Pourquoi la Seconde Guerre mondiale n’a pas provoqué la Révolution prolétarienne internationale?

Par Robert Bibeau. Le 28.11.2018. Éditeur du webmagazine http://www.les7duquebec.com

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Pourquoi ?

 

Nous avons récemment publié un important texte du groupe espagnol « Nuevo Curso » qui pose une question cruciale pour le mouvement prolétarien international. Nuevo Curso pose ainsi le problème : « pourquoi la Seconde Guerre impérialiste mondiale n’a pas été transformée, comme la Première, en une vague révolutionnaire mondiale malgré les soulèvements en Grèce et en Italie et la résistance des travailleurs en Grande-Bretagne et en France ? » (1)  http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/pourquoi-la-seconde-guerre-mondiale-na-pas-entraine-la-revolution-mondiale/

 

 

Répétant l’erreur de toutes les gauches depuis un siècle Nuevo Curso commence par rejeter le matérialisme dialectique et l’analyse objective de la situation concrète et répond à cette question pratique par une envolée lyrique plaçant l’instance idéologique – la pensée – la conscience – au poste de commande de l’évolution économique, sociale, politique, diplomatique et militaire mondiale. Nuevo Curso répond à la question de cette façon : «Les causes idéologiques de la crise du mouvement ouvrier, et avec elles les organisations qui en ont été responsables, auraient dû être renversées et détruites. Les organisations qui ont provoqué la crise ont accru leur pouvoir organique sur la classe ouvrière, la liant plus fortement qu’auparavant au système général de la contrerévolution mondiale. » (2) Enfermer dans ce sophisme idéaliste et s’enfonçant encore davantage dans la métaphysique intellectualiste Nuevo Curso ajoute : « Ce résultat ne peut en aucun cas être accidentel et encore moins le produit de circonstances objectives. (…) Le Thermidor stalinien arriva pour ajouter ses propres facteurs de crise idéologique à l’ancien facteur réformiste (social-démocrate). Depuis lors, le stalinisme a approfondi sa dégénérescence, s’accaparant du prestige du pays de la révolution et des intérêts de la caste qui a détruit cette révolution.» (3)

 

En d’autres termes, Nuevo Curso constate que l’histoire ne se répète pas, et que les conditions particulières de la Première Grande Guerre qui avaient permis la Révolution russe de 1917 et une flambée de révolte dans quelques pays d’Europe, ne se sont pas reproduites en 1943 – 1945 même s’il y eut un soulèvement populaire en Espagne avant la guerre, puis en Italie et en Grèce pendant et après la guerre, mais sans provoqué de révolution prolétarienne internationale.

 

Le mouvement de « libération nationale » dans les pays du tiers-monde

 

Cependant, les camarades de Nuevo Curso auraient pu observer que la Seconde Guerre a marqué le déclenchement de nombreuses révolutions bourgeoises anticoloniales visant à transférer le pouvoir politique formel aux bourgeoisies nationalistes tiers-mondistes, condition fondamentale pour l’expansion mondiale du mode de production capitaliste comme Nuevo Curso le remarque à propos de l’alliance entre le Kuomintang et le Parti communiste chinois dans la révolution paysanne antiféodale en Chine.

 

« De la Révolution espagnole à la Révolution chinoise, la politique étrangère stalinienne a développé son cycle dégénératif, qui commence par une complicité (opportunisme idéologique) avec la petite bourgeoisie et la bourgeoisie du Kuomintang et aboutit à la destruction par sa propre main de la Révolution chinoise. »  (4)

 

Au final, la Seconde Guerre mondiale visait à étendre et raffermir le mode de production capitaliste sur le monde et c’est ce qu’elle a accompli. Après cette guerre des plus meurtrières, le capital international étendit son hégémonie sur le monde entier, y compris sur les pays ex-colonisés devenus néocolonisés avec le soutien des empires américain et soviétique. Les guerres de soi-disant « indépendance nationale » dans les pays du tiers-monde ont été le prolongement de la Seconde Guerre mondiale et ont permis au grand capital américain hégémonique d’étendre son pouvoir sur le monde entier, y compris, après « la guerre froide » sur les États-nations du bloc soviétique pseudo communiste. Nous avons largement débattu de la vraie nature du mouvement de libération nationale anticoloniale dans les pays du tiers-monde dans notre ouvrage « La question nationale et la révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne » (5).

 

La question de la révolution sociale

 

Pour répondre à cette question historique fondamentale : « Pourquoi la seconde boucherie mondiale – ayant fait plus de 50 millions de morts – n’a pas provoqué l’insurrection populaire puis la révolution prolétarienne alors que les forces ouvrières s’étaient largement accrue et renforcées depuis 1917? », il faut au préalable s’entendre sur le sens à donner aux termes « Révolution sociale »

 

Une Révolution sociale consiste à renverser l’ordre établi sous ses multiples aspects, c’est-à-dire à renverser l’ensemble des rapports sociaux de production qui régissent une société – à renverser le pouvoir économique – politique – juridique – carcéral – diplomatique – militaire – idéologique – médiatique qui ordonne cette société. Cette éradication – destruction n’est pas achevée tant qu’un nouveau mode de production et de nouveaux rapports sociaux de production n’ont pas été érigés pour ordonner la nouvelle société assurant sa reproduction et son expansion…c’est-à-dire la reproduction de l’espèce humaine.

 

La seconde question fondamentale consiste à déterminer la nature d’une révolution. Ainsi, quelle était la nature de la Révolution russe et bolchévique? Toute la gauche historique vous répondra que ce fut une révolution socialiste prolétarienne puisqu’elle était dirigée par le grand Parti communiste bolchévique de Russie commandé par le grand Lénine et par Staline le petit père des peuples pour les uns, et par Trotski pour les autres. Passons sur le peu de cas que ces communistes font des «masses populaires et des classes sociales» qui, disait Marx, forgent l’histoire. Chez ces communistes ce sont les chefs adulés qui font l’histoire, et on quitte ainsi le terrain de la révolution pour celui de la religion sectaire et dogmatique.

 

La nature d’une révolution sociale

 

La nature d’un mets ne dépend pas du cuistot, mais des ingrédients qui le composent. Ce ne sont pas les leadeurs charismatiques qui se choisissent une classe révolutionnaire à leur gout et à leur service, mais c’est la classe révolutionnaire qui choisit les chefs qu’elle juge apte à répondre à ses aspirations. Cette sélection naturelle ne se fait pas par élection « démocratique » bourgeoise. Nous verrons plus loin comment Lénine s’y est pris pour arracher l’adhésion de la paysannerie russe. Dans le débat sur la nature d’une révolution sociale les ingrédients ce sont les classes sociales qui s’affrontent. Ce qui nous fait dire que la Révolution russe confrontant les restes de l’aristocratie féodale tsariste solidement au pouvoir politique, une bourgeoisie montante, mais encore peu puissante politiquement, soutenue par une petite-bourgeoisie bureaucratique, une immense paysannerie comptant dit-on 135 millions d’individus analphabètes, et un petit prolétariat (3 à 5 millions d’esclaves salariés) encore bien incapable d’imaginer et de créer le mode de production communiste prolétarien du XXIe siècle.

 

Lénine avait compris la nature de la Révolution bourgeoise russe qui s’appuyait sur l’immense paysannerie pour renverser l’aristocratie tsariste, paysannerie chair à canon appâtée par la promesse de terres à se partager… qui furent bien peu utile dans les usines d’armements soviétiques. Lénine un petit-bourgeois pragmatique lança des mots d’ordre adaptés à la classe paysanne révolutionnaire. Ainsi, il n’insista pas sur la réquisition des terres, mais il promut le slogan réformiste « Pain, Paix, Terre » correspondant parfaitement aux exigences de l’immense paysannerie prête à sacrifier sa vie pour ces revendications, mais certainement pas pour accréditer : « Tous le pouvoir aux soviets » que Lénine, pragmatique, abandonna rapidement quand le parti bolchevique perdit la majorité dans les principaux soviets urbains. Pour ce qui était des prolétaires, le pain ils avaient et la terre ils ne savaient qu’en faire, et la paix, personne dans toutes les Russies ne la connaitra avant sept ans.

 

Les insurrections populaires de 1917-1918-1919 en Europe ne furent pas des soulèvements prolétariens, mais des soulèvements de paysans, d’artisans et de petits bourgeois auxquels le prolétariat apporta son soutien. De ces luttes sociales, de ces escarmouches de classe parfaitement justifiée le prolétariat a obtenu quelques concessions, ce que la gauche aime appeler des «acquis sociaux» tous en train de disparaitre sous les coups de la crise systémique.

 

Il n’y a pas eu de Thermidor stalinien ni de Vendémiaire léniniste

 

Bref, Octobre 1917 ne fut jamais une Révolution prolétarienne et pas plus qu’il n’y eut de Vendémiaire léniniste il n’y eut de Thermidor stalinien. La nomination de Staline au poste suprême ne fut qu’une « révolution » de palais dans les rangs de la nouvelle classe dirigeante bolchevique regroupée au sein du Parti communiste d’Union soviétique dont l’empire étatique-socialo-capitaliste avait commencé à s’étendre. Attention de ne pas confondre les termes « empire » et « impérialisme » qui sont très différents. Nous y reviendrons ultérieurement. En 1923, la nouvelle puissance industrielle soviétique était à un carrefour; soit s’épuiser dans une suite de guerres civiles interminables pour aboutir exsangue à l’effondrement; soit régler la succession dans la continuité de la NEP et construire le mode et les rapports de production capitalistes sur les cendres de l’empire féodal tsariste déchu. Staline fut le choix des nouveaux apparatchiks à cause de son pragmatisme, car il opta pour la deuxième voie plutôt que de deviser à propos d’une fumeuse « Révolution permanente ». Tout autre choix aurait entrainé des années d’illusions, du verbiage romanesque et des guerres sans fin à propos d’un prétendu premier État communiste prolétarien sans prolétaires. En lieu et place, les masses paysannes russes et les bolchéviques optèrent pour construire le capitalisme dirigiste d’État qu’ils appelèrent « socialisme » de transition entre le féodalisme et le communisme et que nous appelons capitalisme étatique.

 

Le reste n’est que la petite histoire que connaissent les coups d’État avec les cliques qui se composent et se décomposent, les collaborateurs d’hier qui passent au peloton d’exécution, la propagande dogmatique et sectaire qui tient lieu d’analyse matérialiste dialectique et ne mérite pas que nous nous y attardions. Les soviétologues en ont fait une profession, très peu pour nous. Oui, en effet, les tenants de la « Révolution permanente » furent écartés, mais ne furent pas évitées les guerres d’intervention étrangères que l’immense paysannerie et le chétif prolétariat de toutes les Russies allaient devoir affronter pour sauver leur « patrie prolétarienne » en danger (sic). Nous avons bien écrit la «patrie prolétarienne» en danger et non le mode de production communiste prolétarien en danger.

 

La Seconde Guerre mondiale

 

Passons maintenant à la Seconde Grande Guerre mondiale et à l’Italie de 1943. Comme pour la guerre précédente, l’idéologie – la conscience de classe – et le positionnement conséquent des partis politiques n’expliquent pas l’histoire de cette guerre dont les conditions se sont forgées au cœur même du mode de production capitaliste en phase impérialiste ascendante. En effet, après les troubles de 1914-1919 (y incluant l’insurrection allemande) le mode de production capitaliste s’était raffermi autour du pôle de Wall Street et au détriment de la City britannique, mais la partie n’était pas complètement jouée. Sur le continent européen, le prolétariat grandissait à vue d’œil de l’apport de millions de paysans chassés de leurs terres par l’État (Union soviétique) ou par les industriels, avec la complicité des anciens aristocrates propriétaires fonciers et des banquiers usuriers.

 

Qui dit prolétariat en expansion dit aussi mode de production industriel capitaliste en expansion malgré la Grande crise – ou à travers la Grande Dépression. Le monde impérialiste ne pouvait se déployer ainsi dans la totale anarchie et les guerres fratricides pour se disputer les marchés. D’autant que la nouvelle puissance soviétique, comptant déjà un sixième des terres émergées, lorgnait les Balkans, la Pologne et la Tchécoslovaquie.

