Tractations guerrières à la Conférence de Munich sur la «sécurité»

Par Robert Bibeau. Le 27.02.2019. Sur le webmagazine www.les7duquebec.com

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Il n’y a pas si longtemps nul ne contestait

 

Avez-vous remarqué, il y a quinze années à peine, quand le suzerain américain donnait un ordre, via le FMI, la Banque Mondiale ou l’OTAN, ses vassaux obtempéraient aussitôt? Ainsi, le monde capitaliste paraissait ordonné et sécurisé. En février 2019, à l’occasion de la 54e édition de la Conférence de Munich sur la « sécurité » on aurait dit que les vassaux occidentaux s’étaient donné le mot pour contredire leur suzerain Étatsunien. Que s’est-il donc passé pour expliquer une telle fronde face au molosse yankee ?

 

C’est qu’en 2008-2009, une terrible crise économique a frappé la planète capitaliste et depuis ce séisme, dont les États-Unis ont été le principal vecteur, chaque pays tente de prendre ses marques pour tirer son épingle du jeu et défendre les intérêts de son capital national. Ceci est vrai aussi bien pour les puissances alliées de l’Amérique, que pour ses concurrents. Depuis 2009, c’est chacun pour soi et l’homme politique qui a le mieux concrétisé cette absolue nécessité c’est Donald Trump le Président des États-Unis d’Amérique avec son slogan « America first ». Ce n’est pas Trump qui a imposé cette orientation politico-économique à l’Amérique, c’est l’Amérique sur son déclin qui a imposé Donald Trump et ce slogan. Depuis cette crise systémique, les camps se reforment et la conjoncture géopolitique est extrêmement volatile et complexe comme avant chaque guerre mondiale. (2) Nous allons analyser cette 54e Conférence de Munich afin d’en exposer les manigances et les enjeux.

 

Les petites manœuvres sur la Syrie. L’exfiltration des «djihadistes» de Baghouz

 

Une coalition des plus grandes puissances militaires mondiales (plus d’un million de soldats, plus de 7000 ogives nucléaires embarquées, des dizaines de sous-marins nucléaires, 12 porte-avions, des centaines d’avions de combat, etc.) peine à neutraliser quelques centaines de «djihadistes» armés de Kalachnikovs et ensevelis dans le réduit syrien de Baghouz. (3) Pendant ce temps, pas très loin, au nord de la Syrie, quelques milliers de soldats de l’armée arabe de Syrie, des paramilitaires du Hezbollah libanais et irakien, des conseillers iraniens soutenus par l’aviation russe n’attendent qu’un signal pour compléter la libération du territoire syrien qu’ils ont amorcé à Alep trois ans auparavant. (4) Voilà le panorama régional syrien à l’ouverture de cette conférence.

 

À l’évidence, la question en jeu entre ces puissances n’est pas le sort réservé à leurs mercenaires « djihadistes », sort déjà scellé, quelques-uns seront sacrifiés et la plupart seront exfiltrés et regroupés dans le bantoustan du Rojava-Kurdistan à la frontière de la Turquie, de l’Irak et de la Syrie, camp retranché que les alliés occidentaux préparent comme repaire de terroristes pour leurs prochaines malversations « djihadistes » (sic), avec la complicité de quelques barbouzes nationalistes kurdes tentant opportunément de se tailler un fief à l’occasion de ce grand réaménagement. Évidemment, la gauche bancale voit dans cette lutte de libération nationale réactionnaire une nouvelle occasion de trahir les intérêts du prolétariat international. (5)

 

Les grandes manœuvres Atlantique

 

À l’occasion des tractations au sommet à Munich, le vice-président américain Mike Pence a clamé à l’intention des vassaux européens : « si vous souhaitez que nous restions sur le terrain syrien vous devez vous retirer de l’accord sur le nucléaire iranien ». Ce à quoi la chancelière allemande a rétorqué : « Est-ce que c’est une bonne idée de la part des États-Unis de quitter immédiatement et aussi vite que possible la Syrie ou bien est-ce qu’un tel retrait ne permet pas à la Russie et à l’Iran d’augmenter leur influence sur place ? » (6) Étrange répartie de la part d’une dame qui se bat bec et ongles en faveur du projet « Nord Stream 2 » qui garantira l’approvisionnement de l’industrie allemande en gaz naturel russe! (7) Sans compter que l’industrie allemande aimerait bien investir davantage sur le marché iranien ce qui explique ses manigances pour se soustraire aux sanctions américaines et à la chape de plomb du dollar étalon. Bref, Angela Merkel a voulu signifier que le grand capital allemand et européen ne souhaite pas devenir le trouble-fête au Moyen-Orient pétrolier que les Américains s’apprêtent à quitter.

 

Ce à quoi le vice-président Pence a rétorqué : « Nous ne pouvons pas défendre l’Occident si nos alliés sont dépendants de l’Est pour leur énergie ». Il faut savoir que les États-Unis se proposent de vendre de grandes quantités de gaz liquéfié à l’Europe via la France. Angela Merkel a répliqué que : « personne ne veut être complètement dépendant de la Russie ou d’une autre puissance. Mais si nous avons importé des quantités importantes de gaz russe durant la Guerre froide, pourquoi la situation aujourd’hui serait-elle pire et pourquoi la Russie ne pourrait pas rester un partenaire ? » Puis la chancelière vide son sac de récriminations : « elle a jugé « effrayant » que les États-Unis considèrent les automobiles européennes importées comme une menace pour leur sécurité nationale. Un mot fort pour une chancelière d’habitude très prudente. » (8)

 

On aura compris que la fadaise « djihadiste – terroriste » n’est qu’un prétexte de chantage et de marchandage dans la bataille commerciale de titans que se livrent les économies occidentales depuis la crise de 2008, et en préparation du prochain krach boursier appréhendé (dont les États-Unis seront le principal vecteur de propagation).

 

Une conférence de réalignement

 

À la Conférence sur la sécurité de Munich, on a discuté de la sécurité des approvisionnements en matières premières et en énergie et de la sécurité des marchés que la conjoncture économique contraint, alliés et concurrents, à se repartager depuis que la puissance américaine ne parvient plus à imposer son hégémonie (!) Nous assistons à un vaste réalignement mondial des camps impérialistes en préparation d’une Troisième guerre mondiale qui se mènera sur deux fronts juxtaposés.

 

Le premier front oppose le grand capital international, divisé en différents camps impérialistes, camps que l’on voit se dessiner, mais cette configuration devrait changer avant le grand affrontement. Cette guerre de classe au sein du patronat oppose les clans dirigeants en fonction de leurs intérêts commerciaux et financiers et donc en fonction de leurs intérêts économiques et non en fonction des affinités personnelles entre polichinelles politiques. Mais il sera bien difficile de mobiliser la piétaille – chair à canon nationale – pour défendre les intérêts de ses patrons profiteurs et exploiteurs. La mobilisation et l’exaltation de la troupe patriotique réclament donc une parade qui fasse croire au soldat lambda qu’il se bat pour défendre ses valeurs et les intérêts de la patrie.

 

Le second front de cette guerre totale opposera le grand capital mondialisé, au prolétariat internationalisé, si et seulement si, le prolétariat parvient à faire la guerre à la guerre des riches. Le prolétariat n’y parviendra que s’il se prémunit contre le national-chauvinisme, contre la xénophobie anti-migrante, contre le racisme anti-polonais, anti-latinos, anti-vénézuéliens, anti-chinois, anti-arabes, antimusulmans, pour ne nommer que quelques exemples récents. On aura compris que le grand capital, via les médias à sa solde, via les « djihadistes » complices et autres variétés de terroristes éclectiques, via ses polichinelles politiques, via les sectes gauchistes et les groupuscules fascistes fera tout ce qu’il pourra pour empêcher l’union sacrée de tous les prolétaires contre leur ennemi commun, proposant plutôt tel ou tel bouc émissaire à la vindicte populaire. Ce sera la tâche des prolétaires révolutionnaires, partant des expériences de lutte prolétarienne (dont celle des Gilets jaunes) d’indiquer les écueils à éviter. (9)

 


NOTES

 

 

