MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (6)

Nous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial :

1) D’abord, nous avons traité des questions du sectarisme, entrisme et dogmatisme, cette maladie sénile du gauchisme. Paru ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-3/

2) En prolongement du sujet précédent – nous avons abordé la question de l’unité du mouvement ouvrier. Paru ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-4/

3) Nous présentons aujourd’hui les instances de la lutte de classe : l’instance économique (le fondement), l’instance politique (décisive) et l’instance idéologique (préalable). http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-5/

4) À l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’octobre nous présenterons nos réflexions.

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CH 3 : LES TROIS INSTANCES DE LA LUTTE DE CLASSE (suite-2)

Lutte de classe dans l’instance politique

Abordons le deuxième niveau de la lutte de classe – l’instance politique – là où tout se complique mais l’instance où tout s’explique. Nous l’avons décrit, la classe ouvrière mène spontanément – instinctivement – la lutte de classe sur le front économique, notamment la lutte gréviste. Ne serait-ce que parce que l’État attaque les régimes de retraite; laisse augmenter les prix des biens de première nécessité, ainsi que le prix des services publics. L’État réduit les services destinés à la reproduction de la force de travail (santé, éducation, transport, culture, sport, loisir), alors que les patrons tiennent les salaires sévèrement verrouillés. Bref, les ouvriers mènent spontanément la lutte de résistance de classe sur le front économique.

Le salaire minimum (SMIC) est maintenu par l’État à un niveau si bas que certains ouvriers sont menacés de crever au travail, comme des condamnés, tandis que d’autres cumulent deux ou trois emplois précaires, à temps partiel et mal payé. Sans compter les cadences de travail en usines et sur les chantiers qui mettent la vie des salariés en danger. Toutes ces conditions objectives créent des situations de résistance spontanée sur le front économique de la part de la classe ouvrière malgré la collaboration de classe affichée par les appareils bureaucratiques syndiqués.

Nonobstant ceci, les militants ne doivent jamais oublier que la mission historique du Parti Ouvrier est beaucoup plus stratégique que de diriger des grèves ou de s’impliquer dans les luttes spontanées des ouvriers. La mission des organisations de masse du Parti politique de la classe est de publiciser ces combats et de les canaliser vers l’éclatement insurrectionnel en posant la question du contrôle et de la conquête de l’appareil d’État. Puis du contrôle des leviers de l’économie publique et privé par les Soviets ouvriers (conseils ouvriers). Contrôle et gestion du pouvoir non pas par un parti des «masses populaires» mais par les Soviets eux-mêmes, en concertation avec le parti de la classe ouvrière formé de révolutionnaires aguerris.

Une Sainte alliance de pseudos partis socialistes, sociaux-démocrates-solidaires, communistes-révisionnistes ancienne manière et nouvelle formule améliorée (maoïste); d’organisations de la pseudo «gauche» frontiste mène des campagnes de «solidarité» en faveur d’un groupe de grévistes ou d’un autre, appelant à la compassion alors que ces organisations devraient plutôt appeler à la révolte pour éradiquer la classe exploiteuse toute entière, s’emparer de tout le pouvoir d’État et imposer la dictature du prolétariat. L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même et non pas de ces missionnaires «solidaires» opportunistes. Mais pour ce faire les conditions objectives de l’insurrection doivent être réunies et ni le parti, ni ses organisations de masse, ni les syndicats, ne décident de l’accumulation et de la maturation de ces conditions économiques, sociales et politiques objectives et spontanées.

L’État et les médias à la solde de la classe bourgeoise prennent d’infinies précautions pour isoler ces luttes, sur le front économique, de celles qui se mènent dans l’instance politique. L’attitude des médias et des politiciens bourgeois est particulièrement pernicieuse en ce qui concerne les combats que mènent les travailleurs de la fonction publique. En économie impérialiste moderne l’État bourgeois a un rôle très important à jouer dans le processus de reproduction du capital financier. Entre autre, l’État doit développer de nombreux services afin d’assurer la reproduction élargie de la force de travail (reproduire – former – soigner – encadrer – réprimer) des salariés à livrer aux financiers.

Cette fonction cruciale amène l’État à engager et à payer des milliers et même, comme aux États-Unis et en Chine, des millions d’employés pour assurer cette immense intendance. L’État bourgeois – l’émanation politique de la classe capitaliste – se retrouve donc sur la sellette pendant ces périodes de négociations, jouant à la fois le rôle de l’État employeur-exploiteur, de l’État législateur, de l’État redresseur, de l’État payeur-emprunteur-taxeur ayant le rôle d’enrégimenter tous ces travailleurs pour leur faire donner le labeur maximum contre le salaire minimum socialement acceptable.