 

À partir du moment où les partis communistes, regroupés dans la Troisième Internationale sous la houlette de Dimitrov, l’homme des Soviétiques, prêtèrent allégeance à la nouvelle puissance, « patrie » des ouvriers du monde entier, ils cessèrent d’être une variable importante dans l’équation révolutionnaire. La montée en puissance du Parti national-socialiste germanique (aux ordres du grand capital allemand), marquée de jeux électoralistes et parlementaires dignes des sociaux-démocrates d’avant-guerre, suffit à comprendre que la révolution prolétarienne n’était pas à l’ordre du jour. Trop de conditions révolutionnaires objectives et subjectives faisaient défaut. En effet, ce ne sont pas les partis de la soi-disant avant-garde qui forgent la conscience (conditions subjectives) des masses prolétariennes, mais l’inverse. Les conditions objectives de la révolution prolétarienne n’étant pas mures, les conditions subjectives ne pouvaient l’être et le risque était grand de se retrouver avec une «avant-garde» donnant l’ordre de l’insurrection à une armée d’ouvriers démobilisés.

 

La nature profonde de la Seconde Guerre mondiale

 

La guerre de 39-45 fut le prolongement – la deuxième manche – de la Première Grande Guerre, mais dans des conditions très différentes pour le grand capital international qui la fomenta. Il est antimatérialiste historique de prétendre que : «À lui seul, le gouvernement russe stalinien a beaucoup plus contribué à la défaite de la révolution mondiale et à l’état de prostration des masses que tous les anciens gouvernements capitalistes réunis.» (6) Toutes les factions bourgeoises à l’Est comme à l’Ouest partagent équitablement leur part de responsabilité dans ce conflit inévitable puisque le mode de production capitaliste c’est la guerre. Et la guerre est justement la force qui peut pousser le prolétariat vers la révolution sociale. Lénine avait tort de prétendre que : «La guerre entraine la révolution ou la révolution conjure la guerre». La révolution sociale n’a jamais conjuré la guerre sinon une classe sociale qui serait capable d’une telle lucidité ne serait pas aliénée. Ainsi, ce n’est pas non plus « l’existence d’un parti révolutionnaire muni d’une théorie révolutionnaire » qui assure l’éclatement de la révolution prolétarienne, mais l’inverse. La conscience ne précède pas le mouvement, la conscience est l’enfant du mouvement. De l’insurrection populaire internationale, émergeant de l’effroyable guerre nucléaire réactionnaire, surgira de la classe révolutionnaire en mouvement le parti de la révolution, qui forgera sa théorie révolutionnaire en contribuant à la révolution prolétarienne. L’insurrection populaire spontanée et anarchique est un moment préalable et nécessaire à la révolution prolétarienne.

 

Revenons au grand capital international qui après 14-18 avait poursuivi son ascension et son expansion impérialiste dans une partie de l’Asie, en Amérique latine, dans une portion de l’Afrique. Le grand capital avait étendu ses tentacules et avait augmenté la productivité du travail salarié, donc les taux moyens de profit de manière différenciée suivant les pays et les continents. Le grand capital international pouvait enfin ambitionner exploiter la totalité de l’humanité, et contrôler tous les marchés, ce qui n’était absolument pas le cas en 14-18. Ainsi, la Seconde Guerre fut l’occasion de multiples inventions et innovations, ce fut une guerre mécanique et technique au diapason de l’avancée des moyens de production et de marchandisation et elle entraina une poussée des indices de productivité. Les partis de gauche, discrédités à cause de leur collaboration réformiste que les circonstances du moment exigeaient, furent délaissés par les ouvriers sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui, un vacuum que la « nouvelle gauche revendicatrice » petite-bourgeoise tente présentement de combler.

 

Si la gauche a pu contribuer à liquider l’insurrection populaire, et la révolution prolétaire, avant et après 39-45, ce n’était pas pour malfaire ou par trahison de ses pairs, mais parce qu’elle a poursuivi la politique de coexistence réformiste que lui imposait la bourgeoisie et dont s’accommodait le prolétariat. L’histoire est ingrate, elle a congédié l’acteur gauchiste qui a pourtant joué son rôle pour la raison que les conditions objectives et subjectives de la révolution n’étaient pas mures. Cette immaturité objective se reflétait dans le niveau de conscience subjective de la classe révolutionnaire. Nous le répétons, le mouvement crée la conscience et non l’inverse. Les conditions objectives précèdent les conditions subjectives qu’elles font avancer.

 

Depuis que l’économie capitaliste est sortie de la Grande Dépression, les forces productives sociales sont en progression et la valorisation du capital est en ascension. Une révolution sociale ne survient jamais dans une période d’expansion d’un mode de production. Une révolution sociale ne survient que dans les périodes de régression économique, et par conséquent politique et idéologique, dans les périodes de décadence morale et de grande misère sociale. Une révolution sociale obéit à d’autres lois impératives inscrites dans le génome de l’évolution des modes de production. Ainsi, une société ne peut sauter, contourner ou éviter une étape (un mode de production) dans son évolution. Même Marx, le grand Lénine, Staline, Trotski, Mao, Hodja ou Castro ne peuvent échapper à cette loi formulée par Marx. Une autre loi formulée par Marx dit qu’un mode de production ne disparait jamais avant de contenir et/ou de faire fructifier toutes les forces productives que ses rapports sociaux de production peuvent lui permettre d’exploiter.

 

Ni en 1917, ni en 1943, ni en 1949, ni en 1968, ces conditions objectives impératives n’étaient réunies. Présentement, l’expansion planétaire jusqu’aux confins de la Chine, de l’Inde et de l’Afrique, et l’hyperconcentration du capital se complètent à grands pas ce qui nous porte à croire que le mode de production capitaliste remplira bientôt toutes les conditions objectives de son renversement. Le temps de la régression économique déjà amorcée sera bientôt dominant et permanent et le vent du changement social révolutionnaire sera dans l’air du temps, ce qui entrainera le murissement de la conscience sociale collective chez la classe prolétaire révolutionnaire. Le mouvement des « carrés rouges » au Québec en 2012 et le mouvement des « gilets jaunes » en France en 2018 en sont des signes avant-coureurs. (7)

 


 

NOTES

 

 

 

 

 

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

16 pensées sur “Pourquoi la Seconde Guerre mondiale n’a pas provoqué la Révolution prolétarienne internationale?

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    28 novembre 2018 à 10 10 48 114811
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    Salut Robert,

    Ce texte est intéressant sur bien des points, néanmoins, je me permettrais de t’apporter la contradiction sur deux points particuliers :

    1. Tu dis : « Sur le continent européen, le prolétariat grandissait à vue d’œil de l’apport de millions de paysans chassés de leurs terres par l’État (Union soviétique) ou par les industriels, avec la complicité des anciens aristocrates propriétaires fonciers et des banquiers usuriers. »

    Dans 1900, le fameux film du marxiste Bertolucci, récemment décédé, on voit des paysans retourner au pays après la guerre de 14-18, et s’y retrouver au chômage parce que les femmes ont dû prendre leur place en s’aidant avec des machines modernes. Ce film montre comment la guerre supprime le métier de paysan en l’industrialisant. Ce n’est pas une VOLONTÉ consciente qui a chassé les paysans.

    2. Tu dis, et tu le dis souvent, et ça fait longtemps que je veux te contredire là dessus : « Une autre loi formulée par Marx dit qu’un mode de production ne disparait jamais avant de contenir et/ou de faire fructifier toutes les forces productives que ses rapports sociaux de production peuvent lui permettre d’exploiter. »

    C’est faux ! Marx dit qu’il y a révolution quand la superstructure entre en contradiction avec l’infrastructure. C’est-à-dire quand la superstructure (en restant telle quelle est, et parce qu’elle est telle qu’elle est) se met à empêcher l’infrastructure de se développer pleinement. Alors, les forces productives, pour pouvoir continuer à se développer doivent changer la superstructure. Et c’est ça la révolution. C’est pourquoi Marx pensait que l’augmentation quantitative et qualitative des forces productives produirait automatiquement la révolution. C’est à peu près l’inverse de ce que tu dis !

    Par ailleurs la lutte de classe se traduit aussi par la guerre,
    La « deuxième guerre mondiale » fut en réalité
    une guerre contre la révolution,
    une guerre qui commença en 1936 en Espagne,
    une guerre qui détruisit le Front populaire en France,
    une guerre qui voulut détruire aussi l’URSS
    mais une guerre où les nazis furent vaincus par l’URSS !

    http://mai68.org/spip/spip.php?article3490

    Bien à vous,
    do
    http://mai68.org/spip2

    Mao Tse Toung : « Les communistes n’ont pas peur d’une troisième guerre mondiale ; parce que la première a provoqué la révolution dans la Russie, parce que la deuxième a provoqué celle de la Chine, et qu’une troisième guerre mondiale provoquerait la révolution dans le monde entier. »

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      28 novembre 2018 à 14 02 42 114211
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      Salut Do
      Merci d’engager le débat sur cette importante question.

      Sur le point UN (1) : je ne comprends pas sur quel point on se contredit. Pardonne mon incompréhension – Je crois que nous disons la même chose. En aucun point je ne mentionne la question de la conscience – volontaire du capital – je mentionne simplement que les lois du développement capitaliste amènent les capitalistes à développer des usines qui réclament des ouvriers et que ces ouvriers sont d’anciens paysans chassés de leurs terres par différentes forces – tu en mentionnes quelques unes je suis d’accord avec tes suggestions.

      Sur ton point 2 c’est autre chose a) Tu répètes -en formulant autrement- exactement ce que j’ai écrit . Ce que j’ai écrit n’est pas une citation intégrale de Marx mais une paraphrase de mon cru qui signifie la même chose que tu expliques. TA FORMULATION COMME LA MIENNE reflète LA PENSÉE de Marx je crois.

      MAIS – mais – ATTENTION DO la conformité avec Marx n’a pas grande importance pour moi – je suis anti-dogmatique. Ce qui m’importe c’est l’idée = pas son auteur. Et si Marx ne l’a pas écrit et bien tant pis MOI JE L’ÉCRIT et je persiste et je signe. MON IDÉE EST-ELLE FAUSSE VOILA LE SUJET DU DÉBAT ET NON PAS SI JE SUIS DANS LE DOGME OU EN DEHORS

      malheureusement DO TU NE COMPRENDS PAS CE QUE J’AI ÉCRIT – relit attentivement. je n’ai pas écrit le contraire de ce qu’a écrit Marx – ET SI JE L’AI FAIT SANS M’EN RENDRE COMPTE alors tant pis – je maintiens ma phrase telle qu’écrite.

      Sur ton point trois (3) je suis d’accord avec toi que la guerre est une des formes de la lutte des classes – la forme suprême OU tout se joue – la vie et la mort.

      Sur ton point 4 = PAS D’ACCORD – la 2e guerre mondiale n’a pas été une guerre contre la révolution prolétarienne car la révolution prolétarienne n’était pas à l’ordre du jour en 1917 – 1968 – 1949 – ou en Bolivie avec le Che etc. C’est écrit dans mon texte

      La 2e guerre mondiale fut une guerre interimpérialiste pour régler les comptes entre grands capitalistes et se partager les marchés (ce qui comprend la guerre contre le capital d’État soviétique). Et oui ce fut une guerre du capital allemand contre le capital soviétique-russe NOTAMMENT parce que les deux lorgnaient sur des marchés identiques (c’est écrit dans mon texte). d’AUTRES PUISSANCES ÉTAIENT AUSSI en guerre entre elles. Le prolétariat n’a pas défendu la révolution prolétarienne = IL A SERVIT DE CHAIR À CANON

      Sur ta citation de MAO :
      a) oui la première guerre mondiale a apporté la RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE BOURGEOISE EN Russie ET ailleurs
      b) oui la deuxième guerre mondiale a apporté la RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE BOURGEOISE – anti-féodale – EN CHINE et dans les pays du tiers-monde = c’est écrit dans mon texte
      c) la 3e guerre mondiale entrainera quelque chose de différent RADICALEMENT différent = C’EST-À-DIRE la Première Révolution Prolétarienne de l’histoire et si les communistes veulent y jouer un rôle ils devront changé leur mentalité et oublier leur lubie du PARTI D’AVANT-GARDE dont les prolétaires n’ont rien à faire.
      C’est d’un parti prolétarien révolutionnaire dont nous aurons besoin. Les has been communistes devront se recycler s’ils en sont capables camarade.

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    28 novembre 2018 à 17 05 30 113011
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    @ Robert

    …Parce que il n’y a pas eu deux guerres mondiales mais une seule (la seconde étant la continuation logique d’une première guerre mondiale criminelle); parce que rien de ce qu’il s’est produit jusqu’à ce jour n’a été authentique mais tout a été le produit de planifications multiples (et souvent d’ententes entre ceux qui géraient des masses apparemment opposées) et parce que les masses de manoeuvre sont gérées par des dialectiques montées en neige par des doctrinaires au service de petits malins qui se foutent éperdument du matériau humain qui constitue leur masse de manoeuvre.