  1. Au total on décompte moins de 30 000 « terroristes » déguenillés. « Par ordre d’importance numérique, on trouve l’État islamique en Afrique de l’Ouest (anciennement Boko Haram) et ses 3500 soldats; l’État islamique du Khorasan dont les 500 à 1000 hommes sévissent en Afghanistan; les 750 jihadistes philippins; les 500 à 800 hommes de la branche libyenne; la filière du Sinaï, en Égypte (750 militants); les disciples de Daesh au Yémen (100 et 250). Quant à la zone irako-syrienne, il semble difficile de se faire une idée fiable. Tandis que dans la poche de Baghouz les soldats se raréfient. D’après des propos du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au Conseil de sécurité au début du mois, rapportés par la BBC, le nombre de soutiens en armes de Daesh dans cette partie du Moyen-Orient serait compris entre 14.000 et 18.000 individus, dont 3000 étrangers. Source : https://www.bfmtv.com/international/malgre-sa-defaite-imminente-en-syrie-daesh-ne-va-pas-disparaitre-pour-autant-1637729.html
  2. Allemagne-Japon contre America first: « Le Japon vient de s’allier à l’Allemagne contre Trump. Le premier ministre Abe a reçu la chancelière Merkel en début de semaine, et s’est engagé à approfondir ce qu’il a décrit comme l’« alliance de multilatéralistes », en place entre les deux pays, et surtout entre les deux dirigeants. » http://lesakerfrancophone.fr/alliance-germano-japonaise-contre-america-first-des-retours-de-flamme-importants-a-venir
  3. http://www.rfi.fr/europe/20190216-conference-munich-divergences-entre-washington-allies-syrie
  4. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/01/syrie-le-recul-des-rebelles-a-alep-en-21-cartes_5041688_4355770.html
  5. https://www.liberation.fr/planete/2019/02/18/inde-on-est-en-train-de-faire-du-cachemire-un-grand-gaza_1710073  SinKiang https://www.liberation.fr/planete/2017/04/06/chine-le-xinjiang-un-nouveau-tibet_1560730
  6. http://www.rfi.fr/europe/20190216-conference-munich-divergences-entre-washington-allies-syrie
  7. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/le-jour-ou-laxe-franco-allemand-sest-brise/
  8. http://www.rfi.fr/europe/20190216-conference-munich-divergences-entre-washington-allies-syrie
  9. L’antifascisme est un piège http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/lantifascisme-est-un-piege/

 

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

7 pensées sur “Tractations guerrières à la Conférence de Munich sur la «sécurité»

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    27 février 2019 à 5 05 50 02502
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    Pour commenter sur le sujet, il m’est inévitable de faire un éclaircissement, celui que beaucoup de gens à travers le monde, dont des analystes politiques et une myriade de profils universitaires, politiques, sécuritaires et même économiques ont cru et croient toujours, naïvement, à une confrontation entre les États-Unis et son principal allié Israël dans la région du moyen orient contre l’Iran, ils croient à l’hostilité militaire et idéologique affichée dans les deux camps, aux menaces et autres escalades verbales de part et d’autre depuis maintenant près de 30 ans, et ils croient à cette histoire du nucléaire Iranien comme étant la principale raison qui alimente les craintes des USA et leur alliés, bref, ils croient en définitive et naïvement que le retrait de Donald Trump de l’accord sur le nucléaire Iranien s’inscrit dans la même logique, et qu’il vise à resserrer l’étau sur l’Iran pour éviter un conflit nucléaire !

    Or que la réalité n’est pas tout à fait cela ! et ce véritable dialogue de sourd entre Merkel et Pence lors de cette conférence de Munich en fournit une preuve éloquente ! c’est justement la raison pourquoi la chancelière Allemande qui comprend bien ces enjeux et ce vieux-jeu s’adonne à une véritable leçon de maïeutique socratique en décidant d’interpeller Mike Pence juste après que ce dernier réitère son éternel refrain que les puissances Européennes doivent se retirer de l’accord sur le nucléaire Iranien… Bref, Madame Merkel lui renvoie la question, le fait sur un air presque moqueur, avec la ferme intention de faire parler son interlocuteur, lui tirer la langue et déduire la vérité derrière ses propos : « Est-ce que c’est une bonne idée de la part des États-Unis de quitter immédiatement et aussi vite que possible la Syrie ou bien est-ce qu’un tel retrait ne permet pas à la Russie et à l’Iran d’augmenter leur influence sur place ? » autrement dit : Pensez-vous qu’on est vraiment bête à ce point qu’on va penser qu’en vous retirant de Syrie, on va croire à autre chose que vos claires intentions de laisser le champs libre à l’Iran et la Russie dans la région qui arrange vos calculs, et c’est ce que vous faites en réalité ! Bref, la suite des questions – réponses avec Mike Pence démontre non seulement qu’Angela Merkel (tout comme d’autres Européens fatigués et las de la politique de Trump et des États-Unis), s’en fout royalement de ce que les Américains annoncent publiquement et donnent comme justifications en apparence au monde et qu’elle sait superficielles, mais elle tente surtout de jauger Mike Pence sur la question de la nécessité de garder avec la Russie une alliance précieuse sur l’énergie et le gaz.

