Les boîtes postales communautaires : plus sécuritaires que la livraison à domicile

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CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Disons que j’aimais bien recevoir du courrier à domicile. Plus maintenant. J’ai vécu une expérience qui m’a incitée à réviser mon attitude. Pour moi, le service de livraison à domicile est désuet et inadéquat ; marcher d’une maison à l’autre sur une rue pour livrer le courrier à chaque porte, monter et descendre des marches et souvent pour seulement un feuillet publicitaire de quelques sous.

J’ai vécu à la fin novembre une expérience de courrier jamais livré. J’ai attendu cinq lettres que je n’ai jamais reçues. Toutes étaient de nature commerciale. L’une d’elles contenait des cartes-cadeaux récompenses pour plusieurs centaines de dollars. Une autre le bilan de mon assurance-vie. Une autre devait m’apporter la facture d’un achat fait sur une nouvelle carte de crédit (pour le premier achat on disait ne pas pouvoir m’envoyer la facture par internet !). Remarquons que toutes ces lettres sont de nature confidentielle et qu’il est dérangeant de penser que les lettres égarées, ou volées révèlent des informations que je désire garder pour moi seule.

Au bout de trois semaines, j’ai pris le temps de communiquer avec les institutions avec lesquelles je fais affaire afin de vérifier si l’envoi avait été fait, ainsi que la vérification de mon adresse. On me confirma que les coordonnées étaient exactes et que d’ailleurs aucune lettre ne leur fut retournée pour non livraison ou mauvaise adresse.

Une lettre que je ne reçois pas, à la rigueur, je comprends. On se dit : bon, ça peut arriver. Deux lettres qui manquent : un drôle de hasard ! Trois lettres, franchement c’est dérangeant. Quatre ? C’est agressant et inacceptable. Cinq : il y a peut-être d’autres lettres, ou des cartes de souhait,  qui m’ont été envoyées et que je ne recevrai jamais.

J’ai déposé une plainte à Postes Canada. Il faut vraiment vouloir le faire, surtout que nous étions maintenant en décembre, une période fort achalandée. Il faut aussi trouver le bon endroit où téléphoner. Pas si simple ! Lorsqu’on est dirigé au bon endroit, il faut être patient, on n’est pas seul dans cette file. Finalement, j’explique mon cas à une agente, aimable et courtoise, qui prend en note les informations et m’explique q’elle va envoyer un message au service-système de la qualité (c’est un peu vague… on se sent dans les grands ensembles) et qu’une enquête sera ouverte pour empêcher que ce désagrément ne se reproduise, ou si possible, pour retracer les lettres. « Cinq jours plus tard, me dit-elle, si vous n’avez rien reçu, téléphonez de nouveau en mentionnant votre numéro de billet de service. »

Je laisse passer près d’une dizaine de jours afin de leur donner le temps de faire leur travail et je recommence le processus. Cette fois-ci, je tombe sur une personne au ton sec et fort. Elle m’arrête tout de suite pour m’expliquer qu’il ne s’agit pas du « service-système de la qualité »…. Qu’importe ! Je lui dis que je désire savoir si le numéro d’enquête qu’on m’a attribué a eu des résultats. Non. L’enquête n’est pas encore commencée. Postes Canada a jusqu’à la fin janvier 2016 pour faire les recherches. De toute façon, il n’y aura aucune réponse directe qui me sera faite. Je désenchante. Je peux toujours appeler en février, mais…

Je suis en faveur de l’installation de boîtes postales communautaires. Une boîte postale verrouillée me semble plus sécuritaire en autant que le courrier soit efficacement livré. Car il va de soi que nous n’avons pas de contrôle sur les travaux de triage du courrier.

Enfin, après avoir consulté le document de Consultation auprès des Canadiens réalisé par POSTES CANADA, j’aimerais citer quelques points en faveur des boîtes postales communautaires :

-en 2012, il y a eu un milliard d’articles de poste de moins qu’en 2006. On parle de lettres. Quant aux colis ils ont augmenté puisque de plus en plus de consommateurs magasinent en ligne, achètent et font livrer. Donc, les habitudes des Canadiens ont changé ;

-la livraison des colis est plus facile avec une boîte postale, car les consommateurs ne sont pas toujours à la maison le jour ;

-en tant que consommateurs, nous ne voulons pas que nos impôts financent les services postaux. Le système de livraison à domicile est très cher et on prévoit un déficit de un milliard de dollars dans les prochaines années ;

-1/3 seulement des adresses canadiennes bénéficient du service de livraison à domicile ;

-les bureaux de poste sont graduellement remplacés par des comptoirs concessionnaires en milieu urbain qui répondent mieux aux besoins des consommateurs, soit heures d’ouverture et fermeture, proximité de leur domicile, facilité pour le transport et le stationnement. En milieu régional, les bureaux de poste seront maintenus.

Ce changement nécessite une énorme organisation et va prendre un peu de temps. Il y aura des insatisfaits, mais la nature humaine a une grande capacité d’adaptation.

 

 

SOURCES :

(Consultation      https://www.canadapost.ca/cpo/mc/assets/pdf/aboutus/c_fr.pdf

 

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

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