    Toutes raisons pour lesquelles vous comprendrez que je n’admire jamais personne même si je puis, de cas en cas nourrir des sympathies

    Vernazza

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    29 novembre 2018 à 16 04 42 114211
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    Ton storytelling est de bonne qualité et tu le conduis jusqu’aujourd’hui ce qui est courageux.
    Cependant, comme avec les communistes et les socialistes, vous êtes dans la phase de la conquête et jamais dans le fonctionnement d’après, comme si c’était plié d’avance et forcément bien plié d’avance.
    ça me fait penser à un passé lointain que ma longue vie de militant de toutes sortes de causes m’a permis de vivre. Au sortir de la terrible guerre d’Algérie, j’ai vécu le constat que rien n’avait été prévu, même pas le départ, ni des juifs, ni des pieds noirs – L’horrible Boumédiène a réglé le problème à sa façon.
    L’idée que tous les problèmes relationnels seraient aplanis à partir de l’instant où la relation capital/travail aurait disparu, n’aurait sans doute pas convenu, ni à Marx, ni à Engels.

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      29 novembre 2018 à 18 06 14 111411
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      @ bAILLERGEAU

      l’idée que tous les problèmes relationnels ou autres seront résolus n’est pas mienne

      AU CONTRAIRE .. depuis longtemps je dis que le nouveau mode de production prolétarien communiste m’est inconnu et il était inconnu de Marx a fortiori (1860) et de tous les communistes également et que le prolétariat devra l’imaginer – l’inventer à partir de sa praxis contemporaine.

      CE sera le grand défi POST insurrection – pendant toute la phase de la RÉVOLUTION

      En effet tous pense que la RÉVOLUTION c’est l’insurrection – la guerre – la destruction = FAUX

      La révolution c’est la construction du nouveau mode de production

      Merci pour votre post camarade

      robert bibeau http://www.les7duquebec.com

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        30 novembre 2018 à 10 10 30 113011
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        « La révolution c’est la construction du nouveau mode de production  »

        Encore une confusion néfaste.

        La révolution, ce n’est pas tant la construction d’un nouveau mode de production que la construction d’un nouveau mode de relations sociales, c’est à dire, d’un nouveau mode de répartition de la production.

        Tu peux bien imaginer n’importe quel mode de production, si les relations sociales restent identiques, rien ne changera fondamentalement. Ainsi, le mode de production féodal, ou chasseur-cueilleur avec division de l’activité en classes sociales à structure pyramidale, donne toujours le même système capitaliste d’une minorité possédante et une majorité esclave.

        A UNE CONDITION ABSOLUE pour faire accepter la soumission de la majorité, c’est à dire, l’ennemi extérieur menaçant « la patrie en danger ». Car c’est dans ce cas et seulement à cette condition que le chef est vu comme une nécessité et le devoir d’obéissance qui va avec un mal tout aussi nécessaire. Et c’est exactement ce que les dirigeants occidentaux réactivent avec force en désignant le seul ennemi crédible sur le plan militaire, soit, la Russie et accessoirement la Chine. Mais, en raison de ses ressources rares, la Chine ne peut pas être désigné explicitement.

        La lutte des classes ne porte pas tant sur le mode de production, c’est accessoire, mais sur le mode de répartition de la production. Dans une coopérative, c’est aussi le même problème qui cause sa dislocation, lorsque les membres ne sont plus d’accord sur le mode de répartition.

        Seul le mode de répartition peut interdire l’édification de grand capital ou au contraire comme aujourd’hui, le favoriser, en aucune manière le mode de production.

        Simplement, sous le système actuel fondé sur la propriété particulière de l’outil de production, le mode de répartition ne peut en aucune manière être équitable, car alors, c’est vider totalement la propriété de sa raison d’être, celle de permettre un mode de répartition inique et que Marx appelle la plus-value. Autrement dit, l’abolition de la propriété n’est pas liée au mode de production, mais uniquement au mode de répartition de la production, fondé sur l’équité et la justice sociale. Qui exige aussi un monde en paix relationnel, donc, où les peuples acceptent de perdre une souveraineté nationale qui n’a jamais été la leur, mais seulement celle des propriétaires économiques. Pour y gagner la souveraineté individuelle de son choix de vie et la propriété de son seul temps de vie.

        Il n’existe pas d’autres solutions que celle que j’énonce pour faire une révolution relativement pacifique, en dehors de celle-ci, ce sera le chaos et l’éradication de milliards d’êtres humains.

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          30 novembre 2018 à 14 02 26 112611
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          @ Hervé

          Tu écris : « La révolution, ce n’est pas tant la construction d’un nouveau mode de production que la construction d’un nouveau mode de relations sociales, c’est à dire, d’un nouveau mode de répartition de la production. »

          C’est que pour moi – LE MODE DE PRODUCTION comprend les moyens de production – y inclus les forces productives = les travailleurs = et les rapports sociaux de production = appellation sous laquelle tu retrouves les mécanismes sociaux de répartition de la production. Nous disons la même chose sur ce point précis.

          Je répète la grande catégorie MODE de production INCLUS explicitement les rapports sociaux de production ainsi que le mode de répartition de la production.

          TU .cris : « La lutte des classes ne porte pas tant sur le mode de production, c’est accessoire, mais sur le mode de répartition de la production. » POUR ma part je dirais que la lutte de classe porte sur tous les aspects du mode de production – sur les moyens et forces de production et AUSSI tu as raison lourdement sur les rapports sociaux de production – y inclus la répartition de la production – notamment sur la propriété qui est la forme légale – judiciaire (un aspect des rapports de production) explicite qu’a pris le mode de répartition de la production = la marchandise comme on l’appel en mode de production capitaliste – sachant que tout est marchandise sous ce système y compris les embryons humains une production de plus en plus convoitée par le capital.

          Merci pour ton post

          PS J’ai aussi une interprétation différente de la tienne en ce qui a trait à la Chine et son rôle dans la guerre commerciale en cours VERSUS la Russie

          Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    30 novembre 2018 à 6 06 50 115011
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    Salut Robert

    tu écris « Nous le répétons, le mouvement crée la conscience et non l’inverse. Les conditions objectives précèdent les conditions subjectives qu’elles font avancer. »

    Mais affirmer, n’est pas démontrer. On ne peut affirmer que ce que l’on démontre.

