Sous le règne de Jean-Paul II, la “Sancta Mafia”!!!


Mgr Paul Casimir Marcinkus était un prélat catholique et président de la Banque du Vatican, l’IOR.

Né à Cicéro, dans l’Illinois, il est le fils d’un immigrant lituanien, laveur de carreaux. Ordonné prêtre à Chicago en 1947, il devient l’ami de Mgr Montini, futur Paul VI, puis part en Bolivie et au Canada pour servir au secrétariat de la nonciature apostolique.

Interprète de Jean XXIII et garde du corps de Paul VI, il est consacré  archevêque  de Horta  en 1969 et nommé secrétaire de la curie romaine.

Nommé pro-président de la commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican  en 1981, il devient le troisième personnage le plus puissant après le Pape et le secrétaire d’État. Il conserve cette fonction jusqu’en 1984.

En 1982, alors qu’il préside l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), la Banco Ambrosiano fait faillite et il fait la une des journaux. La loge P2 et Roberto Calvi sont identifiés comme étant au cœur de cette grande affaire politico-financière. Il a été établi que l’IOR, à l’époque dirigé par Marcinkus, a eu un rôle déterminant dans le krach de la Banco Ambrosiano de Roberto Calvi, dans une intrigue bancaire compliquée concernant entre autres Michele Sindona et le “Maître Vénérable” de la loge P2, Licio Gelli.

Paul Marcinkus, président de la Banque du Vatican, a été directeur d’Ambrosiano Overseas, basé dans le paradis fiscal de Nassau aux Bahamas.

« L’administration pour les œuvres de religion » fut mise en place par Léon XIII le 11 février 1887, pour gérer le peu de fonds à la disposition du Pape de l’époque.  Après les Accords de Latran,  une fortune y est ajoutée. C’est alors que cet organisme est muté, en 1942, pour devenir l’IOR (Institut pour les œuvres de religion) par le Pape Pie XII. Cet institut n’est pas un département de la Curie romaine. Il n’est pas, non plus, une Banque centrale chargée de la politique monétaire du Vatican. Mais il ne ressemble pas non plus à une banque normale puisqu’il n’a pas d’actionnaires et que les profits sont utilisés à des fins « religieuses » et « charitables ». On peu penser que Pie XII s’en est servi pour faire évacuer des juifs durant la guerre et des nazis après la guerre; ce qui est définitivement « charitable » au sens de l’Église.

L’IOR est appelé également la « Banque du Vatican ». Elle fut plusieurs fois au centre de scandales, entre autres, celle dont j’ai parlé plus haut : la faillite de la Banco Ambrosiano.

En 1968, les autorités du Vatican ont embauché Michele Sindona, en dépit de son passé douteux, en tant que conseiller financier. Sindona est le principal responsable de l’afflux massif d’argent (technique d’escroquerie de la cavalerie : achats de banques avec les dépouilles de la précédente) quand il a commencé le blanchiment de sommes d’argent issues du narcotraffic lié à la famille Gambino (en prenant une taxe de 50%) grâce à une société écran nommée “Mabusi”. Cet argent a été obtenu avec l’aide d’un autre banquier, Roberto Calvi, qui a géré la Banque Ambrosiano. Calvi et Sindona étaient membres de la Loge maçonnique P2.

Lorsque Jean-Paul 1er est devenu pape en 1978, nous avons vu qu’il a demandé à Jean-Marie Villot, cardinal Secrétaire d’État et chef de la Curie papale, de mener une enquête de fond. Jean-Paul Ier mourut 33 jours après son élection, ce qui laissa supposer qu’il avait été assassiné en raison de la découverte d’un scandale.

La Banque du Vatican était l’actionnaire principal de Banco Ambrosiano. Le père Paul Marcinkus, directeur de l’IOR de 1971 à 1989, a été inculpé en Italie, en 1982 comme complice dans l’effondrement de la Banco Ambrosiano estimé à 3,5 milliards de dollars, l’un des plus grands scandales financiers de l’après-guerre. Banco Ambrosiano a été accusé de blanchiment d’argent de la drogue pour la mafia sicilienne. Licio Gelli Vénérable Maître de la loge maçonnique P2 est également impliqué dans ce scandale de blanchiment d’argent ainsi que dans le financement de groupes d’extrême droite  terroristes des années 1970. Ni Gelli, ni Marcinkus n’auront à subir de procès en Italie.

