux couperosées par trop de trop bons crus et tavelées de vilains coups de pieds de vénus à forte valeur ajoutée. Surtout à la tévé lorsque ces personnages d’importance s’affalent, épais et contents d’eux-mêmes, à l’arrière des chars de l’État.

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    28 août 2018 à 9 09 53 08538
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    On oublie toujours le « pas de côté » et la contestation de la société de consommation . Ceux qui ont quitté les villes pour élever des chèvres . L’embryon avorté (pas pour tous) de ce qu’il faudrait faire maintenant pour sauver la planète . C’était la vraie liberté vis à vis du fric qui triomphe maintenant avec son pendant , la corruption , si bien entrée dans les moeurs qu’on ne l’aperçoit même plus .

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    28 août 2018 à 12 12 29 08298
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    Salut,

    Tout d’abord d’accord pour dire que mai 68 était un mouvement prolétarien.

    Ensuite, je tiens à corriger certaines choses, qui montrent que tu minimises toi-même mai 68.

    1°) Bien des gens croient que l’inflation a très vite bouffé les augmentations de salaires obtenues en mai 68 (35% d’augmentation du SMIG, et 10% pour les autres salaires) ; mais c’est faux, car il y avait à l’époque l’échelle mobile des salaires.

    L’échelle mobile des salaires consiste à augmenter les salaires en fonction de l’augmentation des prix afin de conserver le pouvoir d’achat des salariés face à l’inflation.

    L’échelle mobile des salaires a été introduite en France en juillet 1952 sous la présidence de Vincent Auriol (SFIO) par le gouvernement Antoine Pinay (RI).

    Elle a été supprimée en 1982 quand Jacques Delors (PS) était ministre des Finances, dans le deuxième gouvernement de Pierre Mauroy (PS).

    Source : Wikipedia sur L’échelle mobile des salaires

    2°) Tu dis : « Beaucoup ignore que le 22 mai 1968 a connu la plus grande grève de l’histoire. En effet, il y eut huit millions travailleurs en grève »

    C’était infiniment pire (mieux) que ça. Je n’ai pas le temps de vérifier mes chiffres mais il y a eu pendant 15 jours, 10 millions de grévistes ; et 15 millions pendant 10 jours. 55% de grévistes. soit bien plus qu’en 36 !

    3°) Un tel pourcentage de grévistes aussi longtemps n’a eu lieu qu’en France c’est en ça qu’on peut dire que mai 68 est français.

    Mais il faudrait être bien ignorant pour ne pas savoir qu’il a été précédé par le mouvement hippie venu de San Francisco et qu’il a été suivi par l’automne chaud italien dont il est intéressant de bien préciser qu’il a été brisé par l’attentat de Piazza Fontana qui fut commis par l’État pour accuser les anarchistes :

    http://mai68.org/spip2/spip.php?article1724

    Bien à toi,
    do
    http://mai68.org/spip2

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      28 août 2018 à 12 12 56 08568
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      @ Do

      Merci pour ces précisions DO.

      Pour ma part – je crois tout à fait secondaire qu’il fallut 10, 20 ou 30 ans pour que les gains salariaux soient grugés ce que la go-gauche appelle LES ACQUIS – qui ne sont jamais acquis sous le capitalisme – ce principe est crucial – le temps escompté pour y parvenir est du détail historique. Admettons qu’il aura fallut les socialistes Mauroy et Delors pour compléter le minage – l’important est de retenir ce qu’étaient les PS

      Viva la Franca 1ere du monde mais la véritable question au-delà des statistiques du nombre de chômeurs est bien de comprendre POURQUOI TOUTE CETTE MOBILISATION S’EST FINIE EN PET DE SOURIS (en terme révolutionnaire s’entend – je ne minimise pas les gains salariaux arrachés pour apaiser les mutins) ???

      Le texte n’aborde pas cet aspect = que devrions-nous conclure de MAI – 68 mouvement insurrectionnel avorté ?? QU’EN PENSEZ-VOUS ???

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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        29 août 2018 à 9 09 00 08008
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        Salut,

        Le mouvement révolutionnaire est comme la marée, elle s’en va et elle revient. Des fois il y a les grandes marées, voir les marées gigantesques. Un jour la marrée emportera tout sur son passage.

        Guy Debord estimait que mai 68 était plus important que la Commune et même que 1848 (1848 étant à ses yeux plus important que la Commune). Il estimait qu’il faudrait une dizaine de mai 68 pour faire la révolution.

        Mais il était optimiste par rapport à Léo Ferré qui disait : « Dans 10 000 ans nous aurons tout ! »

        Moi je suis beaucoup plus pessimiste. Je pense que nous avons 15 ans pour empêcher que par un mouvement, qui sera alors devenu irréversible, les machines nous tuent tous dans 50 ans. Et je ne crois pas que dans 15 ans on aura fait la révolution.

