Une résolution pour la nouvelle année

 CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

La fin d’une année fait place à un nouveau cycle. À une nouvelle année qu’on espère plus prospère si les infortunes furent nombreuses. Ou tout aussi belle, si on a nagé dans des eaux douces, portés par les vents favorables du courant, et non l’inverse.

Est-il important de prendre de nouvelles résolutions au début de l’année ? Je le crois. Histoire de mettre de l’ordre dans les idées et de faire le point sur les objectifs de vie et les actions à poser pour les réaliser. Avant toute chose, vivre dans le moment présent, un pas à la fois, être attentif à la tâche qui se présente, à la pensée ou l’émotion, puisque cet instant constitue notre seule réalité d’être.

Selon Carlos Castaneda, écrivain et anthropologue né en Amérique du Sud, « on ne change pas les choses, on change sa façon de voir les choses ». Ainsi, un regard objectif sur soi aide à établir des résolutions réalistes. Dresser une liste des choses qui déplaisent, mais qu’on ne peut changer, et une liste des choses qu’on peut changer est un exercice qui fait de l’ordre en-dedans de soi et permet de faire ressortir les priorités.

Les résolutions prises peuvent se jouer sur deux paliers : la responsabilité personnelle et la responsabilité sociale.

La responsabilité personnelle

Prendre une résolution aide à suivre une discipline. Une résolution est une sorte de vision intérieure qui donne l’énergie de passer à l’action. Une vision, c’est voir de l’intérieur AVANT la réalisation d’une chose. Comme le peintre qui jette sur la toile le dessin de ce qu’il a vu intérieurement. Ou l’architecte qui dessinant un plan de construction d’un édifice en a d’abord eu la vision.

La résolution, soit pour se débarrasser d’une chose nuisible ou pour réaliser un désir profond, est le contraire de la pensée magique qui maintient une personne dans un état passif « d’attente » alors que la résolution s’appuie sur la discipline et l’action.

En faisant le bilan de l’année qui vient de passer, on en arrive à s’interroger sur les choses qu’on veut améliorer. «Qu’est-ce que je peux faire de mieux cette année? En quoi puis-je m’améliorer? Comment puis-je devenir une meilleure personne, un personne plus accomplie?»

C’est le moment de se rappeler que les mêmes causes produisent les mêmes effets. S’il y a une insatisfaction quelconque dans notre vie, il est souhaitable de découvrir s’il ne se cache pas en soi la répétition d’un pattern, d’un conditionnement négatif ou d’une croyance, qui apportent le même résultat insatisfaisant, quels que soient les changements entrepris. Car il arrive qu’on fasse des changements pour se sortir d’une impasse et de conditions difficiles pour après retomber dans les mêmes situations au bout d’un moment. Un nouvel amour qui n’apporte pas plus d’harmonie; un nouveau travail qui fait replonger dans les mêmes conflits; un déménagement qui ne règle pas le vide et l’ennui. Il n’est pas facile de voir les blessures et déviations qui sclérosent le jugement. Néanmoins, il revient à chacun de se connaître.

RÉALISER UN DÉSIR PROFOND EN SOI

On a tous un ou des rêves enfouis dans le cœur – des rêves qu’on garde souvent pour soi, par pudeur, ou par crainte de douter en entendant des commentaires négatifs, tel « Tu vois trop grand … tu ne seras jamais capable ». Ces désirs puissants et profonds qui nous accompagnent sans cesse sont un appel de l’être intérieur.

Pour 2014, compassion, entraide et solidarité

Des mots qui tournent souvent dans ma tête : compassion, entraide et solidarité.

LA COMPASSION

Compassion d’abord pour nous-mêmes, puisque nous avons la responsabilité de notre bien-être, et après, compassion pour les autres. Se mettre à la place de l’autre, pas facile, très exigeant ! La difficulté à comprendre que les autres ne pensent pas comme nous. Plutôt que de chercher des amis qui pensent comme nous, pourquoi ne pas rechercher des personnes « qui pensent » ? De s’ouvrir à la différence, pas seulement à la similitude.

L’auteur Emmet Fox écrit : « Nos vrais problèmes dans la vie proviennent de l’inharmonie de nos relations humaines. Ce ne sont pas les épreuves, le manque d’argent, les conditions extérieures qui nous affectent le plus, c’est d’abord la qualité des relations avec nos semblables. Quand nos relations sont harmonieuses, il est beaucoup plus facile de traverser les obstacles, d’accepter les choses telles qu’elles sont, et de conserver la joie de vivre. »

L’ENTRAIDE ET LA SOLIDARITÉ

Les Québécois se souviendront de la tempête du verglas survenue en 1998. Ce fut l’occasion d’une entraide et d’une solidarité qui, en dépit de la situation critique, du manque d’électricité et du froid, a fait redécouvrir des joies simples, celles de l’entraide et de la solidarité.