Le président de la Banco Ambrosiano Roberto Calvi, sera moins heureux. On le retrouve à Londre, le 18 juin 1982, pendu sous le pont Blackfriars Bridge. On a conclu à un suicide; mais selon des informations récentes d’écoute électronique, la mort de Calvi a presque certainement été décrétée par la Commission Cupola, l’instance dirigeante de la mafia sicilienne. Le 5 juin 1982, deux semaines avant qu’on le retrouve pendu à Londres, Calvi écrit au Pape Jean-Paul II pour l’avertir que la faillite de la Banco Ambrosiano provoquera une catastrophe sur l’image de l’Église du Vatican.

D’abord simple employé à la Banco Ambrosiano, Roberto Calvi parvint à gravir tous les échelons jusqu’à la présidence, avec l’aide de Mgr Paul Marcinkus de la Banque du Vatican, actionnaire majoritaire de Banco Ambrosiano. Roberto Calvi était membre de la loge P2, dirigée par Licio Gelli.

La gestion de Roberto Calvi laissa un déficit de 1,4 milliard de dollars dans les caisses de Banco Ambrosiano. La destination des sommes disparues, dont une part importante appartenait à la Mafia, n’a jamais été élucidée.

Plusieurs pistes ont été citées dans le dossier (la loge maçonnique italienne dite « loge P2 », des comptes privés, un soutien au syndicat polonais Solidarnosc et aux Contras nicaraguayennes), sans que la lumière puisse être faite.  Nous voici maintenant rattachés à la papauté depuis l’époque de Pie XII sur son intérêt envers la Pologne et l’anti-communisme. À noter que les Contras étaient également opposés au communisme. Les Contras étaient appuyés par la CIA qui est, elle aussi, impliquée dans le réseau Italien Gladio lié à la loge P2. Le Vatican est pleinement impliqué dans la lutte du pouvoir au niveau international depuis la deuxième guerre mondiale, Il est maintenant facile de s’en rendre compte.

Les intrigues de la Banco Ambrosiano constituent une des zones les plus obscures de la récente histoire italienne. Aussi bien Roberto Calvi que Michele Sindona furent retrouvés morts. Le premier a été retrouvé pendu sous le Blackfriars Bridge ; le deuxième, emprisonné pour l’homicide de Giorgio Ambrosoli, a été empoisonné à l’aide d’un café au cyanure le 20 mars 1986. Il meurt deux jours plus tard.

Certains auteurs, émettent l’hypothèse que Monseigneur Marcinkus a joué un rôle avec le Cardinal Villot (à l’époque Secrétaire d’État), le Cardinal Cody, Licio Belli (Loge P2), et Roberto Calvi (Banco Ambrosiano) dans la mort du pape Jean-Paul 1er, qui eut un pontificat de seulement 33 jours et avec lequel ils avaient une forte hostilité sur la manière de conduire les finances vaticanes.

Cette théorie est corroborée par les déclarations du repenti Vincenzo Calcara au juge Paolo Borsellino. Calcara parle d’un entretien avec l’entrepreneur mafieux Michele Lucchese advenu quelques jours après la tentative d’assassinat de Jean-Paul II du 13 mai 1981. Lucchese révèle à Calcara que Jean-Paul II  suivait la même politique que Jean-Paul I qui voulait « rompre les équilibres à l’intérieur du Vatican » en redistribuant les biens de la banque vaticane et en changeant les dirigeants de l’IOR et du secrétariat d’État (Marcinkus et Villot).

Le fait qu’Albino Luciani, élu depuis trente-trois jours seulement, soit assassiné alors qu’il enquêtait sur la banque du Vatican, et prévoyait remplacer de nombreux postes importants au Vatican est troublant.  Un autre fait troublant est que le Pape avait été ausculté la veille et jugé en bonne santé, ou encore que le corps n’a pas été autopsié, et que la cause de sa mort n’a donc pas pu être pleinement déterminée.

Le 22 juin 1983, Emanuella Orlandi, fille d’un important fonctionnaire du Vatican et citoyenne vaticane, est enlevée. En juin 2008, Sabrina Minardi, témoin lors du procès contre la Banda delle Magliana, ex-compagne du chef de bande Enrico De Pedis, a déclaré qu’Emanuella Orlandi aurait été enlevée et tuée par l’organisation criminelle de De Pedis. De Pedis, qui était en contact avec Marcinkus à travers Roberto Calvi, aurait dit que l’enlèvement venait d’un ordre de Marcinkus, qui voulait envoyer un “message”. La publication des verbaux de Sabrina Minardi à la magistrature a suscité la protestation du Vatican.

Enrico De Pedis est l’un des créateur de la Banda della Magliana. Il est aussi appelé Renatino. Cette bande est liée aux œuvres du Gladio  et de sa « stratégie de tension » (CIA) coordonnées par l’OTAN. La bande est en relation avec la mafia, la loge P2 par Licio Gelli et l’IOR par Monseigneur Paul Marcinkus.

La banda della Magliana est lié en outre aux mystères italiens suivant:

  • Homicide de Carmine Pecorelli : Pecorelli travaillait sur l’organisation d’extrême droite Gladio et sur ses éventuels liens avec la Mafia et la CIA lorsqu’il fut assassiné à Rome. Il fut mortellement atteint de quatre projectiles. Il semble que Pecorelli ait été trahi par Licio Gelli de la Loge P2.
  • Attentat à Roberto Rosone :

En 1981, la police italienne mène une perquisition dans une villa de Licio Gelli, ce qui l’amène à découvrir une liste de noms des membres de la loge maçonnique P2 ainsi que des preuves concernant les activités illégales de Roberto Calvi. Celui-ci est condamné à quatre ans de prison, avant d’être relaxé en appel. Il conserve toutefois ses fonctions à la banque Ambrosiano. L’industriel Carlo de Benedetti, qui contrôlait Olivetti, investit alors dans la banque et en devint secrétaire adjoint, avant de démissionner deux mois plus tard suite à des menaces émanant de la mafia et au manque de coopération de la part de Calvi. Son remplaçant, Roberto Rosone, sera blessé par balles dans un incident impliquant la mafia. En 1982, on découvrit qu’il manquait 1,287 milliard de dollars à la banque. Roberto Calvi s’enfuit alors du pays grâce à un faux-passeport, tandis que Roberto Rosone s’arrangeait pour que la Banque d’Italie prenne contrôle de la banque Ambrosiano. Graziella Corrocher, la secrétaire personnelle de Calvi, laisse une note l’accusant avant de se jeter par une fenêtre. Il est pertinent de se demander : “seule ou grâce à d’autres?”. Quelques mois plus tard on trouve le corps de Giuseppe Dellacha, l’assistant de Roberto Calvi, au même endroit qu’on avait trouvé Graziella Corrocher; mais cette fois-ci, sans note de suicide. C’était probablement “grâce à d’autres”.

  • Affaire Roberto Calvi
  • Affaire de l’arsenal retrouvé dans les souterrains du Ministère de la Santé
  • Dépistage dans l’affaire de l’attentat de la gare de Bologne
  • Disparition de Emanuela Orlandi, lié à la tentative d’assassinat de Jean-Paul II

De Pedis fut assassiné dans sa voiture dans un guet-apens à Rome le 2 février 1990.

La sépulture de De Pedis se trouve dans la basilique di Sant’Apollinare, une telle sépulture est normalement réservée aux souveraine Pontifes, ou les Cardinaux et les Évêques diocésains émérites.

Le 6 mars 1990, 32 jours après la mort de Renatino (Enrico De Pedis), le recteur de la basilique, monsignor Piero Vergari attesta avec une lettre son statut de grand bienfaiteur : On atteste que le monsieur Enrico De Pedis né à Rome – Trastevere le 15/05/1954 et décédé à Rome le 2/2/1990 a été un grand bienfaiteur des pauvres qui fréquentent la basilique et qu’il a les a concrètement aidé. Le 24 avril le corps de De Pedis fut enterré et les clés de la grille furent remises à sa veuve, Carla De Pedis.

