Schizophrénie et santé mentale

Suis-je fou?

Ai-je les bons comportements sociaux? Mais quelle est la définition de la normalité? Afficher un beau sourire quand on vous diagnostique une schizophrénie? Dire merci quand on vous interne pour la quatrième fois? Être content quand votre beau-frère vous encourage à chercher un emploi pour schizophrène? Faire oui de la tête et s’écraser devant les docteurs qui vous disent d’accepter de prendre des médicaments toute votre vie?

Malick   Dossier Santé mentale

folie-sante-mentale-fou-etre-normal-signes-folie-schizophrenieJe ne crois pas. Je pense qu’il est normal de vouloir être normal. Que les mers tranquilles n’ont jamais fait avancer les voiliers.

Je n’ai jamais accepté ma maladie. Je crois que je ne l’accepterai jamais. Mes amis l’ont accepté.  Ils m’en parlent comme si la maladie définissait ce qu’ils sont. Ce n’est pas plus mal.

Sauf que moi, je veux me battre, distancer mes craintes. C’est pour ça que je suis encore convaincu que je vais un jour avoir une femme, des enfants et un emploi.

Examen de la folie

folie-schizophrenie-sante-mentale-fou-psychiatriqueMaintenant que le pire est passé, je peux raconter la crise existentielle par laquelle je suis passé. Si je retourne dix ans en arrière, je me rappelle la première journée de ma tourmente. C’était la veille du dernier examen du baccalauréat. J’avais les yeux plongés dans le miroir de la bibliothèque de l’université. C’est en m’observant que j’ai eu la conviction qu’une dualité m’habitait. D’une part le démon, un mal au sens biblique, gouvernait mon œil droit. Dans l’autre œil la pureté, le bien. Dérangé par cette révélation, j’entrepris de combattre l’œil malin. Il faut dire que j’avais toujours été fasciné par les histoires de religion. Cette idée donnait un sens à mon existence. C’est donc avec cette certitude que j’ai quitté le monde réel pour m’enfermer dans un autre univers.

Des folies pour vaincre mon œil droit, j’en ai faites. J’ai crié que j’aimais Dieu dans des lieux publics. J’ai marché dans des champs sans m’arrêter. J’ai coupé des arbres en leur demandant la permission. J’ai reçu la clé du paradis des mains de la Sainte Vierge. Je m’en foutais parce que je ne faisais de mal à personne dans ma quête de me libérer du démon. De fil en aiguille, mes théories devenaient de plus en plus complexes et précises. Jusqu’à me convaincre que si tout cela m’arrivait, c’est que j’étais un ange de Dieu qui devait passer par toutes ces épreuves pour évincer le démon en moi et pouvoir accomplir une grande destinée.

L’acte de trop

Et vint le jour où ma vie bascula. C’était en soirée. J’étais monté parler à ma sœur pour la réconforter. Elle me dit que sa vie allait mal et qu’elle avait de la difficulté à regarder l’ours en peluche que son ancien copain lui avait offert. Que ce dernier était possédé et qu’elle en avait peur. Qu’elle se sentait seule et que son chien était comme son psychologue. Elle lui parlait et il était le seul à la comprendre. Le lendemain, je prenais une hache et je tuais son chien. Elle me traita d’assassin, de meurtrier, de monstre. La police s’est  présentée à la maison familiale. Je me suis retrouvé en psychiatrie.

ambulance-ambulancier-premier-repondant-urgence-911Couché dans l’ambulance, attaché avec des sangles, escorté par quatre autos patrouilles. Les choses vont vite. Je me demandais pourquoi tout ce déploiement autour de moi. Étais-je une menace pour quiconque? Je venais de tuer un berger allemand avec une arme  tranchante. Je me sentais comme un meurtrier, quelqu’un qu’il faut craindre. Ce n’est vraiment pas agréable.

L’hôpital psychiatrique

Je passai la nuit avec des gens qui tournaient en rond, qui criaient, qui parlaient de démon et de Satan. Le lendemain, on m’a transféré dans l’aile psychiatrique. J’ai rencontré un psychiatre. Je l’ai vite compris, ce que j’allais dire allait déterminer le temps que j’allais passer enfermé.

J’ai essayé d’expliquer l’histoire en minimisant mon geste et en mettant l’accent sur le fait que c’était un animal. Que jamais je n’aurais fait de mal à un humain. Tout de même, j’ai raconté tout ce que je croyais. J’étais un ange avec un œil bon et l’autre mauvais. Ça m’a fait du bien sauf que cela m’a suivi durant mon séjour en psychiatrie.