    Décryptage : Les Européens savent depuis longtemps qu’un rapprochement avec la Russie qu’ils souhaitent permanent et prudent tout comme avec les Américains les protège à la fois de l’hégémonie Américaine et à la fois d’une radicalisation russe contre leurs intérêts. Bref, depuis la chute du mur, et l’arrivée de Poutine au pouvoir, ils essaient de maintenir cet équilibre géostratégique et capital en se positionnant au milieu, au centre, sachant l’imprévisibilité des deux chiens de faïence, chiens enragés aussi des administrations Américaines et Russes, car les européens ont perdu plusieurs marchés en Irak et en Iran et ailleurs dans le monde à cause des états unis, ils ont conservé un accès limité aux pays arabes du golf persique, et ils sont susceptibles d’y être chassés s’ils ne collaborent pas… Mais en contrepartie avec la Russie, ils lui achètent son Gaz, ses matières premières et ne s’ingèrent pas trop dans les affaires internes jusqu’à ce que le conflit en Ukraine éclate, ils s’y mêleront car ce conflit est né d’une rébellion populaire et démocratique jusqu’à quitter la fédération russe et ils l’ont soutenu par principe et intérêt! Bref, les Européens dans l’absolu et surtout l’Allemagne, la France et le Royaume uni avant le Brexit, rêvaient surtout d’une Russie assagie et qui se démocratise puis les rejoint dans une espèce de front démocratique solide capable de faire face aux États-Unis et la forcer de s’aligner sur la règle de droit, en tous cas celle d’arrêter de foutre la merde partout et décider pour tout le monde ! Sauf que, manque de bol, la Russie gouvernée par un oligarque et ses copains, complexés, violents, corrompus jusqu’à la moelle, n’évoluera jamais au niveau que les européens veulent la voir ! Au contraire, elle sombre dans la voyoucratie, l’oligarchie, la ploutocratie, en plus d’une névrose post soviétique, toujours aussi imprévisible, et surtout militariste, rejettera les accord de principe pris par Gorbatchev et Eltsine, accusera les européens de complaisance avec l’oncle Sam sous l’égide de l’OTAN, et rebâtira un culte autour d’un Poutine chauvin, amère, et chef d’orchestre décidé à faire payer aux européens leur trahison et leur atteinte de l’image de la Russie pendant la guerre froide, bref, Poutine ne vend pas du gaz et des matières premières aux européens pour développer l’État russe et faire accéder son pays à la démocratie, mais pour développer une dépendance de ces derniers de son empire énergétique et stratégique, il commet l’erreur de traiter avec cette Europe comme lors de la guerre froide, les espionne, cherche à leur faire peur, il veut être craint, et il veut que son prestige politique en plus de celui de parvenu bling bling soit établi en Europe comme un mythe, que les européens se mettent à lui lécher les bottes, et qu’ils se mettent dans le crane une bonne fois pour toutes qu’il a les moyens de faire une guerre mondiale nucléaire ! Bref, Poutine, c’est à la fois Staline, Saddam, Kadhafi, et c’est aussi le valeureux soldat russe qui est prêt à libérer l’Europe mais à sa manière ! et pour couronner le tout, il n’hésite pas à envoyer ses agents pour liquider des ‘’traitres’’ chez les européens avec des agents neurotoxiques dont seule la Russie a le secret ! Donc, pour qui oserait en douter, Poutine possède aussi bien la plus grosse et la plus puissante armée d’Europe, que la plus grosse entreprise terroriste au monde, ‘’mais les gens sont stupides et ne le croient pas’’ ! sans devoir recourir à son arsenal nucléaire, il serait capable d’empoisonner l’eau potable et l’air des européens s’il le voulait avec des agents toxiques de l’ère soviétique, mais il ne fera jamais çà… il veut juste que ça se sache ! C’est en effet rassurant tout ça !

    Il faut dire que l’Allemagne, véritable et unique méga moteur Européen en réalité, commence à perdre patience ! démilitarisée depuis la deuxième guerre, infantilisée dans le concert des grandes puissances par des Américains mégalo qui s’en méfient, la contrôlent et continuent de lui voler son savoir-faire, des Français mesquins qui la narguent tout en lui volant sous son nez des marchés de biens et de l’armement auxquels elle n’a plus accès comme l’Afrique , une partie de L’Asie et de l’Amérique latine, tout en lui mettant des bâtons dans les roues sur le plan industriel et économique, des Anglais excessifs qui souhaitaient en fait délocaliser une partie de son industrie et ses capitaux chez eux, et revitaliser leur industrie morte et enterrée… bref cette Allemagne, tiraillée de tout bord, lynchée économiquement, détroussée au grand jour par l’Europe, sollicitée pour mettre la main à la poche pour des conflits et des enjeux qui ne la concernent en rien, cette Allemagne, à beaucoup évolué et pris conscience des véritables enjeux dans ce monde. Et c’est dans cette optique et nulle autre que Merkel à voulu et tenu recevoir le million de réfugiés syriens, et c’est aussi dans cette optique qu’elle a souhaité bonne chance au royaume uni dans son Brexit (personne ne vous regrettera bon débarras!), et c’est dans cette optique qu’elle continue de tolérer les Américains et a bien voulu se prêter au jeu d’Obama de trouver et signer un accord avec les Iraniens sur le nucléaire. Mais de tous ces Européens, personne ne se doute en fait que si l’Allemagne à pu rester debout c’est parce qu’elle a inventé le ‘’prolétariat actionnaire’’, les syndicats en Allemagne ont intégré le tour de table des grosses entreprises et contrôlent aussi bien les capitaux que la production et l’emploi ! une formule que les français ne découvriront que des années plus tard, et n’intégreront pas pour autant car encore trop snobs pour mettre un syndicaliste dans un conseil de gouvernance ou un conseil d’administration ! Chacun ses complexes ! Bref, l’Allemagne à juré non seulement d’intégrer les immigrants, mais d’en faire sa force de frappe économique, elle a fait des sacrifices qu’aucun pays Européen ou scandinave n’a osé faire, celui de remettre en cause son capitalisme traditionnel, pour l’élever au niveau de ses priorités sociales, bien que le pari soit risqué, et que de nombreux allemands ne soient pas d’accord, la femme exceptionnelle qui dirige l’Allemagne à prouver au monde entier qu’on peut être une puissance de premier ordre, sans armée, sans corrompre des états et leurs chefs, et sans dominer les plus faibles pour en faire un marché pour écouler de la camelote ! tout en continuant de croire en l’Europe, ayant trop misé là-dedans, et devant supporter son retard et subir ses pratiques pas très démocratiques !

    Alors c’est quoi au juste cet enjeux sur le nucléaire Iranien ? A quoi tient en réalité cette escalade américaine et israélienne de droite surtout (et pas de gauche) permanente envers l’Iran qui leur rend la pièce sous forme de menaces aussi sans que jamais rien ne se passe! Que sont donc les dessous de cette mascarade ? Tout ceci en réalité n’est que du vent ! de la politique minable d’enfants gâtés, de l’intimidation et du harcèlement enfantin entre des Américains qui cherchent depuis toujours un allié et pantin politique en Iran pour faciliter le transport et l’acheminement du pétrole de l’Asie centrale à travers l’Iran et s’assurer le contrôle de ce robinet sur les pays qui devraient en bénéficier, de même contrôler le marché des matières premières, contrôler l’avancement de la technologie et notamment celle du nucléaire civil et militaire, surtout celle de l’industrie en général qui pourrait les concurrencer au moyen orient et ailleurs, Bref, les Américains veulent surtout empêcher tout puissance régionale de s’affirmer dans la région sur le plan industriel, et la droite Israël de même car ayant tout intérêt à le faire pour se maintenir au pouvoir en Israël ! cette droite Israélienne ayant parfaitement compris les enjeux économiques de son industrie y tient plus que tout pour des raisons de domination économique, industrielle, technologique, et hégémonique sur les marchés qu’elle espère pour revendiquer ce parrainage de l’unique plateforme scientifique, technologique et industrielle qui devienne et reste incontournable dans la région !

    Beaucoup de gens ne comprennent pas ce clivage entre droite et gauche Israélienne, et comment la droite a supplanté la gauche dans ce pays en s’alignant sur le cœur économique du pays et chercher à faire prospérer ses intérêts…tout en délaissant le volet social, et le soumettre aux aléas de la politique intérieur et extérieure ! bref, ce que la droite israélienne a compris bien mieux que tout le monde et que bien des gens ne savent pas est que beaucoup de pays arabes avec de quelques exceptions (L’Algérie, le Yémen, la Mauritanie, la Lybie et L’Irak), en plus de de pays d’Asie, l’inde, et autres républiques, l’Afrique du sud, certains pas d’Afrique, l’Australie, et certains pays d’Amérique latine constituent des clients de choix d’Israël pour ce qui est du marché des semences améliorées qu’elle développe dans ses laboratoires et vend à prix d’or, tomates (1 kilo de semences ou graines de tomates de la meilleure qualité et résistantes aux maladies peut avoisiner les$ 30.000), agrumes, légumes, que ces pays utilisent aussi bien pour la consommation locale, que pour l’exportation… Israël fournit une logistique agricole de premier plan en Égypte, et a beaucoup d’autres pays dans le monde, elle fournit aussi un savoir-faire incontournable dans l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, la chimie industrielle, la chimie des métaux et la technologie des métaux rares et précieux et la nanotechnologie, le marché des logiciels et l’informatique et la cyber sécurité, la technologie civile et militaire avionique, de systèmes embarqués anti-missiles ou balistiques qu’elle vend en complément d’un avion civil ou militaire que vous achèteriez n’importe où, les armes légères de première qualité, munitions, équipements optiques, radars, ou défensifs… etc, la technologie de l’énergie solaire, en plus d’un nombre significatif de brevets et d’investissements dans la recherche et développement en médecine et appareils médicaux et en disciplines scientifiques de premier plan. Bien entendu, ces enjeux-là bien que ne se comparant pas aux intérêts plus colossaux des américains, représentent des milliards tout de même et revêtent un intérêt stratégique de première importance, et font craindre aux entrepreneurs Israéliens de perdre leur leadership ou leurs marchés beaucoup plus qu’ils ne craignent autre chose… comme un quelconque déploiement nucléaire de l’Iran ou de quiconque que la droite israélienne entretient dans l’imaginaire populaire ! Les européens ne sont pas bêtes, connaissent très bien tous ces enjeux, ne s’y opposent même pas mais n’ont pas le choix de jouer le jeu des américains, en redoublant d’efforts pour préserver leur intérêts économiques, et tenter de préserver ceux des autres en invitant Iraniens et russes à la collaboration, à la patience et à la concertation.

    Bref, ni les états unis, ni les gouvernements de droite d’Israël n’ont jamais eu l’intention de frapper l’Iran militairement, pas plus que les USA veulent le faire avec une Russie aux prises avec ses problèmes et dangereuse avec son arsenal nucléaire, et pas plus que les Iraniens conscients de ces enjeux veulent commettre un acte suicidaire et s’attaquer aux intérêts américains ou israéliens dans la région, mais ce qu’ils demandent en revanche, c’est de leur permettre de préserver leur influence au Liban, en Syrie, au Yémen, et en Irak aujourd’hui en plus d’une partie de l’Afghanistan et certains pays du Golf arabique. Chose qui n’indispose ni Américains, ni droite Israélienne, et qui plait aux russes de Poutine, à partir du moment que les lignes rouges ne soient pas franchies, et que l’Iran demeure sous tutelle et sous sanctions et ne joue pas dans la cour des grands toute seule !

