Paul versus Sarah

Jean Gagnon Dossier Actualité économique

Depuis le dépôt du budget de l’administration Obama la semaine dernière, la question du déficit budgétaire et de ses conséquences à long terme sur l’économie américaine ont pris beaucoup de place dans l’actualité financière. Et pour cause. Il s’agit là d’une question épineuse, pas nécessairement facile à comprendre, et pour laquelle les opinions peuvent facilement différer.

Sarah Palin, l’ex-candidate à la vice-présidence américaine lors de l’élection de novembre 2008, a soulevé un enthousiasme délirant de la part d’une foule de partisans du sud des États-Unis samedi dernier à la réunion nationale du Tea Party. Elle tentait d’expliquer que la gestion budgétaire de l’administration actuelle allait mener les États-Unis tout droit à la faillite.

C’est que les États-Unis devront absorber un déficit gigantesque cette année, soit 1,3 trillions de dollars, et un autre probablement aussi grand l’an prochain.

Mme Palin évoque une croissance à outrance des dépenses du gouvernement, principalement les programmes de sauvetage du système financier, ainsi que les subventions aux entreprises et les programmes de relance économique pour expliquer les déficits. Elle, qui pourrait bien tenter sa chance à la prochaine élection présidentielle en 2012, exige entre autres choses la fin de ces programmes et la mise en place immédiatent d’une réduction des taxes pour tous les américains.

Agenda politique

Paul Krugman, récipiendaire du Prix Nobel d’économie en 2009, n’est pas du tout de cet avis. Il qualifie d’hystérie tous les discours enflammés autour du déficit, et craint que cette attitude pousse le gouvernement dans la mauvaise direction.

Il ne faut pas mettre fin aux programmes de relance, mais les augmenter selon lui. Une des principales raison de l’augmentation du déficit est la crise économique elle-même qui sabre dans les revenus du gouvernement. La hausse sensible du taux de chômage réduit d’autant les recettes fiscales. Mettre fin aux programmes de relance et diminuer les dépenses du gouvernement ne feraient que décupler le problème.

Il serait suicidaire que le gouvernement se retire maintenant, selon Krugman. Plus l’économie est faible, plus le gouvernement doit être pro-actif.

Pour lui, l’hystérie autour du déficit n’est là qu’en fonction d’un agenda politique, celui du parti républicain. La complexité de la question du déficit fait en sorte que pour plusieurs, il devient difficile de départager entre le cynisme des uns et l’argument économique sérieux des autres.

Et ce qu’il y a de plus tragique, selon lui, c’est que cette hystérie du déficit gagne suffisamment d’adeptes et fait en sorte qu’à Washington on ne cherche plus qu’à couper quelques milliards de dépenses par-ci par-là et qu’on oublie de s’attaquer au vrai problème, celui de l’emploi.

 

7 pensées sur “Paul versus Sarah

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    10 février 2010 à 2 02 29 02292
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    On revient a un combat droite-gauche, aujoud’hui Keynes/Galbraith contre Friedmann… Mais c’est des conneries. La réalité, c’est qu’on attend Mussolini qui va rire à gorge déployée en donnant une rasade d’huile de ricin à tous ces « traders »… et vous voulez que je vous dise ? J’en serai bien content.

    Pierre JC Allard

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    10 février 2010 à 8 08 28 02282
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    Sarah Palin à un Tea Party? Incroyable, comme si elle avait quoique ce soit à voir avec ce mouvement de résistance. Voilà une autre dérangée qui va tout faire pour devenir une candidate potentielle, quitte à lécher le derrière du puissant lobby sioniste et attaquer l’Iran et se faire passer pour une partisane du « grassroot movement ».

    Les États-Unis sont tellement endetté qu’il est impossible de rembourser cette dette. Ils ont tellement gonflé la masse monétaire que nous allons très bientôt assister à la destruction de la valeur du dollar américain et à l’hyperinflation. Le pouvoir d’achat des Américains a été détruit volontairement. C’est pourquoi Krugman est complètement dans le champs. On ne remet pas une économie en marche en créant plus de dettes, mais bien en produisant des produits qui pourront être vendu. Ce n’est pas qu’avec une économie de service et de produits dérivés financiers qu’on crée des emplois et de la richesse.

    Les États-Unis sont en banqueroute, et rien ne peut les sauver.