Une fois les portes magnétiques de l’aile psychiatrique franchies, il n’y plus de retour en arrière. Vous vivez avec d’autres patients et le personnel médical. Tous les jours vous rencontrez un psychiatre. Vous mangez aux mêmes heures, vous vous couchez avec la fermeture des lumières. Il y a une hiérarchie parmi les malades de longues dates : les plus vieux sont respectés et les plus fous, craints. Il m’est arrivé de rencontrer des assassins qui, plutôt que d’être en prison, purgent leur sentence en psychiatrie. Ils n’ont pas l’air de meurtriers, souvent même ils affichent un beau sourire. Je me suis plutôt bien adapté même si je n’aimais pas être là. Je me suis fait une raison. Je me suis tenu avec ceux qui sont le moins affectés par la maladie.

Faire passer la pilule

A la fin de mon séjour, j’ai intégré un centre en santé mentale où j’ai fait du théâtre, du karaté, de la cuisine pendant un an. C’est là que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon chum de consommation. Durant cette période, j’avais déjà l’habitude de consommer de la marijuana et de l’alcool. Par l’entremise de cet ami, j’ai connu le speed qui, sur le coup m’a paru inoffensif. Sauf que la petite pilule magique est rapidement devenu un baume sur mes plaies.

Avec cette drogue, je me sentais fort et certain. Tranquillement, je me suis mis à consommer régulièrement et à sortir dans les clubs. Ce qui devenait dangereux, c’est que j’en prenais pour me sentir bien. Ma famille le savait et tout le monde en souffrait. Mes parents tentaient de me raisonner sur les dangers de cette drogue. Je n’écoutais pas. Trois fois par semaine, je passais des nuits blanches tout en sachant qu’il suffisait d’une pilule pour devenir légume. En plus je prenais des médicaments. Je faisais attention à ne pas me faire prendre mais j’étais soumis à des analyses d’urine tous les trois mois alors, forcément, le test a fini par se révéler positif.

Centre de thérapie Le Portage

Les docteurs ont donc décidé qu’il me fallait un traitement choc: le centre de thérapie Le Portage.

Mon entrée fut difficile. J’ai dû quitter ma liberté pour entrer au TSTM (Toxicomane Souffrant de Troubles Mentaux). Tous les jours, lever à 6h45, ménage et thérapie, thérapie et thérapie.

Les premiers temps, je pensais mourir. Les cinq premières semaines sans sortie ni téléphone. Mais rapidement, j’ai changé. J’ai accepté le programme. Je m’y suis fait des amis. Je suis devenu chef de la cuisine puis chef de la communauté. J’ai même arrêté de fumer la cigarette.

Même si j’avais beaucoup de réticence à me plier à cette thérapie, elle m’a libéré de mes habitudes. Je me suis rendu compte que je pouvais réussir à être heureux sans drogue. Ils m’ont supporté et m’ont fait travailler mes comportements et la gestion de mes sentiments. Il m’a fallu 13 mois pour franchir les 4 étapes de réhabilitation avant de pouvoir habiter en appartement supervisé et commencer une réinsertion sociale. J’en suis sorti grandi et capable d’être autonome avec un style de vie positif.

Folie de psychiatre

Une fois fiché en psychiatrie, on vous suit, vous observe, vous investigue. Il faut constamment peser ses mots. Parfois, une attitude suffit à inquiéter les médecins.  Pour prévenir une crise, ils vous envoient faire un séjour de 21 jours en psychiatrie.

C’est ce qui m’est arrivé à ma troisième hospitalisation. Cela faisait huit ans qui tout allait bien. Je rencontrais ma psychiatre pour fermer mon dossier. Je ne sais pas pourquoi mais pour moi c’était important. J’avais mis un habit pour la rencontre. Mauvaise idée! J’ai haussé le ton pour expliquer mon habillement. On a appelé un «code blanc» pour moi. Quand un patient semble incontrôlable, le personnel appelle à l’aide. Un autre petit 21 jours à l’hôpital. J’ai retrouvé mes appartements dans l’aile psychiatrique. Maintenant j’en fais des blagues mais, sur le coup… Bref ce fut ma dernière hospitalisation et j’espère la dernière.

Aujourd’hui je me considère comme heureux, j’ai mon petit appartement. Je participe à un programme d’Emploi-Québec. J’écris mon histoire chaque jour avec un peu plus de confiance à chaque réussite. Je n’ai pas changé le système, c’est le système qui m’a changé! Est-ce mieux, est-ce pire?… je reste convaincu qu’un jour les injections vont cesser.