L’affaire Clearstream : (Clearstream est un organisme spécialisé en livraison d’Eurobonds et autres, créé en 1971, pour compétionner la banque JP MORGAN qui en détenait le monopole).

En juillet 1983, juste avant que l’affaire Ambrosiano soit rendue publique, Gérard Soisson, manager de la chambre de compensation Clearstream, fut retrouvé mort en Corse. Deux mois avant, Ernest Backes, numéro trois de Clearstream, était licencié (il écrira plus tard un livre avec le journaliste Denis Robert, Révélation$, dénonçant un système de comptes non-publiés chez Clearstream, qui en ferait une machine globale à blanchir l’argent). Ernest Backes affirme dans ce livre, publié en 2002, que son licenciement était lié au scandale Ambrosiano : « Lorsque Soisson fut tué, l’affaire Ambrosiano n’était pas encore devenue un scandale. [Une fois révélée], je réalisais que Soisson et moi avions été au croisement. On bougeait toutes ces transactions, dont on apprit plus tard l’existence, à Lima et dans d’autres succursales. Personne d’autre ne savait qu’il y avait des filiales de la Banque Ambrosiano à Lima et dans d’autres pays sud-américains »

Le juge italien enquêtant en 2006 sur la mort de Roberto Calvi en 1982 a demandé l’aide d’Ernest Backes, interrogeant par ailleurs le grand-maître de P2, Licio Gelli. Selon la journaliste Lucy Komisar, il enquêtera aussi sur la mort de Gérard Soisson. À part Licio Gelli, le mafieux Giuseppe Calo (alias « Pippo Calo », le « caissier de la Mafia ») est l’un des principaux accusés de la mort de Calvi.

Pippo Calò était aussi lié de très près avec plusieurs politiciens, des francs-maçons, des membres des services secrets, des évêques et des banquiers. On le soupçonna du meurtre du journaliste Carmine Pecorelli (tué le 20 mars 1979, peut-être en raison d’un conflit avec le président du Conseil Giulio Andreotti), des banquiers Michele Sindona (22 mars 1985) et Roberto Calvi (18 juin 1982), de l’avocat Giorgio Ambrosoli ( 12 juiin 1979), ainsi que des magistrats Chinnici, Giovani Falcone et Borsellino.

Et nous complétons le double salto arrière avec :

Roberto Calvi aurait été responsable de la mort d’Albino Luciani qui, en tant que pape Jean-Paul 1er, préparait une réforme des finances du Vatican. La famille de Calvi prétend que ce dernier était un honnête homme manipulé par d’autres. Selon les juges qui ont accusé Licio Gelli et Giuseppe Calo, le grand-maître de P2 aurait ordonné sa mort afin de le punir pour des détournements de fonds, effectués à son bénéfice personnel, qui appartenaient à Gelli lui-même et à la mafia. La mafia elle-même aurait voulu empêcher la justice de découvrir comment Calvi l’aidait à blanchir de l’argent.

En 2007, l’argent disparu est découvert dans les Bahamas. Il s’agit d’une importante découverte qui pourrait parvenir, éventuellement, à résoudre l’énigme Calvi.

Et moi qui croyais que l’époque des Borgia avec Alexandre VI, en 1492, étaient une époque d’intrigues extraordinaires dans l’histoire de l’Église. Comme vous voyez, je suis sujet à l’erreur parfois.

Par contre, je ne pense pas faire erreur en disant que l’Église est loin d’avoir la tête dans les nuages, obnubilée dans une pure contemplation. Elle a plutôt les pieds bien à terre, dans un combat pour le pouvoir au niveau international. La Banque du Vatican est encore une fois touché par un autre scandale de blanchiment d’argent datant de la semaine dernière; « Ite missa est »; ou plutôt : Alea jacta est!

André Lefebvre

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Andre lefebvre

Mon premier livre « L’histoire de ma nation » est publier chez:

http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/

André Lefebvre

2 pensées sur “Sous le règne de Jean-Paul II, la “Sancta Mafia”!!!

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