    D’autant que ce que tu écris ne valide pas ton affirmation, en fait, elle bute sur une pseudo contradiction. En effet, et selon ce que tu écris, le mouvement en question qui crée la conscience, est lié d’une part  » à un mode de production ne disparait jamais avant de contenir et/ou de faire fructifier toutes les forces productives que ses rapports sociaux de production peuvent lui permettre d’exploiter » (sous entendu, nourrir l’espoir d’élévation sociale) et d’autres part, lorsque celui-ci est en phase de régression (détruit tout espoir).

    C’est la phase de régression qui crée la prise de conscience de l’impasse dans laquelle se trouve le prolétaire, sauf que cette prise de conscience porte sur l’impasse et non sur la solution pour sortir de l’impasse. Or, le mouvement seul ne permet pas d’en sortir, il faut alors donner le socle théorique du modèle permettant d’en sortir et celui-ci ne peut suivre le mouvement, parce qu’il a pour but de l’initier.

    Tu confond donc le mouvement lié à la conscience active, dominante, avec le moment de prise de conscience de devoir en changer (phase actuelle), d’avec la conscience d’un nouveau modèle initiant le mouvement d’une conscience nouvelle. Mais dans ce dernier cas, le mouvement ne peut pas précéder la conscience, car c’est elle qui l’initie. Ainsi, le mouvement actuel fut d’abord théorisé pour être initié et ensuite poursuivie, mu par son inertie propre. Mais un mouvement qui se termine, ne peut donner lieu à un autre mouvement sans avoir été conscientisé par l’expérience du mouvement qui se finit. Or, pour l’instant, le prolétariat occidental, reste attaché comme une moule à son rocher au mouvement actuel, tant qu’il pense pouvoir continuer à en tirer un bénéfice, même minime.

    L’échec de la révolution prolétarienne mondiale tient à deux facteurs.

    Le premier, parce qu’il n’y avait pas et il n’y a toujours pas de modèle communiste (il n’ y a qu’une seule solution et c’est celle que j’énonce avec le principe de responsabilité) et le second, parce que la stratégie des grands capitalistes fut de corrompre l’idéal communiste en donnant aux prolétaires ce qu’on appelle des acquis sociaux (ils le pouvaient d’autant plus que le mode de production et le système monétaire le permettait). Autrement dit, faire du prolétaire un petit capitaliste et ainsi, lui faire oublier toute volonté de fraternité et idée de révolution prolétarienne. D’exploité, se retrouvant exploiteur du prolétariat des pays sous développés et refusant le nivellement de classes, le ramenant à sa condition de classe. C’est ainsi que les partis communistes et socialistes des pays occidentaux sont devenues des partis nationalistes et anti internationalistes ou mondialistes. Capitalistes et anti communistes, ne gardant que le nom. C’est ainsi que les grands capitalistes manipulent si facilement le prolétariat, à commencer par ceux qui se présentent comme des gens éclairés et qui, loin de lutter contre le capitalisme, le soutiennent en dépit de leur volonté affiché !

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      30 novembre 2018 à 15 03 05 110511
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      @ Hervé

      Merci d’initier une aussi intéressante discussion.

      1) Tu écris « (sous entendu, nourrir l’espoir d’élévation sociale) et d’autres part, lorsque celui-ci est en phase de régression (détruit tout espoir). » Oui si tu veux ÉLÉVATION SOCIALE pour ma part je dirais plutôt nourrir l’espoir que tous aurons ce dont ils ont besoin pour participer pleinement au projet de société QUI NE PEUT ÊTRE COMME POUR TOUTE ESPÈCE ANIMALE – que la reproduction de l’espèce envers et contre tout.

      2) Tu as raison de souligner que LE MODE DE PRODUCTION – y inclut les rapports sociaux de production – EN PHASE DE RÉGRESSION ÉCONOMIQUE et de ce fait sociale – politique – morale – etc. -IL YA DESTRUCTION DE L’ESPOIR comme le manifeste les gilets jaunes et qu’ils appellent le RAS LE BOL – ET LE REJET DE TOUT = ce qui confirme en tout point ce que j’écris depuis deux ans environ suite à 40 années de cheminement militant passant par plusieurs go-gauche… démarche nécessaire à mon avis

      3) La où je diffère de ton raisonnement c’est quand tu affirmes que : « cette prise de conscience porte sur l’impasse et non sur la solution pour sortir de l’impasse. Or, le mouvement seul ne permet pas d’en sortir, il faut alors donner le socle théorique du modèle permettant d’en sortir et celui-ci ne peut suivre le mouvement, parce qu’il a pour but de l’initier. » Tu t’accroche à une conception « idéaliste » de la théorie et de l’exploration d’avenues de solution – et de la recherche fondamentale.

      4) La classe – comme toute équipe de recherche scientifique – s’adonnera d’abord instinctivement à l’observation – le cueillette de données – l’investigation des tentatives malheureuses qui ont eu cours au cours des 100 dernières années ce qui inclura le bloc soviétique – et des hypothèses seront énoncées en partant de ces expériences manquées parce que prématurées et des essais surgiront de partout C’EST UNE DES RAISONS FONDAMENTALES POUR LAQUELLE IL FAUT ÊTRE RADICALEMENT OPPOSÉE AU CENTRALISME LÉNINISTE-STALINIEN – car de multiples expériences devront être permises – parfois contradictoires –

      5) De ces expériences – tentatives – la plupart échoueront la preuve en sera faite dans le concret par les résultats qui ne seront pas au rendez-vous. QUEL SERA LE CRITÈRE DE RÉUSSITE POUR convenir qu’une expérience a réussit et l’autre échouée ??? Ce sera le critère d’efficacité – de productivité OBSERVABLE dans la réalité concrète par cette formule simple : Ce nouveau mode de production INCLUANT LES RAPPORTS SOCIAUX DE PRODUCTION dont LA DISTRIBUTION – RÉPARTITION – permet-il d’assurer NON PAS LA JUSTICE – la nature et l’espèce animale humaine se fiche de la justice qui est une valeur morale permettant de catégoriser l’atteinte de la satisfaction des besoins pour assurer LA REPRODUCTION DE L’ESPÈCE

      6) LA formule à atteindre par ce nouveau mode de production sera DE CHACUN SELON SES CAPACITÉS – À CHACUN SELON SES BESOINS.