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14 pensées sur “Schizophrénie et santé mentale

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    5 novembre 2011 à 5 05 01 110111
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    A mes yeux, ce témoignage confirme que la croyance religieuse, notamment en Satan, et la conception culpabilisante du bien et du mal qu’elle impose, sont susceptibles de mener à la schizophrénie …

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    5 novembre 2011 à 8 08 26 112611
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    la frontière entre fou inoffensif et fou dangereux est délicate a faire.

    Sinon c’est certain qu’un jour les injections vont cesser. :mrgreen:

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    5 novembre 2011 à 9 09 35 113511
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    Bonjour Raymond,

    Demande leur aux savants psychiatres : C’est quoi la Schyzophrénie ?

    Tu n’auras comme réponse qu’une liste des effets de la  » maladie « .

    Je te donne ce qu’Alice Miller décrit comme la genèse de la « maladie » :

    « Ce n’est qu’en se libérant des tendances pédagogiques que l’on peut véritablement comprendre la situation effective de l’enfant. On peut résumer ces conclusions dans les points suivants :

    « 1.L’enfant est toujours innocent.
    2.Tout enfant a des besoins inéluctables, entre autres de sécurité, d’affection, de protection, de contact, de sincérité, de chaleur et de tendresse.
    3.Ces besoins sont rarement satisfaits, mais ils sont souvent exploités par l’adulte à ses propres fins (traumatisme de l’abus perpétré sur l’enfant).
    4.L’abus que subit l’enfant a des conséquences pour toute la vie.
    5.La société est du côté de l’adulte et accuse l’enfant de ce qui lui a été fait.
    6.La réalité du sacrifice de l’enfant est toujours déniée.
    7.On continue donc d’ignorer les conséquences de ce sacrifice.
    8.L’enfant, abandonné à sa solitude par la société, n’a pas d’autre solution que de refouler le traumatisme et d’idéaliser ceux qui le lui ont infligé [il ne peut faire autrement s’il veut survivre puisqu’il dépend entièrement, pour cela, de ses parents].
    9.Le refoulement engendre des névroses, des psychoses, des troubles psychosomatiques et des crimes.
    10.Dans la névrose les vrais besoins sont refoulés et déniés et le sujet vit à leur place des sentiments de culpabilité.
    11.Dans la psychose, l’abus est transformé en représentation délirante.
    12.Dans le trouble psychosomatique, la douleur du mauvais traitement est vécue, mais les causes véritables de cette souffrance demeurent cachées. »

    A. Miller, La souffrance muette de l’enfant – L’expression du refoulement dans l’art et la politique, Paris, Aubier, 1990, traduction Jeanne Étoré, p. 174.

    Si tu voulais en apprendre davantage je te donne le lien suivant : Caroline Markolin http://www.learninggnm.com

    Eux ne disent pas Schyzophrénie mais « constellation schyzophrénique ». Elle connait surement quelqu’un qui parle français.

    Voilà, « l’histoire » que tu nous raconte ce matin est celle est celle d’un nouveau traumatisme. Ta véritable histoire, il te reste à la découvrir.

    Cordialement.

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    5 novembre 2011 à 9 09 52 115211
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    🙂 Bonjour Raymond,

    Demande leur aux savants psychiatres : C’est quoi la Schyzophrénie ?

    Tu n’auras comme réponse qu’une liste des effets de la » maladie « .

    Je te donne ce qu’Alice Miller décrit comme la genèse de la « maladie » :

    « Ce n’est qu’en se libérant des tendances pédagogiques que l’on peut véritablement comprendre la situation effective de l’enfant. On peut résumer ces conclusions dans les points suivants :

