Stephen Harper et le social, 2 mondes étrangers

Raymond Viger Dossier Stephen Harper

Le journaliste François Richard vient de publier un article qui m’a renversé. Je le cite:

Stephen Harper s’est prononcé contre la réduction des méfaits… Les bienfaits de cette approche sont pourtant reconnus par l’Organisation mondiale de la santé ainsi que par la majorité des intervenants et des chercheurs du milieu.

Le gouvernement de Stephen Harper a même mis au rancart un livre de prévention en toxicomanie: Drogues: Savoir plus, risquer moins, ouvrage préfacé par l’ancien ministre de la Santé du Québec, Philippe Couillard. Stephen Harper préfère financer et soutenir le site xperimentations.ca qui ne respecte pas les principes de base en prévention.

Drôle de hasard, Philippe Couillard avait préparé le terrain pour que l’on puisse ouvrir un site d’injections supervisées au Québec. Lorsque Philippe Couillard a été remplacé par Yves Bolduc, le Québec a dû se passer de son site d’injections supervisées. Le gouvernement de Stephen Harper venait d’annoncer qu’il irait en appel contre le Insite, le site d’injections supervisées de Vancouver. Yves Bolduc, malgré le dossier préparé par Philippe Couillard, a-t-il eu peur de la position extrême de Stephen Harper qui cherche à fermer le site d’injections supervisées.

On se souvient aussi que l’an dernier, le même gouvernement de Stephen Harper a décidé de défendre les dons d’organes par les homosexuels.

Je suis un intervenant. Je travaille sur le terrain auprès de personnes qui ont besoin d’être aidé. Dans mon milieu, je n’ai pas encore entendu positivement le nom de Stephen Harper. Les groupes communautaires passent leur temps et leur énergie à faire des pétitions et des présentations pour faire changer d’idée Stephen Harper.

Je n’ose même pas imaginer ce qu’il aurait pu arriver si Stephen Harper avait réussi à faire passer un gouvernement majoritaire. J’espère que vous saurez ce qu’il faut voter aux prochaines élections fédérales.

Autres textes sur Stephen Harper

Projet Salome: héroinomanes, site d’injections supervisées et morphine

Stephen Harper et le social, 2 mondes étrangers

Deficit budgetaire du Canada de 37 a 50 milliards en 24 heures Le ministre des Finances Jim Flaherty sait-il compter?

Caricatures de Stephen Harper, observatoire du Mont Mégantic

Vie sociale et politique

L’autobiographie de Julie Couillard et les retombées de Maxime Bernier sur Stephen Harper et le parti conservateur

18 pensées sur “Stephen Harper et le social, 2 mondes étrangers

  • avatar
    4 juillet 2009 à 4 04 06 07067
    Permalink

    Je suis loin d’être un fan d’Harper, mais je ne crois pas à la théorie de la réduction des méfaits en perpétuant la dépendance des toxicomanes aux drogues dures avec des centres d’injection d’héroïne que le contribuable doit payer. Idem pour la méthadone qu’on distribue gratuitement dans plusieurs « fast drugs » que sont certaines pharmacies.
    Je connais tous les arguments des tenants de cette approche clinique,mais ma propre expérience sur le terrain m’a démonté que ce n’était pas une solution pour régler cet épineux problème.
    Il y a d’autres avenues à explorer. La méthode développée par Le Portage en est un bel exemple.
    Car perpétuer une dépendance toxique ne règle rien. C’est un cataplasme qui ne règle pas le problème, n’en déplaise à tous ces « experts » qui n’ont qu’une connaissance théorique de la problématique.
    Ceci étant dit, les méthodes fascisantes d’Harper
    ont de quoi faire peur…

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 7 07 20 07207
    Permalink

    Je suis contre Harper; c’est un politicien dangereux.
    Je suis aussi contre les sites d’injections supervisés.
    Je suis bien embêté….

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 8 08 14 07147
    Permalink

    Bonjour schneider1837

    Le principe de réduction des méfaits n’est pas d’entretenir la personne toxicomane dans sa dépendance. C’est un continuum dans lequel on amène progressivement la personne toxicomane à un arrêt de consommation en réduisant rythme la consommation jusqu’à un arrêt total.