    La crise de 2008/09 a été crée de toute pièce et elle a servit de nombreux objectifs: concentration et consolidation du pouvoir financier entre les mains de quelques acteurs, tiers-mondialisation de nos pays occidentaux dits « riches », détournement massif de fonds publics, privatisation des profits et socialisation des pertes, prétexte pour imposer une gouvernance mondiale sur les marchés financiers tel que le NWO le préconise, etc, etc…

    Le pire, c’est qu’on nous parle de reprise de l’économie alors qu’on voit se pointer à l’horizon la deuxième vague de la crise qui risque d’être bien pire que ce qu’on a connu en 2008/09. Mais comme les « spécialistes, économistes et experts » ont prétendu ne pas avoir vu venir cette dernière crise, ils ne vont pas encore voir venir cette nouvelle vague et ils vont donc nous laisser dans le noir total. Pourtant, tous les signes de la tempête parfaite sont là….

    Attachez vos tuques, car ça risque de brasser fort en 2010… si ce n’est pas la crise, ce sera la 3e guerre mondiale pour tenter de l’éviter et détourner l’attention des gens.

    Pensez-y…

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    10 février 2010 à 8 08 34 02342
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    M. Gagnon

    Avez-vous déjà lu sur la Dépression de 1920-21?

    M. Krugman ne l’a sûrement pas étudiée, ni Bernanke, ni Keynes. En fait, les keynesiens aimeraient bien effacer cet épisode de l’histoire puisqu’il invalide leurs théories loufoques, qui ont, soit dit en passant, lamentablement échoué à maintes reprises (et jamais réussi).

    Malgré l’importance de ce choc économique d’après-guerre, le gouvernement Harding a coupé dans les dépenses de l’État et réduit les impôts, et il n’a pas fait de plan de relance, il a plutôt remboursé de la dette. De plus, malgré la création récente de la Federal Reserve, les USA étaient toujours sous l’étalon-or et la presse à billet est restée au neutre: pas de politique monétaire inflationniste.

    Résultat de ce laissez-faire: un retour ultra-rapide à la prospérité (roaring twenties). Une reprise solide contrairement à la Grande Dépression, qui s’est éternisée jusqu’à la guerre grâce aux politiques keynesiennes de Hoover et Roosevelt.

    Voici deux références sur cet événement:

    http://www.leblogueduql.org/2009/05/warren-harding-et-la-d%C3%A9pression-de-192021.html

    http://www.firstprinciplesjournal.com/articles.aspx?article=1322&theme=home&loc=b

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    10 février 2010 à 11 11 25 02252
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    Bof, Palin est juste un sac vide utilisé comme agite-torcon par une faction des néoscons… dans n’importe quel débat elle se ferait trucider tellement elle est nulle en politique et surtout une grosse conne assoifée de power … le gros probléme qui s,en vient en 2010 est excatement ce que mentionne François … veut veut pas, les Usa sont en pleine dégringolade, en plus d’être en Irak, Afghanistan, Pakistan, Yemen, Somalie, les voilà en Haiti, et déjà prêt à taper sur l’Iran ou le Vénézuela avec une dette impossible à rembourser… reste à voir combien de temps les chinois vont accepter ça, combien de temps la population us va endurer la dégringolade avant qu’on ne voit des militaires dans les rues, combien de temps avant que la Grêce, Espagne Portugal emmene l’euro dans les bas fonds , bref 2010 va être sûrement quelque chose …

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    10 février 2010 à 12 12 09 02092
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    La seule chose avec laquelle je suis d’accord avec tout ce qui se dit ces temps-ci sur les blogs populaires, est que Madame Pauline ne sera jamais apte à gouverner le pays, que ce soit en 2012, 2016 ou 2040.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    12 février 2010 à 2 02 52 02522
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    Jean,
    Ce match n’est pas assez équilibré en mettant un Paul Krugman, récipiendaire du Prix Nobel d’économie en 2009 avec une plante verte. 😆

    Vous rappelez vous du canular téléphonique de deux humoristes québécois dans lequel elle avait marché à fond. 😆

    C’est certain qu’on pourrait optimiser l’utilisation des dépenses publiques mais entre le laisser faire complétement le marché et la gestion du gouvernement Obama, il y a quand même un léger mieux. Ensuite c’est de l’idéologie car personne ne peut savoir vraiment. C’est trop complexe et sans comparaison possible.

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