Neigeux Noël et hommage au verglas !

À Noël on se souhaite la paix… Mais est-ce que vous êtes fiers de nous ? Vous lisez les journaux ?  On parle de hockey, de la vie privée des vedettes du sport et du cinéma, de crimes crapuleux qu’on ne fait rien pour empêcher, de trafics qu’on fait tout pour encourager, de pseudo problèmes économiques qu’on pourrait régler d’un trait de plume mais qu’on laisse pourrir, comme le chômage, l’éducation, la corruption

On laisse pourrir, parce que l’essence d’une politique de temps de paix, c’est de ne pas faire de vagues. Rester tranquille en espérant que la situation demeurera supportable le temps de vivre une carrière de politicien sans envergure. En temps de guerre, c’est autre chose….

En temps de guerre, il y a de vrais problèmes à régler et on prend des décisions. En temps de guerre, on sait que c’est le travail qui produit, qui enrichit et qui fait gagner les guerres… et tout le monde travaille. En temps de guerre, on sait que l’argent est un papier commode pour reconnaître le travail effectué et faciliter les échanges… et on en imprime selon les besoins. En temps de guerre, on sait que c’est la solidarité qui fait gagner les guerres. Pendant la guerre, on reprend contact avec la réalité.

Je dis “la guerre”, mais il faut comprendre “crise”, “urgence”, “catastrophe”. Au Québec, il y a douze ans, nous avons fait la guerre.  L’ennemi, c’était la neige, le froid….la Crise du Verglas. Nous avons gagné cette guerre, parce que nous nous battions contre de vrais ennemis. Le froid est une réalité; un fil brisé est un vrai problème pour lequel il y a une vraie solution – le réparer – et avec lequel on ne peut pas tricher: le courant passe ou ne passe pas.

Si nous avions réagi à cette crise comme nos gouvernants réagissent à nos problèmes de “temps de paix” – chômage, éducation, justice, santé, etc. – c’est le froid et le verglas qui auraient gagné. Si nous avions procédé par commissions d’enquête, griefs, injonctions, si nous avions lancé un “vaste débat public”, si nous avions pensé d’abord aux coupures budgétaires, aux privilèges syndicaux et au profit des investisseurs, nous serions morts de froid. Dieu merci, on a repris contact avec la réalité et on a fait ce qu’il fallait. J’ai été fier de nous. Le temps d’une guerre.

Mais après? Après le verglas, on est revenu au spectacle navrant des politiciens de “temps de paix”? Ceux qui se gargarisent de mots et préfèrent se battre contres des fantômes, pour pouvoir dire de temps en temps qu’ils ont gagné quand ils choisissent de changer de moulin a vent.  Ceux à qui il faut 30 ans pour digérer une mise à jour de l’éducation… dans un monde où une technique qui a cinq ans est désuète.  Ceux qui trouvent “naturel” un taux de chômage de 9%, sans vouloir voir qu’il cache une réalité de 22 % de sans-travail.  Des politiciens qui ne voient rien de scandaleux à ce qu’il y ait des scandales

Pourquoi les gouvernements qui peuvent réagir avec célérité à une crise naturelle imprévue ne peuvent-ils pas réagir avec la même promptitude pour résoudre les problèmes cruciaux permanents – et bien connus – de notre société? Il n’y a, hélas, qu’une seule réponse à cette question: nos gouvernants NE VEULENT PAS régler les problèmes de notre société.

Ils feignent de lutter contre le chômage, mais, en réalité, ça arrange bien les marchés financiers que près d’un travailleur sur quatre ne travaille pas; ça diminue la pression à la hausse sur les salaires, et il faut bien que les ouvriers cèdent la place aux machines, si on veut des investissements rentables et une production concurrentielle. Ils feignent de lutter contre le crime organisé, mais ça fait bien l’affaire du pouvoir en place que les marginaux et délinquants les plus doués trouvent plus attrayant de régler leur problème individuel en s’enrichissnt dans le crime que de devenir les leaders d’une révolte collective dont ils seraient les Guevara et les Mao potentiels. Et il y a des retombées…

Nos gouvernements feignent de vouloir réduire la dette publique, mais tout le monde sait bien que le volume de la dette dépend fondamentalement d’une série de décisions quasi-quotidiennes de recourir à de nouveaux emprunts portant intérêt – plutôt qu’à la prese à billets, gratuite – pour financer les investissements de l’État. Des décisions dont chacune transporte un peu plus vers les riches l’argent qu’on ira chercher chez les moins fortunés de notre société.

