Sur notre «civilisation» québécoise…

YSENGRIMUS   Une civilisation fondée sur son patrimoine agricole, ruraliste et cléricaliste, ghettoisée dans un dispositif socio-économique et colonial où l’agriculture n’a jamais été un secteur économique porteur, engendre inévitablement le type de sentiment mi-misérabiliste mi-triomphaliste qui semble l’affectation la plus inévitable de nos compatriotes. Avec nos pommes de terres et violonistes irlandais, nos giques écossaises, notre parlementarisme et notre cheddar anglais, nous prouvons que la civilisation française n’est en rien une humeur transcendante, et peut se contenter de devenir la lie d’une culture de résistance plus apte à dériver vers le populisme que vers le socialisme, au moment de sa phase d’urbanisation. La France sans république, l’Angleterre sans marine, le presbytère sans bibliothèque, la plaine à fourrage recouverte de neige.

Oh, on essaie bien d’avoir nos villes bien à nous, notre folklore urbain. Voyez la ville de Québec. Voyez son Château Frontenac, construit en 1897 par un architecte américain, dans un style qui foisonna sur toute l’Amérique du Nord à l’époque, mais qu’on prend envers et contre tous pour un château français. Et admirez ses remparts, qu’on prend pour des remparts français aussi mais qui furent érigés par les Britanniques en 1775, par peur de la Révolution Américaine (le vieux mur français fut détruit après la Conquête – il n’en reste rien). Et visitez le restaurant LES ANCIENS CANADIENS, qui sert une nourriture chic gorgée de faux folklore mais qui a la pure beauté simple d’être situé dans une des dernières vraies maisons datant du Régime Français encore debout (le reste des si belles maisons du vieux Québec est britannique – eh oui). D’ailleurs, pendant tout le 19ième siècle, Québec était une ville de garnison à majorité anglophone (vous avez bien lu). C’est seulement vers 1870 que les canadiens-français descendant des campagnes inversèrent le rapport démographique de cette ville portuaire, ville ouverte où, on l’a vu encore lors des cérémonies de son ci-devant 400ième anniversaire, l’armée d’occupation peut parader quand bon lui semble. Pas à dire, on revient de loin… Enfin bref, la ville de Québec est bel et bien un de nos traits civilisationnels forts, parce que c’est l’un dans l’autre un espace réapproprié, reconquis, le témoignage de la survivance qui s’enrichit de son héritage lancinant, parfois peu avouable à ses fantasmes présents, même en les déformant un peu des fois… ça aussi, c’est le mythe et la force du mythe dont se sustente une « civilisation »…

On cite bien, comme trait « civilisationnel », notre très grande sagesse antireligieuse contemporaine, vraie et effective au demeurant. Il faudrait pourtant se donner les moyens d’observer de quoi elle sort… Le clergé fut, surtout de 1840 à 1960, le relai servile de l’occupant anglais. L’athéisme militant québécois, pour reprendre certaines formulation en vogue, est aussi une sorte de matérialisme philosophique au ras des mottes, en ce sens qu’il plonge ses racine dans un anticléricalisme dont la cuisante virulence échappe à maint citoyens de pays souverains. Le cléricalisme compradore québécois a cherché à perpétuer l’idée mensongère qu’il était « gardien » d’une foi foutue et d’une langue qui, elle, a survécu. Ce qui fit ce qui fut, c’est simplement l’explosion démographique due à des conditions socio-économiques similaires à celles du tiers monde et à la circonscription, par l’occupant, des québécois sur un territoire restreint (vallée du Saint Laurent) et dans un secteur socio-économique paupérisant (agriculture – trop pauvre pour payer son propre prolétariat agricole, il fallait le procréer). Charpente intime, conservatrice et réactionnaire de ce cadre colonial en capilotade, l’église fut laminée avec, quand il s’effondra, et sa camelote spirituelle tomba avec elle, quand cette population, dense, concertée et homogène par pur artefact colonial, entra, à la presse car fort en retard, dans la modernité. Oh, que oui…

