ROBERT MUGABE, DERNIER GAUCHISTE DESPOTE ET IMPOSTEUR

Bibeau.robert@videotron.ca     Éditeur  http://www.les7duquebec.com

 

C’est en 1976, à Montréal, que j’ai rencontré Robert Mugabe chef de la ZANU, alors en tournée de financement à travers le Canada. L’intellectuel petit-bourgeois, formé en Afrique du Sud et dans quelques universités africaines, fréquentait les thèses léninistes et wilsonniennes sur le supposé « droit des nations à disposer d’elles-mêmes, et à l’autodétermination », et il flirtait avec les théories de la gauche tiers-mondiste et chrétienne sur la « libération » politique comme prélude au développement économique autonomiste (sic). Nous savons aujourd’hui que ces théories bidon ont fait long feu, au Zimbabwe, et partout sur le continent africain comme nous allons en faire la démonstration. Dans tous ces pays, où les « peuples » dirigés par leur bourgeoisie tribale se sont soi-disant « libérés » politiquement, sans libérer les forces productives sociales, ils sont demeurés sous le joug néocolonial, la nouvelle appellation pour désigner les pays soumit à l’un ou à l’autre des blocs impérialistes mondialisés.

 

Du « Père de la nation » au « Petit père des peuples ».

 

Récemment, au Zimbabwe, à l’exemple de celles qui l’ont précédé dans le tiers-monde, la lutte de « libération » nationale bourgeoise, même si dirigée par un marxiste-léniniste « Père de la nation » s’est soldée par un coup d’État où la garde rapprochée du vieux dégénéré l’a limogée afin de s’attribuer les pleins pouvoirs de gouvernance sur l’appareil d’État au service des grandes puissances.

 

Un commentateur politique de Mauritanie (une république tribale soi-disant « libérée » du colonialisme français et où l’on pratique encore l’esclavagisme) affirmait :  « Robert Mugabe a perdu son dernier combat politique pour avoir oublié ce qui a fait sa force : sa capacité à unir les siens et à faire peur aux autres tribaux. Sous son joug, la ZANU-PF, s’était approprié tout le riche Zimbabwe ne laissant que des miettes aux contestataires (…) Les présidents qui s’accrochent font tous les mêmes fautes. Ils veulent survivre à la mort, ils se croient rois et veulent s’imposer pour toujours, via un héritier et écoutent les mauvais génies » (1).

 

