Stratégie et tactiques des Gilets jaunes

Par Robert Bibeau. Éditeur du webmagazine http://www.les7duquebec.com

2e édition le 22.12.2018,

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22.12.2018 English italiano Stratégie et tactiques des Gilets jaunes

Un mouvement populaire spontané

Le mouvement populaire spontané des Gilets jaunes marque le début d’un temps nouveau en politique contemporaine, un renouveau à la fois antisystème capitaliste et antiréformiste; le réformisme, ce courant de pensée ayant contaminé aussi bien la «gauche» racoleuse et rafistoleuse des pots cassés du capital, que les «Indignés – Nuit debout – Occupy Wall Street» et autres frasques de petits-bourgeois offusqués du peu de considération que lui accorde le grand capital et ses laquais politiciens de toute obédience.

 

Le mouvement militant des Gilets jaunes émergeant spontanément de la base prolétarienne – ceux «d’en bas» – rejette à la fois – la gauche – le centre – et la droite bourgeoise –. Ce mouvement répudie les polichinelles de tout bord qui se partagent le pouvoir politique depuis un siècle, en alternance de collaboration de classe sous les ordres des patrons, les vrais maitres du pouvoir économique, politique et médiatique. Voilà ce qui est nouveau et donne un indice de l’avance de la conscience de classe prolétarienne sur «l’avant-garde» gauchiste et droitiste (fasciste ou populiste). Cette conscience de classe immanente est le fruit des expériences vécues par les prolétaires du monde entier depuis les balbutiements du mouvement ouvrier autour de la Première, de la 2e, puis des 3e et 4e Internationales; à l’occasion des deux grandes guerres; en Mai-68 et lors des soulèvements populaires arabes plus récents. Expérience de lutte en ce temps-là toujours «encadrée» par les organisations de la gauche et/ou de la droite traditionnelle, pseudo représentatives de la classe, et qui se sont chargés chaque fois d’aménager une voie de sortie permettant aux larbins du système de négocier au nom de leurs patrons une sortie en tromperie côté cour ou côté jardin.

 

Le subconscient de la classe prolétarienne est tellement imprégné de ces souvenirs amers que le consensus s’établit aujourd’hui parmi les prolétaires en gilets jaunes pour refuser toute organisation, toute représentation, toute délégation de pouvoir, ce que le régime décrie avec véhémence et que la petite-bourgeoisie infiltrée dans le mouvement tente de contrer. Espérons que ce que l’avant-garde n’a pas encore compris la classe prolétarienne se le tiendra pour dit.

 

L’appel des petits-bourgs et des politiciens professionnels pour transformer le Mouvement en organisation politique, ou pour congédier l’Assemblée nationale, ou pour convoquer une Constituante, pour initier le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC-sic), ou pour participer aux mascarades électorales bourgeoises ces miroirs aux alouettes pour petits-bourgs assoiffés de crétinisme parlementaire, n’ont pas trouvé d’échos auprès des militants prolétariens engagés… Ces propositions démocratico-démagogiques n’appâtent que les bobos et leurs sous-fifres qui aimeraient ainsi reprendre la main sur le Mouvement afin d’en monnayer l’enlisement. Quelle forme prendra éventuellement l’organisation des gilets jaunes en colère, nous ne le savons pas, mais nous savons toutefois que la base devra absolument s’assurer de conserver en tout temps la haute main sur ses porte-paroles et ne jamais permettre le vedettariat parmi ses porte-paroles qui ne devraient jamais devenir des représentants.

 

L’unique objectif stratégique du Mouvement

 

Le mouvement est né autour d’un objectif stratégique qui a fait consensus dans son expression militante même s’il parut confus au début, différemment exprimé selon les militants attestant que le mouvement n’était pas contrôlé par les vieilles organisations de la gauche ou de la droite sectaires qui excelle à faire taire toute disonnance et à placer tout le monde sous le knout du gourou. Il est sain que de nombreux militants formulent leurs récriminations et participent ainsi à l’élaboration du plaidoyer commun qui malgré l’aspect cacophonique du début s’unifie au fur et à mesure de la lutte concrète. Ainsi, les multiples revendications «réformistes» ont été peu à peu balayées sous le tapis pour ne laisser qu’un seul objectif stratégique différemment formulé.