    Alors pourquoi Trump et Pence et la droite israélienne veulent précisément que les Européens se retirent de l’accord du nucléaire iranien ? eh bien juste pour faire chier tout le monde tant qu’ils peuvent se le permettre et maintenir le statu quo ! Lorsque Trump a été investi président et qu’il reçut Netanyahu en premier lieu, ce dernier qui reprochait a Obama son accord nucléaire avec l’Iran, demandera a Trump de remplir sa promesse s’il est élu, soit faire capoter cet accord pour le bien de nos intérêts communs, en plus de changer le statut de Jérusalem, et envoyer un message aux Européens que rien ne leur sera jamais acquis à l’avance dans la région ! Votre leadership ne vaut pas un clou pour nous, votre médiation avec l’Iran ne devait pas aboutir à un accord d’apaisement avec ce pays, car il faut maintenir la tension, la zizanie, la menace, l’instabilité, les sanctions et notre leadership dans la région, peu importe ce que cela vous coute ou ce que vous en pensez ! Nos intérêts sont bien plus prioritaires que les vôtres et on a plus d’un tour dans notre sac pour vous faire admettre cette Realpolitik ! vivez avec ! un peu comme deux méchants écoliers, gâtés et violents imposeraient à toute la classe de se soumettre à leur lubies, intimidation, harcèlement, humiliation, en plus d’admirer leur force et ne pas contrarier leurs désirs ! bref qui a parlé de déclin américain pour l’instant ? il n’y en a plus justement, il n’en est plus question, peut-être sous Obama, oui, car l’administration Trump, cynique et coriace, pragmatique et sans état d’âmes, profitant des sérieuses crises financières, monétaires, économiques et sociales qui frappent les Européens, et même ses voisins ou ses partenaires commerciaux, en profitent pour modeler les politiques et les régions qu’ils peuvent se permettre, et relancer l’économie classique, le complexe militaro industriel, et revitalisent le protectionnisme comme parade ultime et opportuniste en réalité pour tenter de faire pencher la balance de leur côté ! Ils usent même d’intimidation et n’hésitent pas à menacer leurs alliés de toujours de représailles ! Un summum d’opportunisme et de mauvaise foi qui semble donner de bons résultats sur l’économie ! Pour l’instant…

    Au final, dans ce nouvel ordre inquiétant et instable du monde, on peut dire qu’il n’y a que les européens comme superpuissances qui soient forcé d’afficher une bonne volonté et rechercher une péréquation d’ idéaux démocratiques avec les intérêts économiques, et vouloir un monde apaisé, écarter la panique qui s’empare des citoyens et les menaces de toute nature comme celle de la guerre totale et nucléaire brandie par la Russie de Poutine et probablement des Républicains américains fin prêts pour une riposte nucéaire. Mais il faut admettre que les Européens n’ont pas les moyens de leur politique, comme souhaiter et réaliser une accalmie au moyen orient et un ordre mondial plus équilibré et plus serein… des pays comme le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont sont aussi pris avec le même dilemme et adoptent une politique d’apaisement ou souhaitent en tous cas la voir aboutir, mais nos trublions Américains Trumpistes, Israéliens de droite au pouvoir en Israël, et Russes de poutine ont visiblement d’autres priorités et se foutent éperdument de ce qu’en pensent les Européens !

    En tous cas, notre Chancelière allemande rompue à la politique, et loin d’être bête ou naïve, plutot socratique et avisée, connaissant tout cela par cœur comme elle connait ses chaussures a voulu en avoir le cœur net, en plus de sonder Pence pour savoir si Trump a d’autres plans en tête, ce dernier lui confirma que pour l’instant notre désidérata et caprice est celui-là, plus tard, on verra bien…ma foi tout dépendra de notre humeur, notre popularité, notre portefeuille et notre ego… Allez ! Circulez maintenant il n’y a rien à voir ou à rajouter!

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      27 février 2019 à 11 11 27 02272
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      @SAM

      Comme un lecteur le faisait remarquer hier « Il serait bien d’être plus concis dans les commentaires » afin de porter plus de lecteurs à lire les commentaires qui au demeurant présente ici quelques bonnes idées qui mériteraient d’être répliquées

      Merci de votre collaboration

      Robert Bibeau Éditeur

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    27 février 2019 à 17 05 40 02402
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    C’est noté ! je m’en excuse, mais je ne l’ai fait que parce qu’il me semblait nécessaire de bien décrire les contours de cette confrontation Etats-Unis et Europe…sur cet enjeux Iranien et Russe.

    Merci de ne pas m’en tenir rigueur. et Merci de me permettre de commenter dans cet espace.

    Respectueusement et Amicalement.

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      27 février 2019 à 21 09 21 02212
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      Pas d’excuse… Perso, j’ai beaucoup aimé ton commentaire!

      Répondre

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