Pendant ce temps-là, à gauche… CUBA

Bon, nous voyons tous que le monde vire à droite. Au Québec, Charest qui s’accroche envers et contre tous malgré un désaveu populaire qui bat des records, Peladeau qui achève de mettre les syndicats a sa main, un parti de droite qui n’existe même pas qui se retrouve en tête des sondages ! À Ottawa  on a réussi le coupe de maître de  faire sortir d’une boîte a surprise le clown Ignatieff qui gardera Harper au pouvoir ; Layton se discrédite en titubant sur ce vote libre concernant le régistre des armes à feu.  A droite… et on va se taper quelques années de plus en Afghanistan….

En France, Sarkozy a mate les grévistes  et entrepris la destruction des acquis sociaux en commençant par les retraites,  Ailleurs dans l’Union Européenne, on a mis des centaines de milliards entre les mains des Grecs et des Irlandais pour qu’ils les donnent au banquiers. Aux USA, catastrophe d’un plan de santé qui ne sert que les assureurs et Obama qui prend une taloche bien méritée aux Législatives de mi-terme.

Voyant la Corée du Nord comme une étrangeté, le Vietnam comme un phénomène en mutation et la Chine elle-même comme un corporatisme  qui  n’est pas tant en marche vers la démocratie occidentale qu’il pourrait servir de modèle vers autre chose que nous achèterions nous aussi, il reste au moins Cuba où l’on pourrait chanter l’Internationale sans rire ou pleurer !

Ah si ? Détrompez-vous :  Cuba a déjà prévu son grand bond vers la droite. Les décrets-lois sont écrits et publiés qui vont changer les choses là où ça compte, au palier de la vie quotidienne.  Il y en a cent pages aux gazettes officielles 11 et 12  de 2010  et je ne vous les répéterai pas ; vous pouvez les acheter pour quelques pesos. Je vais simplement vous dire en quoi cette réforme va tout changer.   En trois coups de baguette magique.

D’abord cette idée de tous être des salariés de l’État. Il y avait déjà des trous dans le gruyère, mais maintenant il y en aura bien plus. En fait la direction vers le travail autonome est prise.  Un nombre  impressionnant de professions seront exercées par des autonomes contractuels… et qui dit que l’individu peut vendre ses services dit que d’autres les lui achètent. Est-on  à revenir à l’exploitation du travail d’autrui ?  Pas encore la façon de le dire, mais si un groupe hôtelier est partenaire de l’État dans une entreprise mixte et  que ses employés  gagnent peu…. Il faudra trouver un nom.

Deuxième mesure, qui vient compléter la première, on va « dégraisser »… dégraisser la fonction publique, comme chez-nous, mais à Cuba, la fonction publique c’est le salariat…. On a fait le constat que mettre deux ou trois travailleurs pour faire le travail auquel un seul suffirait n’est pas la voie vers l’enrichissement collectif. On va donc progressivement réduire le nombre des salarié et la quantité de travail salarié.    Le travail partagé est déjà présent – Pedro lundi, Pablo mardi – et va faire des pas de géants.

Remarquez que je ne m’en plains pas :  j’ai toujours dit que c’est la voie de l’avenir…. Je dis bravo…, mais j’ai des inquiétudes. Cuba aura ou n’aura pas les moyens d’une revenu garanti convenable, permettant que le bénéficiaire de ce revenu décroissant le complète par un revenu autonome parallèle sans devenir un quasi-mendiant ?  Pas facile a gérer.

Troisième coup de butoir sur l’édifice socialiste, liberté accrue pour les propriétaires de louer des logements et des chambres en CUC (monnaie convertible et donc équivalente au dollars) même à des ressortissants cubains. Le résultat, totalement prévisible, est que rapidement tout se louera en CUC et plus rien en pesos non-convertibles… Dans un pays dont le tourisme est la principale source de devises, on peut parler de rationalisation. Mais on fait sauter la barrière qui protégeait les moins fortunés.

Conclusion ?  Cuba ne sera plus vraiment communiste que de nom.  Avant de crier à la révolution échouée, il faudrait se souvenir que Castro ne voulait pas au départ introduire le communisme à Cuba ; c’est l’embargo des USA qui l’a forcé a chercher l’aide de l’URSS et la vindicte américaine ne lui a jamais ensuite laissé vraiment de choix.   Peut-être pourrait-on parler plutôt d’une révolution  et d’un homme – Fidel Castro – qui, après avoir subi bien des avanies, reviennent enfin dans la trajectoire qu’ils s’étaient fixée au départ, avec pour même objectif  le mieux-être dans la dignité pour leur pays.

Les changements qui auront lieu à Cuba en 2011 seront profonds. Difficiles.  Mais il en naîtra peut-être un modèle différent de gestion sociétale. Dans la situation où nous sommes, tout ce qui peut offrir une lueur d’espoir est le bienvenu.

Pierre JC Allard

6 pensées sur “Pendant ce temps-là, à gauche… CUBA

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    13 décembre 2010 à 10 10 36 123612
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    Bonjour, Pierre.

    Le principal est que la « rumba » et le « son » restent protégés !

    Je plaisante naturellement, car les évolutions de la société cubaine risquent de creuser très vite d’énormes différences de classe et l’émergence d’un lumpen-prolétariat comme on disait au bon vieux temps du marxisme.

    Cordiales salutations.

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    14 décembre 2010 à 9 09 51 125112
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    Je crois que Cuba n’a pas d’autre choix, dans ce monde capitaliste. On peut jouer aux dés, seul dans son coin, mais ce n’est pas aussi gagnant que de jouer avec les autres.

    Cela dit, le capitalisme se tape lui-même des faillites aux 30-40 ans, et je crois que si le socialisme était entrepris par plus d’un seul pays, à savoir Cuba, il fonctionnerait et serait probablement amené à changer, voire à suivre d’autres étapes que celles proposées par Marx et Engels, et je ne crois pas que le communisme serait le nom porté, cela prendrait une autre forme.

    De toute façon, avec la débâcle qui s’en vient en Amérique, il n’y aura plus que les Cubains qui seront pauvres et désordonnés.

    J’ai un gros penchant vers les coopératives, qui auraient du être développées par Cuba. Mais encore, il faut des partenaires pour jouer à ce jeu là et de la sorte, je ne crois pas que Fidel se soit distancé du socialisme, mais plutôt, qu’il se soit imposé la «réalité», soit le fait que le socialisme ne puisse se développer en un seul pays, tout comme d’ailleurs, le capitalisme.

    Enfin, je souhaite plus que ces changements, la débâcle de ce système capitaliste à la con, qui permette à nos forces d’installer outre Cuba, le socialisme.

    Si Cuba se remet en question, il est malheureux que les libertariens, eux, ne remettent pas en question le capitalisme, qui se tape des faillites structurelles aux 30-40 ans. Et il est malheureux aussi, que les médias de masse ne reflètent pas ce fait.

    On a beaucoup parlé du mur de Berlin, mais là, et non pour la première fois, le capitalisme va encore sombrer, emportant un tas de prolétaires avec lui, malgré que ceux-ci, d’après les capitalistes, n’aient pas été assez responsables pour détenir eux-mêmes leurs moyens de production.

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    17 décembre 2010 à 6 06 05 120512
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    Mais très sincèrement, pourquoi Cuba irait-elle rejoindre les ratés économiques, dans le groupe des ratées monumentales sociales, alors que l’an prochain, le capitalisme risque bien de laisser tomber toutes ses monnaies lui-même?

    Comme dirait quelconque véritable «lucide», c’est le monde à l’envers!

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    17 décembre 2010 à 15 03 35 123512
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    Désolé, je ne vois pas où l’article veut-il en venir.
    Que vient faire Sarkozy dans le jeu de quilles?
    Il a bien plus à faire dans son pays.
    Le Canada, oui, est impliqué.
    Cuba, je l’ai connu en 1996.
    J’en ai fait un article « Un cuba libre, por favor ».
    Pays où je retournerai si le régime changeait.
    Passer à droite?
    Quelle droite de Fidel ou de sa soeur qui ne peut plus sentir son frère?

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      18 décembre 2010 à 14 02 16 121612
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      Sa soeur? Sa filles vous voulez dire? Elle a souhaité sa mort, tout en oeuvrant avec les terroristes cubains de Miami, nostalgiques de Batista.

      Un régime est imposé, et je ne crois pas que les Cubains parlent plus de régime aujourd’hui, que depuis l’ère Batista.

      Au contraire, Cuba doit aller de l’avant et conclure des ententes avec ses camarades de l’Amérique latine.

      No parasan.

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