    Les centres de thérapie tel que Portage sont excellents et nous nous en servons régulièrement. Pour démontrer que l’objectif de réduction des méfaits vise l’arrêt de consommation, le site d’injections supervisées de Vancouver a un centre de thérapie, similaire à Portage au 2e étage. Dès que la personne montre un intérêt à arrêter il est immédiatement transféré dans le centre de thérapie au 2e étage. De là, il sera sur une liste d’attente pour le placer le plus rapidement possible dans un centre de thérapie loin de son milieu de consommation.

    J’ai fait un reportage sur le site d’injections supervisées de Vancouver qui montre bien la méthode employée: http://raymondviger.wordpress.com/2009/07/04/site-d-injections-supervisees-pour-toxicomanes-insite-de-vancouver/

    Vous remarquerez dans ce reportage que ce ne sont pas les contribuables qui paient pour ce service puisqu’un site d’injections supervisées fait épargner de l’argent au contribuable en baissant les coûts d’hospitalisation et des services d’urgence.

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 8 08 15 07157
    Permalink

    Bonjour Garamond.

    Pouvez-vous nous dire pourquoi vous êtes contre les sites d’injections supervisées?

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 9 09 50 07507
    Permalink

    Je suis d’accord avec ces organismes qui rejoignent les drogués de différentes façons non répressives. Distribution de seringues propres et traitements alternatifs…le but étant tout de même la réhabilitation.

    C’est possiblement le seul moyen de rejoindre les drogués pour les intervenants sociaux et possiblement la seule façon de créer un pont entre la vie saine et la spirale infernale dans laquelle est aspiré les consommateurs abusifs….

    À partir d’une prise de contact réelle entre humains, tout devient possible même si pas toujours évident….

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 10 10 40 07407
    Permalink

    Je ne suis VRAIMENT PAS un fan de Harper, mais je suis CONTRE ces centres de piqueries supervisés aux frais des gouvernements.
    Ceux qui ont choisis de se droguer l’ont faits en toute liberté tout en sachant les conséquences de ce geste.
    Ces piqueries encouragent TOUT SIMPLE le trafique des stupéfiants dont les bénéfices se retrouvent dans CERTAINS goussets du crimes et d’autres………………………………………………………………….
    Quand François Legault dit de « sabrer  » dans les dépenses, c’est un bon exemple.

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 11 11 34 07347
    Permalink

    Bonjour Fern.

    Pensez-vous vraiment qu’une personne toxicomane choisit délibéremment de devenir dépendant?

    Que pensez-vous du fait qu’un site d’injections supervisées fait sauver de l’argent au système de santé?

    Que pensez-vous du fait qu’un site d’injections supervisées permet d’améliorer la qualité de vie de l’ensemble des citoyens et de leur famille?

    Prenez le temps de lire le temps que j’ai mis en lien et revenez-nous en faire part.

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 11 11 49 07497
    Permalink

    Ton parcours d’intervenant a l’air intéressant Raymond, mon chum travaille a un niveau comparable, pas facile…non seulement on lutte contre les gouvernements chiches, mais il y a aussi beaucoup de sensibilisation à faire du coté de la population….

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 14 02 28 07287
    Permalink

    Bonjour Koval.

    Vous avez parfaitement raison. Parfois on a l’impression de se faire assassiner de tous les côtés en même temps. Les personnes marginalisés ne sont pas importantes pour les votes des politiciens et sont dérangeantes pour les citoyens.

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 16 04 24 07247
    Permalink

    @Raymond Viger : «Perpétuer une dépendance toxique ne règle rien. C’est un cataplasme qui ne règle pas le problème, n’en déplaise à tous ces “experts” qui n’ont qu’une connaissance théorique de la problématique.»
    Je cite Schneider1837 et je suis d’accord avec lui.
    On ne guérit pas d’une maladie en l’entretenant.
    On ne fournit pas des petits enfants aux pédophiles emprisonnés, me semble…

    Répondre
  • avatar
    4 juillet 2009 à 20 08 55 07557
    Permalink

    Bonjour Garamond.

    Dans un site d’injections supervisées, on ne fournit pas la drogue aux personnes toxicomanes. On leur fournit un lieu sanitaire pour s’injecter au lieu qu’ils le fassent dans les ruelles.

    Les intervenants sur place prennent contact avec les personnes toxicomanes pour les amener en thérapie, récupèrent les seringues qui ne traînent pas dans les parcs ou les ruelles. Le personnel en place peut intervenir en cas d’overdose et font de l’éducation et de la prévention avec du matériel stérile pour éviter les infections.

    Répondre
  • avatar
    5 juillet 2009 à 4 04 08 07087
    Permalink

    1. Consommer ou ne pas consommer une drogue est une décision personnelle. Cette liberté de base n’est pas négociable.

    2. Il est dans l’intéret public comme dans celui de l’individu qu’il n’en consomme pas. Il est donc socialement acceptable qu’on cherche non pas à le lui interdire, mais à l’en dissuader.

    3. Une dissuasion efficace passe par un conditionnement. Education + suivi médiatique dense + pression sociale. Ce conditionnement pose un probleme ethique, mais je crois que la balance des avantages est ici en faveur de le faire.

    4. Jusqu’à ce que le conditionnement fasse son oeuvre. il faut minimiser les problèmes incidents : criminalité, insalubrité.

    5. L’injection en environnement contrôlé est un bon palliatif au palier salubrité. Le même procédé pourrait jouer un rôle élargi en cas de décriminalisation. Une décriminalisation que je crois imminente pour des motifs tout fait différents

    Pierre JC Allard

    Répondre
  • avatar
    5 juillet 2009 à 9 09 41 07417
    Permalink

    Raymond Viger

    Je ne suis pas convaincu.
    Une personne qui veut arrêter de fumer doit ÉLOIGNER les cigarettes si elle veut atteindre son BUT.
    C’est certain que c’est difficile ; MAIS c’est la vie……
    Si les piqueries injecteraient un produit pour diminuer le besoin de drogue, VA peut-être…………..

    Répondre
  • avatar
    6 juillet 2009 à 7 07 03 07037
    Permalink

    J’ai encore été témoin ce week-end de méfaits consécutifs à l’application de la théorie de la réduction des méfaits.
    Dépendant de la méthadone que les « spécialistes » lui conseillent de ne pas abandonner, le fils d’une amie s’est encore retrouvé dans une piquerie miteuse de la rue Saint-Hubert…ce qui lui vaudra possiblement un autre séjour en prison.
    Pourquoi ? Je pense sincèrement que c’est parce qu’il demeure entièrement dépendant de la drogue, légale, gratuite ou pas.
    Je refuse que mes taxes et mes impôts servent à
    entretenir de telles aberrations.

    Répondre
  • avatar
    7 juillet 2009 à 2 02 03 07037
    Permalink

    Bonjour Fern.

    J’aime bien votre exemple de la cigarette quand vous dites que la personne qui veut arrêter prends les moyens en conséquences.

    Ici on parle de personnes toxicomanes qui n’ont pas décidé d’arrêter de consommer. Ils se piquent dans les ruelles, laissent traîner leurs seringues, se maganent la vie et sont dérangeantes pour leur voisinage.

    Tant qu’à les avoir dans les ruelles et consommer n’importe comment, on les fait entrer dans un lieu sanitaire pour faire leur fix, entouré d’intervenants qui tentent de les amener à arrêter leur consommation.

    Répondre
  • avatar
    7 juillet 2009 à 2 02 07 07077
    Permalink

    Bonjour schneider1837

    Puisque l’argument financier semble être important pour vous, en ce qui concerne vos taxes et vos impôts, vous ne semblez pas accepter le fait que cela coûte moins cher en frais d’hospitalisation et en frais judiciaire en opérant un lieu sanitaire pour que les personnes toxicomanes puissent faire se shooter dans des conditions salubres.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *