Un Français que l’histoire a tenté de déguiser en “Canayen”!!!

 

Un Français que l’histoire a tenté de déguiser en Canayen!!!

L’abbé Jean Cavelier arrive à Montréal en 1666. Son frère René-Robert Cavelier arrive, lui, entre le 1er et le 7 novembre 1667.

M. Galinée, supérieur de la maison Saint-Sulpice pendant un an, concède une terre à René-Robert durant l’hiver 1667/68 qu’on appelle « Côte St-Sulpice ».

À l’automne 1668, René-Robert Cavelier donne, sur des plans qu’il établit,  60 arpents à chacun des nouveaux colons, plus un demi-arpent à l’intérieur de la future enceinte du village, où ils pourront se réfugier lors des attaques amérindiennes.

Il laisse rapidement tomber son projet lorsque des Iroquois lui parlent de l’Ohio. Il part un peu avant le 16 décembre 1668, mais ne va probablement pas plus loin que sur la rivière Outaouais.

Après son retour, le 9 janvier 1669, il rétrocède sa seigneurie au séminaire, en se gardant 420 arpents et sa maison pour son commerce (de fourrure évidemment).

Le 6 juillet 1669 il part de St-Sulpice (futur Lachine) avec des « coureurs de bois » qu’il engage, en disant que, par la rivière Ohio, il parviendra jusqu’à la mer de Chine. Arrivé au fond du lac Ontario, il se dit malade et explique à Dollier de Casson et Galinée qui, eux, se rendent à Sault Ste-Marie, que ses « coureurs de bois » sont novices dans ce genre d’expédition et qu’il doit renoncer à son voyage. Curieusement, dans toutes ses expéditions, il considèrera ses hommes comme, toujours trop « novices ». Lui et ses hommes reviennent à Montréal après quatre mois d’absence.

Ce retour du « Chinois » cause la risée du public “canayen” qui connaissent les difficultés d’un tel voyage, et c’est à ce moment-là que le nom de « Lachine » fut donné à la seigneurie de St-Sulpice.

« Car chacun se moquait de lui

Après son voyage à la Chine

Commencé de si haute mine

Et finissant à petit bruit”

Peut après le 18 juin 1670, Nicolas Perrot arrive à Montréal en disant qu’il a rencontré La Salle qui allait vers les chutes des chats à cent cinquante miles en haut d’Ottawa. Disons qu’il est alors difficile qu’il soit dans l’Ohio ou au Mississipi entre le 1er octobre 1669 et le printemps 1670 comme le prétend l’histoire officielle.

Au niveau du caractère, nous nous apercevons qu’il était irascible, hautain, tyrannique, égoïste et mauvais coucheur.  Ce sont ces « qualités de chef » qui le perdront. Par contre, il avait l’appui de « sa majesté » Louis XIV et celle de certaines autorités ecclésiastiques. C’est ce qui lui a fournit les moyens de « se perdre ».

Selon le livre de M. Joutel, un de ses amis qui participe au dernier voyage de La Salle au golfe du Mexique, il est assassiné en mars 1687, au Texas, ainsi que son neveu M. Monranget, par les hommes sous ses ordres, parce qu’il était hautain, et très dur avec eux.  Les noms des mutins sont: Dahaut, le chirurgien Liotot, L’Archevesque, Hiens (un flibustier allemand) et Tessier. Ils laissent son cadavre aux charognards.

Lors de ce troisième voyage, après l’assassinat, les survivants reviennent par terre et rencontrent des Français  qui vivent parmi les indiens. L’un s’appelait Ruter, l’autre Grollet et un autre, un Provençal, dont on n’a pas le nom. À moins que son nom soit, justement: Provençal.

Plus tard Hiens assassine Duhaut et décide d’aller à la guerre avec les indiens qui les ont accueillis.

Le monsieur Cavelier en question, ici, est le frère de René-Robert Cavelier de La Salle, l’abbé Pierre Cavelier qui fait aussi partie de l’expédition. Le jeune parisien se nomme Barthélémy.