Et le reste de l’action de l’État est à l’avenant. Des feintes, des escarmouches, pour soutenir l’image d’une volonté – qui en fait n’existe pas – de changer la situation actuelle, de créer une société plus équitable. Tous nos gouvernants constituent, quel que soit le parti dont ils se réclament – un bloc monolithique opposé au changement. Nos gouvernants sont en paix, bien intégrés dans les rangs de ceux à qui la situation actuelle profite. Rien ne presse. Il n’y a pas de catastrophe…

Quand la guerre est finie, on dit des niaiseries. On dit que nous sommes les meilleurs parce que Laliberté va dans l’espace, parce que Céline a une jolie voix et un bon manager… On dit qu’il est plus important d’équilibrer le budget que d’avoir une population en santé. On fait comme s’il n’y avait pas d’autres solutions que de donner plus à ceux qui sont déjà pleins aux as et de laisser sur le bord de la route ceux qu’on ne prend pas le temps d’éduquer, de former, de mettre au travail. La solidarité? C’est pour les jours de tempêtes, pour les jours de guerre contre le froid et le verglas.

Il faudrait insuffler à ceux qui nous dirigent la volonté ferme de traiter avec le sérieux qu’ils méritent les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il faudrait qu’ils comprennent que la crise actuelle justifie qu’on lui fasse la guerre.  Où sont les « chefs » avec des méninges et des couilles ?  Peut-être que s’il neigeait beaucoup, et qu’on avait un peu de verglas…

Pierre JC Allard

7 pensées sur “Neigeux Noël et hommage au verglas !

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    21 décembre 2009 à 7 07 43 124312
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    Je n’aimerais pas voir le Québec aux prises avec un verglas majeur et avec John James Charest au pouvoir….
    J’en frissonne déjà, rien qu’à y penser !

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    21 décembre 2009 à 16 04 01 120112
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    Pourtant, nous sommes toujours en état de crise.
    Si ce n’est pas le verglas, ce sont le terrorisme, la guerre aux drogues, la grippe H1N1, la grippe aviaire, le SRAS, les changement climatiques, la crise économique. C’est une job à temps plein d’imaginer d’où la prochaine crise proviendra…

    Les gouvernements aiment nous faire peur pour mieux nous contrôler…

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    21 décembre 2009 à 17 05 57 125712
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    @ garamond:

    L’image de Charest ne serait pas toléré à l’écran s’il y avait une vraie crise. Le marionnettiste nous en offrirait une autre …ou nous montrerait son visage.

    @ Marc:

    Je suis en Asie. Les prévisions locales sont plus proches des réalités, car on est toujours un peu sceptique quant aux approvisionnements :-))

    @ La prochaine crise est la prise de conscience de la manipulation. Mais il n’existe simplement pas d’alternative pour prendre la relève

    PJCA

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    21 décembre 2009 à 18 06 54 125412
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    « La prochaine crise est la prise de conscience de la manipulation. »
    Je l’ai toujours dit, ça n’arrivera pas… les gens absorberont en payant les multiples dîmes et les nouvelles restrictions la tête baissée en se disant que c’est moins pire que… ça prend un grain de sable pour enrayer cette machine ….

    Parlant de sable, @Pierre , les deux pieds et le cul dans l’sable, ça aide à philosopher au lieu de rentrer du bois et pelleter ? ( ça se veut de l’humour mon homme…et un peu d’envie)

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    21 décembre 2009 à 23 11 23 122312
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    PRISE DE CONSCIENCE DE LA MANIPULATION
    C’est bien là le pire… Il va en falloir du verglas pour dégeler les canadiens, les québécois et tous les participants à ce montage théâtral.
    Nous vivons dans le plus beau pays du monde. Les somniférés sont crédules aux gouvernements.
    Comment réveiller un bien capitonné?
    Le froufrou de Copenhague suffit à aveugler la masse devant cette « grandeur » où le jupon dépasse.
    Le « petit » peut bien rêver… Plus ça va, moins l’habitat sera disponible pour le citoyen dit « moyen »…
    Il ne reste plus qu’à attendre que le volcan crache sa lave. Une fois bien tisonné, avec quelques boursoufflures, peut-être qu’on se réveillera du coma profond. Mais trop tard…
    La réalité…
    Il n’y a pas que l’argent qui est devenu virtuel. On vend du rêve à crédit.
    Tant que le mince fil de fer ne cassera pas, on aura la « certitude » de vivre sur un plancher.

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  • Ping : Les pixels à crédit… « LA VIDURE

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