Seulement 1 % de notre activité cérébrale serait cognitive!

 

Voici le huitième article sur les richesses incommensurables du cerveau!

L’article s’inspire du livre Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner de Patrice Van Eersel, rédacteur en chef du magazine Clés.

L’article présente des recherches faites sur l’utilisation de nos capacités cérébrales.

De nouveaux neurones naissent même chez les adultes seniors

Selon le Pr Bernard Mazoyer, même si nous perdons un neurone par seconde, de nouveaux neurones naissent constamment dans une zone appelée «sub-épandymaire» (proche du bulbe rachidien), d’où ils migrent ensuite dans  tout le tissu cérébral.

Le plus important n’est pas tant la naissance de nouveaux neurones que les nouvelles connexions. Un neurone ne devient opérationnel que si des dendrites se mettent à pousser, le reliant par des synapses à d’autres neurones, tel que déjà vu dans le deuxième article du mois de décembre 2012, intitulé Notre cerveau n’a pas fini de nous étonner!

Selon les chercheurs, les six moteurs de croissance dendritique les plus importants sont :

  • le désir
  • l’affection
  • l’interrogation
  • la réflexion
  • l’action
  • l’effort volontaire

Ce qui détruit les neurones ?

  • le vieillissement
  • le stress
  • la pollution
  • certaines maladies
  • et surtout, la passivité

Un neurone s’use et meurt beaucoup plus vite si l’on ne s’en sert pas ; ses synapses se rapetissent et finissent par se détacher. À l’inverse, apprendre, aimer, agir et méditer rend vigoureux les neurones et leurs synapses.

1 % d’activité cognitive et 99 %, fonctionnement cortical par défaut

D’un point de vue neurologique, explique Bernard Mazoyer, dire que nous n’utilisons qu’une petite fraction de nos capacités cérébrales est faux. Notre cerveau travaille à flux tendu, sans réserve d’énergie, et à 100 % de ses capacités, nuit et jour, que l’on soit éveillé ou endormi.

NÉANMOINS, seulement 1 % de cette activité est «cognitive», accessible à la conscience (ce qui sert à penser, parler, inventer, décider, bouger.)

Les 99 % restants sont inconscients et servent à confirmer et renforcer en permanence tous nos réseaux neuronaux. Ces 99 % constituent le «fonctionnement cortical par défaut.»

Ainsi, toutes les activités corticales dont nous avons conscience, qu’elles soient cognitives ou motrices (entendre, voir, sentir, goûter, se souvenir, réfléchir, imaginer, décider, agir, se retenir, refuser….) ne consommerait qu’un centième de l’énergie dont notre cerveau a besoin. Avec les 99 % restants, il consolide, confirme, informe, corrige ou reformate tous les réseaux neuronaux, 24 heures sur 24, de la naissance à la mort.

Plus, des laboratoires dont celui de Roland Schulmann, à Yale, ont démontré que 80 % à 85 % de l’énergie consommée par le cerveau servait à maintenir en marche non seulement les neurones, mais les synapses glutasynergiques, les synapses excitatrices, donc les connexions entre les cellules.

Notre vision du monde est intégralement filtrée et interprétée par notre cerveau. Nous ne connaissons pas le réel dans l’absolu, mais seulement dans la traduction de nos réseaux neuronaux, qui sont eux-mêmes fonction de nos croyances.

Notre cortex travaille en permanence, à notre insu.

Bien qu’il consomme 99 % de l’énergie absorbée par le cerveau (ce qui apparaît avec force dans les machines à imagerie cérébrale), observer ce «fonctionnement par défaut» n’est techniquement possible que depuis peu et ouvre la voix à beaucoup d’interrogations. Il se dégage des travaux de Mazoyer et de son équipe une sorte d’inconscient cérébral, mais pour éviter le terme freudien, le chercheur préfère parler de «non-conscient.» L’étude de ce non-conscient révèle l’existence de cinq réseaux de réseaux :

  • un réseau visuel
  • un réseau porteur des autres entrées sensorielles
  • un réseau dédié aux intentions, alertes et apprentissage
  • un réseau de mémoire de travail (à très court terme)
  • un réseau de mémoire épisodique (à long terme)

 Ce non-conscient obéit-il à une logique d’ensemble?

Pour tenter de comprendre si le non-conscient obéit à une logique d’ensemble, les chercheurs placent à l’intérieur d’un scanner IRMf des cobayes humains, qu’ils invitent à essayer de ne penser à rien (EST-CE POSSIBLE?) – c’est-à-dire au mieux, à méditer, ou au minimum, à rêvasser et à laisser leur mental à la dérive. Mais les chercheurs n’ont pu percer à jour le fonctionnement cortical par défaut, et ce, pour une raison qui constitue un véritable défi pour eux : comment savoir ce que ressentent les personnes ainsi scannées quand elles «ne pensent à rien»? Quand les chercheurs posent la question aux personnes qui se sont prêtées à l’expérience, elles entrent sur-le-champ en fonctionnement conscient. L’expérience avorte. La seule solution serait de les interroger après coup, en espérant – dans le meilleur des cas – que leur mémoire soit suffisamment subtile pour décrire ce qui se passait en eux au moment où il était censé ne rien s’y passer.

Suite à ces expériences, il semblerait qu’il y ait deux types de psyc/hé humaine :

  • les visuelles
  • les verbales

Les psychés verbales auraient apparemment plus de pouvoir de plasticité volontaire que les visuelles.

En somme, même si le fameux fonctionnement par défaut occupe 99 % du travail de notre cerveau, nous ne savons pas à quoi il ressemble.

D’autres pistes de recherche menées en France et aux Etats-Unis tentent de déterminer si le «langage non conscient» qu’utilisent les différentes grandes zones du cerveau pour se parler entre elles repose sur des échanges d’images ou sur une grammaire et une sémantique. D’autres travaux indiquent que pendant le sommeil, des phénomènes oscillatoires venus de l’hippocampe, dans les structures profondes, conduisant à consolider nos souvenirs se produisent. Toutefois, cette consolidation ne correspond pas à ce que le bons sens commun nous suggère, puisque chaque fois que nous dormons, tous nos souvenirs sont intégralement remodelés, modifiés, reconstruits.

La formation des réseaux neuronaux qui portent la mémoire : conscience et identité

Il existe une foule de facteurs qui entrent en jeu dans la formation des réseaux neuronaux qui portent notre mémoire, plus précisément notre conscience et notre identité.

Pourtant, les chercheurs en identifient trois comptant plus que les autres. Ces créateurs de réseaux neuronaux sont :

  • L’IMITATION – elle repose sur les neurones miroirs. Ils nous permettent d’entrer en empathie et à apprendre. Pour comprendre puis pousser à l’action, nos neurones copient ceux de nos parents, modèles, amours, amis ou ennemis. Le Pr Jean-Michel Oughourlian, expert du processus mimétique, en a fait le mécanisme central de la psyché.
  • L’ÉMOTION – elle  joue un rôle cortical de plus en plus important à mesure que la recherche avance. Rien ne crée en nous d’aussi puissants réseaux neuronaux que ce qui nous émeut. Les centres neuro-endocriniens contrôlant nos émotions (l’hypothalamus notamment) sont même considérés comme une sorte de «chef d’orchestre cérébral» par le neurologue américain Antonio Damasio.
  • LA RÉPÉTITION – aucun réseau neuronal ne pourrait se constituer si le facteur déclencheur ne se répétait pas des dizaines, des centaines, des milliers de fois. Le thérapeute Thierry Janssen dit : «Cela nous rend humbles car il faut sans cesse se remettre à l’ouvrage pour apprendre, mémoriser, connaître, agir.

Ainsi, par voie de conséquence, imitation, émotion et répétition constituent la trame de notre vie affective et relationnelle.

Dans le prochain article, le psychiatre Christophe André explique que le «le bonheur s’engramme.» On peut apprendre à canaliser et à apprivoiser nos émotions.

Carolle Anne Dessureault

avatar

Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

Une pensée sur “Seulement 1 % de notre activité cérébrale serait cognitive!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *