MYSTIQUE ENVIRONNEMENTALISTE ET FADAISE DE L’HYPER-CROISSANCE

Robert Bibeau. Directeur. http://www.les7duquebec.com

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Les thuriféraires de la décroissance

 

Le cynisme des intellectuels du Club de Rome, financer par la Fondation Rockefeller, et celui des plumitifs petits-bourgeois avides de « décroissance » dépassant les bornes, il est temps de remettre les pendules à l’heure des hémisphères de la misère. Le journaliste Thierry Meyssan ayant correctement identifié l’origine de la mystique climatique et environnementaliste (1) nous allons reprendre là où il a abandonné, sur le thème de « l’hypercroissance et de la nécessaire décroissance ».

 

Commençons par une citation pathétique : « En 1972, le Club de Rome avait publié un premier rapport intitulé « Halte à la croissance ».  Les experts de club mettaient en garde l’opinion internationale sur l’extrême menace que la croissance fait peser sur la planète… En 1972, ils donnaient 60 ans au système économique mondial pour s’effondrer. En mars 2012, ce même Club de Rome a publié un nouveau rapport. Dans ce rapport il est écrit : « tout se déroule comme prévu pour que surviennent de grands désastres, probablement à partir des années 2020. Dans ce rapport, repris par le site Médiapart, les « experts » (sic) affirment que « pour empêcher la destruction du monde il faut s’imposer une décroissance radicale ». Voilà qui est clair.  À l’évidence, avec les crétins de gauche, de droite et d’ailleurs, qui à longueur de journée font l’apologie de la croissance, il ne devrait même pas nous rester 4 ans pour s’amuser un peu. »

 

Cette citation présente la quintessence de la pensée petite-bourgeoise-écologiste-vert-écosocialiste. Cette prophétie du Club de Rome tombe à point puisqu’en effet une grande dépression économique pointe à l’horizon – dépression qui se manifestera évidemment par une décroissance encore plus grande que celle que nous vivons présentement – dans l’indifférence des apologistes de la décroissance – (2).

 

En effet, n’en déplaise au Club de Rome et à ses laudateurs décroissants, les Trente glorieuses (1945-1975) ont été suivies par les Trente piteuses (1975-2005) qui se sont prolongée par les Trente désastreuses (2005-2035) qui se profilent à l’horizon et ceci n’a rien à voir avec une subodorée pseudo « hyper-croissance » économique puisque la plupart des pays impérialistes sont en récession depuis des années n’en déplaise aux statisticiens américains.

 

Cette récession mondialisée n’attend qu’une conjoncture catastrophique pour se transformer en Grande Dépression – pire que celle des années trente (1930) – qui sera suivi – comme dans les années trente – d’une guerre mondiale cataclysmique… Voilà qui devrait ravir le Club de Rome et les épicuriens qui se donnent quatre années pour « s’amuser » (sic) !

 

À bien y réfléchir il appert que la prophétie du Club de Rome et des « objecteurs de croissance », et leur vœu pressant pour la décroissance sonne comme un appel au désastre appréhendé sur lequel ni eux ni personne n’a de contrôle. Le grand capital, incapable de sauver son système économique en panade, remettra ainsi la responsabilité de la catastrophe sur le dos des victimes, les salariés pressurés.

 

La décroissance galopante

 

Le prolétariat mondial n’a aucun pouvoir au sein de la société capitaliste et les bobos, et les intellos, voudraient le culpabiliser pour les décisions qu’il n’a pas prises et qu’il endure, désespéré. Ainsi, depuis 1975, aux États-Unis, le revenu réel des familles ouvrières a diminué de 15 % alors que les familles à salaire unique sont disparues. Aujourd’hui, aux États-Unis, comme partout en Occident, une famille doit cumuler 2 ou 3 emplois-salaires hebdomadaires pour survivre. Aux É.-U., la semaine de travail moyenne s’est allongée de 10 %. Une majorité de travailleurs s’échinent 50 à 70 heures par semaine, dans des emplois précaires – tertiaires – sous-payés – pour tout juste « arrivés » (joindre les deux bouts). Presque 2 % de la population américaine (7 millions d’individus) sont en prison, en attente d’un jugement ou en libération conditionnelle. Aux États-Unis 14 travailleurs meurent au travail chaque jour et des centaines d’autres sont estropier chaque journée. Le taux de chômage réel tourne autour de 15 % depuis des années. Le Bureau de la statistique fédérale masque cette réalité en ne comptabilisant pas les travailleurs découragés qui ont cessé de chercher à se salarier. Au cours du krach financier de 2007-2009, des millions de familles américaines ont perdu leur maison et se retrouvent à la rue, elles vivent parfois dans leur automobile. Pour les autres, le logement compte pour 50 % des dépenses du ménage. Les soins de santé absorbent 15 % du PIB national et davantage du revenu d’un ménage et pourtant la couverture médicale n’est que partielle. Les régimes de retraite sont l’objet d’attaques en règle de la part des entreprises et de leur gouvernement. Le gouvernement américain préconise le programme de retraite « 401 K » dans lequel employeurs et employés versent de l’argent dans un fonds qui est administré par des consortiums financiers de « boursicoteurs » qui l’investissent dans le spéculatif risqué. Depuis l’instauration de ce programme, les prestations de retraites des travailleurs ne sont plus que de 10 % à 33 % de ce qu’elles étaient dans l’ancien régime de retraite. Pendant la crise de 2008, les trois grands de l’auto (GM, Ford, Chrysler) ont réussi à se décharger d’une dette de 50 milliards de dollars US, des fonds de retraite non provisionnés. Un nouveau fonds de retraite a été mis en place (VEBA, Volontary Employee Benefiaciary Association) administrée par la centrale syndicale UAW et dont la valeur est basée sur les cotes boursières des grands de l’auto en chute lente à la bourse américaine.  En 2011, les grands de l’auto ont conclu un contrat de travail à deux vitesses avec la centrale United Automobile Workers (UAW). Un nouveau salarié engagé par ces entreprises multinationales sera payé 14 dollars US de l’heure plutôt que 27 $US/h. pour les ouvriers déjà embauchés. Depuis, de nombreuses conventions collectives se signent avec des diminutions de salaire partout aux États-Unis. Enfin, les États-Unis sont au 42e rang mondial pour l’espérance de vie derrière des pays sous-développés et ils ont le taux de mortalité infantile le plus élevé des pays capitalistes avancés (3).