J’habitais à cette époque dans Notre-Dame de Grâces et vraiment, à part ma propriétaire et sa famille, et une femme qui habitait l’édifice voisin, je n’étais jamais entrée en relation avec mes voisins. La tempête du verglas a dénoué les réserves. Tout le monde se parlait dans la rue, venait donner un coup de main au déneigement, s’entraidait. Les gens semblaient plus détendus et souriants que d’habitude. Ce fut une merveilleuse occasion de descendre dans la rue et de communiquer avec les autres. Le sentiment d’entraide a aidé les gens à mieux traverser cette situation.

La responsabilité sociale

Une résolution pour une responsabilité sociale? Oui, une résolution pour servir la communauté.

« Que puis-je faire pour améliorer cette société que je critique facilement? » Une implication amène à poser des gestes concrets et à délaisser la critique passive.

Selon les goûts et les compétences de chacun, il y a plusieurs créneaux dans lesquels on peut agir. Une implication au niveau municipal, par exemple, se tenir au courant des réels enjeux qui se jouent dans notre ville ou arrondissement, affirmer son point de vue. Échanger avec les autres citoyens. Agir au lieu de subir. Être présent pour voter en faveur ou défaveur d’un projet. Participer à une cause qui nous rejoint, ou se joindre à un groupe de manifestation lorsqu’une injustice nous atteint.

Il n’y a pas que la politique pour exprimer sa responsabilité sociale. Il y a le vaste domaine du bénévolat. Auprès des malades, des enfants, des campagnes de financement. Organiser des collectes à notre travail pour des organismes de charité. Se joindre à un organisme d’écoute pour ceux qui sont isolés.

Enfin, me semble-t-il, l’essentiel n’est pas tant le secteur dans lequel nous choisissons d’intervenir que dans la manière dont nous nous impliquons et servons. Communiquer la joie de vivre et le meilleur en soi, c’est servir dignement la communauté qui nous entoure.

Je vous souhaite une année 2014 enrichissante sur tous les plans.

Carolle Anne Dessureault

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

6 pensées sur “Une résolution pour la nouvelle année

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    3 janvier 2014 à 2 02 58 01581
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    Cette année, j’ai décidé d’être résolu, comme tous les ans…

    Je seconde ! 😀

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      3 janvier 2014 à 15 03 05 01051
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      @Demian West

      Quand vous dites « Je seconde », je souris, car je me suis aperçue que vous n’utilisez pas cette expression en France. Vous dites plutôt « J’appuie ». Vrai ? Mais j’adore que vous secondiez … le mot dit bien ce qu’il veut dire.

      N’y a-t-il pas une nuance entre « être résolu » et « prendre une résolution » ?

      On prend des résolutions pour résoudre un problème, améliorer une situation ou soi-même. Décider d’être résolu, à part la détermination, j’y vois un clin d’oeil à la résolution déjà accomplie …

      Pour le plaisir d’échanger, ne prenez pas trop au sérieux ce que je dis.

      Carolle Anne Dessureault

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    3 janvier 2014 à 8 08 20 01201
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    Pour moi, c’est 2 fois par année a l’approche des activitées d’hiver ou d’été, selon le cas.

    Une sorte de solstice de résolution auquel je suis tr`s fidèle, depuis longtemps.

    Dans ce cas, j’affirme que : le résolu, ment ! Cette année je suis résolu a briser ce cycle en m’engagant d’un équinoxe a l’autre, on verra bien.

    Bonne journée

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    3 janvier 2014 à 15 03 06 01061
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    @Peephole

    Un solstice de résolution, j’aime bien.

    SVP, pouvez-vous définir davantage votre « le résolu ment » …. merci à l’avance.

    Carolle Anne Dessureault

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      3 janvier 2014 à 18 06 22 01221
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      Bonjour C.A

      En fait, d’un solstice a l’autre, je m’engage a faire plus d’activitées selon la saison. Je suis ‘résolu’ a passé a l’action et il advient toujours quelque chose qui m’oblige a remettre a plus tard, ce qui me fait abandonner le projet et ainsi de suite d’années en années.

      Donc, aussi résolu que je puisse être, rien ne change et je me ment d’un solstice a l’autre, voilà .

      J’aurais du écrire  »dans -mon- cas  » et non  »dans ce cas », ce qui je crois aurais évité cette demande de précision, de votre part.

      C’est néanmoin avec plaisir que je le fait et j’en profite pour vous souhaiter une agréable soirée.

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        3 janvier 2014 à 20 08 24 01241
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        @Peephole

        Ah j’en comprends maintenant le sens.

        J’ai aussi remarqué qu’on est presque tout le temps dérangé, interrompu par la « vie » dans nos projets. Toutefois, la résolution – l’intention – est latente et agit comme une musique de fond.

        Je vous souhaite aussi une belle soirée.

        Carolle Anne Dessureault

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