Nord contre Sud, Occident contre Orient ?!…

L’histoire de l’humanité

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L’histoire du monde n’est pas l’histoire des peuples du Nord en guerre contre les peuples du Sud, ni celle des luttes des peuples d’Occident contre les peuples d’Orient. C’est l’histoire de la lutte des classes au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’évolution de l’humanité. Il s’avère que pour des raisons historiques le mode de production le plus avancé, le mode de production capitaliste (MPC) s’est développé en Europe en tout premier lieu (au Nord comme disent les tiers-mondistes) et que de là, le capital s’est imposé par la force des armes et par la croix dans différentes contrées tant au Nord qu’au Sud de la planète. Voilà pourquoi les sociétés se sont retrouvées avec ce que les altermondialistes voudraient présenter  comme l’opposition antagoniste entre le Nord et le Sud.

 

Cependant, la bourgeoisie du Sud est toute aussi cynique et terroriste que celle du Nord. La bourgeoisie du Nord n’a pas attendu celle du Sud pour massacrer les populations septentrionales. La Grèce, l’Ukraine, la Serbie, les Balkans, le Caucase sont  des régions de l’hémisphère Nord, ravagées par la guerre avant celles du Moyen-Orient. Les plus terribles guerres mondiales se sont déroulées au Nord de l’Europe, et en Chine-Japon-USA dans le Pacifique Nord notamment. La classe ouvrière du Nord, pour utiliser la typologie des tiers-mondistes et des altermondialistes, est présentement  massacrée par la bourgeoisie du Nord et la classe ouvrière du Sud par la bourgeoisie méridionale ! D’autant que maintenant la dernière tendance idéologique bourgeoise (depuis Samuel Huntington) consiste à fomenter des oppositions entre Occident et Orient (sic).

 

La classe prolétarienne

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Les communistes révolutionnaires considèrent que la classe prolétarienne existe depuis la naissance du capitalisme et que ce mode de production ne peut subsister sans le prolétariat. Le prolétariat continue d’évoluer dans sa composition et dans sa distribution en même temps que ce mode de production évolue et se transforme. Ainsi, au temps de Marx il y avait des dockers – sans grues mécaniques cependant, mais dans leurs rapports sociaux ils étaient des dockers prolétaires. Au temps de Marx il y avait des travailleurs salariés dans les banques, des caissiers et des caissières, sans ordinateurs cependant. Mais ce n’est pas l’outil de travail informatique qui leur attribue leur statut social et qui détermine les rapports sociaux qu’ils entretiennent  avec les ploutocrates milliardaires propriétaires du capital bancaire. Ils sont plus nombreux qu’ils ne l’ont jamais été dans l’histoire du capitalisme, mais l’antagonisme entre la classe prolétarienne et la classe capitaliste monopoliste n’est pas pour autant modifié.

 

Ce qui a changé depuis Marx ce sont les proportions et les localisations des contingents de prolétaires et non pas les rapports de production, ni la capitalisation. Le capitalisme se mondialisant – se globalisant et s’internationalisant, d’immenses contingents d’ouvriers internationalistes se retrouvent dans le port d’Abidjan aussi bien qu’au Pirée – en Chine et aux USA – au Canada et en Guinée, etc. D’autres contingents de travailleurs migrent du Sud, en crise systémique, vers le Nord, aussi en crise systémique, mais dont l’État providence n’a pas  fini d’être  liquidé, ça ne devrait pas tarder (c’est la « justice » de la mondialisation qui assure une égale répartition de la compassion).

 

Oubliez l’idée que les millions de travailleurs immigrants vont s’embourgeoiser, une fois traverser les mers de l’apocalypse déchaînée et du trafic d’esclaves salariés effréné.  C’est fini l’embourgeoisement du prolétariat d’Occident tout autant que du prolétariat d’Orient, ainsi que des migrants qui passent d’un continent à une autre misère encore plus précaire (1).

 

Le monde mondialisé – globalisé est en crise systémique internationale et ce que nous percevons n’est que la tête de l’iceberg de la désespérance dans le Nord comme dans le Sud; en Orient comme en Occident. Cette crise économique systémique et mondiale brasse les populations et fait se soulever les plaques tectoniques des classes en mouvement  dans chaque  continent où la résistance s’enhardit inévitablement.

 

Une Troisième Guerre Mondiale (TGM)

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La mondialisation et la globalisation ont pour résultat que le monde se simplifie et se réduit petit à petit à l’immense masse prolétarisée des salariés de toutes nationalités d’un côté, face à une poignée de ploutocrates gavés (riches de valeurs de pacotilles gonflées à l’hélium de la spéculation boursière), propriétaires de tous les moyens de production, d’échanges et de communication du côté opposé. Au milieu de ces deux “continents” économico-politico-sociologiques s’agiotent une quantité importante de petits bourgeois, reliquats de l’époque de prospérité relative du capitalisme moribond (1945-1975). Cette petite bourgeoisie, en cours de paupérisation, n’en revient pas qu’on lui impose ces sacrifices (la jeter sur le pavé). Elle pleurniche donc pour que le monde revienne en arrière, au temps béni du capitalisme “prospère” et de la surexploitation coloniale. Un temps qui ne reviendra pas avant que le monde ait d’abord connu une Troisième Guerre Mondiale (TGM) et que des centaines de millions de morts et des destructions sans nombre aient endeuillé la Terre tout entière (2).

 

Alors, et après seulement, Trente nouvelles glorieuses seront peut-être envisageables. Jusqu’à ce qu’une Quatrième Guerre Mondiale (QGM) impose un grand ménage – de grandes destructions de forces productives et de capital fictif accumulé et inapte à se valoriser. Il en sera ainsi jusqu’a ce que le prolétariat mondialisé,  globalisé, internationalisé,  toutes ethnies confondues – toutes nationalités  confondues (peu importe que les travailleurs du Sud se retrouvent au Nord et que les salariés du Nord se retrouvent dans des PME oubliées, au chômage ou à la retraite forcée), ce prolétariat internationalisé devra renverser ce mode de production moribond afin de construire un nouveau mode de production prolétarien communiste comme nous n’en avons jamais connu dans l’histoire de l’humanité civilisée.

 

Plus nous approcherons de cette échéance ultime vers laquelle nous mène l’histoire des sociétés “capitalisés”, de l’époque impérialiste moribonde, plus s’activeront des nuées de sectes – de petits bourgeois désoeuvrés – venues prêchées la « bonne nouvelle »  réformiste – et expliquer comment à force de protestation, de négations, de marches, de pétitions, les “peuples”, comme ils appellent les masses prolétariennes exploitées, parviendront à changer le cours du mode de production capitaliste et ainsi sauvé ce bateau ivre échouer sur les plages de leurs rêves dépités (3).

 

Rien ni personne ne peut  sauver le capitalisme en perdition – tout juste les petits bourgeois parviendront-ils à prolonger l’agonie de leurs maîtres au prix de notre vie d’ouvrier aliéné.

 

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(1) La tragédie des « boat people » du travail salarié. Robert Bibeau. 3.06.2015.

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/la-tragedie-des-boat-people-de-travail-salarie/

(2) Vers la 3e guerre mondiale Robert Bibeau. 5.08.2015. URL

(3) La classe ouvrière et la gauche sectaire. Robert Bibeau. 29.07.2015.  URL

 

 

 

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