Il y a également un certain M. de Marle qui se noiera en allant se baigner dans une rivière sur le chemin du retour.

Un peu plus tard, les voyageurs arrivent à une maison bâtie à la française où ils trouvent les sieurs Couture, Charpentier et de Launay que Tonty avait laissé là, en charge. L’annonce de l’assassinat de La Salle les attriste. Le jeune Barthélémy restera à l’habitation (sept 1687).

Ils arrivent au fort St-Louis (illinois) où ils rencontrent trois Français dont Boisrondet et Belle Fontaine. À partir de ce moment-là, ils cachent à tous l’assassinat de La Salle et laissent entendre que celui-ci est resté à l’embouchure du Mississipi.

Après leur départ de Michilimakinac, le 4 juin, ils rencontrent M. de Portneuf envoyé par le Marquis de Denonville.

Dans la préface du livre de Joutel, on découvre l’opinion des Français sur les amérindiens :

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 …

Nous constatons, ici que les Canayens, « nez en Canada », respectent les Amérindiens et les disent « hommes tout comme nous »; mais que les Français « civilisés », ainsi que les missionnaires, ne sont pas du tout d’accord. Il est également remarquable que l’auteur français de cette préface est conscient que les « nez en Canada » considèrent ce pays comme leur patrie. Il parle donc des « Canayens » qu’il qualifie de Français du Canada. Pour lui, ces gens ne sont pas l’équivalent des « Français de France » et possèdent une « autre patrie » que la France.  Ce qui appui mon opinion que nous ne sommes pas des Canadiens-Français mais des « Canayens » tout simplement. Je vous accorde, cependant, qu’il existe des Canadiens-Anglais; mais ils ne sont pas excessivement nombreux car il y a plusieurs “Canadians” au Canada.

Mais revenons à notre « Cavelier ».

On raconte historiquement, que René Robert Cavelier de La Salle fonde le fort Frontenac. En réalité, c’est Frontenac lui-même, accompagné de Charles Le Moyne et de 400 soldats du régiment de Carignan-Salières qui, vers le 12 juillet 1673, construit une palissade sous la direction de l’ingénieur Hugues Randin. On appela ce fortin : le fort Cataracoui.

Ce n’est qu’en 1675 que La Salle propose à Colbert d’acheter ce fort et d’y entretenir des soldats. Colbert accepte. La Salle se contente de « fonder le fort Frontenac » en changeant l’ancien nom de Cataracoui. Le but de ce fort était de contrôler la traite des fourrures de toutes les régions du nord au sud et de l’est à l’ouest. On ne peut lui enlever, cependant, le fait qu’il améliore grandement les installations et tente d’y attirer des colons.

Les premiers forts « construit » par La Salle, le sont plutôt par son bras droit Henri de Tonti; qui lui est vraiment de la trempe des « explorateurs efficaces »; malgré qu’il possède certaines “qualités” de La Salle. Ce qui fait que tous les deux se créent continuellement des problèmes qui n’apparaissent jamais chez les explorateurs canayens, “coureurs de bois”.

La Salle sera partiellement accompagné de Tonti lors de son  expédition par la voie du Mississipi, en 1678. Ce voyage est une réussite puisqu’il se rend jusqu’au Golfe du Mexique. Par contre, les soldats qu’il a laissé au fort Crèvecoeur se mutinent et bannissent Tonti, aussitôt après son départ. Une indication supplémentaire du genre de « chef » qu’était La Salle.

Malgré cette « réussite », La Salle est criblé de dettes en 1681 et emprunte 2,141 livres à Madeleine de Roybon d’Allonne en garantissant le prêt avec une maison et une terre à Collins Bay. Madeleine sera capturée par les Iroquois au printemps 1687 et perdra  son commerce de pelleteries en août 1687.

Voici comment cela s’est déroulé :

Le 1er août 1685, Louis XIV, éblouis par son propre Soleil, envoie un de ses dragons, le marquis de Denonville, au Canada avec la mission de réduire le nombre des “coureurs de bois” et de mettre fin à “la paix honteuse” avec les Iroquois.

En 1687, plusieurs Iroquois, dont beaucoup sont des amis de la France, à cause de leurs liens avec les “Canayens” coureurs de bois, furent capturés et emprisonnés au fort Frontenac sous les ordres du fameux Marquis de Denonville. Certains sont même envoyés en France pour être condamnés aux galères. Les troupes de Denonville et des alliés amérindiens attaquent les Iroquois Seneca, au sud du lac Ontario. C’en est fini de “la paix honteuse” et c’est ainsi que les relations avec les Iroquois se détériorent. En représailles pour ces incidents et d’autres «tricheries», un groupe de guerriers attaquent un certain nombre d’établissements français, notamment le fort Frontenac.

Capturée par les Iroquois, Madeleine de Roybon d’Alone (la maîtresse de La Salle)  est libérée en juillet 1687.  Bien que le fort n’ait pas été détruit, l’établissement des colons est dévasté.  Elle décède à Montréal en 1718, âgée de 72 ans. Malgré un voyage en France en 1706, ses droits sur ses propriétés à Collins Bay ne seront jamais reconnus par les autorités. Probablement qu’en France on la considère comme “Canayenne”; alors…

Par contre, voilà enfin une explication logique, fournie par les actes de Denonville, sur le caractère supposément barbare des « méchants et affreux Iroquois » sur la parole desquels, personne ne peut se fier. Le marquis de Denonville sera révoqué quatre mois avant le massacre de Lachine par les Iroquois. Il aura “réussit” sa mission.

Quant à La Salle, en 1683, il construit un autre fort pour remplacer le fort Crèvecoeur, y laisse Tonti en charge et retourne France.

Louis XIV lui fournit le nécessaire à son expédition par mer, vers l’embouchure du Mississipi dans le Golfe du Mexique. Quatre bateaux et 300 colons, dont une troupe armée, partent de la Rochelle le 24 juillet 1684.

Erreurs de navigation, attaques de pirates et mauvaise entente entre La Salle et le commandant de Beaujeu font rater l’expédition.  Les 2 bateaux qui subsistent au voyage atterrissent au Texas, très à l’ouest de l’embouchure du Mississipi. De Beaujeu décide alors de retourner en France avec le vaisseau « Le Joly ». Il ne reste à La Salle que le bateau « La Belle » et 180 colons sur les 300 du départ. En arrivant en France, de Beaujeu prédit que l’expédition sera un fiasco épouvantable à cause du caractère intransigeant de La Salle. Il ne se trompe pas, la plupart périront.

Obligé de construire un fort qu’il appelle le fort St-Louis, La Salle débarque sans imaginer qu’il se trouve  à plus de 600 km de l’embouchure du Mississipi. Pourtant le mois précédant, deux de ses « éclaireurs » lui avaient laissé entendre qu’ils croyaient être au bon endroit, mais lui, ne faisant qu’à sa tête, avait continué à naviguer dans le mauvais sens.

Il est assassiné par certains de ses hommes qui n’en peuvent plus de subir ses caprices, ses reproches injustifiés et ses sautes d’humeurs.

Henri de Joutel, un de ses amis survivant, raconte l’histoire de cette expédition que vous pouvez lire ici :

http://books.google.ca/books?id=cbUOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

René-Robert Cavelier de La Salle n’est, mais pas du tout, un homme de la trempe de nos explorateurs « Canayens ». Il est un membre à part entière de l’autorité française de la Nouvelle France qui se croit supérieur à tous les colons et à tous les amérindiens d’Amérique du nord, sans avoir l’étoffe pour réussir dans cet environnement.

Il est quand même responsable de l’exploration du Mississipi lors de son deuxième voyage. En réalité, son succès ne dépend que de la patience et la résistance des « Canayens » qui l’accompagnent. Malheureusement pour lui, ses « qualités de chef » sont trop insupportables pour ces « hommes libres » qu’il dénigre et qu’on appelle les « coureurs de bois ».

Amicalement

André Lefebvre

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Andre lefebvre

Mon premier livre « L’histoire de ma nation » est publier chez:

http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/

André Lefebvre

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