 

Tout un chacun peut aligner des statistiques comparables à propos de l’économie d’un pays capitaliste ou d’un autre. Évidemment, nous pourrions aussi ajouter que dans les pays en voie de sous-développement plus de 2 milliards d’individus survivent quotidiennement avec moins de deux dollars US par jour. De quelle « hyper-croissance » parle-t-on au juste ? Pire, la crise économique de décroissance du mode de production capitaliste s’amplifie et la misère populaire s’approfondit comme le souhaitent le Club de Rome et leurs flagorneurs les « objecteurs de croissance » en décroissance.

 

Les causes de la décroissance

 

Le problème du mode de production capitaliste déclinant n’est pas un problème de croissance économique, bien au contraire. Pas même un problème de décroissance financière, monétaire ou boursière. Ce mode de production ne parvient plus à se reproduire, c’est-à-dire, à valoriser le capital qu’il a accumulé et qui se gaspille et s’éparpille sur les bourses du monde en pure perte spéculative surfaite et obsolète (l’immense fortune bidon des milliardaires qui comptabilisent leurs avoirs boursiers spéculatifs). Dans leurs tentatives pour survivre à leurs concurrents monopolistes les entreprises gaspillent, détruisent des marchandises, et tentent d’échapper aux couts croissants de production que leur impose le modèle de développement capitaliste pour le profit à tout prix. Ce n’est pas en appelant à moins de croissance et à davantage de crises économiques systémiques, ou en tolérant une autre Grande Dépression et en s’engouffrant dans une autre guerre mondiale apocalyptique que le prolétariat améliorera son sort. C’est en renversant ce mode de production décadent que le prolétariat international posera le premier jalon de la construction d’un nouveau mode social de production. L’insurrection populaire commencera par la grève générale illimitée.

 

_______________

(1)   Le milliardaire David Rockefeller milite pour l’arrêt de la croissance mondiale. Il sponsorise un think tank, le Club de Rome. Celui fait réaliser une étude par l’équipe de Dennis Meadows (Massachussetts Institute of Technologie), qui est publiée sous le titre Halte à la croissance ? et devient un best-seller.

(2) Club de Rome https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome Le Club de Rome a été créé à l’initiative de l’industriel italien Aurelio Peccei (alors très actif en Amérique latine) et du directeur scientifique de l’OCDE Alexander King, grâce au soutien financier de la famille Agnelli (pour laquelle Peccei avait travaillé). L’idée de départ était de créer un Forum mondial qui lierait les questions économiques et l’environnement. Cet objectif fut plus ou moins satisfait avec la création du PNUE. Le Club de Rome, désormais largement financé par les Rockefeller, abandonna alors son discours méthodologique pour devenir le porte-parole du malthusianisme. Certains participants à la réunion fondatrice du Club (avril 1968) s’en étaient déjà éloignés lors de la parution du rapport Meadows (mars 1972).

(3)   Loren Goldner. La lutte de classes aux États-Unis depuis le krach de 2008. Échanges. No 138. Automne 2011. Paris. Pages 30-43.

(4)   Manifeste du parti Ouvrier (2014) http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

3 pensées sur “MYSTIQUE ENVIRONNEMENTALISTE ET FADAISE DE L’HYPER-CROISSANCE

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    10 février 2016 à 15 03 27 02272
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    Il faut de la croissance mais la consommation est limitée par la spécialisation ossifié des salariés d’où crise de surproduction périodique.

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      11 février 2016 à 2 02 31 02312
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      La seule croissance acceptable et celle de ses organes génitaux !!!!!!!

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