Oh, on essaie bien d’avoir des auteurs bien à nous. Des trèfles aussi pesants que prolixes comme -par exemple- le glauque et tendancieux Victor Lévy Beaulieu, qui, de nos jour, débloque plus souvent qu’à son tour. Pour parler franchement, j’ai lu seulement un de ses romans: LES GRANDS-PÈRES. Une estie de platitude foireuse qui se passait chépuquand sur une vieille ferme branlante, avec de la zoophilie et de la déchéance dans tous les racoins. Phrases interminables, gros vasage, longues parenthèses niaisantes dont certaines même pas fermées. Ça va pas passer à l’Histoire ce genre de verbiage auto-édité. Le mérite d’éditeur de ce gogo dépasse de loin son mérite d’auteur, justement, en fait. J’ai bien aimé son feuilleton MONTREAL P.Q., par contre… si c’est lui qui l’a vraiment faite… Oh et, en y repensant, il y avait bien aussi un court essai intitulé MOMAN, POPA, L’JOUAL PIS MOÉ publié sous forme d’article chépuoù du temps de la Querelle du Joual. Pas mal du tout, un essai en joual, pensez-vous… Contenu un peu creux mais passablement hurlant à lire. Civilisationnel en diable… Parlant, pour tout dire… Bien tartiné, dans le genre Joual en révolte au ton infantile. Bien exempt des inepties racistes qu’il dégobilla par la suite. Du temps qu’il avait de quoi à dire, en gros. Enfin toutes ces merveilles à prendre de fort haut…

Au moins -cependant, il faut le dire- nous avons un peintre: un certain Paul-Émile Borduas, dont j’ai vu un jour une œuvre intitulée L’ÉTANG RECOUVERT DE GIVRE. C’était ailleurs, dans le musée continental quelconque qui l’avait pillée… Saisissant. Il y a de l’art américain là-dedans ou je m’y trompe. Nous avons aussi, l’un dans l’autre, un roman. Il s’intitule L’AVALÉE DES AVALÉES et est de Réjean Ducharme. Sublime et, c’est le cas de le dire: unique.

Fak comme, la charte des « d’valeurs » de t’ça, j’vous d’mande un peu…

ChateauFrontenac
Le Château Frontenac, construit en 1897 par un architecte américain et qu’on prend pour un château français…

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Ysengrimus

Voir ici: http://ysengrimus.wordpress.com/about/

42 pensées sur “Sur notre «civilisation» québécoise…

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    15 novembre 2013 à 6 06 22 112211
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    Cher Ysengrimus,

    La nostalgie de la France c’est déjà la France elle-même.

    Cette nostalgie anticipe les sociétés futures et leurs transformations. Car elle met en mouvement…

    Dans l’avenir, et grâce aux précipités des techno-sciences et du langage sms, quand la langue française aura bien avancé sa transformation en langage phonétique tout comme l’anglais (ce qui est son principal avantage), elle pourra devenir la langue mondiale de la culture et du trashé chic ! Et comme les pays seront éclatés à cause de l’internet qui dissout, toutes les nations et tribus francophones seront réunies dans une sorte de joyeux bordel, comme c’est déjà le cas pour ceux qui savent voir… 😀

    Hagège enseigne que le sentiment d’appartenir à une communauté, une culture ou une nation, c’est la langue elle-même, et jusqu’aux dialectes qui sont des langues les plus savoureuses.

    Et tout le monde en France sait qu’on parle mieux le Français, à Genève, au Québec et dans beaucoup de pays d’Afrique, et vous en êtes un fameux exemple.

    Salaud de Louis XV ! 😀

    Demy

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      15 novembre 2013 à 7 07 28 112811
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      Je me plains pas spécialement de mon sort. Simplement, je reste descriptif. je fais pas de la pube ou de la relation publique pour KWEH-BEC INC

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        15 novembre 2013 à 7 07 46 114611
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        Vous savez ce que c’est, Andy Warhol voulait faire un art le plus descriptif possible et la critique puis tout me monde y a vu l’art le plus critique des Etats-Unis qui se puisse exprimer.

        Demy

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    15 novembre 2013 à 8 08 37 113711
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    Oufff ! Quelle provocation!

    Pour le Château Frontenac;  terminé en 1893 (et non 1897) l’architecte Bruce Price a utilisé les plans originaux de Eugène-Étienne Taché inspirés des châteaux français du XIVe siècle par ses tours rondes, style français exigé par le Canadien Pacifique spécialement pour Québec, ville francophone. La tour centrale rajoutée plus tard est aussi d’inspiration française imitant la grande tour du château de l’Isle Savary (France) ayant appartenu à Louis de Buade comte de Frontenac. Et les ouvriers étaient pour la très grande majorité des francophones de la ville de Québec. C’est pas des anglais de Toronto qui l’ont bâti, pierre par pierre venant des carrières de Beauport.

    L’Hôtel du Parlement du Québec et le Manège militaire de Québec sont aussi de l’architecte Québécois francophone Eugène-Étienne Taché.

    Les remparts furent érigés sous le régime français, elles incorporent la poudrière et la section du mur défensif français de 1745 entourant la haute-ville, ainsi que les bastions et le polygone aménagés sur le cap, le tout approuvés par Louis XIV. Les fortifications seront ensuite intégrés à celles contruite en forme d’étoile de la Citadelle visible et terminés en 1831 sous le régime Britannique et sont inspirés de l’ingénieur français Vauban, conforme à la stratégie définie par le duc de Richmond en 1812. Ici aussi les ouvriers étaient pour la grande majorité des francophones de la ville de Québec.

    On voit ton vrai visage Laurendeau, celui d’un proff bouffi de prétention et argneux ayant fait carrière à Toronto et revenant finir ses jours au Québec pour nous chiez dessus.

    C’est pas un pied de nez! c’est le pied dans la bouche et un doigt dans le nez!

    DG

    Salaud de Voltaire ! nous sommes pas que « quelques arpents de neige ».

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      15 novembre 2013 à 9 09 44 114411
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      Ce château est d’un pur style dit « historiciste », qui fut le style le plus en vogue après le néo-classicisme né juste avant la Révolution Française. L’historicisme est né des suites du romantisme français. En effet, après avoir retrouvé les lignes des ordres antiques dans le néo-classicisme et qu’elles ont été épurées, le romantisme est né des exigences de l’inspiration pure et de l’émotion du génie individuel. C’est Baudelaire qui l’a théorisé dans sa critique créatrice et même qu’il l’a incarné. Mais avant tout il a fait Delacroix.

      Aussi, des thèmes plus médiévaux ont été explorés par les artistes, et par une manière moins rigoureuse et photographique. Ce fut, dans l’architecture, le retour des châteaux mais avec tout le confort. Dans un style international qu’on peut encore admirer en Bavière, en des rêves construits dus au roi fou d’art Ludwig II.

      En Angleterre, le parlement est en pur style historiciste néo médiéval, et tous les architectes anglo-saxons se mirent à ces constructions nostalgiques.

      L’anecdote veut que lorsqu’on installa des télégraphes Chape sur les tours de l’église Saint-Sulpice à Paris, Baudelaire et Victor Hugo s’insurgèrent contre cette modernité qui dénaturait la beauté laissée par l’histoire dans l’architecture. Et en réaction, Victor Hugo rédigea « Notre-Dame de Paris » et Baudelaire milita pour le retour au médiéval.

      Ainsi, même si des architectes anglo-saxons ont bâti des édifices néo-médiévaux, ils ont été inspirés directement par un courant né en France à Paris, c’est d’abord un style Français, car à l’époque c’est Paris qui était capitale mondiale des arts et pas encore New York.

      Il faut se méfier de méprises dans la lecture de l’art, par exemple, il y a encore trop de gens qui pensent que l’art gothique est né en Allemagne, alors qu’il est né en France à Saint-Denis et c’est l’abbé Suger qui l’a créé.

      Pareil pour le romantisme que beaucoup pensent d’origine Allemande, alors qu’il est d’abord Français. Et le plus grand nombre imagine que le style néo-médiéval est né avec la construction du parlement de Londres, ce qui est faux, c’est un style né en France à Paris.

      Il faut voir dans ces méprises, une lutte d’hégémonie culturelle entre le monde anglo-saxon et germanique qui a commencé bien avant Napoléon, et selon la domination de l’un ou de l’autre la propagande a fait son oeuvre. On en constate encore les dégâts. L’Allemagne hégémonique a longtemps tenté de faire croire qu’elle était à l’origine du Gothique, et le monde Anglo-saxon n’a eu de cesse de tenter coucher le néo-médiévisme du côté qu’il voulait. Il reste les faits historiques, qui sont tous archivés et indéniables.

      Tout ceci fait partie de la lutte pour être capitale mondiale de l’art et de la culture, autrefois elle avait lieu entre Paris gallicane et les ultramontains de Rome, et depuis le XVIII, elle a lieu entre Paris et le pangermanisme puis New York. Laquelle New York est actuellement la capitale des arts. Mais il y a des cycles et l’histoire ne fait que commencer.

      Quand on veut parler de style ou d’art ou d’Architecture, il faut être renseigné complètement au préalable, c’est la seule façon de pouvoir en débattre, car c’est une matière des plus ardues et buissonnantes, c’est l’histoire de la culture et donc l’histoire de tout ce qui a existé et laissé des traces. On n’entre pas dans ce temple sans en avoir étudié chaque pierre. Mais, on est toujours libre d’exprimer son goût personnel qui reste une toute autre affaire laissée au bon choix de chacun.

      Demy

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        15 novembre 2013 à 10 10 11 111111
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        J’ajoute que le modèle de cette architecture néo-médiévale fut la restauration du Château de Pierrefonds par Viollet-le-Duc. Et que cet engouement naquit dans les tableaux des artistes historicistes, lesquels avec une technique quasi photographique reconstituaient des scènes médiévales, comme aujourd’hui le cinéma et la 3D oeuvres en des reconstitutions néo-historicistes.

        Ces restaurations par Viollet-le-Duc étaient empreintes elles-mêmes de rêveries parfois approximatives. Et elles ont nourri tout le langage du néo-médiévisme dans l’architecture anglo-saxonne.

        Pour un expert dans l’art, il est évident que le château que vous montrez en illustration est d’un style éminemment Français, et sans considération de qui en aurait été l’architecte, un simple coup d’oeil en donne l’origine évidente.

        Dire le contraire, reviendrait à dire que le Capitol Building aux USA n’aurait rien d’Antique quand il est une pure expression de l’art néoclassique et Romain, avant même d’être une expression de l’ordre Grec Antique, puisque si écrasant et gigantesque, quand les ordres Grecs étaient à échelle humaine, plus harmonieuse.

        Et on ne peut parler d’art Américain natif, puisque ce n’est pas la naissance d’un style propre et détaché.

        Tout comme les Buildings et toute l’architecture de la skyline de New York proviennent directement du néo-classicisme aux formes épurées et de la diaspora surréaliste et du Bauhaus qui a fui le nazisme en Europe, et depuis de nombreux pays aux cultures bien différentes.

        Gropius, Mies van der Rohe etc. Ils ont créé le Style International du XXème siècle. Parce qu’il n’était plus originé quelque part, il était et pour la première fois espacé dans le monde entier.

        Même Disney est un avatar du style néo-médiéval (le château de Disneyland inspiré par les châteaux de Ludwig II), et inspiré par tout le style Biedermeier germanique et illustratif dans les arts et l’architecture qui a su reprendre les expressions historiées de l’architecture médiévale.

        Donc, ce n’est pas la nationalité d’un architecte qui déterminerait l’origine stylistique d’un bâtiment. C’est le style qui est exprimé dans l’oeuvre, que l’architecte l’ait cité ou qu’il ait fait partie d’un groupe exprimant cette tendance. Car les styles en architectures ont toujours été créés par des artistes plasticiens avant d’avoir été bâtis dans la pierre.

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      15 novembre 2013 à 9 09 52 115211
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      Lit bien attentivement ce que dit ici Demian West. Le style chateau est un trip romantico-anglo… C’est pas moi qui décide ça.

      Gélinas. Typique nombrilisme québéciste mytholâtre et factice. Tout de notre « civilisation » y est, faussetés factuelles frontales du Disneyland de Ben Béland et satanisme torontois inclusivement…

      On voit ton vrai visage, Gélinas. Habitant-chien-blanc, jusqu’au bout des dents… et menteur comme un petit voleur…

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        15 novembre 2013 à 10 10 14 111411
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        Non, je n’ai pas dit ça.

        J’ai dit que c’est une création et un style né en France et que les Anglo-saxons ont voulu le préempter pour installer leur hégémonie sur le monde culturel. Car il convenait bien pour qu’ils expriment leur singularité historique.

        Le néo-médiévisme est Français d’origine : Baudelaire le premier et Victor Hugo et en architecture Viollet-le-Duc.

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          15 novembre 2013 à 10 10 22 112211
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          Ce qui définit ce type même d’architecture néo-médiévale, c’est le mixte entre murailles et tours de châteaux de type défensif et le nombre invraisemblables de fenêtres ouvertes sur l’extérieur.

          Ce qui est un non sens médiéval.

          Car les châteaux forts n’avaient pas de fenêtres de ce type puisqu’ils étaient conçus pour défendre les habitants contre les agresseurs.

          Le premier qui fait construire des bâtiments avec de grandes fenêtres fut Louis XIV, parce qu’il voulait dire au monde qu’il ne craignait plus aucun agresseur. Ce qui fut entendu par tous les ambassadeurs de l’époque, le message était dissuasif.

          Aussi, il aimait beaucoup qu’on ouvrit les fenêtres tout le temps, car il avait un besoin constant de s’aérer pour sa bonne santé.

          Donc, votre château en illustration photographique ici, est tout ce qu’il y a de plus Français et originé dans la culture Française.

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            15 novembre 2013 à 10 10 27 112711
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            Je vous dis tout ça sans m’immiscer dans la querelle, car vous avez tous les deux raisons, puisque les deux cultures Anglo-saxonne et Française sont à l’oeuvre dans le bâtiment, avec toutefois une prééminence bien Française.

            Le grand malentendu vient toujours du fait que les Francs qui firent la France parlaient un langage francique assez anglo-saxon, et ce fut toujours le prétexte pour coucher Clovis du côté des Goths. Alors que Clovis était un général Romain et bien intégré à la Rome Antique. Tout est vraiment plus complexe et mêlé qu’il n’y paraît et la plus grande circonspection est exigée si on veut savoir de quoi il retournait, si jamais quelqu’un en viendrait à bout jamais. 😀

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          15 novembre 2013 à 10 10 23 112311
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          « les Anglo-saxons ont voulu le préempter pour installer leur hégémonie sur le monde culturel. »

          Voilà, voilà… comme des sortes de Viollet-Leduc-Porridge. Et comprenons nous bien sur leur « hégémonie culturelle ». Elle s’est cassée la figure, hein, sans ambivalence… puisqu’on est ici et qu’on en cause…

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            15 novembre 2013 à 11 11 53 115311
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            Pardon…

            …si jamais quelqu’un en venait à bout !

            La grosse faute de langage ehem

            😀

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        15 novembre 2013 à 11 11 49 114911
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        @DW,
        Quelle patience, quel tact, quel respect, quelle science et quelle précision. J’allais dire quel Art !

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          15 novembre 2013 à 12 12 09 110911
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          Pour être complet, il faut aussi rappeler que toute cette architectures aux faux airs anciens est en réalité une façade, un parement illusionniste.

          Car derrière ce sont briques accumulées sur des bases et structures en fer puis en acier, puisque cette architecture parlante a été rendue possible par le fonctionnalisme qui est ce style autorisé par le métal.

          En fait, dès l’origine, les architectes de Chicago pouvaient construire les premiers gratte-ciel sans ce décor de pierre en façade, mais ce décor est essentiel, puisqu’il est le discours ou le message idéologique de la puissance politique qui construit.

          Ces bâtiments sont comme des tours Eiffel dont on aurait caché la structure en métal centrale pour l’orner avec un décor de façades évoquant les ordres et la puissance romaine ou le féodalisme médiéval.

          Donc, lorsqu’on observe un de ces bâtiments il faut lire son discours en façade. Et ce château au Québec exprime avant tout un discours clairement… Européen ou de l’ancien monde. C’est ça le message.

          Comme s’il disait, nous sommes le nouveau monde mais nous venons de l’ancien, nous sommes les mêmes. Le lien est rétabli.

          Car il exprime surtout la peur devant les grands espaces vides qu’il fallait coloniser derrière cette façade, même s’il s’agissait dans le même temps d’un enthousiasme. Cette façade, retirez-là et c’est un saut dans le vide…

          Cette grande recherche d’ancrage historique par le nouveau monde, c’est cette chance qui a su revitaliser les anciennes valeurs républicaines de la Rome Antique et de la Vertu ! maintenant un peu perverties par les errements de la politique mondialiste, même un peu beaucoup 😀

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    16 novembre 2013 à 13 01 24 112411
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    Finalement, nous avons réussi à embrouiller plus encore la question, et par le biais de toutes nos explications. C’est ça qui est bien !

    Ce château c’est un truc comme le Louvre dans le roman de Dan Brown, il y a je ne sais quel mystère à l’oeuvre.

    Pour moi, c’est une des portes ou trou de verre dans l’espace. Et si on observe bien, le Québec est une étrangeté unique dans l’Histoire. D’ailleurs on y parle encore le même langage que Louis XIV parlait et avec le même accent.

    Tout ça est cousu de fil blanc.

    Mieux encore, j’habite tout près d’une voie vers Paris qui s’appelle « Le pas du Roy » et ça sonne terriblement Québequois !

    Bon je retourne à mes machines à explorer les idées délaissées par tous les autres. 😀

    Bonne journée.

    Demy

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    16 novembre 2013 à 14 02 54 115411
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    A PHP

    j’avais apprécié votre docte contribution précédente qui ouvrait, sans en avoir l’air, une canal vers une sublimation du débat dans le sous-jacent. Si ce site doit devenir un champ de bataille, que s’y développent au moins les bottes les plus adroites, perfides dans leurs allusions plutôt que par leur véhémence … 🙂

    Vous faites un autre beau geste pour susciter le suspense en évoquant « l’agent double qui se déplace avec un passeport diplomatique ». Maintenant il faut donner des indices… 🙂

    PJCA

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    16 novembre 2013 à 15 03 03 110311
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    « Ce château [Frontenac] c’est un truc comme le Louvre »…

    Ayoye Achille et la tortue…

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      16 novembre 2013 à 15 03 31 113111
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      Le Louvre c’est un drôle de binz, plein de boutiques et ce copies, de cantines et d’escaliers. Même des taureaux et des passages qui sentent l’urine des touristes, et j’y ai même rencontré un enfant que sa mère sud-américaine avait perdu, un touriste Australien qui n’a pu voir la Joconde car il avait sa jambe dans le plâtre (des milliers de bornes pour ça), et des vendeurs de sandwiches assiégés par des Japonais qui jettent les emballages dans tous les coins, et des flashes et des flashes de photos tous interdits mais constants, des guides, des gardiens de musée alcoolos, des bijoux de la couronne de France tous faux, et une belle fenêtre tout près pour les balancer au complice, des dragueuses venues du monde entier et une foule qui pue des pieds le Chanel devant la Joconde derrière sa vitre blindée contre les effluves de camembert et de Maroilles YSL… C’est un peu le sort de tous les Châteaux Frontenac de nos jours…Achille serait le passé, et notre présent la tortue, dans ce paradoxe du cruel Zénon plagié par Dan Brown.

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        16 novembre 2013 à 15 03 44 114411
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        Laurendeau, vous ne trouvez pas que Louvre sonne comme le bruit des pas dans la neige, alors que Frontenac ça claque comme un coup de fouet ? Vu comme ça sur ce grand pied d’oreille, Frontenac fait plus Français et même du Sud que Louvre qui fait assez Québequois et en hiver. Tout est manière de sens déréglés, comme Rimbaud osait le penser…

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          16 novembre 2013 à 17 05 21 112111
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          Fronte-tabar-nac, ça joue aussi dans les sonorités locale.

          Et Louvre c’est aussi Douvres…

          Tout est dans tout si ce qui est est…

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            17 novembre 2013 à 6 06 30 113011
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            Ben quoi ? 😀 Douvresland ça nous rappelle juste que toute la cour de la première Elisabeth causait français et que cette nôtre langue était même la langue maternelle de Charles Quint, bref où est-elle cette culture Anglo-saxonne l’hégémonique, Monique Monique ? 😀

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          16 novembre 2013 à 17 05 27 112711
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          @ DW

          L’oreille attentive au pas musical. Et pensez au bruit d’un million d’oies blanches qui s’en vont.., Il y’a un Québec de bon ton; mais comme proposait l’autre Paul, tout le monde a le droit de préférer l’impair…

          PJCA

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            16 novembre 2013 à 18 06 13 111311
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            « L’impairieux » Charles II d’Angleterre aurai-t’il signé un traité avec Louis XIV dans les douves?