        Tout est foutu.

        Bien à toi,
        do
        http://mai68.org/spip2

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          30 août 2018 à 19 07 29 08298
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          Je suis de votre avis, et donc très pessimiste. Surtout parce que les rongeurs de peuples (et surtout les engrangeurs de profits absurdes) ont choisi de faire tenir leur construction financière déséquilibrée en s’appuyant sur la plus grande masse de connerie humaine disponible: les béats qui croient en des béatitudes composėes à grands coups d’algorithmes dans la logique d’exploitation prônée par le défunt Edward Bernays… neveu de l’escroc Freud, et mentor – bien involontairement sans doute puisque Bernays ėtait juif – du bon docteur Gœbbels. Je ne vois – hélas – pas d’autre espoir que d’attendre – en se calfeutrage – le moment où la Nature, à bout de patience, se mettra à sélectionner. La Nature n’élit pas… contrairement au dieu des petits prétentieux qui s’arcqueboutent en vain contre elle. Le ressac promet d’être saignant. Je dispose encore de quelques billets pour le spectacle.

          Accessoirement, ce ne seront pas les machines qui nous tueront; ce seront les prétentieux un peu promėthéens (des bipèdes tellement incultes qu’ils n’en décèlent pas même le risque inhérent) qui les auront lâchées en roue libre.

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        29 août 2018 à 9 09 18 08188
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        Par ailleurs, bien préciser que les salariés ont profité de leurs avantages acquis depuis mai 68 jusqu’en 1982, est TRÈS important ; car 13 ans de pris pour les augmentations de salaires, c’est 13 ans de pris ! Et ensuite, le pouvoir d’achat n’a diminué que très progressivement avec l’inflation.

        Et pour les autres avantages, il leur a fallu bien plus longtemps pour les détruire avec diverses privatisations. En 1974 il y a eu aussi de grandes grèves dans le public pour empêcher les privatisations, il leur a fallu attendre des dizaines d’années pour oser privatiser les PTT, EDF-GDF, la SNCF…

        Mai 68 est très important ! Et l’esprit de mai 68 ne s’est pas terminé en mai 68 !

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    28 août 2018 à 14 02 21 08218
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    @ tOUS

    C’est inévitable, plus l’on traite d’un événement historique d’importance et MAI-68 en fut – auquel on a participé de près ou de loin – plus la tentation anecdotique est prégnante.

    Mai-68 fut COMME TOUT MOUVEMENT POPULAIRE – donc populiste, spontanée, échevelée = inutile de le redire TOUS LES MOUVEMENTS sont ainsi et le seront toujours c’est dans la nature MAIS QUE PEUT-ON APPRENDRE de ce vaste mouvement ayant impliqué des millions d’individus en France seulement et ayant eu des répercussions dans le monde ??

    1) Ce fut un mouvement spontané = oui = hors contrôle et qui se nourrissait lui-même de répression et de résistance et qui a surpris les étudiants petits-bourgs eux-mêmes. Leaders petits-bourgs qui furent rapidement instrumentalisés par les médias du pouvoir
    2) Le prolétariat ne sut rien faire contre cela et assista en spectateur
    3) La go-gauche entra en carnaval – en transe – sans aucune analyse sérieuse sauf que ça bougeait – ça s’excitait
    4) L’appareil d’encadrement bourgeois (syndicats et partis politiques) se démasquèrent comme de véritables courroies de transmission du pouvoir = CA C’EST UN ACQUIS IMPORTANT POUR LA CLASSE QUI aujourd’hui se souviens de 1968 et refuse de se trainer à toutes les manif-parades-pour permettre aux bureaucrates syndicaux de se vendre plus cher à l’encan des collabos.
    5) Finalement, le prolétariat eut la sagesse de profiter de l’occasion, pour taper du pied et vendre sa tranquillité à bon prix (hausse de salaire même s’ils furent repris – ce fut autant de pris pour un temps)… et autres considérations.
    6) La classe dans son immense sagesse évalua consciemment que les conditions objectives (on était encore dans une phase économique de prospérité même que les étudiants voulaient monté dans l’échelle sociale) (la crise elle s’en vient en 2018) et les conditions subjectives n’étaient pas mures. Donc le prolétariat INSTINCTIVEMENT COMPRIT QUE TOUT CELA NE pouvait mener nul part et certainement pas à une insurrection mondiale ni à une révolution prolétarienne mondiale et il ramassa ce qu’il pouvait monnayer

    J’en félicite le prolétariat de France. Comment un trou du cul comme Cohn Bendit – un pédophile (la lie de l’humanité) pouvait-il prétendre à diriger le prolétariat européen vers un monde meilleur, cette merde du passé ??

    Sage et perspicace que le prolétariat de France = Félicitations.

    Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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