      7) Pour nous matérialiste dialectique – il n’y a pas deux consciences l’une idéale émergeant du cerveau telle une AME flottant dans le cosmos et l’autre conscience pragmatique et s’attachant à la matière – le réel – l’observable et le testable. Il ya une conscience qui mature de ses expériences vécues – observables avec laquelle l’animal humain construit – par essais – erreurs notamment – les solutions à ses problèmes de survie comme espèce

      8) L’espèce humaine est encore ici pour se confronter au problème de sa survie parce qu’elle – non pas la race humaine mais l’espèce humaine – a déjà résout ce problème à quelques reprises et elle devra le résoudre à nouveau ou disparaitre ce qui n’est pas impossible.

      Dans mon prochain post je répondrai à tes arguments relatifs à L’ÉCHEC DE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE

      Encore merci pour tes post très intéressants.

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    1 décembre 2018 à 5 05 42 124212
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    Bonjour Robert,

    Bien évidemment d’accord avec toi si tu inclus le mode de répartition dans le mode de production.

    Pour ce qui est du mouvement, je pense qu’on finit par être d’accord, ton dernier commentaire ne diffère pas vraiment du mien, car si tu le relis à nouveau, je parle bien que ce nouveau mouvement se base évidemment sur l’expérience acquise par le mode actuel. Il ne sort pas de la cuisse de Jupiter !

    Cela suit la logique causale, pure logique matérialiste dialectique, disant que la récurrence du mode actuel est le profit (capitalisation du temps de vie humain, d’où découle toute richesse matérielle), permis par la division du monde en groupes distincts et mis en compétitions les uns contre les autres par ceux qui veulent capitaliser une partie de la production du groupe à son profit exclusif, soit, le prédateur humain.

    Et son itération comprend autant les moyens de son maintient que les moyens qui lui sont opposés et qui font l’expérience globale acquise du système. C’est cette observation qui me permet de formuler la seule solution possible. Ce n’est donc pas une théorie abstraite, mais une analyse objective des faits.

    Pour enfin atteindre le point de division fractale, c’est à dire, le moment où le système s’effondre car ayant atteint son stade ultime de développement au delà duquel il ne peut aller. Et ce stade ultime est décidé par l’inversion de la récurrence du mode de production, c’est à dire, lorsque la société humaine doit passer de la compétition à la coopération de tous et ce, décidé par le fait de la globalisation de la production au niveau mondial, incluant donc le social et condition pour la survie de la société humaine avec son niveau de développement actuel (lire mon article sur agoravox « essai sur la société des citoyens responsables, de la relation entre compétition et coopération »).

    Bref, le facteur PREMIER de l’échec de la révolution prolétarienne est le fait que, tant que le monde reste divisé en au moins deux blocs opposés, même faussement, la révolution prolétarienne échouera, parce qu’elle nécessitera toujours la présence de chefs face à la menace extérieure et ceux ci d’imposer la soumission et l’obéissance aveugle (j’insiste là dessus, sans cet argument de la menace du groupe, le chef ne peut pas s’imposer au groupe). Pour réussir, elle doit s’affranchir de ses chefs, et cela passe obligatoirement par l’abandon de la souveraineté nationale qui n’est que celle des capitalistes, et la mise en place d’une souveraineté qui repose sur la raison et non la passion. Sur celle disant « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». Et cette maxime ne peut se fonder que sur le principe de la responsabilité individuelle et collective pour être réelle. C’est à dire, que chacun réponde de ses droits et devoirs envers autrui où nul ne peut exiger plus de droits qu’il n’accomplit de devoirs et nul ne peut se voir exiger plus de devoirs qu’il ne réclame de droits. Car il faut comprendre que dire « à chacun selon ses capacités », veut dire selon les devoirs qu’il peut accomplir et chacun selon ses besoins, selon les droits qu’il veut obtenir. Autrement dit, plus je veux des droits, plus je dois accomplir des devoirs, sinon, je dois me contenter en droits, ce que je suis capable en devoirs (nous ne parlons pas des gens mis en incapacités).

    La logique causale, encore une fois pure logique matérialiste dialectique, disant qu’un principe ne peut pas être supprimé, mais simplement décalé dans l’ordre de priorité, dit que le principe de recherche de profit ne peut pas être supprimé, mais maîtrisé via l’impossibilité d’acquérir plus de profit que son apport réel à la société et calculé non plus de manière absolue comme aujourd’hui, mais de manière relative. C’est à dire, en considération de tous les autres apports et actualisable selon l’évolution des rapports sociaux.

    on peut résumer le mode de production à l’aphorisme suivant

    « l’intérêt général est la somme des utilités particulières à l’accomplissement de la volonté générale, décidé par la somme des besoins et aspirations de chacun, dans les limites supérieures que sont les droits/devoirs intergénérationnels et le respect des autres formes de vies ».

    On peut l’écrire aussi d’une autre manière, soit « le laisser faire économique commence là où s’arrête les nécessités du contrat social et s’arrête, là où commence les contraintes jugées supérieures que sont les droits/devoirs intergénérationnels et le respect des formes de vies ». Le laisser faire économique est la variable d’ajustement des nécessités du contrat social et des contraintes jugées supérieures.

    Toute autre mode de production est soit chaotique, soit liberticide, le mode de production basé sur la responsabilité est le seul qui permet l’équilibre des rapports sociaux, sans besoins de chefs et garantir l’équité entre tous.