            DG

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            17 novembre 2013 à 7 07 15 111511
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            « Vos gueules les mouettes ! »
            Pas surpris qu’il n’y reste que le Zouave au pont.
            Ya des limites à la patience. 🙂

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    16 novembre 2013 à 15 03 12 111211
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    @ DW

    Quelques échanges homériques, en attendant Arisptophane, Wilde, Guitry et Coluche me semblent une promesse à tenir de nous changer ici – heureusement. à mon avis – de la « simplicitude » que la tunique de Segolene parlant d’audace trainait dans ses plis et qui a occupé l »espace Avox au complet. Demain, j’aurai ici un petit article que j’avais pensé intituler  » Leur civilisation française…  » Mais pourquoi provoquer…

    PJCA

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      16 novembre 2013 à 15 03 22 112211
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      @ PJCA,

      Guitry ! Guitry et Guitry sont les trois auteurs Français qu’il faut avoir lus et retenus.:-D

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    17 novembre 2013 à 8 08 49 114911
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    Laurendeau nous dit :

    « Et admirez ses remparts, qu’on prend pour des remparts français aussi mais qui furent érigés par les Britanniques en 1775, par peur de la Révolution Américaine (le vieux mur français fut détruit après la Conquête – il n’en reste rien) »

    Voici les faits:

    « Le mouvement de conservation démarre vraiment au départ de l’armée britannique en 1871 et avec l’arrivée d’un nouveau gouverneur général en 1872, lord Dufferin. Devant le projet de démolition des murs des fortifications, Dufferin intervient avec succès auprès du conseil de ville de Québec pour leur préservation et la reconstruction des portes permettant de les franchir dans le style des châteaux médiévaux que le Français Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc avait contribué à faire apprécier des Québécois. »

    référence: La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) – Bulletin |32, Memoires-Vives, Le Vieux-Québec : haut-lieu de l’Amérique française, témoin de l’héritage français.

    DG

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      17 novembre 2013 à 9 09 10 111011
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      Ce « mur de fortification » de 1871 était, lui aussi, anglais. Renseigne toi au lieu de faire du KEBEK-PR de bas calibre. Il ne reste plus rien du mur français. Ça m’amuse pas plus que toi. Mais faut être complexé en criffe-de-criffe de le nier aussi abruptement…

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    17 novembre 2013 à 8 08 53 115311
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    Laurendeau nous dit:
    « D’ailleurs, pendant tout le 19ième siècle, Québec était une ville de garnison à majorité anglophone (vous avez bien lu). »

    Il laisse sous-entendre que la ville est à majorité anglaise en ajoutant:
    « C’est seulement vers 1870 que les canadiens-français descendant des campagnes inversèrent le rapport démographique de cette ville portuaire »

    Voici les faits historiques:

    « En 1790, la population de Québec s’élève à 6700 âmes, population qui comprend 1200 Britanniques et 5500 Canadiens (français). »

    « 1820-1850, l’on assiste à l’arrivée massive d’Irlandais à Québec »

    « En 1861, 44% de la population de Québec était de langue anglaise ». (Principalement due à l’immigration Irlandaise et Ecossaise)

     » Entre 1861 et 1871 départ des soldats Britaniques des exploiteurs et des fonctionnaires anglais vers Montréal et Ottawa »

    « En 1871, les Canadiens français forment 70% de la population contre 20% pour les Irlandais et 9% pour les Anglo-Écossais ».

    « En 1901, 7% de la population est anglophone ». (8 ans plus tôt on construit de Château Frontenac)

    « En 1971, 95,84% de la population de Québec est de langue maternelle française contre 0,83% de langue maternelle anglaise ».

    reférence: Marie-Odile Magnan-Mac Kay, 2005, Université Laval

    Laurendeau devrait s’informer avant de faire du « Québec bashing » avec un tel procédé littéraire.

    DG

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      17 novembre 2013 à 9 09 06 110611
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      Les lecteurs s’informeront aux sources et jugeront…

      Et la « muraille française » actuelle de la ville de Québec, tu l’attestes avec quelle source?

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        17 novembre 2013 à 9 09 19 111911
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        Celle ci:

        La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) – Bulletin |32, Memoires-Vives, Le Vieux-Québec : haut-lieu de l’Amérique française, témoin de l’héritage français.

        DG

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          17 novembre 2013 à 9 09 28 112811
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          Envoye la citation qui dit texto que la muraille actuelle de la ville de Québec est celle d’avant 1760. Vas-y mon Gélinas, mythologise et civilise en grande… qu’on exemplifie un peu ta culture Coué de réappropriation in vivo…

          Et toi, Lionel Groulx: sors de ce corps!

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            17 novembre 2013 à 9 09 37 113711
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            Bon, ça suffit les insultes, Laurendeau.

            Je suis pas le premier que tu insultes quand on te contredit même poliment.

            Au revoir.

