UN PRÉSIDENT ORDINAIRE, DONALD S’EN VA T’EN GUERRE…

Bibeau.robert@videotron.ca      Éditeur    http://www.les7duquebec.com

 

Homme d’affaires et politicien ordinaire

 

Le 23 novembre 2016, nous écrivions ceci : « Depuis sa création, en 1776, la République des États-Unis d’Amérique a été en guerre 220 de ses 240 années d’existence. Chaque Président yankee a promis la paix et a semé la guerre. Trump promet la paix et la prospérité, il fera la guerre et il sèmera la pauvreté, ni plus ni moins que la prétendante Clinton ne l’aurait fait si elle avait été élue ». Depuis, chaque jour qui passe confirme notre pronostic.

 

Le 45e président de la République des États-Unis d’Amérique sera bientôt intronisé, assermenté, muni des papiers lui conférant la légitimité et lui attribuant les « pleins pouvoirs » incombant à sa charge… et après ? Après, « business as usual ». Nous l’avions précisé avant l’élection et nous le confirmons à nouveau après cette élection bidon, un Président des États-Unis est ni plus ni moins que le maillon d’une chaine qui emprisonne l’ensemble de la nation américaine, consubstantiellement multiethnique et multiculturelle, de manière que ce soit la classe capitaliste hégémonique qui soit au pouvoir à travers ses plumitifs politiques.  Donald Trump est tout sauf un « self made man » et un anti-establishment ayant conquis la Maison-Blanche seul contre tous. Ce fut la rhétorique électoraliste présentée au paumé pour les alléchés eux qui sont prêts à en découdre avec tout ce qui les opprime. Maintenant que cette salade du milliardaire anti-establishment a donné les votes escomptés, qu’elle a été gobée et qu’elle a porté la potiche blonde au pinacle du Capitole il est temps de passer aux choses sérieuses.

 

La mascarade électorale terminée, passons aux choses sérieuses

 

Les choses sérieuses c’est par exemple que toutes ces promesses faites au cours de l’élection n’engagent que ceux qui y ont cru, pas celui qui les a essaimées sur son parcours électoral au gré du vent d’opportunisme qui balaie toujours ce type d’exercice alambiqué, « Je vous promets ce que vous voulez entendre et je ferai ce qui plaira à mes sponsors le jour d’après ». Ainsi, l’« Obama care » ne sera pas résilié, mais seulement amender laissant aux sociétés d’assurance cette manne abondante, le protectionnisme et l’isolationnisme n’auront été que des slogans de campagne pour justifier la renégociation des traités de libre-échange, que ce pauvre bouffon croit pouvoir améliorer en faveur de ses protégés, les milliardaires du clan américain de Wall Street.  Rien n’est moins certains car l’Amérique n’est plus ce qu’elle était et elle ne le sera plus jamais. Range ta casquette « Make America Great Again » tout juste bonne pour les bobos et les pèquenots. Ces renégociations concerneront des puissances impérialistes plus puissantes que l’Amérique et qui ne s’en laisseront pas imposer par un pugiliste de show de téléréalité.

 

Donald, qui n’est pas du tout naïf en politique comme les médias mainstream ont tenté de le présenter (pour crédibiliser le personnage frondeur) connait tout cela et c’est la raison pour laquelle il a placé des faucons criminels de guerre endurcis à la tête des armées et des services secrets yankees. Vous avez aimé le programme d’assassinat sélectif d’Obama, vous adorerez le programme de meurtres collectifs de Donald Trump. Plus de budgets pour la guerre, plus de navires d’attaques sur les mers (350 au minimum), plus de crédits pour les 400 bases d’agression militaires à l’étranger, et un ciblage plus serré sur les deux ennemis les plus vindicatifs de l’Amérique, l’Iran des hydrocarbures et la Chine mécanisée et robotisée, technologique et productiviste, l’atelier du monde doit être remise à sa place au service de l’impérialisme mondial. Pour la Russie, un corridor de sortie de crise lui sera promis si elle souhaite se mettre à l’abri aux côtes des Européens qui sont invités à se ranger derrière le général en chef. L’Ère Bush est de retour « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ! », les finasseries de la période Obama ont assez duré, voilà la raison de l’élimination de la challenger Clintonnienne, qui promettait huit années supplémentaires de tergiversation alors que le palais impérial brule, que le feu couve à Ferguson, à Chicago et à Milwaukee. Donald veille au grain et les forces de l’ordre éradiqueront le désordre à coup de fusils mitrailleurs et de canons ravageurs au sein même de la nation croit ce pygmalion. Les immigrants illégaux seront menacés – mais pas renvoyés – il s’agissait simplement de les terrorisés afin de leur faire accepter leurs nouvelles conditions de sujétion. L’Amérique ne saurait se passer de cette main-d’œuvre surexploitée maintenant une salutaire pression sur l’ensemble du prolétariat américain ou les travailleurs pauvres (60 heures de travail par semaine pour un salaire insuffisant pour assurer leur survie). La go-gauche sera fière d’avoir fait reculer Donald sur ses « menaces » de murs à la frontière et d’expulsion des immigrants, et d’avoir contribué à maintenir l’épée de Damoclès sur les travailleurs salariés paupérisés. La go-gauche a toujours joué les idiots utiles.