Mercredi le 15 novembre 2017, le camarade Bob Mugabe, 93 ans, dont 37 années à la présidence de l’État fantoche zimbabwéen « libéré » et exsangue, dernier héros des guerres « d’indépendances » africaines, a été déposé de son trône bancal, où il s’incrustait, et où il manigançait sa succession dynastique au service du clan Shona à l’encontre de l’ethnie Ndébélé pourtant déjà lourdement décimée. En effet, en 1980, le Président marxiste-léniniste à vie, et chef du Politburo de la très nationaliste et raciste Union Nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) avait lancé la 5e division de l’armée nationale tribale, formée en Corée du Nord (on s’entraide entre nationalistes « émancipés ») afin de massacrer plusieurs dizaines de milliers de Ndébélés, éradiquant ainsi toute forme d’opposition ethnique au pouvoir « internationaliste » de la ZANU multiethnique (sic). C’est aussi en 1980 que les premières élections démocratiques bourgeoises furent organisées dans le pays contrit et que l’ethnie Shona accéda à la gouvernance de l’État bourgeois fétiche (2). Le Zimbabwe « libéré » fut alors l’objet de rivalités entre différentes puissances impérialistes qui tentèrent soit de le conserver dans leur escarcelle (Royaume-Uni – États-Unis), soit de s’approprier les richesses naturelles (minerais et ressources agricoles) et la plus-value de l’une des forces de travail les plus productives du continent africain (après l’Afrique du Sud du camarade Mandela, un autre « Père de la nation » bourgeoise africaine).  En 2000, une soi-disant « réforme agraire », en réalité l’expropriation des terres des fermiers à distribuer aux caciques du régime, morcela les terres, à rebours de l’évolution du mode de production capitaliste, détruisant l’agriculture industrielle monopoliste et entrainant le pays dans la famine. S’ensuivirent des années de misère pour ce contingent de prolétaires. Ainsi, en 2005, la ZANU-PF lança une campagne appelée « Tous les Blancs dehors en 2005 », ce qui valut au peuple zimbabwéen de lourdes sanctions de la part des puissances impérialistes occidentales qui trouvèrent prétexte de forcer la sujétion du Zimbabwe à leur camp impérialiste. En 2006, l’inflation dépassa les 1 000 %, et les 100 000 % en 2007. L’exode de la population pauvre vers les pays voisins s’accéléra (3 millions de migrants sur une population de 14 millions d’habitants). Ces années-là le chômage atteint les 75% pour ce peuple peut-être « libéré et indépendant » (sic), mais nullement émancipé. En 2009, la monnaie nationale, le dollar zimbabwéen, fut remplacée par le dollar du grand Satan américain à la suite d’une nouvelle crise de la monnaie. La chronique politique se limite depuis à une suite de scandales où des généraux se trouvent impliqués dans des trafics divers, des ministres dans des contrats léonins, alors que des barons du parti « démocratique » bourgeois défraient la rubrique à potins, rien de prolétarien ni de marxiste-léniniste dans tout cela (3). Ces faits attestent que la bourgeoisie gauchiste ne sait pas mieux administrer le capitalisme que la bourgeoisie droitiste et que c’est bien d’abolir le mode de production capitaliste qui libérera la classe prolétarienne internationale.

 

La classe prolétarienne n’a pas de patrie.

 

C’est en 1916 que le communisme international fut désorienté par un texte de Vladimir Lénine, qui, visant des objectifs opportunistes, compromit le mouvement gauchiste en lui assignant des tâches démocratiques bourgeoises incompatibles avec la mission internationaliste du prolétariat mondial (4). Le prolétariat n’a pas de patrie et il n’a pas à se placer en service commandé à la botte d’une faction du capital nationalisé, désireuse d’accaparer l’usufruit de l’exploitation des ouvriers nationaux. Sous le mode de production capitaliste, à son stade impérialiste, le capital national n’est jamais qu’une fraction du capital globalisé et mondialisé. En aucune circonstance le renforcement de l’un ou l’autre de ces clans, qu’il emprunte le nom de socialiste, de communiste, de maoïste, de trotskiste ou de marxiste-léniniste ne fera s’effondrer l’édifice d’exploitation internationalisé comme le démontre une nouvelle fois la tragédie du Zimbabwe « révolutionnaire bourgeois » déchu et corrompu, mais nullement émancipé. Ce que nous avions démontré dans notre dernier ouvrage « Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne » (5).

 

NOTES

 

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Zimbabwe
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Zimbabwe
  3. Le Figaro Jeudi 16 novembre 2017. La chute de Mugabe. Héros de l’indépendance devenu vieux despote. Ahmedou Ould Abdllah.
  4. En 1916, Lénine publia ses fameuses « Thèses sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes ». La lutte pour l’émancipation nationale distrait et surtout désoriente le prolétariat de la révolution socialiste et l’en éloigne, lui disent ses camarades. Lénine opportuniste, leur répond que le socialisme signifie la lutte contre toute forme d’oppression, y compris l’oppression nationale et tribale, plaçant ainsi les ouvriers à la remorques des capitalistes.  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-lutte-de-liberation-nationale-catalane-le-droit-du-peuple-catalan-a-disposer-de-lui-meme/
  5. QUESTION NATIONALE ET RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE SOUS L’IMPÉRIALISME MODERNE  Robert Bibeau )2017) COMMANDER SUR AMAZON  https://www.amazon.ca/Question-nationale-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne-limp%C3%A9rialis/dp/2343114749/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1496234995&sr=8-1&keywords=Robert+Bibeau
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