    « 1.L’enfant est toujours innocent.
    2.Tout enfant a des besoins inéluctables, entre autres de sécurité, d’affection, de protection, de contact, de sincérité, de chaleur et de tendresse.
    3.Ces besoins sont rarement satisfaits, mais ils sont souvent exploités par l’adulte à ses propres fins (traumatisme de l’abus perpétré sur l’enfant).
    4.L’abus que subit l’enfant a des conséquences pour toute la vie.
    5.La société est du côté de l’adulte et accuse l’enfant de ce qui lui a été fait.
    6.La réalité du sacrifice de l’enfant est toujours déniée.
    7.On continue donc d’ignorer les conséquences de ce sacrifice.
    8.L’enfant, abandonné à sa solitude par la société, n’a pas d’autre solution que de refouler le traumatisme et d’idéaliser ceux qui le lui ont infligé [il ne peut faire autrement s’il veut survivre puisqu’il dépend entièrement, pour cela, de ses parents].
    9.Le refoulement engendre des névroses, des psychoses, des troubles psychosomatiques et des crimes.
    10.Dans la névrose les vrais besoins sont refoulés et déniés et le sujet vit à leur place des sentiments de culpabilité.
    11.Dans la psychose, l’abus est transformé en représentation délirante.
    12.Dans le trouble psychosomatique, la douleur du mauvais traitement est vécue, mais les causes véritables de cette souffrance demeurent cachées. »

    A. Miller, La souffrance muette de l’enfant – L’expression du refoulement dans l’art et la politique, Paris, Aubier, 1990, traduction Jeanne Étoré, p. 174.

    Si tu voulais en apprendre davantage je te donne le lien suivant : Caroline Markolin http://www.learninggnm.com

    Eux ne disent pas Schyzophrénie mais « constellation schyzophrénique ». Elle connait surement quelqu’un qui parle français.

    Voilà, « l’histoire » que tu nous raconte ce matin est celle d’un nouveau traumatisme. La véritable histoire, il reste à la découvrir.

    Cordialement.;-)

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      6 novembre 2011 à 5 05 44 114411
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      Suite à ce commentaire, je serais porté à affirmer que les parents ne sont pas du tout, apte à s’occuper de leurs enfants. Quand devrons-nous les remettre aux gouvernement?

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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          6 novembre 2011 à 14 02 23 112311
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          http://www.archipel.uqam.ca/2753/

          Page 60 du fichier

          « La propagation de l’hégémonie se fait par acquis, car leurs « remises en question », et cette expression n’est pas identique au mot « éliminer» quoi qu’en disent certaines personnes, est très difficile à faire. Tel que mentionné par Machiavel,

          « L’innovateur se fait des ennemis de tous ceux qui prenaient avantages de l’ancien régime et seulement un support tiède de ceux qui pourraient bénéficier du nouveau. Le support est tiède partiellement dû à la peur des adversaires qui ont les lois existantes de leur côté et partiellement dû au fait que les hommes sont généralement incrédules, c’est-à-dire qu’ils ne font pas confiance aux nouvelles choses à moins qu’ils ne les aient validées eux-mêmes par l’expérience. » ( Niccolè> Machiavelli (traduit par George Bull), The Prince, Penguin Group, Londres, 1981, p. 51.)

          La propagation ou du moins le maintien d’une hégémonie en est bénéficiaire, car elle contrôle le langage social et moral commun et elle se propage par le connu. »
          :-O

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    5 novembre 2011 à 14 02 08 110811
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    @ Michel. Il est vrai que les croyances peuvent nous jouer de mauvais tours dans notre développement et notre cheminement. C’est pourquoi il faut en arriver à faire un ménage de nos croyances. Lesquelles je veux garder et qui m’appartiennent et lesquelles qui ne m’appartiennent pas et dont je ne veux pas adhérer.

    Raymond Viger

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    5 novembre 2011 à 14 02 10 111011
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    @ Paul.

    Certaines médications peuvent nous aider à contrôler nos humeurs et nos comportements. Mais cela peut devenir un mode de vie très fragile. Un changement de poids ou d’alimentation peut tout débalancer.

    @ Michel. Il est vrai que les croyances peuvent nous jouer de mauvais tours dans notre développement et notre cheminement. C’est pourquoi il faut en arriver à faire un ménage de nos croyances. Lesquelles je veux garder et qui m’appartiennent et lesquelles qui ne m’appartiennent pas et dont je ne veux pas adhérer.

    Raymond Viger

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    6 novembre 2011 à 8 08 15 111511
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    LE GAÏAGÉNAIRE

    POUR EN FINIR AVEC LES NÉVROSES TRANSGÉNÉRATIONNELLES

    LE SYMBOLISME DE L’INSTITUTION :

    « Comment les institutions s’imposent-elles – comment assurent-elles leur validité effective? Superficiellement, et dans quelques cas seulement, moyennant la coercition et les sanctions. Moins superficiellement, et plus amplement, moyennant l’adhésion, le soutien, le consensus, la légitimité, la croyance. Mais, en dernière analyse : au moyen et au travers de la formation (fabrication) de la matière première humaine en individu social, en lequel sont incorporés aussi bien les institutions elles-mêmes que les « mécanismes » de leur perpétuation.