 

L’objectif stratégique des Gilets jaunes est de défendre le pouvoir d’achat des salariés étranglés par le système de profit anémié. En d’autres termes, leur objectif stratégique est de maintenir, sinon d’augmenter, la valeur et le prix de leur force de travail. C’est d’emblée une revendication de résistance de classe prolétarienne même si les prolétaires qui animent le mouvement ne savent pas l’exprimer en ces termes, ce qui importe peu, sauf pour les gauchistes dogmatiques. Cet objectif stratégique est par essence révolutionnaire, puisque la crise économique systémique du capitalisme rend sa satisfaction impossible. Chaque euro d’augmentation du salaire devra être pris dans la caisse des profits du capital en perdition. En ces temps de grave crise économique où le système capitaliste s’apprête à imploser, une telle revendication salariale est potentiellement insurrectionnelle, car le capital ne bénéficie d’aucune marge de manœuvre, ce que Macron le thuriféraire des banquiers est venu confirmer mardi dernier à la télévision française par des promesses creuses et trompeuses. Si le prolétariat français sent que le moment est propice, de telles promesses bidon l’amèneront à durcir ses positions et à maintenir ses revendications légitimes puisque c’est sa survie physique en tant que classe sociale qui en dépend. Les ouvriers militants le disent carrément «On ne vit plus avec ces salaires de misère, on survit à peine».

 

L’agitation petite-bourgeoise en périphérie du Mouvement

 

Évidemment que de multiples organisations, groupuscules, sectes et associations de petits-bourgeois en colère de se voir paupérisés, prolétarisés (la pire des infamies pour l’ambitieux petits-bourgs qui se voyait déjà en haut de l’affiche…), s’agitent en périphérie du mouvement et tentent d’en prendre le leadership afin de le mettre à leur service à des fins réformistes. Évidemment que ces mêmes scélérats qui contrôlent les organisations des travailleurs (syndicats, partis, mutuelles, coopératives, associations, ONG, etc.) depuis un siècle ont fait énormément de ravage parmi la classe ouvrière qui peine aujourd’hui à se réorganiser loin de l’hégémonie flétrie des bobos, ces courroies de transmission du grand capital. Mais ne nous laissons pas embrouillés par cette agitation périphérique et concentrons notre attention sur l’essentiel, les intérêts fondamentaux de la classe prolétarienne et la façon de les défendre jusqu’à l’insurrection populaire qui sera le prochain objectif stratégique du mouvement, ou alors le Mouvement s’effondrera.

 

La pseudo « classe moyenne » – la classe sociale qui n’existe pas

 

Soulignons ici que ces chiens de garde du capital ne sont pas de la pseudo « classe moyenne » une invention de l’école de sociologie américaine – reprise par les intellectuels occidentaux à la remorque – qui ne vise qu’à masquer – anémier – la lutte de classes entre ouvriers – prolétaires – petits-bourgeois – bourgeois et capitalistes. Une classe sociale ne se définit pas par son revenu mais par sa fonction dans le procès de production. La présente crise existentielle de la petite-bourgeoisie, qui l’amène à s’agioter, vient du fait qu’elle est expulsée du procès de production – tout comme les ouvriers incidemment – et qu’elle s’inquiète de son avenir de classe – tout comme les ouvriers incidemment. ( 1 )  Ce processus économique présentement en cours dans le monde occidental amène ces ouvriers et petits-bourgeois à se croiser de plus en plus souvent sur les barricades des militants. Pour nous prolétaire révolutionnaire la question est de préserver l’autonomie politique de notre classe afin qu’elle ne retombe pas dans les ornières réformistes droitistes ou gauchistes. Nous pensons que c’est en travaillant aux niveaux de l’analyse du Mouvement et de ses tactiques de lutte que nous parviendrons à construire l’hégémonie du prolétariat sur le mouvement.

 

Une variété de tactiques de lutte

 

Un objectif stratégique de cette importance se décline sous une variété de tactiques de combat. Examinons quelques-unes des tactiques de guerre de classe qu’instinctivement le Mouvement a mises en œuvre spontanément.

 

Première tactique inédite : Blocage des voies de circulation dans l’objectif de bloquer l’économie, c’est-à-dire la circulation du capital et donc de stopper sa profitabilité. Contrairement aux sempiternelles marches-parades de carnaval où l’on supplie le suzerain de l’État des riches de daigner porter attention à ses ouailles affamées, cette tactique est potentiellement insurrectionnelle en s’attaquant directement au capital, à ses profits, la sève qui le maintien en vie au-delà d’une usine ou d’un secteur industriel en particulier. Rappelez-vous cette procession des serfs russes allant implorer la charité du tsar, le Petit père des peuples, et qui furent massacrés par milliers. Le mythe réformiste-rédempteur à la vie dure parmi la go-gauche soi-disant marxiste. À l’époque, les bolchéviques menaient la cérémonie sacrificielle, aujourd’hui c’est la CGT/CFDT/FO/ SUD qui mènent ce bal intemporel des sempiternelles manifestations de poltrons.

 

L’été dernier, les cheminots lors de leur grève partielle avaient tâté de cette tactique de blocage des transports des travailleurs et du fret, indice que la tactique insurrectionnelle de bloquer l’économie toute entière faisait son chemin dans le subconscient de la classe prolétarienne française, la plus militante du continent européen.

 

Les manifestations de résistance radicale

 

Une tactique complémentaire s’est vite imposée pour renforcer et radicaliser la tactique de blocage de l’économie. Contrairement aux manifestations de types «parades-processions-manifestations d’immolation» débilitantes qui répandent le pessimisme dans le mouvement et le démobilise, les manifestations de résistance, très militantes des Gilets jaunes, à Paris et en province, ont l’utilité de démontrer la pugnacité des militants, leur détermination et surtout de galvaniser les troupes prolétariennes sur les barrages après chaque «Acte» insurrectionnel spontané. Sans compter que ces casses permettent de peaufiner l’expérience de guérilla urbaine prolétarienne. Cependant, le blocage de l’économie – de la circulation des marchandises et donc des profits – est la tactique de lutte décisive sur le front économique de la lutte de classe et devra être renforcé. C’est ici que la petite-bourgeoisie infiltrée dans le mouvement commet ses pires méfaits. Le petit-bourgeois vacille face à la violence des manifestations et face à la violence potentielle qui pourrait surgir d’un blocage complet des ronds-points, des trains et des ports. Si la go-gauche souhaite faire œuvre utile dans ce conflit entre le capital, son État et le prolétariat, qu’elle aille renforcer les lignes de piquetage des Gilets jaunes car le blocage des transports de marchandise et des travailleurs ainsi que des raffineries de pétrole mettra l’État terroriste bourgeois à genoux en même temps que ses patrons du grand capital et alors l’insurrection populaire sera à l’ordre du jour.

 

La grève générale arme ultime du prolétariat

 

Un lecteur de notre webmagazine réplique : «La grève générale est l’arme ultime des travailleurs sur le front économique de la lutte de classe» ce qui est tout à fait exact. La grève générale stoppe la circulation générale du capital et étrangle l’accumulation sectorielle des profits. Mais de nos jours, où leur économie est tellement dépendante du transport des marchandises et de la circulation des travailleurs salariés (le capital variable) il existe différentes façons d’amorcer une grève générale. En bloquant les transports de marchandises (biens et services) et la circulation des travailleurs vers les lieux d’exploitation de la force de travail salariée on obtient le même résultat que par la grève d’ateliers, d’usines et de chantiers avec la perte de salaire en moins pour les paumés des autoroutes bloquées et de la SNCF paralysée. Si les cheminots n’étaient pas paralysés par leurs bureaucraties syndicales, ils pourraient relancer leur mouvement de grève – mais en continuité et illimitée cette fois –, avec les Gilets jaunes finis l’innocuité des grèves larvées.

 

Alors que certains gilets jaunes égrènent la litanie de leurs revendications réformistes, les ministres du gouvernement Macron savent eux que leur gouvernement fantoche est en sursis. Qui ne sait pas mâter la plèbe ne mérite pas de gouverner l’État des riches  pensent le gouvernorat du grand capital international.