            DG

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            17 novembre 2013 à 9 09 50 115011
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            Donc pas de citation? Juste du « papa a dit, ça va faire »?

            C’est parce que les murs français de Québec ont été abattus par le conquérant britannique, brutal et odieux, tel qu’en lui même. Québec fut ensuite ré-fortifiée circa 1775 par les même susdits occupants par peur des troubles de Nouvelle-Angleterre. Y a pas de mal à ça, mon Gélinas. Ils sont à nous-autres quand même…

            Se remythologiser une appropriation « civilisationnelle » française de son être. Y a pas de mal à ça non plus. Même les ricains sont suavement venus nous aider à la faire avec le Chateau Frontenac, tabar…

            Le nier et ne pas l’admettre sereinement, par contre là, moi, non. Là, moi, je dis à Ludger Duvernay: sors de ce corps…

            Ça va comme ça? Parce que ton histoire de toc et tes statistiques bidons, ça, oui, ça, ça suffit…

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            17 novembre 2013 à 10 10 38 113811
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            M. Gélinas, c’est à cause de ces insultes et de ce ton vraiment indigne d’un gestionnaire de site sérieux que j’ai mis fin à ma collaboration avec ces gens qui ridiculisent l’information et ramènent les débats au niveau de la radio-poubelle.

            C’est triste parce que ce site aurait pu avoir de l’avenir.

            Salutations,

            Serge Charbonneau
            Québec

            P.S.: Bien sûr, ce commentaire risque d’être censuré. Ces gens qui savent imposer leur vision savent aussi s’arroger des pouvoirs leur permettant de bien contrôler les moyens de diffusion de l’information.
            Je suis conscient que je laisse de côté une petite tribune, mais de me retrouver associé à de tels individus serait renier mon éthique ayant trait au respect des faits et au respect des opinions des gens.

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            17 novembre 2013 à 12 12 17 111711
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            Les lecteurs se documenteront et jugeront.

            Au fait, Gélinas, merci. Ce débat de contenu te doit beaucoup.

            Et Vive le Québec Libre, hein. Pas d’ambivalence la-dessus…

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    17 novembre 2013 à 12 12 05 110511
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    Une fois de plus, Charbonneau-censurez-moi–pour-que-je-mousse, on ne te censura pas. Toutes tes attaques personnelles inutiles, tes il-va-maintenant-se-passer-ceci baillonneurs, et tes insinuations hors-sujet sont ouvertement publiées. Des digressions égocentrées, dans l’immense majorité des cas.

    Je ne ferai aucun commentaire supplémentaire sur cette question.

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    18 novembre 2013 à 6 06 38 113811
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    Je n’ai évidemment jamais laissé entendre que le prolétariat québécois n’avait pas porté les blocs de pierre et fait la job sale sous l’occupant ou avant. Revenir de loin n’est pas un défaut. Occulter, involontairement ou non, qu’on revient de loin est un défaut. Le Québec est un syncrétisme ethno-culturel. Assumons-le et voyons plus clair… Force est cependant d’admettre que certains «historiens» messianiques québécois sont en fait des négationnistes qui s’ignorent. Publicitaires convulsionnaires pour leur terroir contemporain, ils ne veulent pas voir en face le dur traumatisme colonial et ses profonds effets syncrétiques. Ils sont occupés par un occupant qu’ils méconnaissent, veulent bel et bien se libérer, mais refusent catégoriquement d’admettre l’existence durable de leurs chaînes. Corollairement, pour ces manichéens compulsifs aux préjugés sommaires, si vous êtes de Toronto, de Vancouver ou du Yukon (endroits parfaitement fortuits – Il faut bien bosser quelque part), vous êtes automatiquement le Grand Satan qui marche avec les grands bourgeois et leurs folliculaires. Le Parti Québécois fut expulsé de l’Internationale Socialiste en 1981 à cause du courant représenté par ces éléments, et depuis lors, il ne va nulle part, politiquement et historiquement.

    Mais votre victoire majeure, Gélinas, c’est contre la digression nombriliste que vous l’avez obtenue ici. Je vous en suis redevable. Vous êtes un participant de blogue authentique. Et je n’ai aucun doute sur le fait que vous avez convaincu. Encore merci.

    Et merci aussi à Alabergerie de mentionner le berger qui répondra toujours à la bergère dans sa tonalité d’origine… si elle traite le sujet.

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