    « Quelle est la part de tout votre penser et de toutes vos façons de voir les choses et de faire des choses qui n’est pas, à un degré décisif, conditionnée et co-déterminée par la structure et les significations de votre langue maternelle, l’organisation du monde que cette langue porte, votre premier environnement familial, l’école, tous les « fais » et « ne fais pas » qui vous ont constamment assailli, les amis, les opinions qui circulent, les façons de faire qui vous sont imposées par les artefacts innombrables dans lesquels vous nagez, et ainsi de suite.

    « Toute société (comme tout être ou espèce vivante) instaure, crée son propre monde, dans lequel, évidemment, elle « s’ » inclut. (…) Il serait même insuffisant de dire que toute société « contient » un système d’interprétation du monde. Toute société est un système d’interprétation du monde; et, ici encore, le terme « interprétation » est plat et impropre. Toute société est une construction, une constitution, une création d’un monde, de son propre monde. Sa propre identité n’est rien d’autre que ce « système d’interprétation », ce monde qu’elle crée. Et c’est pourquoi (de même que chaque individu) elle perçoit comme un danger mortel toute attaque contre ce système d’interprétation; elle la perçoit comme une attaque contre son identité, contre elle-même. » (C. Castoriadis, L’imaginaire, supra, p. 222-223, 226)
    ______________________________________

    LA CRÉATION CONSISTE EN :
     » La capacité de faire émerger ce qui n’est pas donné, ni dérivable, combinatoirement ou autrement, à partir du donné. Tout de suite, nous pensons que c’est cette capacité qui correspond au sens profond des termes imagination et imaginaire lorsque nous en abandonnons les usages superficiels. L’imagination n’est pas simplement la capacité de combiner des éléments déjà donnés pour produire une autre variante d’une forme déjà donnée; l’imagination est la capacité de poser de nouvelles formes. Certes, cette nouvelle forme utilise des éléments qui sont déjà là; mais la forme comme telle est nouvelle. Plus radicalement encore, comme cela a été entrevu par certains philosophes (Aristote, Kant, Fichte), mais toujours à nouveau occulté, l’imagination c’est ce qui nous permet de nous créer un monde, soit de nous présenter quelque chose de laquelle, sans l’imagination, nous ne saurions rien, nous ne pourrions rien dire. L’imagination commence avec la sensibilité; elle est manifeste dans les données les plus élémentaires de la sensibilité. (…) L’imagination incorporée dans notre sensibilité a fait être cette forme d’être qui n’existe pas dans la nature. (C. Castoriadis, «Anthropologie, philosophie, politique», dans La montée de l’insignifiance,
    Paris, Seuil, 1996, p. 110)
    ____________________________________________
    LES RELIGIONS:

     » Avant tout, chez Hegel, l’aliénation est d’essence religieuse et politique. En gros, il s’agit du fait du dépouillement du rôle politique du citoyen qui ne participe plus, nous dirions, à la « gestion » de la cité et qui s’invente des compensations, notamment d’ordre mythique ou religieux. F. Perroux rend très bien compte de cet aspect de la conception hegelienne :

    « Le malheur de la conscience déchirée la rend avide d’un au-delà. Le déchirement vient de la dissolution de la cité politique où le citoyen libre participait à l’idée réalisée sur terre, dernier des biens qui lui soit accessible. Le voilà privé du dieu de la cité et de la participation à la nature. Banni de la « Polis », il méprise l’homme dont il transfert la vertu au Dieu-Maître d’une religion d’esclaves; il réifie (*) la nature qu’il s’efforce de dominer à la manière d’un objet inerte. « Dé-politisé », déshumanisé, devenu incapable d’être acteur dans l’histoire, il invente les contes qui le sacrent citoyens du ciel. La cité de Dieu est le fantasme compensateur de l’échec de la cité terrestre… » (276.7)

    « réification La réification permet de définir informatiquement une chose quelconque sous forme d’un objet : passage d’une chose, d’un évènement vers une entité qui représente cette chose ou cet évènement. »

    « On sait que c’est la participation au devenir de l’Idée (et surtout pas la perte de l’homme dans la matérialité du monde des objets, s’objectivant alors lui-même…) passant par la conformité aux catégories de la Raison que se dessinent les conditions de la désaliénation de l’homme pour Hegel. » (Aktouf, Omar, HEC 1982, Thèse de doctorat en management, page 569)
    _________________________________________