 

La ministre Penicaud, dans une novlangue indescriptible, vient de jeter de l’huile sur le feu, sur LCI :  »Un coup de pouce au SMIC, on sait que ça détruit des emplois, donc ce n’est pas la bonne méthode » déclame-t-elle à l’encontre de son patron. Tout est dit par ceux-là mêmes qui sont chargés de la maintenance du système en déroute. Le système économique capitaliste est incompatible avec la survie de la classe prolétarienne (ouvriers, petits-bourgeois, chômeurs et précarisés tous mêlés). Sous ce mode de production déclare la ministre lucide : « si vous augmentez les salaires et accordez assez aux ouvriers pour survivre, vous détruisez leurs emplois et les enfoncés dans la misère ». Alors, messieurs dames de la go-gauche et de la droite réunies, la question se résume donc à ceci : « faut-il sauver le système capitaliste ou faut-il sauver le prolétariat qui périclite ? » Quand tout aura été dit et que tout aura été consommé, les Gilets jaunes, par eux-mêmes, sans l’aide d’une avant-garde de la go-gauche ou de la droite «fasciste ou populiste» comprendront que la défense de leur pouvoir d’achat (du prix de vente de leur force de travail) les mène directement à la confrontation antagoniste avec le capital pour leur survie individuelle et collective. Rendue au paroxysme de cet affrontement insurrectionnel deux voies s’ouvriront au prolétariat – celui du réformisme petit-bourgeois – et quelques avantages éphémères seront concédés comme au temps du CNR – que le capital reprendra aussitôt –; ou alors la Révolution prolétarienne détruira définitivement ce mode de production moribond et créera les conditions de l’édification d’un nouveau mode de production sans salariat, sans monnaie, sans profit et sans prolétariat.

 

La répression et les rafles de lycéens à Mantes-la-Jolie

 

Cette ignominie à Mantes-la-Jolie a un nom, elle s’appelle une « rafle policière et politique », l’étape répressive où le pouvoir des riches vacille et où la flicaille de l’État de droit bourgeois, sans le savoir, recrute des militants résistants en faveur de l’insurrection populaire. (2) Il ne reste qu’à dénoncer cette infamie sans nom contre les adolescents de l’insurrection populaire. Nous approchons du point de retournement où le pouvoir bourgeois empêtré dans ses contradictions insolubles basculera dans la répression sauvage contre-insurrectionnelle. La go-gauche, au lieu de faire le jeu complice du pouvoir politique bourgeois – et de focusser sur les groupuscules fascistes insignifiants – ferait mieux de comprendre que ce sera la police et les milices paramilitaires de l’État des riches qui instaureront l’État fasciste. Tous les efforts des prolétaires révolutionnaires doivent porter sur la dénonciation radicale de l’État terroriste jusqu’à son éradication. Tout ceci fait dire à un camarade que le temps est venu après tant de rafles réactionnaires, de détentions arbitraires et d’arrestations politiques, de réclamer la libération des prisonniers politiques en gilets jaunes. « Pas de rencontre ni de discussion avec le gouvernement tant que nos camarades sont en détention ! »  « Libérez nos camarades » (3)

 

Les mots d’ordre des petits-bourgeois

 

Comme à l’habitude, un mouvement aussi hétéroclite voit les petits-bourgeois, frustrés de ne pas accéder à la notoriété, avancer leurs pions et revendications. Et voici que fusent : «Macron démission», «Convoquons les États généraux» «Constituante républicaine citoyenne», «refondons la République capitaliste nationaliste», «En avant pour le RIC» et cent autres fadaises réactionnaires. Le prolétariat sait bien lui que si demain Sarkozy, Juppé, Hollande, Mélenchon ou une autre potiche des riches était appelée aux affaires rien ne changerait aux «affaires». Le grand capital a voulu ce thuriféraire de chez Rothschild qu’il se démerde avec ce valet jupitérien. Le prolétariat ne négocie pas avec un porte-mallette, il veut débattre avec le patron, qu’il sorte de sa réunion de conseil d’administration.

 

Les « casseurs » sont des nôtres

 

Ne vous laissez pas berner par la propagande policière et politique à propos des soi-disant «casseurs» diffusée par les médias à la solde du grand capital. Les soi-disant «casseurs» sont des Gilets jaunes qui sont à bout – qui en ont ras le bol (les gens incarcérés suite aux rafles policières le prouvent). Il n’y a qu’une sorte de Gilets jaunes – des prolétaires exaspérés qui en ont assez et qui résistent au matraquage répressif de l’État terroriste. Les petits-bourgs qui ont peur de la violence devraient rester à domicile, on n’a pas besoin d’eux dans les manifs de résistance ni aux ronds-points. Et que les bobos effrayés cessent d’argüer que le prolétariat français rejette les gilets jaunes qui résistent au matraquage et qui «cassent», car c’est faux. Les prolos sans gilet jaune soutiennent les prolos en gilet jaune qui combattent l’État policier. La violence du patronat on la vit chaque jour en usines, dans les ateliers et sur les chantiers.