Étant donné l’importance numérique et le rôle capital que joue cette multitude de travailleurs du secteur public et parapublic, dans le développement économique et la reproduction élargie du capital financier, la classe capitaliste attache une grande importance à l’encadrement de ces millions de salariés; importance à négocier leurs conditions de travail et leur salaire; à pervertir leur dirigeants syndicaux; finalement, à placer tous ces travailleurs en concurrence nationale et internationale. C’est la raison des négociations sur la «libéralisation» du commerce des services qui ont cours à Genève, depuis deux ans, afin de conclure un accord international global (ACS) tel que dévoilé par Wikileaks (Secret Trade in Services Agreement – TISA). (1)

C’est la tâche des organisations de masse du Parti ouvrier de dévoiler ces tractations nationales et internationales à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière, d’en expliquer les intentions, d’en subsumer les manifestations afin de stimuler la résistance de chaque centre «national» de lutte, de concert avec tous les autres – d’un État-nation à un autre, indépendamment des frontières nationales imposées par la classe capitaliste. Voilà l’exacte compréhension du concept de «solidarité» ouvrière internationaliste, bien différente de la visite «touristique» des lignes de piquetage des anarcho-syndicalistes.

 

Dans cette lutte de classe entre l’État national bourgeois (et même transnational dans le cas de l’Union européenne ou de l’ONU par exemples) et ses milliers de salariés, il n’y a plus d’écran de fumée – il n’y a plus aucun paravent. Pendant ces périodes d’échauffourées l’État des riches est exposé impudique devant ses employés enragés. Les prévarications et les prébendes que l’appareil politique bourgeois a ordonné; les intérêts sur prêts dont il a abreuvé les rentiers richement rétribués; les parachutes dorés qu’il a accordé à ses affidés; le refus d’augmenter les salariés et les compressions budgétaires qui a imposé à ses employés et aux bénéficiaires, tout est exposé sur la table de négociation publique et l’État des riches doit trouver le moyen de maintenir l’illusion qu’il est l’État des citoyens et des citoyennes, au-dessus des partis et des classes sociales quant, à l’évidence, il défend les intérêts des capitalistes car il est l’État par et pour les riches. Les luttes syndicales contre l’État policier offrent l’occasion d’exposer l’obséquiosité de l’État policier et la complicité des appareils syndicaux dans cette marchandisation des salariés.

 

La mission des organisations politiques de la classe ouvrière n’est pas de se substituer à la classe afin de lui imposer des revendications soi-disant «transversales et globales»! À l’encontre de la panoplie d’organisations gauchistes, la mission des organisations de masse du Parti Ouvrier sera ici de démontrer l’intime relation systémique qui existe entre ces luttes dans l’instance économique et celles menées dans l’instance politique de la lutte de classe, et le rôle dirigeant de la classe ouvrière dans cette résistance devant être menée jusqu’à l’insurrection si la classe le veut bien. Le Parti Ouvrier diffusera le mot d’ordre de résister à l’État policier dans chaque pays, non as pour réformer l’État policier mais pour l’éradiquer.

 

L’État est présenté par la communauté citoyenne des gauchistes comme au-dessus des classes sociales – comme impartial, ou alors comme inopinément compromis et corrompus, gauchis de sa mission historique d’équité et de justice. Pour les gauches multiples, les parlements et les gouvernements doivent être conquis par la force des urnes et la puissance des bulletins de vote, en faveur de ces redresseurs de torts de la gauche multicolore, qui militent pour maintenir l’État providence et rétablir sa politique d’aumône, ce qui, nous le savons, est devenue impossible. La conjoncture économique de crise systémique ne permet plus cette «générosité» de l’État policier.

 

Évidemment, toutes ces litanies fumistes et utopistes sont fortement appréciées par les médias enrégimentés qui reprennent les slogans de ces gauchistes, qui pour une université – qui pour un hôpital au service de la classe ouvrière et contre la «gentrification» des quartiers urbains. L’objectif de toutes ces demandes de réformes étant de briser l’unité entre les salariés de la fonction publique et ceux du secteur privé surtaxés et qui seront présentés comme ceux qui auront à payer ces revendications des excités de la gauche. Ces gauchistes agités feront ensuite paraître acceptables les compromis des bureaucrates syndicaux par la mystérieuse «opinion» publique…(qui n’existe pas, soi dit en passant).

 

Récemment, dans une assemblé populiste une militante d’ONG subventionnée arborait fièrement sa revendication d’un revenu minimum garanti de 23000 $ annuel après impôt pour les assistés sociaux, oubliant que les 500 000 travailleurs québécois peinant sous le salaire minimum (10.35$/h.) gagnent à peine 362$ pour 35 heures de travail par semaine, soit 18837.$ annuellement, avant impôt. Voilà la recette parfaite pour diviser les salariés par groupes d’intérêts et par secteur d’activité.

 

Les organisations de masse du Parti Ouvrier doivent politiquement contrer ces billevesées et présenter les mots d’ordre unificateurs qui ne permettront pas à l’État bourgeois de diviser les travailleurs en résistance sur le front économique et qui porteront plutôt cette unité vers le front politique pour la conquête du pouvoir d’État, ultime objectif de la lutte de la classe ouvrière.

 

Sur le front politique de la lutte de classe l’important pour la classe bourgeoise est que jamais le prolétariat ne se trouve organiser, structurer et conscient de ses intérêts particuliers (ce qui n’est nullement corporatiste), et que jamais le prolétariat ne soit orienté vers la conquête du pouvoir d’État, condition indispensable à son hégémonie de classe pour l’édification du mode de production socialiste. Cette mission délicate et complexe d’endiguement et de liquidation de la lutte ouvrière est dévolue aux syndicats bourgeois et aux organisations de la «go-gauche» plurielle et populiste.

 

Un parti politique quel qu’il soit, et malgré ses prétentions universelles, n’est jamais que le parti qui défend les intérêts d’une classe ou d’un segment de classe. Le parti de classe du prolétariat ne fait pas exception à la règle. Il n’est pas et ne peut pas être le parti du peuple tout entier, ou le parti des «masses populaires et citoyennes» comme aime à ergoter les anarchistes, les anarcho-syndicalistes, les éco-socialistes, et toutes les organisations frontistes et populistes. Au contraire, le Parti Ouvrier est celui de l’avant-garde révolutionnaire. C’est le parti qui milite et œuvre dans l’intérêt du peuple car l’intérêt du peuple concorde avec celui de la classe ouvrière maîtresse de son Parti Ouvrier Révolutionnaire.

 

À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

(1) https://wikileaks.org/tisa-financial/
http://www.fr.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1975:2014-07-06-13-23-57&catid=94:monde&Itemid=427

6 pensées sur “MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (6)

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    16 juillet 2014 à 12 12 15 07157
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    La pensée marxisme-léninisme tout comme la pensée libérale sont des idéologies figées et ne peuvent évoluer. En vérité, pour ces pensées idéologiques il n’y a que la croissance de la production et le salariat pour donner sens à la vie, la différence entre les deux c’est la façon de distribuer la richesse créée par le travail des dominés. Les adeptes de ces idéologies ne savent pas vraiment ce qu’ils disent ni ce qu’ils font. Que choisir, la domination libérale ou la domination marxiste-léniniste, moi je choisi la simplicité volontaire.

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    17 juillet 2014 à 11 11 49 07497
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    @ Lefuneste

    1) Il n’est pas vrai que la pensée Marxiste reste figée – c’est totalement faux. Mes écrits nombreux qui analyse la crise économique présente (celle amorcée en 2008) le prouve à l’évidence.
    2) La publication de ce manifeste ou je repose la question des luttes de libération nationale – leurs destinées – et notre implication en tant que marxiste position en partie inédite le prouve une autre fois.
    3) Par ailleurs il est tout à fait exact que les fondements de l’analyse économique du capitalisme par la science marxiste demeure les mêmes… il en sera ainsi tant que le système d’économie capitaliste – le mode de production capitaliste sera ce qu’il est.
    4) Ainsi, il ne viendrait à l’idée e personne de déclarer que la loi de la gravité est démodée – et qu’il serait temps d’en retirer toute référence dans les volumes de physique pour la remplacer par d’autres lois plus à la mode – inopérante mais plus glamour juste pour faire divertissant et suivre l’air du temps. (;-????

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    17 juillet 2014 à 11 11 51 07517
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    @Lefuneste

    Je note agréablement que vous semblez comprendre mon propos – mon langage et mes textes aujourd’hui.
    Je vais poursuivre mes efforts de simplification de mes écrits. Merci de vos commentaires.

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    20 juillet 2014 à 0 12 01 07017
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    Camarade, pensez vous encore réellement que la politique quelle qu’elle soit puisse apporter une solution contre le capitalisme?
    La totalité du monde est vérolée jusqu’a la moelle, les sociétés occidentales, européennes comme américaines sont rongées par ce cancer er les cerveaux baignent dans la sloche englués de sucre, d’argent, de pornographie et d’abrutissements en tous genres.
    En parcourant le monde et les pays pauvre on remarque sans difficulté que les humains sont obnubilés par l’apparence, la possession, l’envie d’appartenir à cette élite américaine ou européenne.
    Les seules voix révoltées sont celles de pauvres internautes soit disant rebelles
    , des anonymes impuissants, ou des bourgeois en mal d’émotions qui manifestent contre Israel et rentrent se vautrer dans leurs biens matériels.
    Les seuls acteurs physiques sont des allumés du corans, alimentés il y a quelques années par la CIA et maintenant plongés dans la merde jusqu’à la gorge, se gargarisant de religion absurde et de principes cruels.

    Pourtant la majorité silencieuse, si elle est éduquée, si on sait lui parler, n’attend que la révolte, la vraie, tabula rasa.
    Tabula rasa c’est de tout refaire, tout recommencer, et pour que tout recommence sans souffrir de la perversion de ce monde actuel, car il est plus pervers que l’imaginaire ne peut le faire, il faut tout détruire.

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      20 juillet 2014 à 10 10 24 07247
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      Jusqu’à maintenant je n’ai jamais lu quelque chose s’approchant d’aussi près de la réalité et pour une rare fois je suis vraiment sérieux.

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  • Ping :MAI 68 - L'AUTRE MONDE

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