    LE BOUDHISME

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=EjHpO1ERRwE

    « Procréer, c’est engendrer la mort »
    ______________________________________
    DIVERS PHILOSOPHES

    http://www.philo5.com/Cogitations/111001NePasNaitre.htm
     » Ne pas naître est sans contredit la meilleur formule qui soit. Elle n’est malheureusement à la portée de personne.
    Cioran, De l’inconvénient d’être né, 1973
    _______________________________________

    UN ÉMINENT PH.D

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/16/tolerance-101/
    « C’est cette obligation prioritaire de tolérance qui doit être inculquée à l’enfant envers et contre tous. Elle exige une laïcité proactive qui devrait aller de soi. Si elle est contestée, c’est qu’il faut l’enseigner. »
    Pierre JC Allard
    _______________________________________

    LE GAÏAGÉNAIRE

    Nous nous distinguerons en tant que société québécoise en élevant la maternité au rang des spécialités professionnelles avec statut et rémunération correspondants. Terminée l’excuse de l’absence d’un manuel apprenant à être une mère. Dépassé le carcan du génotype ancien décrit par Andrew Lehman. (http://www.serpentfd.org )

    Lorsqu’il est question de profession, il est automatiquement question de formation, de règles, de principes généralement reconnus. Donc, éventuellement, d’uniformité, de nivellement et tous (?) souhaitent la diversité chez l’Humain. C’est notre déformation qui nous donne ces images lorsqu’il est question d’école, de formation, d’éducation. Nous pensons spécifiquement en terme de savoir, de savoir faire, d’avoir et de savoir être.

    Cependant, il y a une autre façon de voir ou de comprendre cette dynamique de la maïeutique socratique. Tout est en place pour accepter et aller dans le sens de la mutation. Les infrastructures sont opérationnelles.

    Mieux, le matériel pédagogique est écrit, valide et aucun enseignant n’a à être formé pour dispenser quelque  » connaissance  » que ce soit. Il s’agit d’un processus aussi naturel que l’eau qui s’écoule en aval de sa source.

    DANS TOUTES LES ÉCOLES DU QUÉBEC, TOUTES LES FILLES DEVRONT ÉTABLIR LEUR BIOGRAPHIE DÉTAILLÉE : UNE ONTOGENÈSE ET UNE PHYLOGENÈSE !

    Aussi, DANS TOUTES LES UNIVERSITÉS FRANCOPHONES DU QUÉBEC, le préalable onto-phylogénésique complété doit être exigé au 2ième cycle et de tous ceux qui seront habilités à exercer dans une sphère touchant à l’humain au quotidien après le 1er cycle : médecine, nursing, droit, pédagogie, sciences sociales, etc.

    Ce qu’il y a de différent, de révolutionnaire même, dans cette  » formation « , c’est simplement que l’État réalise que  » l’individuation  » prend la place qui lui revient dans une société comme la nôtre où les institutions appartiennent aux citoyens payeurs d’impôts. Aller à l’école suppose un temps et un espace à chaque Socrate, Montaigne, Rousseau, Miller, Ruffo, Dolto, Einstein, Vernadsky, Kepler, pour vivre sa  » métamorphose « .

    La plus grande résistance viendra de notre compulsion à investir narcissiquement ceux sur lesquels nous exerçons du pouvoir. C’est justement cet esclavage psychologique qui nous maintient dans l’illusion d’être de « bons » parents. Où l’aurions nous appris, ou de qui nos grands-parents, nés autour de 1880, l’auraient-ils appris ? Le moyen âge a duré longtemps ici. Ne parlons-nous pas le vieux français?

     » Une mère n’est capable d’empathie que si elle s’est libérée de son enfance, et elle réagira forcément sans empathie tant que le déni de son destin la chargera de chaînes invisibles. Et il en est de même pour le père » (Miller, Alice, L’avenir du drame de l’enfant doué, p.22, PUF, 1996)

    Cette citation décrit le  » vice caché  » grevant les intrants du système scolaire. Mais il s’agit bien d’un effet, pas d’une cause.  » Cognocere rerum causas « , connaître la raison des causes.

    La bible a foiré divinement avec le mythe créationniste à partir d’Adam. Misogynie ou manipulations féminines visant à parasiter un mâle faible en testostérone pour satisfaire les exigences de l’hétérochronicité ? ( http://www.serpentfd.org )

    L’idée de base est de rééquilibrer toutes les filles avant qu’elles ne commencent à se reproduire. Car, c’est de cela qu’il s’agit : c’est la lignée mitochondriale matriarcale qui reproduit son véhicule par la femelle et la femme perpétue les traditions de clans. Le mâle n’est déjà qu’une possibilité d’adapter le véhicule pour une meilleure survie du prochain passager. (Sciences et Avenir, mars 1999, p.40-41)

    Lorsque ces filles équilibrées décideront de procréer, elles exigeront des conditions de vie propices à leur enfant tout au long de la grossesse, à l’accouchement et ensuite se sauront compétentes vis-à-vis leur nouveau-né. (http://www.germanique-nouvelle-medecine.com/index.php?option=com_content&task=view&id=122&Itemid=93 )

    Leurs enfants seront pris en charge par des accoucheurs socratiques rééquilibrés qui n’auront plus la compulsion de perpétuer l’investissement narcissique des systèmes scolaires et sociaux actuels. À quoi sert-il de combattre l’œdipe parent enfant, s’il est institutionnalisé en aval ?

    Mais il y a la raison principale suivante qui rentabilise le système. Toutes ces femmes devenues professionnelles de la maternité disposeront d’un emploi assuré dans le système scolaire : elles seront des accoucheuses socratiques, les « grandes prêtresses » hors Vatican, pour favoriser les biographies des adolescentes, responsabilité de la maternité.

    On peut même développer un échéancier montrant que dans 25 ans la boucle sera bouclée et, ainsi, réaliser concrètement la condition émise par Napoléon (?) à l’effet que « pour améliorer la nature humaine, il faille commencer 21 ans avant la naissance. »

    « …nos recherches en éducation ne nous ont pas permis de découvrir ni une conception complexe de la nature humaine susceptible de guider les enseignants dans leur processus personnel d’humanisation et celui de leurs élèves, ni un système d’éducation axé prioritairement sur le développement des potentialités mentales et morales des élèves. »(Marcotte, Gaston, Manifeste du Mouvement Humanisation, p. 137, Humanisation, 2006)

    Des individus mentalement sains, suffisamment nombreux pour constituer une masse critique, engendreront une société saine dont on ne peut même pas s’imaginer le modèle positivement :  » Morin estime que la culture actuelle n’est appropriée, ni pour traiter ni pour poser les problèmes de l’éthique, de la science, de la politique et de l’économie °°dans leur ampleur, leur radicalité, leur complexité °°  » (Morin, Edgar (2004) Éthique, Paris, Seuil p.9, cité par Marcotte, Gaston dans Manifeste du Mouvement Humanisation (2006), p.129)

    Pas de mariage, pas de reproduction avant la maturité totale et démontrée des hommes et des femmes après 25 ans. Pas de naissance sans preuve d’ADN et de consentement éclairé paternel. Les mâles ont aussi le droit de refuser la paternité comme les femmes ont le droit d’accepter ou de refuser la maternité. (http://www.philo5.com/Feminisme-Masculisme/070721PaterniteNonDesiree.htm )

    EN RÉSUMÉ, il y a deux systèmes universels de production d’enfants :

    a- les mères

    b- le système scolaire

    Il est évident que le système « b » tente de polir et de mettre en valeur de précieux « diamants » qui ont subi une première taille définitive aux mains du système « a » composé « d’ignorantes » qui perpétuent inconsciemment une pédagogie noire et une pédagogie blanche qui relève de l’Antiquité.

    Le goulot du système « b » réside dans son manque d’efficience à instruire et à qualifier (Marcotte, Gaston, Manifeste du Mouvement Humanisation, p.135) puisque ses forces vives sont monopolisées pour socialiser, comme si la programmation neurolinguistique, le conditionnement opérant et autres techniques de manipulations appliquées en aval pouvaient corriger les modes opératoires de non reproduction, en lieu et place d’une ontogenèse.

    Maintenant, j’ai compris pourquoi la Curie Romaine exige le célibat. C’est la seule façon d’échapper à l’hétérochronicité tyrannique des femmes que l’Église catholique et toutes les religions tentent, comme un mâle dominant, de gérer par toutes sortes de prescriptions, commandement ou rites, mais sans jamais s’attaquer réellement au problème c.a.d. faire cesser cette reproduction insensée et génératrice de tous les problèmes du monde par la conscientisation des femmes.

    Jean-François Belliard, 30 octobre 2011
    gaiagenaire@hotmail.fr

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/16/tolerance-101/#comment-1999
    😉

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    6 novembre 2011 à 14 02 20 112011
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    http://www.archipel.uqam.ca/2753/

    Page 60 du fichier

    « La propagation de l’hégémonie se fait par acquis, car leurs « remises en question », et cette expression n’est pas identique au mot « éliminer» quoi qu’en disent certaines personnes, est très difficile à faire. Tel que mentionné par Machiavel,

    « L’innovateur se fait des ennemis de tous ceux qui prenaient avantages de l’ancien régime et seulement un support tiède de ceux qui pourraient bénéficier du nouveau. Le support est tiède partiellement dû à la peur des adversaires qui ont les lois existantes de leur côté et partiellement dû au fait que les hommes sont généralement incrédules, c’est-à-dire qu’ils ne font pas confiance aux nouvelles choses à moins qu’ils ne les aient validées eux-mêmes par l’expérience. » ( Niccolè> Machiavelli (traduit par George Bull), The Prince, Penguin Group, Londres, 1981, p. 51.)

    La propagation ou du moins le maintien d’une hégémonie en est bénéficiaire, car elle contrôle le langage social et moral commun et elle se propage par le connu. »

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    12 novembre 2011 à 12 12 39 113911
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    Quand aura-t-on compris que la schizophrénie est une réelle maladie du cerveau.
    La psychologie, la psychopathologie.
    http://maurice.champion20.pagesperso-orange.fr/psychopathologie.htm
    « Ce sont des impostures exercées aux dépens de véritables malades psychotiques qu’elle prétend « soigner » sans y parvenir ; c’est, en plus, un dangereux charlatanisme. L’erreur consiste à croire qu’il est possible de transposer aux malades mentaux les conclusions tirées d’observations faites sur des personnes en bonne santé. De nombreuses explications du comportement laissent une impression de farfelu parce qu’elles expliquent des phénomènes psychologiques par d’autres phénomènes psychologiques tout aussi mystérieux [….] Ces explications sont des arnaques. »

    Schizophrénie/croyances ou la désorganisation du cerveau.
    Docteur Antoine Lesur dans son document : La schizophrénie, la comprendre pour mieux la vivre.
    « La désorganisation que cause la maladie s’accompagne d’interrogations incessantes sur sa propre identité, sur les valeurs morales (le Bien, le Mal, Dieu et le Diable), sur la sexualité etc…»
    Perdus sans repères, ils peuvent être attirés par l’ésotérisme, la magie, voire les sectes à la recherche d’un absolu en fait inaccessible. »
    http://maurice.champion20.pagesperso-orange.fr/Croyances.htm

    Ce n’est pas la religion qui crée le schizophrène, mais le schizophrène qui -de par ses perceptions- suivi de ses délires mystiques est le dictateur des religions ; ce sont les ceux dénommés « Prophètes ».

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    13 novembre 2011 à 9 09 02 110211
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    @ Maurice Champion

    « Ce sont des impostures exercées aux dépens de véritables malades psychotiques qu’elle prétend « soigner » sans y parvenir ; c’est, en plus, un dangereux charlatanisme. »

    Cela s’applique-t-il à ce qui suit:

    « 10.Dans la névrose les vrais besoins sont refoulés et déniés et le sujet vit à leur place des sentiments de culpabilité.
    11.Dans la psychose, l’abus est transformé en représentation délirante.
    12.Dans le trouble psychosomatique, la douleur du mauvais traitement est vécue, mais les causes véritables de cette souffrance demeurent cachées. »

    Je suis d’accord avec :  » mais le schizophrène qui -de par ses perceptions- suivi de ses délires mystiques est le dictateur des religions ; ce sont les ceux dénommés « Prophètes ».

    J’ajoute cependant cette question : Sur quoi délirent les schizophrènes qui n’ont jamais entendu parler de religion ?

    Et celle-ci : Demande leur aux savants psychiatres : C’est quoi la Schyzophrénie ?

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    13 novembre 2011 à 17 05 02 110211
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    @Raymond Viger

    Bonjour Raymond,

    Je trouve que vous avez du courage! Votre parcours m’émeut. Et je suis révoltée par l’attitude de pouvoir de certains intervenants, comme par exemple votre dernière visite à la psychiatre. On dirait qu’il y a des gens qui manquent d’empathie et qui ne se mettent jamais à la place des autres.

    Je vous souhaite de réaliser vos rêves les plus profonds. Votre être intérieur, lui, vit dans le bonheur. Parfois, il faut atteindre la 11e heure pour que tout s’ouvre … et aller vers la lumière.

    Très cordialement,

    Carolle Anne Dessureault

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