Réussir à l’école malgré un trouble de l’apprentissage

Raymond Viger Dossiers ÉducationÉCOLE À LA MAISON

difficultés de l'apprentissage écoles alternatives apprendre à la maison J’ai toujours été un premier de classe. Je n’ai pas grand mérite, les études ont toujours été faciles pour moi. Ma mère m’avait déjà appris à lire, écrire et compter avant que je ne débute l’école. L’année avant mon entrée au primaire, elle m’a demandé de lui donner un coup de main: sous sa supervision, transmettre à mon jeune frère mes connaissances pour qu’il arrive aux mêmes résultats que moi.

Quand j’ai commencé mon primaire, bien maîtriser les acquis initiaux m’a permis de sauter quelques années et de devancer les programmes d’études. Grâce à l’expérience acquise avec mon frère dans la transmission de connaissances à un autre, je me suis souvent retrouvé assistant de l’enseignant.

Malgré mon jeune âge comparé aux autres élèves, étant plus grand que la moyenne, je me sentais en pleine confiance pour faire la discipline auprès des fortes têtes du groupe. L’intimidation physique ne m’inquiétait pas.

De père en fils

apprendre différemment école alternative difficultés d'apprentissage En devenant père de famille, je rêvais de transmettre cette tradition à mes enfants. Mon garçon a eu plus de difficultés. Il apprenait différemment et avait des résultats différents. Je réussissais tout de même à lui enseigner plus facilement que d’autres ce qu’il avait à apprendre.Mon garçon a vite reçu un diagnostic de trouble de l’apprentissage et a eu recours à des services spécialisés. En découvrant le sens de cette différence et la façon dont il apprenait, je me suis rendu compte que j’avais le même problème!

Plusieurs troubles de l’apprentissage ont une forte composante génétique, c’est donc un héritage que j’ai transmis à mon garçon. Mais comment concilier un trouble de l’apprentissage et être en même temps premier de classe tout au long de son parcours d’étudiant? Comment se fait-il que je n’aie pas eu de difficultés dans mes études et que tout m’ait semblé si facile?Avoir appris à lire, écrire et compter avant de commencer mon primaire a été un héritage important de ma mère qui m’a permis de vivre différemment mon trouble de l’apprentissage. En débutant l’année scolaire, je regardais ce que nous avions à apprendre. Je faisais la liste des choses que je ne maîtrisais pas et je les apprenais seul avant qu’elles ne soient vues en classe. Quand ce jour-là arrivait, c’était une forme de révision et la matière ne m’inquiétait pas. Ce n’était pas les enseignants qui me disaient quoi étudier ou sur quoi travailler. Je faisais ma propre grille de travail.

Entrer dans la danse

apprendre-différemment-ecole-alternative-apprendre-a-la-maison Même avec un trouble de l’apprentissage, je n’ai jamais eu à vivre de «crise» liée au fait d’être limité dans mes actions par cette différence. Jusqu’au jour où j’ai débuté un cours de danse. Contrairement à ma conjointe, pour moi, prendre des cours implique des heures et des heures de pratique pour réussir. Nous nous entendons sur l’objectif d’avoir du plaisir. On fait du mieux que l’on peut et si on n’a pas le temps de se pratiquer, ce n’est pas grave.

J’arrive dans un domaine complètement inconnu pour moi. Dès le premier cours, je suis dépassé. Je ne comprends rien au premier pas de base que déjà le professeur en montre un 2è! Rendu au 3è, je n’ai toujours rien compris aux 2 premiers, et là, il faut tout enchaîner. C’est la panique dans mon cerveau. Plus rien n’entre, je veux retourner chez moi, tout abandonner… Pour survivre à cette «crise», je me suis inscrit à une pratique supplémentaire et j’ai dû prendre des leçons privées pour en arriver à rester dans le groupe et persévérer. Ce cours de danse aura été une belle occasion de vivre ma différence d’apprentissage sous toutes ses formes. Cela m’a permis d’identifier ma façon d’apprendre pour éviter la crise. C’est simple: connaître la matière d’avance.

J’espère que le témoignage que j’apporte ici pourra aider des parents et des jeunes qui vivent cette réalité. Si votre enfant apprend différemment et qu’il n’a pas compris le contenu d’un cours, ce n’est pas la matière passée qui est importante, mais celle à venir. Commencez par vous assurer qu’il la maîtrise avant de la voir en classe. Cela va lui permettre de vivre de petites victoires dans ses cours tout en évitant de vivre une crise, une panique totale. Quand un jeune qui apprend différemment ne veut plus aller à l’école, ce n’est pas qu’il ne veut pas apprendre. C’est qu’il ne veut pas vivre ce sentiment de panique, d’échec et de crise. Les gens avec des troubles de l’apprentissage apprennent simplement différemment.

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Les troubles de l’apprentissage

Les troubles de l’apprentissage ont une origine neurologique. Ils affectent l’apprentissage chez des gens ne souffrant pas de déficience intellectuelle et n’étant pas confrontés à des contraintes sociales, culturelles ou économiques qui les empêcheraient de progresser au même rythme que les autres. Les activités affectées par les troubles de l’apprentissage sont principalement la lecture, l’écriture et le calcul.Bien que l’on ne puisse pas guérir un trouble de l’apprentissage, il existe différents moyens d’en atténuer les effets, principalement par un apprentissage adapté à la personne atteinte. Il est important pour les gens touchés par ce trouble de bien connaître et d’exprimer ses besoins afin que leur environnement scolaire ou professionnel puisse s’adapter à leur condition.Les troubles de l’apprentissage les plus connus sont la dyslexie et le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité. François Richard

 

5 pensées sur “Réussir à l’école malgré un trouble de l’apprentissage

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    28 novembre 2009 à 3 03 45 114511
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    Dans mon cas, rester concentré et attentif est une tâche titanesque. Ça ne m’a pas tellement aidé à l’école, disons. J’ai toujours été plus lent que les autres et à l’adolescence, j’ai développé un espèce de frustration par rapport à cela.

    J’avais l’impression d’être moins « intelligent », même si mes parents voulaient me convaincre du contraire…

    Puis un jour, j’ai appris que j’avais l’ADHD (Attention-deficit hyperactivity disorder) et ça été en quelque sorte un soulagement, si je peux dire. Du coup, je comprenais pourquoi j’avais de la difficulté à rester en place, focussé sur une tâche, concentré et attentif. En plus, je n’étais pas seul dans cette situation.

    Avec le temps, je suis devenu assez critique face au système d’éducation. J’ai réalisé que l’école sert à faire de nous de bon petits travailleurs/contribuables dociles, rien de plus. On étudie pour se pognerune job et puis après on a plus vraiment le temps d’apprendre, tellement le travail occupe la majeur partie de notre temps. C’est domage, je trouve.

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    28 novembre 2009 à 10 10 44 114411
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    Intéressant témoignage, Raymond.

    En passant, sais tu pourquoi au Québec, les garçons réussissent moins bien leurs études que les filles de ce que j’ai pu lire et entendre ?

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    29 novembre 2009 à 14 02 50 115011
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    Salut Rémi.

    C’est une réalité que lorsqu’on peut mettre un nom sur notre différence, on cherche moins à se comparer et on peut tenter de trouver les façons de faire qui sont propre à nous. Cela nous aide effectivement dans notre cheminement et notre continuité.

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    29 novembre 2009 à 14 02 54 115411
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    Bonjour Paul.

    Les raisons sont multiples. Plusieurs livres ont déjà été écrits sur le sujet. Pour chaque garçon, les raisons peuvent être différentes.

    Pendant longtemps, nous ne retrouvions presqu’exclusivement des femmes qui enseignaient au primaire. Cela n’aidait pas les garçons à prendre leur place. Les garçons ont des comportements différents en classe, dans leur façon d’apprendre, ce qui n’était pas nécessairement pris en compte.

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    30 novembre 2009 à 9 09 41 114111
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    Il y a plusieurs raisons à ce qu’un jeune ait de la difficulté à l’école.
    – Une naissance difficile.
    – Le milieu de vie.
    – Les préjugés.
    – Les différences entre riches et pauvres.
    – L’apparence physique.
    – Etat sexuel.
    – Parents trop exigents.
    – Et d’autres……………………………………………………..
    Il ne faut pas oublier, qu’il y a une centaine d’années, des parents faisaient brûler les écoles par peur du communiste.
    C’est encore dans nos gênes.
    Tous les changements de programmes et de méthodes n’ont pas servis la cause non plus.
    Nous avons voulus avoir le meilleur système au monde mais nous avons un des pires au niveau de notre langue.
    La grenouille a éclatée……………………………………….

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