 

Le déficit – la dette – le dollar US – le déclin de l’empire américain

 

Pour financer ces déficits récurrents, astronomiques, la planche à crédit sera mise de la partie. C’est ici que vous devez comprendre pourquoi la Chine, l’Iran, l’Allemagne et éventuellement l’Arabie Saoudite sont les pires ennemis de l’Amérique, même si chacun de ces soupirants est traité différemment par le grand Timonier du Bureau ovale. Cette profusion de monnaie de crédit – de pétrodollar – de « monkey money » mènera l’Amérique tout droit à la faillite, plus vite que ce qu’Obama performait, d’où les alliés arnaqués et les concurrents fourvoyés vont tenter de s’éclipser – de se débarrasser de leurs dollars plombés – c’est ici que la cavalerie aéroportée, les drones et les 540 000 soldats parqués dans les 400 bases essaimées de la Méditerranée  à la mer de Chine seront utilisés pour rappeler à l’ordre les alliés récalcitrants  et les prétendants au poste de commandant des armées alliées. Pour commander, il faut payer, même en « monkey  money ».

 

Tout ceci n’est que planification désespérée de la part d’une puissance qui avec à peine 540 000 soldats et une économie en confetti, alignant moins de 100 millions de prolétaires producteurs de plus-value, contre bientôt 800 millions de Chinois productivistes et générateurs de plus-value. L’Amérique n’est plus que l’ombre d’elle-même et elle ne peut espérer en imposer au monde entier. Il est donc facile de prévoir que la partie est perdue d’avance pour le clan impérialiste américain. Il est à craindre cependant que le lion blessé ne s’aventure dans une saga désespérée. Ce n’est pas la go-gauche américaine ou mondiale qui nous en préservera, mais le prolétariat américain et international.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes

 

Dans une série de textes parus sur notre webmagazine, nous avons dessiné le portrait de cette élection américaine de 2016, à la fois exceptionnelle et usuelle. Exceptionnelle, parce que les médias mainstream l’ont manipulé plus qu’à l’accoutumée, l’enjeu était de taille. Ils se sont acharnés chacun pour leur clan plus qu’habituellement. Usuelle, parce que les mêmes tromperies, promesses électoralistes de bas étages ont été déployés comme à l’accoutumée. Seul le prolétariat américain se sera sorti indemne de cet affrontement entre clans.

 

Voici ces textes :

 

Trump le candidat des hedges-funds (24.10.2016)  http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/donald-trump-le-candidat-des-hedges-funds/

 

La seconde révolution américaine (9.11.2016) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-seconde-revolution-americaine/

 

Rififi à la maison blanche, Trump la chimère (20.11.2016)  http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/rififi-a-la-maison-blanche-trump-la-chimere-deuxieme-partie/

 

Futé le prolétariat américain (23.11.2016)  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/fute-le-proletariat-americain-comment-instrumentaliser-une-potiche/

 

12 pensées sur “UN PRÉSIDENT ORDINAIRE, DONALD S’EN VA T’EN GUERRE…

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      16 décembre 2016 à 8 08 02 120212
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      NON aucun risque qu’il declare la guerre au Quebec dont les capitalistes sont soigneusement ranges sous la bannière etoilee… Le capital canadien est solidement imbriquee dans l’Alliance Atlantique n’ayer crainte bonne dame

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    16 décembre 2016 à 13 01 50 125012
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    Waouh ! Excellente synthèse. J’ai utilisé la même expression dans un de mes billets, en avançant que Trump était là pour faire du fric et rien d’autre…
    Puis-je me permettre de porter à votre connaissance, le dernier article de Kahentinetha de Mohawk Nation News, car elle nous apprend que les vivres et logistiques donnés aux protecteurs de l’eau de Standing Rock sont séquestrés par l’armée et son laquais « chef » tribal Archambaut II. Dans cet article intitulé Tribal Trough/l’auge tribale MNN précise ceci : Nous voyons l’ennemi et le mal sur leurs visages. Les dirigeants maladivement immoraux veulent nous voir prier les mains jointes, devant le trou. Pan ! Nous mourons et tombons dans la tombe. Ils pensent qu’ils pourront alors faire passer l’oléoduc ou la galerie marchande ou une des stations hotel/casino de Trump sur nos cadavres.
    Après Oblabla le dernier empereur de l’empire déglingué, se profile l’ombre de Custer dans le Général D. Trumpette ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/12/16/les-vallseuses/ Et en France le Barnum 2017 s’annonce en Trumpettes aussi, avec la Vallseuse à qui on aimerait bien couper le sifflet…

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      16 décembre 2016 à 15 03 19 121912
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      NON camarade

      Trump n’a pas ete place à ce poste honorifique et d commande (encadre et limite toutefois) pour qu’il s’en mette plein les poches = dans ce cas il n’avait qu’a demeurer dans sa TRUMP Tower a voler le fisc et a ramasser les subsides de l’Etat.

      Trump a une mission tres precise et l’ensemble des primaires a servit a valider (pour la classe du capital) a verifier s’il avait bien compris sa mission … La reponse fut OUI puisqu’il recolta la palme de ses pairs. OUBLIE L’electorat qui n’est qu’un faire valoir manipule par les medias de tout cote.

      Maintenant ce que NOUS nous disons c’est que TRUMP ne remplira pas sa mission – c’est mission impossible.

      POur le proletariat la question se resume a ceci : Pourrons-nous profiter de la conjoncture trouble chaotique que TRUMP va provoquer (NON PAS QU’IL VA INTENTIONNELLEMENT CREER COMME LE PRETENDENT LES COMPLOTISTES) mais qu’il va indubitablement provoquer simplement en cherchant à sortir les USA du trou desespere ou ils s’enfoncent inexorablement – pourrons-nous profiter de cette conjoncture chaotique favorable pour les basculer dans le ravin ???

      Rien n’est moins certain malheureusement – je reviens sur ce point bientôt

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    16 décembre 2016 à 15 03 29 122912
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    VOICI UN COMMENTAIRE – QUESTIONS QUE J’AI RECU PAR COURRIEL = JE LE PUBLIE TEL QUEL

    1) Tu parles ici que la «go-gauche» serait en train de construire un front uni antifasciste pour faire barrage à la marche impérialiste inexorable vers la guerre qui se dessine en ce moment. DE QUELLE GO-GAUCHE PARLES-TU ? AS-TU DES TEXTES POUR APPUYER CETTE PRÉTENTION ?

    2) Tu sembles supposer que la tactique du Front uni, qui fut utilisé par Staline au cours de la WWII, ne pourra pas fonctionner cette fois-ci ? TU NE DIS POINT MOT LÀ-DESSUS, SAUF POUR DIRE QU’ON NE PEUT PAS FAIRE CONFIANCE À LA « GO-GAUCHE » POUR CONSTRUIRE UN LARGE FRONT UNI CONTRE LE FASCISME ET LA GUERRE…

    3) POUR MA PART, LA TACTIQUE MIS SUR PIED PAR GEORGES DIMITROV AU COURS DE LA WWII NE POURRAIT PAS FONCTIONNER DE LA MÊME FAÇON AU XXI SIÈCLE TOUT SIMPLEMENT EN RAISON DU FAIT QUE LE PROLÉTARIAT RÉVOLUTIONNAIRE NE PEUT PAS COMPTER SUR UN ÉTAT SOCIALISTE POUR MENER UNE TELLE BATAILLE. RAPPELLES-TOI QUE LE FRONT UNI CONTRE LE FASCISME ET LA GUERRE DE DIMITROV FUT ADOPTÉ PAR STALINE POUR LE SOUTENIR DANS LA GUERRE QUE HITLER ET LE NAZISME LIVRAIT À L’URSS. Or, au XXIe siècle, autre siècle autre politique, quoique toujours les mêmes guerres impérialistes, le prolétariat révolutionnaire ne peut compter sur la puissance d’un état pour livrer bataille…

    4) Juste un petit clin d’œil, en passant : si le fascisme moderne du XXIe siècle n’est pas aussi militarisé qu’il l’était au XXe siècle, ce n’est sans doute pas étranger au fait que le prolétariat révolutionnaire international ne dispose pas d’un état sur lequel s’appuyer; et, partant, cela indique également que le fascisme moderne n’en a point besoin pour appuyer ses politiques oppressives et répressives anti-ouvrière car ils considèrent que le faible niveau du rapport de force qu’offrent le prolétariat révolutionnaire et le mouvement communiste international au moment où nous nous parlons ne le requiert pas.

    5) C’EST POURQUOI, bien que l’unité des forces antifascistes serait aujourd’hui extrêmement difficile à réaliser en raison des trop nombreuses et trop profondes divisions au sein du mouvement communiste international, en général. ☹ JE PRÉFÈRE PLUTÔT L’UNITÉ DES MOUVEMENTS COMMUNISTES ET ANTI-FASCISTES EN GÉNÉRAL QUE LA DIVISION SECTAIRE ET IDÉOLOGIQUE PARCE QUE NOUS AURONS BIEN BESOIN DE L’UNITÉ DE NOS FORCES QUAND LES FASCISTES SERONT BIEN ANCRÉS AU SEIN DE L’ÉTAT CAPITALISTE BOURGEOIS ET QU’ILS COMMENCERONT À ESSAYER DE LIQUIDER TOUTE OPPOSITION « RÉVOLUTIONNAIRE » ….

    Tel que reçu de Reconstruction Communiste Section Quebec.

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    17 décembre 2016 à 16 04 39 123912
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    tout à fait d’accord

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