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    2 décembre 2018 à 15 03 50 125012
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    @ Robert Bibeau

    Le problème, avec M. Bibeau, c’est que lorsqu’il prétend proposer un nouveau débat, en fait, il s’agit toujours du même, et cet article ne fait pas exception. On ne va donc pas perdre son temps à rediscuter ce pensum gauchiste point par point, cela a déjà été fait, sur les mêmes points, dans ses articles précédents…

    Toutefois, il y a notamment ce point important du rapport entre développement des forces productives et révolution, et le lien, direct ou non, de cause à effet…

    M.Bibeau reconnaît ici lui même qu’il paraphrase Marx plutôt que de le citer, et pour cause… La question, néanmoins, reste de comprendre ce lien, effectivement, s’il existe, indépendamment de la déformation grossière qu’il fait subir au texte de Marx…

    Cela a donc déjà été débattu sur son blog et reblogué, pour l’essentiel, sur TML, avec tous les liens permettant de suivre ce long débat :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/27/le-temps-des-mystificateurs-de-m-robert-bibeau-encore-une-perle-du-genre/

    En voici un extrait, à partir de la présentation, qui aborde déjà ce point, et fait, de plus, et comme par anticipation, la jonction avec la situation actuelle de front uni potentiel entre différentes couches sociales populaires et prolétariennes :

    « Avec les prolongations multiples de la crise systémique du capitalisme-impérialisme se sont également multipliées les impasses prétendant ouvrir des voies et des solutions plus ou moins « nouvelles » ou inspirées des révolutions passées…

    Prétendant à la fois avoir tiré des leçons du passé et ouvrir une voie nouvelle, le chroniqueur québecois Robert Bibeau, déjà bien connu de nos lecteurs, suite à de nombreuses polémiques, ne fait que recycler, en fait, les poncifs les plus éculés du « gauchisme », tout en les mâtinant des formes les plus archaïques du révisionnisme…

    Son propos est généralement dilué dans une suite interminable de considérations diverses qui ne servent que d’emballage à cette mystification, mais au milieu de son dernier article, il a tout de même réussi à en concentrer l’essentiel dans ces trois premiers points d’une liste de onze, formant le corps central de son propos du jour :

    « Partis et mouvement prolétariens vs révolution prolétarienne »

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/partis-et-mouvement-proletariens-209006

    http://www.les7duquebec.com/7-au-fr… _ _
    Selon M. Bibeau :

    « 1. (…) Il faut un prolétariat très développé, de hautes technicités et à forte productivité pour diriger une révolution prolétarienne moderne.

    2. La révolution prolétarienne ne pourra être menée à terme avant que la totalité des moyens de production et des forces productives, que le mode de production capitaliste est capable de valoriser, ait été engagée dans le procès de production. Marx soulignait qu’un mode de production ne disparaît « jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’il est assez large pour contenir ». De nos jours, le système capitaliste a-t-il atteint ce point de rupture sans retour (?) voilà une des questions importantes que les organisations révolutionnaires prolétariennes devraient examiner.

    3. Pendant les périodes de croissance puis de stagnation du mode de production, la lutte de classe dans l’instance économique est dominante et déterminante. Ce n’est que pendant les phases insurrectionnelles populaires, puis révolutionnaires prolétariennes que la lutte dans les instances idéologique et politique devient déterminante. Alors, la classe révolutionnaire saisit son sort, et celui de toute l’humanité, entre ses mains et oriente son destin en construisant le nouveau mode de production émergeant de l’ancien. »

    ******************

    De ces trois points ressort une conception à la fois totalement mécaniste et spontanéiste de la lutte de classe. Mais surtout, mécaniste, tout comme sa « lecture » de Marx, du reste.

    De fait, elle contient, en outre, sa propre négation.

    « Un prolétariat développé » et « à forte productivité », c’est par définition un moment transitoire vers la régression du prolétariat face à la robotisation.

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

    (Voir le débat en lien)

    C’est la phase actuelle de l’évolution du capitalisme. Le prolétariat industriel continue de se développer dans les pays émergents, mais dès qu’un bon niveau de productivité y est atteint, le mouvement de régression de la classe prolétarienne face à la robotisation s’y amorce déjà.

    Globalement, la « prolétarisation » de la société capitaliste, au sens de développement du prolétariat industriel, a probablement déjà atteint son apogée, et commence, de fait, à régresser.

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/08/social-chauvinisme-et-gauchisme-2-voies-actuelles-de-kollaboration-de-classe-avec-limperialisme/

    (Voir les diagrammes en fin d’article)

    [ Du reste, c’était déjà en réponse à M. Bibeau]

    Ce que Marx explique, dans le passage cité (point 2), c’est simplement le remplacement d’un mode de production obsolète par un autre, plus performant et plus adapté, et non pas nécessairement la condition d’une révolution prolétarienne.

    Le mode de production esclavagiste antique a disparu sans que les révoltes d’esclaves y aient joué un rôle déterminant, en fin de compte. Elle n’en étaient pas moins l’expression de la lutte de classe à cette époque. Mais la féodalité a finalement imposé son propre mode de production sans l’appui de la classe des esclaves.

    Il n’y a donc pas de relation mécanique incontournable dans les transformations sociales, et une nouvelle classe dominante peut se former, même à partir des débris de l’ancienne, et transformer le système d’exploitation sans laisser sa chance à la classe des exploités.

    Dans son point 8, M. Bibeau nous précise :

    « C’est l’exploitation via le procès de valorisation du capital qui produit la classe des esclaves salariés prolétarisés (producteurs de plus-value) »
    confirmant par là qu’il ne voit d’issue révolutionnaire à la lutte de classe que par le prolétariat industriel et lui seul, ce qu’il nous a déjà assené à maintes reprises.

    Il y aurait donc, selon lui, un processus incontournable qui se développerait avec les forces productives, et passant de la lutte « économique » à l’ « insurrection populaire » et enfin à la « révolution prolétarienne ». Thèse on ne peut plus spontanéiste et mécaniste, à la fois, et finalement, en réalité, complètement déconnectée de l’évolution actuelle du système.

    On ne perdra donc pas de temps à discuter les autres points, et notamment celui de l’organisation révolutionnaire, parti ou non, ni même de son programme, choses tout à fait inutiles, effectivement, dans ce processus imaginaire.

    Rappelons néanmoins, pour les lecteurs de TML, […et VLR] que le prolétariat industriel reste évidemment l’avant-garde potentielle d’une transformation sociale, précisément tant qu’il reste la source essentielle de la plus-value et le « noyau dur » de l’accumulation du capital, ou encore le « grain de maïs » qui reste à la base du « pop-corn » financier, mais ce rôle d’avant-garde ne peut, tout aussi évidemment, se concrétiser sans une organisation politique et un programme politique unifiant l’ensemble des classes populaires et prolétariennes contre le capital, et pas seulement le prolétariat industriel, que la bourgeoisie s’efforce de marginaliser et d’isoler, et pour cause… ! »

    Luniterre

    *****************

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/27/le-temps-des-mystificateurs-de-m-robert-bibeau-encore-une-perle-du-genre/

    **************************

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