 


 

NOTES

 

  1. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/ric-rac-critique-de-lideologie-citoyenniste-bourgeoise-des-gilets-jaunes-piege-fatal/
  2. https://web.facebook.com/philippe.berard.121/videos/2354231101318859/?t=0
  3. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/liberez-nos-camarades/

 

 

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

13 pensées sur “Stratégie et tactiques des Gilets jaunes

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    19 décembre 2018 à 2 02 42 124212
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    Le président à force d’être intelligent (ce sont ses alcooliques qui le disent et ils s’y connaissent) et plus intelligent que son Peuple est fatigué. Il faut dire que c’est dur de présider des cons, car ils sont tellement cons qu’ils ne savent plus ce qu’ils font (surtout quand ils votent ….., quel dommage). Il est temps de faire son ictère (alias jaunisse). Ils sont d’ailleurs tellement cons que l’on peut, si on est intelligent, leur faire croire que les morts sur la route sont en baisse alors que l’on a volontairement soustraits les 5 victimes de la révolte, leur révolte. Et ils croient que c’est grâce à l’abaissement de la vitesse à 80 kmh. Décidément on se marre dans les hautes sphères, si intelligentes !

    https://wp.me/p4Im0Q-2FS
    Etre, encore, Gilet Jaune, demain https://wp.me/p4Im0Q-2Et

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      24 décembre 2018 à 4 04 38 123812
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      Je partage cette analyse qui a nourri tous mes derniers billets sur mon blog « vingtras » de Mediapart. J’y ajouterai ceci : si les « gilets jaunes » savent écarter le péril de l’extrême droite (et sans doute des faits provoqués par le pouvoir-flic) ils induiront un tsunami capable de mettre un terme à cette Ve république gaullienne qui est le dernier avatar de cet ersatz de démocratie mis en place en 1871 par les classes possédantes avec l’assemblée archi réactionnaire de Versailles.
      L’émergence le 17 novembre 2018 de ce mouvement populaire est une chance pour la France dont le devenir politique, renouant avec le meilleur du XIXe siècle, permettrait l’avènement de la république sociale étayée par une démocratie participative, que le peuple espère depuis 150 ans !
      Ainsi « les gilets jaunes » ne seraient plus seulement des gilets de sauvetage, mais ils constitueraient le socle d’un « Quart-Etat » (prolétariat + classes moyennes) dont l’apanage serait d’être « une classe de la conscience humaine ».

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    22 décembre 2018 à 7 07 22 122212
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    Je vois que notre Monsieur Bibeau s’est fendu d’un billet bien allègre sur les GJ. On y méprise ces petites opérations intermédiaires visant à exiger (et ne jamais recevoir) RIC ou 6e République. Je considère pour ma part qu’elles font partie des expressions destinées à donner à l’opinion publique une image du mouvement. Mais le fond, ou plutôt l’objectif, n’est pas là: il est au cœur du Mordor, et nos GJ en sont encore loin.

    Je n’ai pour le moment pas encore entendu un seul GJ affirmer haut et clair que le capitalisme porte en son sein les ténèbres en question dudit Mordor. Ils n’ont pas même commencé à envisager de traverser les résistances policières pour déboulonner le mage Macron. Monsieur Bibeau semble dire, mais peut-être que je me trompe, que la seule victoire qui compte serait celle qui aurait pour fruit une revalorisation salariale; je ne suis pas assez vipérin pour imaginer que Monsieur Bibeau se contenterait de ça… Je suppose donc qu’il sait qu’une revalorisation salariale ne pourrait advenir que comme la conséquence d’un quasi coup d’État GJ réusssi au préalable… Sauf que rien ne peut advenir sans l’écrasement de la dictature de la zone Euro… Bref, les GJ sont encore aux marges du Mordor, et bien loin d’en avoir pénétré le territoire profond.

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