Sabia et la Caisse de dépôt , pas si mal

Jean Gagnon Dossier Actualité économique

La Caisse de dépôt et placement du Québec vient de déposer ses résultats pour l’année 2009. Cela a donné l’occasion à bien des commentateurs financiers et certaines têtes politiques, dont principalement Pauline Marois, de critiquer ouvertement une fois de plus la direction de la Caisse.

L’occasion était belle, car la Caisse a réalisé un rendement de 10 % en 2009, alors que le rendement de son indice de référence atteignait 14,1 %. La dévaluation de prêts immobiliers consentis aux États-Unis, ainsi qu’un rendement bien en-deçà de l’indice de référence de son portefeuille de placements privés expliquent la sous performance du bas de laine des québécois, qui comme l’année précédente se retrouve parmi les derniers de classe dans le monde de la gestion de patrimoine.

Mais en y regardant de plus près, on constate une nette amélioration en deuxième moitié d’année. En effet, durant les 6 premiers mois de l’année, la Caisse a réalisé un rendement négatif de – 0,3 % comparativement à un rendement positif de 4,7 % pour l’indice de référence. Mais pour le 6 derniers mois, la Caisse a battu l’indice grâce à un rendement de 10,4% contre 9 % pour celui-ci.

L’arrivée de Michael Sabia

Rappelons nous que Michael Sabia assume la présidence de la Caisse depuis mars dernier. À son arrivée, l’institution était en bien piètre état. Les marchés boursiers de par le monde venaient de s’écrouler. La Caisse avait perdu gros, mais pire encore, à cause d’un manque de liquidité, elle était alors sous-pondérée en actions alors que le rallye boursier allait s’amorcer. Ceci excuse sûrement en partie la sous performance de la Caisse en première moitié d’année. On ne pouvait pas demander à Michael Sabia à son premier jour à la Caisse de rétablir les liquidités et de s’empresser d’acheter des actions alors que les marchés étaient en pleine crise.

Par ailleurs, il est rassurant de voir que de bonnes décisions ont été prises au cours de la deuxième moitié de l’année. Les résultats le confirment.

De plus, il semble bien que l’on soit en train d’assister à la Caisse de dépôt à un changement de culture. D’un groupe arrogant de professionnels qui se croyait tout permis sans avoir à rendre de comptes aux vrais propriétaires, soit l’ensemble de la population, on retrouve aujourd’hui des gens qui semblent plutôt enclins à nous informer de ce qui se passe vraiment au sein de l’institution.

Transparence et compétence

Comme bien d’autres, j’avais plutôt mal reçu l’annonce de la nomination de Michael Sabia à la présidence de la Caisse. D’abord, je ne pouvais pas accepter le manque total de transparence qui avait marqué le choix du candidat. Mais aussi, je mettais en doute les compétences de l’individu pour ce poste des plus exigeants en gestion de patrimoine.

Bien qu’il soit sûrement trop tôt pour porter un jugement définitif sur la compétence de la nouvelle direction de la Caisse, force est d’admettre que pour l’instant, Michael Sabia et la Caisse, c’est pas si mal du tout. Mme Marois pourrait devoir trouver quelqu’un d’autre sur qui tirer.


Jean Gagnon


6 pensées sur “Sabia et la Caisse de dépôt , pas si mal

  • avatar
    3 mars 2010 à 18 06 53 03533
    Permalink

    Jean,

    Si Sabia se débrouille assez bien avec son équipe de gestionnaire tant mieux et laissez Marois se décridibiliser encore davantage. Nous avons tous à y gagner. En attendant souhaitons nous un nouveau 1er ministre qui ne soit ni charest ni marois et ni un dumont populiste/sarkozyste mais une personne compétente en ces temps de crise et l’émergence du dragon asiatique.

    Maintenant nous verrons bien son bilan dans 5 ans. Je me rappelle la haute considération qu’avait les médias sur la performance de l’ex-patron de CPDQ avant la perte de 40 G$. Je pense qu’il va éviter de faire des étincelles et risquer une électrocution. Ça sera probablement une gestion + prudente.

    Répondre
  • avatar
    4 mars 2010 à 0 12 21 03213
    Permalink

    Ouais, il n’y a toujours pas eu d’enquête officielle pour savoir qui responsable de la perte de ce 40 milliards de dollars, comme si de rien n’était.

    Répondre
  • avatar
    4 mars 2010 à 6 06 08 03083
    Permalink

    Oubliez les 40 milliards de pertes. La Caisse aurait perdu 30 milliards si elle avait eu un rendement comparable au autres fonds semblables. Donc une performance de 10 milliards en 2008 et de 5 milliards en 2009. Cette sous performance de 15 milliards en 2 ans est directement attribuable au Changement de la loi de la gouvernance de la Caisse par Charest en 2004.

    C’est ce que j’explique dans mes textes en lien plus haut.

    JCPomerleau

    Répondre
  • avatar
    4 mars 2010 à 6 06 36 03363
    Permalink

    je corrige l’erreur:
    une sous-performance (perte) de 10 milliards en 2008 et de 5 milliards en 2009.

    J’ai lu ce texte interessant sur le tripotage politique écrit par Pierre Goyette – Ancien sous-ministre des Finances, ancien membre du conseil d’administration de la CDPQ et ex-président de la Banque Laurentienne.

    Répondre
  • avatar
    4 mars 2010 à 10 10 35 03353
    Permalink

    Sabia, peut-être pas si mal. Je ne le jugerai pas sur un petit +1,4% obtenu sur une période de 6 mois. Au moins, c’est dans la bonne direction. Et ça, c’est encourageant.

    Mais la CDP dans son ensemble, c’est pitoyable. « L’expertise » de la caisse, c’était de sous-performer. Un paquet de hauts salariés sont partis et ce n’est pas moi qui vais pleurer…

    Le meilleur point de comparaison, pour la CDP, c’est Teachers. C’est un fonds de retraite canadien d’une taille comparable. Comparons donc le rendement de nos experts de la CDP aux gestionnaires de Teachers:

    Teachers:
    1997: +15,6%
    1998: +9,9%
    1999: +17,4%
    2000: +9,3%
    2001: -2,3%
    2002: -2%
    2003: +18%
    2004: +14,7%
    2005: +17,2%
    2006: +13,2%
    2007: +4,5%
    2008: -18%

    CDP:
    1997: +13%
    1998: +10,2%
    1999: +16,5%
    2000: +6,2%
    2001: -5%
    2002: -9,6%
    2003: +15,2%
    2004: +12,2%
    2005: +14,7%
    2006: +14,6%
    2007: +5,6%
    2008: -25%

    La CDP a fait moins bien que Teachers 9 fois mais a mieux fait 3 fois (1998, 2006 et 2007). Le total des rendement de ces 12 années:
    Teachers: 97,5%, CDP: 68,6%.

    La CDP, c’est un instrument de pauvreté. Notre « expertise », c’est de réussir à faire moins bien que les autres sur une base régulière.

    Alors Sabia, peut-être qu’il est bon, on va voir. Mais la CDP, pour l’ensemble de son oeuvre, c’est un gros prix citron.

    Sources:
    http://www.lacaisse.com/fr/chiffres/chiffres/Pages/donnees-historiques.aspx
    http://docs.otpp.com/Retrospective_sur_11_ans_07_f.pdf
    http://docs.otpp.com/AnnRepCommentary08.pdf

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *