Poutine met cartes sur table…


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OSCAR FORTIN : 

Selon le Financial Times, ce fut l’un des discours les plus importants de Poutine. Cette rencontre avec les membres du Club international de Valdaï a eu lieu à Sotchi, le 24 octobre dernier. Cette intervention est d’autant plus importante qu’elle se réalise à un moment où l’histoire de nos sociétés transite vers une ère nouvelle des relations des peuples les uns avec les autres. Elle l’est également du fait que la Russie et Poutine en particulier sont pour l’Occident et de façon déclarée par les États-Unis des ennemis avec lesquels il faut en finir. 

Le président des États-Unis n’a-t-il pas déclaré, lors de sa présence à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, que la Russie représente, après l’Ebola, la seconde plus grande menace pour la stabilité de l’humanité, avant même les terroristes islamiques qu’il plaça en troisième lieu? Ce n’était pas peu dire de la part de celui qui dirige la plus grande puissance mondiale. 

Les propos du Président Russe, à la lumière de cette déclaration du président Obama et des nombreux foyers de conflits qui se présentent en Irak, en Syrie, en Ukraine, en Palestine, en Afrique et en Amérique latine, revêtent donc une importance de premier plan. 

Qu’a-t-il donc dit en ce vendredi 24 octobre 2014? 

Pour ne pas alourdir inutilement le texte, je vais donner les principaux liens qui permettent de faire le tour des principales questions. D’abord. Un premier résumé de l’ensemble de son intervention sur RIANOVOSTI et sur EODE PRESS OFFICE. Il est bon de lire l’un et l’autre. Ils se complètent bien. Pour qui veut aller au texte intégral suivre le lien ici.

Une lecture attentive de ces deux résumés de l’intervention du Président de la Russie nous fait découvrir un homme qui sait prendre le recul nécessaire pour aller à l’essentiel de ce que vit le monde d’aujourd’hui. S’il se permet de relever les faiblesses et les erreurs des États-Unis, il ne s’en fait pas pour autant un ennemi, même si ses politiques ne facilitent pas la solution des problèmes que notre monde doit résoudre. Sa compréhension des relations internationales se réalise dans le cadre d’une vision d’un monde qui évolue dans le sens du passage d’une époque à une autre, du bipolaire au multipolaire. Tout doit être repensé en fonction de ce mouvement de fond de notre évolution comme société. 

« …le monde s’est engagé dans une époque de changements et de mutations profondes, époque où nous devons tous faire preuve d’un degré élevé de prudence et d’une capacité à éviter les démarches irréfléchies ». 

« L’Occident donne l’impression d’être en perpétuelle lutte contre les résultats de sa propre politique. On a parfois l’impression que nos collègues et amis ne cessent de lutter contre les résultats de leur propre politique. Ils lancent toute leur puissance pour éliminer les risques qu’ils créent eux-mêmes, en le payant de plus en plus cher. » 

« …il n’y a, malheureusement, plus de garanties ni de certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit capable de nous épargner des bouleversements ». 

« Ce système est sérieusement affaibli, morcelé et déformé. Les institutions internationales et régionales de coopération politique, économique et culturelle traversent une période difficile »

Pas surprenant qu’il évoque le besoin d’un nouveau consensus des forces responsables de l’avenir de l’humanité et une meilleure compréhension des principales sources des conflits.

Une fois qu’on a pris connaissance des propos tenus et du ton avec lequel il les accompagne, on ne peut plus avoir de l’homme l’image diabolisée que nos politiciens et médias diffusent.

 

POUTINE

Poutine raconté par Sharon Tennison

Poutine raconté par Andrei Nikitine

Manuel Todd historien et sociologue français

Eh vous qu’en pensez-vous ?

 

Oscar Fortin

Le 25 octobre 2014

http://humanisme.blogspot.com

 

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Oscar Fortin

Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l’humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d’une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu’en Théologie (maîtrise), je demeure avant tout à l’écoute des évènements et de ce qu’ils m’inspirent.

12 pensées sur “Poutine met cartes sur table…

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    27 octobre 2014 à 4 04 02 100210
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    Lors de lecture précédente sur la conférence de Valdai, du Prés. Poutine, j’ai trouvé’ bonne’ l’allusion au fait que les agissement US était comparable a quelqun qui scierait la branche sur laquelle il est assis ainsi que celle ou il dit que l’Otan n’avait aucun motif de se déployer dans l’arctique, la ou la Russie réactive les ancienne base soviétiques afin de protèger ses droits territoriaux . C’est un peu comme dire vous amenez l’otan a nos frontières on va en faire autant, sans mentionner la défense de leurs amis et intérêts sud-Américains, en cas de besoins. Le tout, bien sure , dans le respect des lois internationale, ce qui n’est pas toujours (ou pas souvent) le cas, de ceux a qui il s’adresse.

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    28 octobre 2014 à 10 10 11 101110
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    La différence entre Poutine et Obama est que le premier ne fait pas de « projection ».

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      28 octobre 2014 à 19 07 20 102010
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      André, je me permettrai d’en rajouter quelques autres, à tout le moins les plus frappantes. Poutine est cohérent dans son discours et dans ses politiques alors qu’Obama y va selon les strictes intérêts de ceux qui le commandent. Sa double morale en fait un personnage peu crédible. Poutine présente une vision d’un monde en profonde mutation et il expose clairement la direction que prend la Russie dans le cadre de ces changements: un monde multipolaire, relations internationales dans le respect des États et de leurs peuples, les armes le moins possible et le dialogue le plus possible. Obama demeure attaché au monde unipolaire où les États-Unis occupent la place centrale. Sa politique est avant tout impériale, les États ne se soumettant pas à ses volontés sont des États délinquants. Il n’a pas, comme vient le faire Poutine, une vision de l’évolution des sociétés et de ce qu’il faudrait faire pour que tous les peuples y participent. Poutine est à un sommet de sa crédibilité dans le monde alors qu’Obama est à son plus bas niveau. Ce sont deux personnages qui répondent à des impératifs fort différents: Poutine a l’allure d’un homme libre et maitre de lui-même porte sur un devenir de l’humanité, Obama a plutôt l’allure de quelqu’un qui ne sait trop où il va. Il tire dans tous les sens et chaque fois c’est pour sauver l’emprise des États-Unis sur les autres États et peuples. Il se place au dessus du droit international qu’il bafoue comme bon lui semble. Encore aujourd’hui l’Assemblée générale des Nations Unies a voté pour ième fois à 188 contre 2 pour l’abolition du blocus économique injuste contre Cuba qui dure depuis plus de 55 ans. Obama n’en fera rien de cette volonté de la communauté internationale.Il se réclame de la communauté internationale lorsque ça lui convient, autrement il s’en fout.

      Merci André pour ton commentaire

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    29 octobre 2014 à 23 11 47 104710
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    Bonjour à tous!

    Voici un texte très intéressant! (lecture fascinante, très révélatrice de la géopolitique mondiale actuelle et des forces en présence…)

    [A LIRE ABSOLUMENT] La réponse d’Igor Strelkov à Mikhaïl Khodorkovski

    23 octobre 2014 The French Saker

    Chers amis,

    Aujourd’hui, je soumets à votre attention deux documents intéressants. Un discours de Mikhaïl Khodorkovski, « l’ex-oligarque et mafieux à présent devenu activiste démocratique », et une réponse d’Igor Strelkov à ce discours.

    Khodorkovsky et Strelkov

    Ne vous méprenez pas : une guerre est en cours. Certes, elle ne s’est pas encore transformée en guerre ouverte, avec, de chaque côté, deux armées déchaînant leur puissance, mais c’est une guerre quand même. Cette guerre oppose, d’une part, les 1 % qui constituent les élites dirigeantes de l’Empire anglo-sioniste et leurs alliés en Russie – que nous pouvons appeler la « 5ème colonne » ou les « intégrationnistes atlantistes » – et, d’autre part, les « souverainistes eurasiens russes » et leurs alliés dans le reste du monde, y compris les nombreux partisans, en Occident, d’une Russie souveraine et indépendante. Cette guerre se livre sur de nombreux « fronts » : celui qui sépare la Novorossia du Banderastan, bien sûr, mais aussi bien d’autres fronts. Il y en a un en Syrie, en Iran et en Irak. Il en est un autre à l’intérieur même de l’Union européenne. Il en est un en Extrême-Orient, le long du détroit de Taiwan, et une autre encore en Amérique latine. Dans un passé récent, on trouvait également de tels fronts en Krajina serbe de Croatie, à la frontière entre Israël et le Liban, et en Tchétchénie. En fait, il s’agit là de la première véritable *guerre planétaire* et ses « fronts » sont partout. Même la « oumma » [1] musulmane est profondément divisée entre ceux qui soutiennent le wahhabisme saoudien (lequel a l’appui des USA) et ceux qui s’y opposent (ils sont dirigés par l’Iran).

    À l’heure actuelle, le plus important de ces fronts traverse le Donbass, mais cela peut changer demain.

    L’un de ces fronts traverse la société russe. Khodorkovski est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « intégrationniste atlantiste », tandis que Strelkov est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « souverainiste eurasien ». S’il vous plaît, lisez à la fois leurs deux manifestes et comparez-les : vous constaterez que les différences entre ces deux visions du monde ne sont pas seulement profondes, elles sont inconciliables.

    Un grand « merci !! » à « A » qui a traduit (en anglais) le manifeste de Strelkov pour ce blog.

    J’espère que vous apprécierez cette lecture fascinante.

    Cordialement,

    Le Saker

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    Discours de M. Khodorkovski lors du dîner d’attribution des prix de la Maison de la liberté

    Ce qui suit est le texte préparé du discours prononcé par Mikhaïl Khodorkovski le 1er octobre au dîner d’attribution des prix 2014 de la Maison de la liberté. L’original de ce texte a été publié ici.

    Mikhaïl Khodorkovski

    Le choix européen, la justice sociale et la mobilisation nationale

    1. Il est une légende sur la façon dont, il y a près de 200 ans, les émigrés politiques russes de l’époque demandèrent à Karamzine, historien de la cour de Russie, des nouvelles de ce qui se passait dans la mère patrie. Karamzine réfléchit un moment et répondit d’un seul mot : « Vol ». Peu de choses ont changé en Russie depuis cette époque. Sauf peut-être que le vol est devenu encore plus sophistiqué. Tout est volé en Russie, mais le principal – et c’est, je pense, unique –, c’est qu’en Russie, on vole même le temps.

    2. Il y a un peu plus de dix ans de cela, je me suis envolé des États-Unis vers la Russie, afin de rayer dix ans de ma vie et de la vie de ma famille. Ces dix ans m’ont été pris. En échange, j’ai reçu une expérience de la vie unique, qui m’a permis, sinon de tout reconsidérer, du moins assurément de reconsidérer une très grande partie de ce à côté de quoi j’avais vécu et de ce à quoi j’avais cru au cours de la décennie précédente. Mais il n’y a pas moyen de faire revenir le temps.

    3. Pourtant, la pire chose que j’ai découverte, lorsque je suis sorti de prison, c’est qu’on avait volé ces dix années, non seulement à moi, mais au pays tout entier. Le temps avait rayé la décennie Poutine de la vie de la Russie. Dissimulé derrière une façade de prospérité extérieure, le fait est que le pays a cessé son développement. Et non seulement cela, mais dans la plupart des régions, le pays a été rejeté en arrière loin dans le passé : politiquement, économiquement, psychologiquement. La profusion des marchandises dans les magasins et l’argent abondant dans les poches des gens ne doivent tromper personne. Le régime ne peut se prévaloir de cela. Ce sont les cours du pétrole qui en sont la cause.

    4. Ce n’est pas tout. Il s’avère que non seulement le régime a volé la Russie, mais qu’il tente de ramener le monde entier à l’ère de la guerre froide (si même il ne s’agit pas d’une guerre chaude), un temps où les conflits sont réglés à la pointe du fusil, et où la supériorité est établie, non par des taux de croissance économique, mais par l’agression militaire. La Russie et le monde en sont arrivés à un point très dangereux, au-delà duquel se profile une troisième guerre mondiale.

    Le retour à l’Europe

    5. Un retour aux valeurs européennes, qui sont à la base de la civilisation euro-atlantique, un retour à la fois mental et politique, est le point de départ de la nouvelle orientation politique qui pourrait aider la Russie à faire son chemin hors du piège historique dans lequel elle se trouve maintenant prise. La Russie n’a que deux voies face à elle : elle peut aller de l’avant en entrant dans l’ère post-industrielle avec l’Europe, ou elle peut retourner au Moyen-Âge, et, après cela, sombrer dans la non-existence pure et simple.

    6. Tout ce que mon pays a aujourd’hui, tout ce qu’il considère vraiment comme « à lui en propre », tout ce qui lui a permis de devenir une grande puissance et qui est maintenant sa « carte de visite » : exploration de l’espace, bouclier nucléaire, littérature et art, niveau élevé d’éducation et de science (que même trente années « hors du temps » n’ont pas été capables de détruire), tout cela a été créé dans le cadre de la tradition culturelle européenne, en interaction avec la culture européenne et au sein du milieu culturel européen. Tous les actes de bravoure spirituelle du peuple russe, tous les sacrifices innombrables qu’il a apportés à l’autel de son indépendance, ont été réalisés dans le giron de la tradition chrétienne, qui a été et qui reste européenne dans sa nature.

    7. Une rupture avec l’Occident, avec ses valeurs et ses connaissances, est une initiative dangereuse, une initiative qui amènera la Russie à perdre sa véritable identité culturelle. L’« eurasianisme » que l’on impose activement à la société, comme la nouvelle idéologie totalitaire, n’est rien de plus qu’une justification verbeuse à l’ignorance et à la barbarie militantes. Afin de préserver la Russie en tant qu’État unitaire, indépendant et souverain, il est impératif de la faire revenir sur cette voie de développement qu’elle avait suivie lorsqu’elle a atteint sa gloire.

    8. Les valeurs européennes (ou les valeurs euro-atlantiques, comme on les appelle aujourd’hui communément) sont avant tout les valeurs d’un État fort et juste, doté d’institutions efficaces et de lois qui fonctionnent. C’est de cela que la Russie a besoin, tout autant que n’importe quel autre peuple dans le monde. La Russie a besoin d’un État de droit et d’une économie ouverte, pas parce que cela plaira à l’Europe occidentale et à l’Amérique, mais parce que, de la sorte, elle pourra collaborer avec le monde euro-atlantique – et si nécessaire entrer en concurrence avec lui – sur un pied d’égalité. Pierre le Grand n’a pas bâti une armée russe en se fondant sur les modèles européens juste pour faire plaisir aux Suédois.

    9. Celui qui veut être fort ne doit pas se permettre de prendre du retard. La Russie ne peut pas se fermer au progrès en se retranchant derrière une sorte de muraille de Chine (au sens littéral comme au sens figuré de cette expression). L’hystérie anti-occidentale est une manifestation d’insécurité psychologique et de peur de la concurrence, de la part de ces éléments sociaux, qui, aujourd’hui, constituent l’élite de la Russie. Churchill a dit jadis que s’il n’y avait pas d’antisémitisme en Angleterre, c’était pour la raison que les Anglais ne pensaient nullement être, en quoi que ce soit, plus bêtes que les Juifs. Nous n’avons aucune raison de craindre l’Europe, parce que nous ne sommes pas plus bêtes que les autres Européens.

    10. Se joindre à l’Europe ne veut pas dire se dissoudre dans l’Europe. La Russie a sa propre identité culturelle distincte et ses propres intérêts nationaux particuliers, qu’elle doit savoir comment protéger. Dénier à la Russie un choix européen, sous le prétexte de protéger ses intérêts nationaux, ou en utilisant le choix européen comme une explication pour avoir refusé de protéger les intérêts nationaux, sont deux attitudes également inacceptables.

    Un retour à l’équité

    11. La société russe moderne est structurée de façon injuste. Celui qui a les plus gros poings y a les droits les plus importants. Dans la Russie d’aujourd’hui, la force c’est le droit, alors que les choses devraient fonctionner dans l’autre sens : ce qui est juste devrait être doté de puissance. Restaurer l’« équilibre de l’équité » est une tâche hautement prioritaire pour toutes les forces qui ont pour objectif la transformation de la Russie en un État moderne et dynamique, en plein développement. Si l’on ne trouve pas une solution pour cette tâche stratégique, la société n’apportera pas son soutien à quelque réforme économique, sociale ou politique que ce soit. Pour paraphraser Engels, on peut dire que toutes les réformes précédentes dans la Russie post-communiste ont conduit à une augmentation de l’injustice sociale, et qu’à présent, il s’agit d’éliminer ou à tout le moins de réduire cette injustice.

    12. Il n’est pas possible de revenir à la justice sociale en Russie, si l’on ne répare pas le préjudice causé par une privatisation injuste. La privatisation a été une tâche historique douloureuse, sans laquelle le développement ultérieur de la Russie n’aurait pu être envisagé. Mais la façon dont elle a été accomplie a conduit à l’apparition d’effets secondaires sociaux extrêmement graves. L’objet de la prochaine étape de l’histoire de la Russie devra consister à éliminer ces « distorsions ». Aujourd’hui, le pouvoir procède de facto à un réexamen des résultats de la privatisation, à sa façon très particulière, en retirant la propriété des mains de certaines personnes, pour simplement la transférer immédiatement dans d’autres mains, que l’on suppose être davantage « de notre côté ». Ce n’est pas ce que notre peuple attend. Cela ne mènera nulle part, si ce n’est à encore plus de vol et de corruption.

    13. Pour commencer, il faudra, pour rétablir l’équité, aborder également la question de l’utilisation du sous-sol, qui est la principale source de la richesse du peuple russe, et à ce jour sa seule source. À ce stade de notre évolution historique, nous devons reconnaître le caractère équitable de cette formule simple : le revenu de l’exploitation du sous-sol de la Russie doit appartenir au peuple de la Russie. Le sous-sol peut très bien être la propriété privée de ceux qui en tirent des revenus pour la société – et en particulier pour la société – et qui gèrent efficacement les opérations et les accroissent. Mais il ne peut pas rester à la disposition de rentiers de la nomenklatura, qui se paient à eux-mêmes des « salaires » disproportionnés et sont incapables de travailler efficacement.

    14. Il est également impératif de ramener l’équité dans la répartition des revenus dans leur ensemble, en rétablissant des taux d’imposition proportionnels. Nous devons créer l’image du « contribuable responsable », avec toutes ses obligations, mais aussi, est-il nécessaire de le dire, avec des droits. Seul celui qui paie des impôts a le droit de demander à l’État ce que celui-ci a fait pour lui des sommes ainsi collectées. Une nation de rentiers n’a pas un tel droit, et c’est pourquoi le pouvoir fait à présent ce qu’il veut de la nation.

    15. Le vecteur de développement du libéralisme russe, qui est aujourd’hui exclusivement politique, doit être repensé. Élaborer des projets de constitution et des plans de réformes politiques et économiques radicales est un exercice futile, jusqu’à ce que la société commence à sentir que l’idée libérale est une idée juste.

    16. La société a un énorme potentiel d’auto-organisation, dès lors qu’une matrice peut se former autour d’une idée. Pour la Russie, une telle idée ne peut être que celle d’un État-nation à vocation sociale. La seule question est de savoir si cet État-nation à orientation sociale sera libéral ou fasciste.

    La guerre : l’injustice ultime

    17. Le fascisme, c’est la guerre. La Russie mène déjà une vraie guerre. Ceux qui envoient des héros mourir le font, non pas au nom de l’intérêt national, non pas pour défendre la patrie, mais pour maintenir au pouvoir un petit groupe de ploutocrates, qui tentent, de cette manière, de prolonger la vie d’un régime qui a déjà fait son temps.

    18. La guerre est devenue le seul pilote du régime moribond. Elle se passe en Ukraine, mais cette guerre n’est pas faite pour l’amour de l’Ukraine ou de la Russie, mais pour l’amour du pouvoir. Ce qui a suscité une réaction si follement enthousiaste de l’homme de la rue apportera des épreuves et des tribulations innombrables au peuple russe, déjà dans l’avenir le plus proche que l’on puisse prévoir.

    La mobilisation nationale

    19. Le régime au pouvoir est en train de faire de la Russie un protectorat chinois. Ce n’est même pas une question d’annexion de la Sibérie. Aujourd’hui, il serait suffisant pour la Sibérie d’être complètement arrimée à la Chine, laquelle, à toutes fins utiles, s’apprête à en pomper les ressources gratuitement, comme on pompe celles d’une colonie.

    20. La Russie est bloquée sur une voie historique dangereuse, de laquelle sortir sera très compliqué. Ne serait-ce qu’arrêter, et d’autant plus si c’est pour changer de voie, exigera la mobilisation de toutes les énergies du peuple russe. La tâche des vrais patriotes russes n’est pas de promettre au peuple russe une croisière en douceur, mais de dire la vérité. C’est seulement s’ils comprennent l’ampleur de la menace et l’importance historique de ce moment que les gens peuvent être incités à accomplir des actes héroïques. Et sans actes héroïques, la Russie aujourd’hui ne peut être sauvée.

    21. L’acte héroïque du peuple russe doit consister en un travail constructif. Il doit consister à inculquer la discipline et la modération, et à développer la capacité à travailler ensemble et à s’entraider. En d’autres termes, à faire revivre toutes ces compétences morales qui ont aidé la culture russe à se développer et qui ont dans une large mesure été perdues au cours des dernières années. Afin de tirer les gens vers le haut, pour qu’ils soient en mesure d’accomplir cet acte héroïque, la minorité pro-européenne a besoin de prouver sa solidité morale et sa volonté d’observer, non pas en paroles, mais en actes, le principe de l’égalité de tous devant la loi. C’est précisément cette égalité de tous devant une loi qui soit la même pour tous, devant une adversité qui est la même pour tous, et pour une cause commune qui est la même pour tous, qui constitue le vrai sens du libéralisme. Si les gens en viennent à croire en cela, alors tout le reste trouvera sa place : les réformes, le progrès économique et la prospérité de la Russie.

    22. La Russie a perdu du temps ces dix dernières années. C’est maintenant que nous devons commencer à rattraper ce temps perdu.

    Mikhaïl Khodorkovski

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    La réponse de Strelkov à Khodorkovski

    Avant-propos, par le colonel CASSAD : Après un long silence, Strelkov parle. Il parle avec une critique programmatique du manifeste de Khodorkovski. Cette transition vers une controverse publique, où Strelkov oppose, à la vision de cet éloquent oligarque, diffusée depuis les États-Unis, sa vision de l’avenir de la Russie, définit dans une large mesure la vision que Strelkov a de l’avenir du pays. En général, la réponse de Strelkov à Khodorkovski reflète son point de vue que le printemps de Crimée est le début d’une « révolution depuis le sommet », qui est l’œuvre de Poutine.

    Igor Strelkov

    Au début d’octobre, au siège de l’organisation internationale des droits de l’homme Freedom House (Maison de la liberté) à Washington, l’ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a prononcé un discours condamnant l’État russe et le président russe. Un discours qui a constitué la base du manifeste publié par la suite. Ayant obtenu le soutien de l’oligarchie financière mondiale, Khodorkovski a présenté quelques thèses théoriques, usant de la comparaison, de l’analogie et de l’association, lesquelles sont familières aux Russes, copiant même parfois les méthodes de la rhétorique patriotique. Avec un pathos enviable et la demande du statut d’instance ultime, l’ex-oligarque tente de combiner les incompatibles. Il « ajoute » des « valeurs » libérales, étrangères à la Russie et au peuple russe, aux notions de fierté et de justice nationales, chères au cœur russe, créant ainsi l’illusion dangereuse de leur compatibilité biologique. Khodorkovski essaie d’habituer la partie active de la société aux futures transformations libérales initiées par l’oligarchie mondiale et, plus encore, déclare qu’elles seules sont possibles et utiles. Malheureusement, il est tout simplement impossible d’ignorer cette combinaison de « chaud et de doux » et de la laisser sans réponse. Des discours par trop dangereux sont tombés déjà des lèvres de cet ennemi évident de la Russie, et la simple tentative de mettre en œuvre les scénarios qu’il propose peut s’avérer bien trop destructrice. Il nous faut donner la réponse patriotique russe au scénario libéral mondialiste imposé par Khodorkovski, sous le couvert d’un nouveau cycle de « réformes ». Après tout, il ne s’agit pas simplement de raisonnements de loisirs émanant de ce criminel riche et peu commun, qui s’est enfui de la patrie, il s’agit du programme idéologique d’une nouvelle révolution en Russie, de la « feuille de route » de la révolte oligarchique dirigée, comme toujours dans l’histoire de la Russie, contre le gouvernant, contre le peuple et contre le pouvoir. Eh bien, nous allons faire le tri de tout cela point par point.

    Le choix russe, la justice sociale et la mobilisation nationale

    1. Il y a 100 ans, le dernier tsar-martyr de Russie, Nicolas II, a écrit : « Tout autour, trahison, lâcheté et tromperie ». Il ne parlait pas du tout du peuple, ni des « imbéciles ou gens des routes », mais de l’élite politique, militaire et économique qui l’entourait pendant cette période. La trahison de l’élite a fini en effondrement de ce qui était la plus grande puissance mondiale, l’Empire russe. Il y a 200 ans, l’élite politique a, sous la direction de l’envoyé britannique, participé au régicide de l’empereur Pavel, ce qui a conduit à l’invasion par Napoléon et à la guerre patriotique de 1812 qui s’en est suivie. Il y a 400 ans, pendant la Période des Troubles, l’élite politique de la Russie prêta serment à des imposteurs et au roi de Pologne, commettant une trahison, tant envers la patrie qu’envers la foi, et seule la révolte de la milice russe sauva à la fois la Russie et l’orthodoxie, au cours de cette période difficile, en jetant les bases d’une nouvelle dynastie de tsars de Russie. Depuis lors, en Russie, peu de choses ont changé. Les gouvernants de la Russie, avec le soutien du peuple russe, apportent leur vie sur l’autel de la patrie, tandis que les élites de compradores engraissés et corrompus ne dédaignent pas de trahir la patrie, d’aucune manière, se faisant lâchement traîtres au souverain, volant le peuple et le tenant en état de subordination, au nom de leur seul profit personnel instantané. C’est alors, toujours, qu’est venue la pacification, après de longues et pénibles années de désarroi : ayant laissé derrière elle la crise et des guerres sanglantes, la Russie a commencé à se développer progressivement à nouveau. L’histoire s’est répétée il y a 23 ans (sous nos yeux), une fois de plus. « L’empire rouge » avait rendu nécessaire une réforme sérieuse et extrêmement prudente. Au lieu de cela, il fut pillé, volé et détruit par le racket de hauts fonctionnaires du parti, simplement « repeints » pour l’occasion. Il fut vendu aux « ennemis idéologiques » récents, et avec eux à des nouveaux riches sans scrupules. L’histoire s’est accélérée… Ses cycles deviennent plus courts. Et, aujourd’hui encore (pour la deuxième fois au cours de notre petit siècle), il apparaît que le pays, qui commence à peine à connaître une restauration, après le dernier « désordre », est sous la menace d’une ruée cupide. Ceux qui, en fin de compte, n’avaient pas été autorisés à piller notre patrie en détresse dans les années 1990, sont aujourd’hui avides de revanche.

    2. Dix ans d’emprisonnement pour vous, M. Khodorkovski, c’est une véritable tragédie. Après tout, combien vous aurait-il été possible de voler pendant cette période ! Votre seule tâche est maintenant de rattraper le temps perdu. Regardons les dix dernières années de votre activité. Depuis 1991, avant votre arrestation, vous, M. Khodorkovski, « en partant de rien » (sans investir un rouble, mais en vous étant approprié des dizaines de milliards de dollars de bien national), vous avez créé cet énorme empire financier et industriel, et vous êtes devenu l’un des hommes les plus riches du pays. De la même façon, vous avez, en outre, comme d’ailleurs tous les oligarques de l’époque, généreusement « marché sur des cadavres », vous ne vous êtes embarrassé d’aucune restriction morale, et vous avez pillé et ruiné le gigantesque patrimoine industriel soviétique. Vous vous êtes roulé dans l’argent et dans « l’élitisme », sans vous refuser quoi que ce soit. Pendant ces mêmes années, moi ainsi que beaucoup de mes amis et camarades, nous étions presque en permanence à la guerre, pour le peuple russe et pour la Russie, contre les ennemis de la patrie. Tout d’abord en Transnistrie, puis en Bosnie, puis en Tchétchénie. Tandis que nous subissions défaite sur défaite, à cause de la trahison de celle qui se disait la « nouvelle élite », que nous reculions, en serrant les dents, accompagnés de commentaires méprisants et pleins de haine de la part des prétendus médias « démocratiques », vous, M. Khodorkovski, et vos semblables, ne vous êtes pas même souvenu des besoins du pays et de ses habitants. Par conséquent, nos expériences sont de nature entièrement différente. Vous avez appris à voler, à piller et à mentir, et nous à protéger la Russie et le peuple. Alors même que nul ne l’exigeait de nous. La prison change toujours les gens, parfois en mieux. Vous, hélas, n’avez rien retenu de cette expérience. Après tout, vous n’avez pas plaidé coupable de quoi que ce soit, même après votre retour à la liberté. De surcroît, vous avez alors fait votre apparition immédiatement dans le camp des ennemis, à nouveau, confirmant par là même que c’était pour une bonne raison, que vous vous trouviez en prison.

    3. De quoi parlez-vous donc lorsque vous utilisez le mot « volé » ? Vous, dont le credo était de « voler, voler et encore voler » ? Avez-vous jamais construit ou fabriqué quelque chose dans votre vie, quelque chose qu’il serait possible à un autre de vous voler personnellement à vous ? Non. Parce que vous n’étiez pas engagé dans quoi que ce soit, si ce n’est dans le vol, la fraude et le brigandage, avant qu’on ne vous mette en prison. De tous vos accomplissements, le seul que je sois personnellement prêt à reconnaître comme un résultat socialement utile, ce sont les « bottes » que vous avez « cousues » en prison. Du point de vue moral, c’est là également votre seule œuvre digne, dans cette vie passablement sale (pour user d’un euphémisme) de voleur hautement professionnel et d’escroc talentueux, qui est la vôtre. Mais le pire de tout, c’est que cette activité manuelle ne vous a fait aucun bien du tout, à en juger par ceux en compagnie desquels vous agissez aujourd’hui ; elle ne vous a en rien conduit à la compréhension de vos erreurs et de vos crimes. Quand les vrais patriotes de la Russie et les Russes s’engageaient en Novorossia, vous, après avoir reçu le pardon du président Poutine, vous avez immédiatement pris le parti de ses ennemis et des ennemis de la Russie. Vous étiez sur place, au sein d’un Maïdan russophobe, et vous rassembliez sur le territoire de l’ennemi toutes les « couleurs » de traîtres russes, sur un forum destiné à lutter contre le Printemps russe. Vous dites que « la Russie a cessé de croître » ? C’est là le résultat direct de votre activité, de votre privatisation, de votre politique de comprador. Maintenant, vous appelez à des réformes capitales ? En vous associant avec qui ?? Avec d’évidents ennemis de tous les Russes ? Et cela pour des motifs patriotiques ?

    4. De manière particulièrement brillante, vous démontrez votre « patriotisme », Mikhaïl Borissovitch, par votre répétition d’un véritable « film d’horreur » à propos de la Russie, que vous présentez comme une « menace pour l’Europe et pour le monde entier ». Jadis, Goebbels, et bien avant lui, Napoléon et les Britanniques Lord Palmerston et Disraeli, ont eux aussi vociféré haut et fort (et de manière bien plus talentueuse) à propos de cette « menace ». Puis ce fut le tour de Winston Churchill et du président américain Ronald Reagan, lequel, sans le moindre temps d’hésitation, donna à l’Union soviétique le nom d’« Empire du mal ». Ainsi, Mikhaïl Borissovitch, vous vous êtes engagé sur un chemin déjà largement frayé. Il semble que vous ayez cette pleine confiance d’être, vous seul, « le plus intelligent », et le seul à connaître l’histoire, tandis que tous les Russes seraient des crétins profonds et de complets ignares. Et, en vérité, des lâches aussi, qu’il serait facile de tromper et d’intimider en agitant un fantôme de « troisième guerre mondiale », pour leur faire accepter facilement de renoncer à la Patrie et de renoncer à aider leurs frères, qui périssent en Novorossia, au nom de ce fameux « tout sauf la guerre ». Cependant, le principal destinataire de cette adresse n’est pas du tout en Russie. Il s’agit bien plutôt, de votre part, d’une sorte de « serment » fait à ceux, qui, durant toute l’histoire de la Russie, ont rêvé de la liquider. À mon avis, il s’agit là d’un accueil « shulersky » typique, par lequel, lorsqu’il comprend qu’il est sur le point d’être démasqué, le joueur qui se sert lui-même de cartes marquées accuse immédiatement ses partenaires de tromperie. Le monde occidental, dirigé par l’oligarchie financière mondiale dont vous êtes partie intégrante, Mikhaïl Borissovitch, s’efforce de nous présenter, nous les Russes, comme nous apprêtant à détruire ou à conquérir nos voisins. Toujours et partout, c’est ainsi qu’on commence à accuser les futurs adversaires, en leur attribuant précisément ses propres intentions. Alors il est possible d’affirmer que la Russie constitue vraiment une menace de guerre. Dans l’espoir qu’elle en sera effrayée et capitulera, qu’elle se désarmera elle-même. Dans l’espoir d’en terminer une bonne fois pour toutes. Qu’y a-t-il à dire ici ? La tâche des vrais patriotes russes (mais pas des habitués de la « Maison de la liberté » de Washington) consiste à préparer la réflexion sur l’agression de l’Occident, parce que c’est seulement comme cela que la Russie pourra avoir l’occasion de prévenir ladite agression et de défendre sa souveraineté.

    Le retour à la Russie

    5. Lorsque vous parlez de « valeurs européennes », vous, M. Khodorkovski, soit vous ne comprenez pas, soit vous faites simplement semblant de ne pas comprendre qu’elles n’ont aucun rapport avec les véritables valeurs, les valeurs traditionnelles de l’Europe. Ces valeurs revivent aujourd’hui en Russie, grâce au président Poutine. Et ces « valeurs », qui sont imposées par l’oligarchie financière mondiale sous le nom d’« européennes », suscitent aujourd’hui des actions de protestation de la part de centaines de milliers de personnes en Europe. Il y a plus de vingt ans de cela, la dernière fois que la direction de l’URSS a décidé de « se tourner » vers ces prétendues « valeurs », cela n’a eu d’autre résultat que de diviser le pays, qui s’est trouvé pillé et humilié : le peuple russe est soudainement apparu comme étant la plus grande nation divisée du monde. Depuis le moment où il est arrivé au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la catastrophe des années 1990, en maîtrisant le pouvoir absolu de l’oligarchie, en nationalisant les possessions de l’élite, en restaurant l’économie détruite. Tandis qu’il s’efforçait de rétablir un certain ordre, le président a jugé possible de montrer de la miséricorde, même à l’égard d’un salaud tel que vous, puisque c’est ainsi que vous vous montriez au monde, M. Khodorkovski, avant la prison. Mais vous n’avez pas su apprécier. Probablement parce que vous avez considéré la faveur qui vous était faite comme une manifestation de faiblesse. Après tout, vous, M. Khodorkovski, vous ne vous embarrasseriez pas bien sûr d’un semblable sentiment, n’est-ce pas ? Et maintenant, après avoir trompé le président par de faux remords, avez-vous l’intention de vous venger de tout ce qu’il a fait ? De ce qu’il se soit appuyé sur le renforcement de l’État et la protection des intérêts nationaux, au détriment de l’élite des compradores ? De ce qu’il n’ait pas permis de vendre pour une bouchée de pain les plus grands stocks de ressources naturelles à des « Rothschild », ce qui aurait voué la Russie à une gestion depuis l’extérieur ? De ce qu’il vous ait puni pour vos intentions ouvertement déclarées de le démettre de ses pouvoirs par des moyens inconstitutionnels ? D’après vos propres paroles : tandis que vous étiez en prison, vous avez « réévalué beaucoup de choses ». Pourtant, à peine aviez-vous été libéré que vous êtes apparu du côté opposé de ce front sur lequel le peuple russe se bat pour le monde russe, en opposition directe et inflexible sur la question du Donbass, à nouveau. Votre haine de Poutine vous a amené dans le camp des ennemis, non seulement du président personnellement, mais dans le camp des ennemis de l’État russe et de tous les Russes. Comment osez-vous reprocher à Poutine de s’être levé pour la défense du peuple de la Crimée et de la Novorossia, de n’avoir pas permis aux nazis ukrainiens soutenus par l’Occident de mettre en place sur la Crimée et le Donbass une dictature sanglante ? N’était-ce pas là, après tout, les Russes se protégeant eux-mêmes et protégeant leurs vies ? Vous accusez les victimes de ce qu’elles auraient eu le courage de se défendre. Une troisième guerre mondiale est exclue, tant que la Russie sera assez forte et assez puissante pour garantir une parité, certes asymétrique, mais en tout cas stratégique, et tant qu’il y aura aux responsabilités des gens qui ne sont pas prêts à troquer leur pays et le peuple contre la promesse de faire partie de l’élite financière supranationale. À votre aspiration à vendre ce qui ne vous appartient pas, aspiration persistante et qui ne s’est pas infléchie durant les années de votre emprisonnement, nous ne donnerons d’autre réponse que celle du dégoût mérité qu’elle nous inspire. Et nous ne nous laisserons pas emporter une fois de plus par les faux slogans, comme ce fut le cas il y a vingt-trois ans.

    6. Ces choses dont vous nous parlez, telles que « les valeurs européennes et la civilisation euro-atlantique », non seulement sont sans relation avec la Russie, mais contredisent directement notre histoire, notre psychologie et notre destin, en tant que nation. L’Europe s’est détournée de ses propres valeurs chrétiennes depuis longtemps, après avoir plongé dans l’abîme des défauts les plus vils, et l’« euro-atlantisme » tant vanté n’est guère plus que la doctrine géopolitique de la domination mondiale des États-Unis, dirigée contre les peuples du monde entier qui gardent encore leur religion propre, leur souveraineté et leurs traditions nationales. À deux reprises déjà, ces derniers temps, la Russie a été touchée par la lèpre des « idées progressistes européennes », et sévèrement endommagée par les passe-temps insensés de ses propres élites et de ses intellectuels. Devant elle s’ouvrent aujourd’hui deux routes : soit revenir à elle-même, en retrouvant sa foi, sa tradition, ses valeurs, sa souveraineté, soit être dissoute dans l’Occident mondial, entrer en esclavage et disparaître en tant que civilisation, une fois qu’elle aura tout perdu. Je soulignerai une fois encore de quelle hypocrisie exceptionnelle vous êtes doté, M. Khodorkovski, quand vous déplorez la perte de l’art, de la littérature, de la science, de l’aventure spatiale et d’autres réalisations de notre « passé totalitaire » impérial et soviétique. En vérité, vous êtes comme « le loup qui se sent désolé pour un cheval à qui ne restent que la crinière et la queue » ! Mais, même en supposant que, dans ce que vous dites, quelque chose soit vrai, même de loin, je vous demanderais de bien vouloir apprendre un peu d’histoire : ce n’est pas de l’Occident catholique, mais de l’Orient orthodoxe que la Russie a reçu la foi chrétienne, directement de cet Empire romain d’Orient de Byzance, qui est resté le gardien du vrai christianisme tout au long du millénaire tout entier. Mais comment pourriez-vous débattre de la foi chrétienne ?

    7. Tout ce que la Russie est aujourd’hui, tout cela a été créé par notre peuple et par notre État, au cours d’une lutte désespérée pour la préservation de notre originalité propre, de notre liberté et de notre souveraineté. Au cours d’une lutte, à la fois contre les ennemis de l’Occident et de l’Orient. La Russie s’est développée, d’abord comme un État national, qui a grandi jusqu’à devenir un grand empire, parce qu’il était suffisamment souple dans sa capacité à discerner les expériences positives de ses voisins. Rien là qui soit, ni honteux, ni outre-mesure honorable : c’est la façon de faire de toutes les nations qui ont des dirigeants sensés, des dirigeants qui bâtissent et développent leur propre État. Emprunter ne signifie pas copier aveuglément. Trop c’est trop, et copier à ce point… Seul le marxisme a importé d’Europe à l’identique, et à quel coût pour le pays ! Chaque nation et chaque État sont uniques. Comme une prairie herbeuse est belle des différentes herbes qui la composent et de l’éparpillement des diverses fleurs qui en parsèment l’étendue, ainsi l’humanité est belle dans la floraison de peuples dont chacun est unique, dans la lutte entre les uns et les autres, à celui qui aura « la meilleure place sous le soleil », mais pas dans ce qui rappelle cette « pelouse publique et plate », en laquelle « les hommes universels euro-atlantiques » veulent tout changer.

    8. Les valeurs euro-atlantiques seraient les « valeurs d’un État fort et juste » ? Bien joué, Mikhaïl Borissovitch ! En ce moment même, ces valeurs conduisent cette grande Europe, dont nos libéraux brassés maison aiment tant à parler, à l’extinction de ces peuples de l’Europe qui les ont suivies, et qui jadis même les ont créées. Est-ce en cela que consiste votre prétendue « justice » ? Vous-même, cependant, pour des raisons évidentes, ne vous souciez en rien des destinées historiques d’aucun de ces Allemands, Français ou Britanniques. Non plus que des Russes, des Bachkirs, des Tatars, des Lezguiens et ainsi de suite. À moins que « l’État fort », puisque c’est ainsi que vous en parlez, ne signifie les États-Unis ? Après tout, il ne reste plus d’État « fort » (c’est-à-dire relativement souverain et indépendant) en Europe. Le dernier État souverain d’Europe, en dehors de l’ancienne URSS, qui ait osé défendre les intérêts de ses citoyens, était la Yougoslavie, qui a été écrasée et soumise il y a quinze ans de cela. Elle fut incitée à faire « le choix euro-atlantiste », par des bombes et des roquettes, par le blocus et la mutinerie de l’étranger. Maintenant, c’est le tour de la Biélorussie et de la Russie, n’est-ce pas ? La base en était déjà créée en Ukraine : il ne reste plus que la percée finale. Les valeurs propagées par l’oligarchie financière mondiale (« européenne », « euro-atlantiste », « universelle », etc.), ce sont des valeurs d’élimination des États nationaux et d’annulation radicale de tout ce qui ressemble un tant soit peu à la justice sociale. Ici, M. Khodorkovski, vous êtes, soit un ignorant, soit consciemment un menteur. Il va de soi que je ne fais mention d’« ignorance » que pour conserver à mon propos l’apparence d’une « boutade », n’ayant pas d’illusion sur la qualité de l’éducation que vous avez reçue. Le libéralisme que vous défendez a pour objectif ultime la mondialisation totale, le nivellement de toutes les personnes et de toutes les communautés religieuses, tous et toutes coiffés par le même « peigne » du consommateur, et tous assujettis à la déclaration de puissance de l’oligarchie financière mondiale, laquelle est en train de mener à bien l’abolition de tous les États historiquement développés (le projet de l’Union européenne, qui fut la première étape dans cette direction). Dans le domaine de l’économie, les politiques libérales nient de manière inflexible la justice sociale, non seulement en pratique, mais même en théorie. La liberté du marché, à propos de laquelle les libéraux sont intarissables, est incompatible avec la redistribution des bénéfices que réclament avec insistance les partisans de la justice sociale. Plus la Russie sera impliquée dans les processus de mondialisation, plus vite elle perdra sa souveraineté et la possibilité de poursuivre une politique sociale. Venons en maintenant à la « mobilisation ». Nous avons, bien sûr, besoin d’une puissante mobilisation nationale contre l’agression des « euro-atlantistes », qui ne visent que le pillage accéléré et définitif de la Russie, sous le prétexte de son « intégration dans la communauté internationale » et dans l’« économie mondiale ». Mobilisation à la fois de l’État et du public. Parce que la menace est suspendue, non seulement au-dessus de la souveraineté de l’État russe, mais également au-dessus de l’identité culturelle et morale de son peuple, identité décomposée sans relâche par ces tares de l’« euro-atlantisme », que la propagande nous assène et voudrait introduire chez nous : débauche sodomite, pédophilie, meurtre d’enfants et de personnes âgées (avortements et euthanasies), toxicomanie, terrorisme, etc., tous bienfaits de ce « nouvel ordre mondial humain ».

    9. « Celui qui veut être fort ne peut pas se permettre de rester en arrière ». C’est là une thèse tout à fait exacte. Pour cette raison, la décision prise par le président Poutine d’entreprendre la modernisation complète de l’armée d’ici à 2020 est une réponse parfaitement appropriée à l’hystérie russophobe de l’Occident. L’armée russe, des chefs de complexes de l’industrie de la défense, des industriels et des hommes d’affaires régionaux doivent prendre la place de l’élite des compradores des années 1990, ceux que l’on dénomme « oligarques », dont vous êtes un représentant typique, M. Khodorkovski. Les oligarques sont étrangers à la Russie, leurs capitaux et leur famille sont à l’Ouest, alors même qu’ils ont bâti leur fortune en exploitant le peuple russe. Ils représentent les intérêts de l’oligarchie financière mondiale, pensent selon les catégories de l’ultra-libéralisme et, de fait, se considèrent eux-mêmes comme une sorte d’administration coloniale. Il est donc logique que ce soit depuis Washington D. C. qu’ils préfèrent faire part de leurs « révélations », par vos lèvres « prophétiques ».

    10. Aujourd’hui, ce n’est pas l’Europe qui importe, mais la Russie. Notre voie est un retour à nous-mêmes. Il est nécessaire de revenir à la Russie, à notre histoire, à notre culture, à notre mission. Cette mission a toujours été, et reste de porter la lumière de la foi du Christ, les idéaux du bien et de la justice sociale pour les peuples du monde, d’être des « gardiens » contre le mal, comme a dit l’apôtre Paul. Nous avons eu un passé très lourd. La Russie a été secouée durant tout le 20ème siècle dans les fièvres de révolutions sanglantes et de guerres destructrices. Mais, grâce à ces lourds tests que nous avons passés, la Russie a réussi à sauver beaucoup de choses, que l’Europe a perdues de façon quasi irrévocable. Si l’Europe veut revenir à ses propres traditions et aux principes chrétiens, c’est avec nous que sera son chemin, pas avec l’oligarchie financière des États-Unis, qui amène aux peuples du monde une civilisation athée de la décadence morale, leur transformation en zombies idéologiques, leur mort spirituelle et physique.

    La création d’une société juste

    11. « La société russe moderne est structurée de façon injuste », dites-vous. Je suis entièrement d’accord avec cela. Mais je dois répéter ce que j’ai écrit précédemment : c’est par vous et par vos semblables que cela a été fait. Profitant de la crise que connaissait l’URSS, vous avez commencé à piller et à tuer, vous appropriant les biens nationaux. Vous et vos complices avez, par conséquent, posé les bases de la « société russe moderne », où la couche [sociale] la plus cynique et la plus vicieuse, qui œuvre d’après les plans et selon les instructions d’administrateurs d’outre-Atlantique, a entre les mains tous les leviers du développement économique, et pour partie le pouvoir politique. Juste après son arrivée au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la situation, mais l’injustice, qui était devenue le principe dans les années 1990, a des racines profondes. C’est pourquoi un retour à notre société de justice sociale sera un long et difficile processus. Mais je crois que nous saurons y faire face sans les conseils d’un éloquent ex-oligarque, qui s’est constitué une fortune par le pillage de la richesse nationale, autrefois créée par le travail acharné de générations du peuple russe.

    12. En lisant votre critique de la privatisation (soit dit en passant, tout à fait raisonnable), j’ai été surpris par votre cynisme : ce sont vous et vos semblables qui, par cet accaparement criminel de la propriété publique, avez acquis ces énormes capitaux. Et voici que vous tentez à présent d’en accuser celui-ci ou celle-là, en évitant soigneusement de viser ceux qui sont en fait les véritables coupables. La privatisation, du moins telle qu’elle s’est produite, n’était pas une « distorsion », mais un crime. Sa conséquence, c’est que les propriétés en question tombèrent aux mains, non de gens ordinaires, mais d’une minorité aussi prompte que sans scrupules. Et les plus gros « morceaux » furent acquis avec le soutien direct du capital financier étranger, qui a littéralement marché « sur des cadavres ». Qui sait cela mieux que vous ? Poutine a commencé à rétablir les bonnes proportions, rendant à l’État les domaines stratégiques les plus importants de l’économie. Ce faisant, il essaie simplement de corriger les conséquences catastrophiques d’une privatisation criminelle. Sans éradication de l’oligarchie qui s’est constituée à la suite de cette privatisation criminelle, il n’y aura ni justice sociale, ni plein développement de l’entreprise privée.

    13. En affirmant que les ressources naturelles doivent appartenir au peuple, vous avez entièrement raison. J’ai déjà dit que, parfois (même si c’est rare), la prison corrige en bien. Sur ce point, le changement est sans aucun doute positif. C’est exactement ce qui vous est arrivé : les actifs de vos compagnies d’énergie, créés de façon criminelle, sont passés sous la gestion de l’État, donc de son peuple. Comment est-il possible, autrement, de faire des ressources naturelles un bien national, si ce n’est par leur nationalisation et par la redistribution des profits en faveur de tous les citoyens ? Cela exclut la propriété privée des grandes structures d’extraction des hydrocarbures. L’histoire de Ioukos est un exemple de la façon dont les ressources naturelles reviennent au peuple. L’efficacité de leur utilisation est une autre question. Pour commencer, il y a lieu de les soustraire aux gens tels que vous et vos semblables, et, alors seulement, il faudra les utiliser le plus efficacement possible. Il est difficile d’argumenter contre le fait que l’utilisation du revenu généré par une ressource donnée est loin d’être idéale. Le principal, cependant, est de ne pas laisser quelque ressource naturelle que ce soit à la propriété privée d’une oligarchie.

    14. Un barème d’imposition proportionnel, c’est une façon de faire absolument correcte. C’est aussi aller dans le sens de la justice sociale. En revanche, il n’est pas correct pour vous, M. Khodorkovski, qui êtes devenu riche en spoliant la population, et qui avez emmené votre fortune à l’étranger, de faire valoir quoi que ce soit à ce sujet. Dans quel pays avez-vous payé vos impôts ? En Suisse ? En Angleterre ? Aux États-Unis ? Pourquoi ne pas rendre à ceux que vous avez volés ? Commencez par vous-même : payez des impôts en Russie. Ou vous faut-il pour ce faire devenir d’abord président ? Un oligarque qui vous ressemble a tout récemment prodigué à l’électorat du pays voisin le même genre de serment. Son nom est Petro Porochenko. Il a juré de donner à la population de l’Ukraine le produit de tout ce qu’elle avait semé par son labeur éreintant ! Mais il n’est pas pressé. Commencez donc par vous-même ! Montrez au monde une image de ce « contribuable responsable » ! Alors, peut-être quelqu’un (s’il est vraiment naïf) sera-t-il également porté à vous croire.

    15. Le libéralisme comme vous le comprenez, M. Khodorkovski, est une illusion absolue. C’est une fausse doctrine, qui ignore complètement Dieu, l’esprit, la culture, l’humanité, la société, et, s’agissant de l’individu, n’attache d’importance qu’à ses intérêts privés matériels et au domaine financier, une importance primordiale. Le libéralisme, compris de cette manière, est absolument incompatible avec la liberté d’origine : comment quelqu’un peut-il être libre, si la société dans laquelle il vit est un esclavage du taux d’intérêt, une servitude de la dette à l’égard de l’oligarchie financière internationale et de ses superviseurs locaux ? Si toute vie humaine est subordonnée à la recherche et au renforcement de ses avantages matériels, et si le relevé du compte bancaire est seul un critère ? Aujourd’hui, le libéralisme est une idéologie totalitaire, et c’est par sa diffusion que les États-Unis construisent leur hégémonie mondiale. Il est inacceptable pour la Russie, sous quelque forme que ce soit : ni acceptable en politique, ni sur le plan économique, ni sur le plan juridique. Cela est extrêmement important. Pour vous, M. Khodorkovski, le libéralisme est la vérité ultime, et le développement national, comme la justice sociale, sont bons pour le populisme. Mais en Russie, le libéralisme est condamné, il n’est acceptable, ni pour la droite, ni pour la gauche. C’est une idéologie coloniale, qui va à l’encontre de notre identité russe. En essayant de détruire cette identité, au nom de la célébration de l’idéologie libérale, vous détruisez aussi la Russie. J’en suis venu à penser que c’est là votre but ultime.

    16. Un État à orientation sociale, fondé sur des valeurs chrétiennes, c’est le but, un point de référence, et la stratégie des vrais patriotes russes. Dans la réalisation de cet objectif, la « droite » comme la « gauche », les partisans de la monarchie comme ceux du socialisme, peuvent s’unir en toute liberté. Et, bien sûr, cet État doit être fondé sur un strict respect des préceptes de la loi. Mais vous, quelle relation avez-vous avec tout cela ? Après tout, il ne vous est besoin que de tenter les gens pour qu’ils soient maintenant enclins à écouter des mots d’ordre tels que création « d’un État national à vocation sociale » (sans qu’ils comprennent comment il sera possible de construire cet État « national » à la place de l’Empire russe vieux de plusieurs siècles, au sein duquel des centaines de nations vivaient en paix et se développaient). Vous nous jetez cet os, à nous le peuple russe. Mais les Russes ne sont plus le troupeau confiant qui, au cours du siècle passé, a, par deux fois « tâté du bec » des promesses « de lait et de miel », et, pour résultat, n’a fait que répandre des océans de sang. J’espère sincèrement que nous avons appris quelque chose et que nous réussirons à distinguer le vrai de ce faux enveloppé dans un bel emballage. L’État national à vocation sociale, c’est tout sauf vous, les oligarques, valets de pied des Rothschild. Laissez cela, M. Khodorkovski, laissez les questions nationales et sociales : ce sont là des concepts qui exigent des mains propres et une biographie irréprochable.

    La guerre est la tragédie qu’il est parfois impossible d’éviter

    17. Les États-Unis et l’hégémonie américaine sont en guerre. Nous le voyons en Libye, en Syrie, en Irak et en Afghanistan, en Ukraine. Partout, les États-Unis contribuent à mener à bien des « révolutions de couleur ». Des fascistes, des extrémistes, des fondamentalistes arrivent au pouvoir. Être le défenseur des États-Unis, de l’Occident et de l’OTAN signifie se faire l’assistant des fascistes, l’avocat de la guerre. Cette guerre, c’est contre toute l’humanité qu’elle est menée, cette humanité qui ne souhaite pas vivre selon les règles américaines et servir docilement et servilement les intérêts de l’oligarchie financière mondiale.

    18. Cette guerre est menée contre la Russie, contre l’Ukraine. Ces héros, qui se lèvent pour la défense du monde russe qui se bat en Novorossia, ils ne voulaient pas de cette guerre. Ils voulaient la paix. Mais la paix ne peut pas être acquise au prix de la liberté et de la dignité. Selon les conditions imposées par la junte néo-nazie portée au pouvoir à Kiev par vos maîtres, M. Khodorkovski, et que vous soutenez vous-même personnellement, la vie n’est pas une vie, et la paix n’est pas la paix. Des Russes, en Crimée comme en Novorossia, se sont levés pour la liberté et la justice, pour le droit à un développement national, pour la langue et la culture. C’était la guerre contre la guerre. Vos appels à la paix ne sont pas de la simple hypocrisie, ils sont de la traîtrise. Comme tout le reste, au demeurant. Nous sommes tout simplement d’un côté différent de la ligne de front, et, pour moi, qui ai pris une part active dans les opérations militaires en Novorossia, vos paroles sonnent comme des appels de l’autre côté : « Russe, abandonne. Il y aura une paix ! Tu as été trompé ! ». En conditions de combat, il ne peut y avoir qu’une seule réponse à un tel appel. Devinez laquelle. Le problème de la Russie d’aujourd’hui n’est pas qu’une guerre serait (comme vous dites) le « pilote » du régime. Au contraire, Poutine a fait tout son possible et fait tout son possible pour éviter une « grande » guerre (la petite, les USA l’ont déjà lancée par les mains de Kiev, et elle se poursuit en prélevant chaque jour son lot de vies humaines). Reprocher aux autorités de la Russie de ne pas laisser le monde russe à la merci du destin, c’est parler de manière blasphématoire. À défendre cette thèse, vous trouvez certes l’appui de l’élite compradore occidentalisée qui, régulièrement, convie à des « marches pour la paix » anti-russes, mais vous devez dire au revoir pour toujours à ceux qui se tiennent du côté de la Russie historique et de la justice sociale, ce qui est le cas d’une grande majorité des gens. S’agissant de la Crimée et de la Novorossia, vous êtes dans l’autre camp : l’une comme l’autre, maintenant plus que jamais, se rallient aux Russes, en soutenant inconditionnellement les pas décisifs que Poutine fait dans cette direction.

    La mobilisation nationale

    19. Les autorités agissantes ont amené la Russie au seuil d’une percée décisive vers l’indépendance, un pouvoir et une liberté qui sont capables de la faire sortir de la zone d’influence directe de l’hégémonie américaine. Malheureusement, c’est là mon jugement privé, la percée en question se trouve manifestement ralentie (je soupçonne vos partisans, secrets et manifestes, d’en être la cause, eux qui ont encore un énorme ascendant, grâce aux richesses volées et à l’influence dans les hautes sphères de la politique interne qu’ils ont achetée grâce à ces richesses). Certaines hésitations, quant à la nécessité d’avancer plus avant, sont visibles également. Mais les gens du pays, eux, y sont tout à fait prêts, et cela vous fait peur. C’est là qu’intervient cette hystérie concernant la menace d’un « protectorat chinois ». La « menace chinoise » n’est à ce jour qu’une théorie. À l’inverse d’un protectorat à visage découvert des États-Unis, tel qu’il a été établi sur la Russie en raison de la trahison de Gorbatchev et d’Eltsine. Ce protectorat est une réalité de la vie. La principale menace pour la souveraineté de la Russie, c’est l’impact agressif que pourrait avoir l’oligarchie financière mondiale, effrayée par la possibilité de perdre la Russie du fait d’un simple creux de décantation de « l’économie coloniale ». La menace pour la Russie est aussi dans sa cinquième colonne, dont vous êtes l’un des idéologues.

    20. L’oligarchie financière mondiale se bat désespérément et frénétiquement contre une renaissance de la Russie. Si la Russie résiste, elle a de l’avenir, elle fera retour à l’histoire, et elle gagnera. Mais si l’agent commercial de l’oligarchie financière mondiale, qui hait tous les Russes (comme vous), arrive au pouvoir en Russie, nous échouerons dans un gouffre, en comparaison duquel l’ère des gangsters des années 1990 semblera un jeu d’enfants. Ce sera la désintégration du pays, avec tout ce que cela implique, sous forme de guerres, de pauvreté généralisée, de faim, d’épidémies et de catastrophes d’origine technologique à grande échelle. Voilà ce qui nous attend dans cette boite. Comment de telles choses se passent, à ce jour, j’ai eu l’occasion de l’observer personnellement sur une échelle beaucoup plus petite, plus d’une fois, et pas seulement deux. Tout récemment, en Ukraine, où les « cerises » sont encore à venir. Après tout, M. Khodorkovski, votre intention est d’aider l’Occident à détruire à nouveau ce que Poutine, dans les années 2000, a commencé à restaurer. Mais vous n’y parviendrez pas, parce que nous sommes Russes, et que Dieu est avec nous ! L’oligarchie financière mondiale, les prêtres de Mammon, s’étant mis à la place de Dieu et entendant diriger pour leur propre compte les destinées du monde, sont allés trop loin. L’hégémonie américaine s’effondre, comme un colosse aux pieds d’argile. L’Occident s’effondre. Ses populations autochtones s’éteignent. Les pays européens deviendront musulmans d’ici vingt ans. La culture chrétienne y est reléguée à la périphérie de la vie publique. La Chine est devenue officiellement la plus grande économie du monde. Les États-Unis ne sont pas en mesure de payer leur énorme dette nationale, ils sont eux-mêmes secoués par des troubles sur les terrains racial et social. Dans son agonie, l’Ouest ne sème sur le monde que chaos et destructions, sang et souffrances. C’est dans un autre sens que nous devons aller, vers une renaissance de la Grande Russie, envers et contre toutes les menaces et tous les appels. Un gigantesque virage a déjà été opéré à cet égard : Poutine a de nouveau assemblé la Crimée et la Russie, et personne ne sera en mesure de nous la prendre !

    21. Vous avez commencé à parler des exploits russes, mais vous les avez réduits à la sobriété et au travail. Probablement croyez-vous que le bonheur futur du peuple russe serait dans un travail d’esclave pour un bol de skilly [2], au seul profit de l’oligarchie financière mondiale que vous représentez. Pour un bol de skilly et pour le genre de « spectacles » de bas niveau que vous offrirez en plus d’une skilly, de ceux qui garantissent le retour de la personne à la condition d’un animal suivant ses instincts les plus simples. Eh bien, dans ce cas, ce sera « seulement en passant sur nos cadavres » ! Les Russes ont de tout autres horizons et de tout autres desseins qu’une soumission muette aux élites occidentales corrompues. Ici, je vais laisser de côté vos thèses, et je vais formuler brièvement notre réponse russe, laquelle est exprimée par une formule simple : « Pour la foi, le tsar et la patrie ». Pour ces concepts sacrés, depuis des temps immémoriaux, les Russes sont allés mourir, comprenant parfaitement que se battre pour ces concepts, c’est se battre pour eux-mêmes et pour l’avenir. Aujourd’hui, cela signifie une loyauté très concrète : à l’Église orthodoxe russe, et au commandant suprême de l’État russe, Vladimir Vladimirovitch Poutine.

    22. Au cours des quinze dernières années, la Russie s’est préparée à une percée dans le grand avenir russe. À présent, il est temps de la faire.

    Igor Strelkov
    Traduit par Goklayeh pour vineyardsaker.fr

    Notes de traduction

    [1] La « oumma » (Ummat islamiyya, « la Nation Islamique ») est la communauté des musulmans, indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent.

    [2] Nourriture légère présentée sous forme de bouillie liquide, de gruau ou de soupe, communément fabriquée à partir de farine d’avoine, et traditionnellement servie dans les prisons et les hospices.

    Source : Igor Strelkov replies to Mikhail Khodorkovsky (vineyardsaker, anglais, 20-10-2014)

    http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/23/lire-absolument-reponse-digor-strelkov-mikhail-khodorkovski/#more-6324

    http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/10/29/30855956.html

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    30 octobre 2014 à 9 09 42 104210
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    Merci Bidi pour cette info. J’ai vraiment savouré « la réponse de Strelkov ». Une description de la situation tellement exacte qui encourage à garder une position de défense sans encourager les attaques.

    André Lefebvre

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    30 octobre 2014 à 11 11 55 105510
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    Je m’associe au commentaire d’André pour remercier Bidi des textes mis à la disposition des lecteurs et lectrices des 7duquebec. Je me suis délecté à la lecture du texte de Strelkof. Entre de nombreuses autres choses, j’ai particulièrement apprécié cette image représentant l’ensemble des nations et des peuples.

    Chaque nation et chaque État sont uniques. Comme une prairie herbeuse est belle des différentes herbes qui la composent et de l’éparpillement des diverses fleurs qui en parsèment l’étendue, ainsi l’humanité est belle dans la floraison de peuples dont chacun est unique, dans la lutte entre les uns et les autres, à celui qui aura « la meilleure place sous le soleil », mais pas dans ce qui rappelle cette « pelouse publique et plate », en laquelle « les hommes universels euro-atlantiques » veulent tout changer. »

    Merci

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    30 octobre 2014 à 13 01 10 101010
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    On peut retrouver, a une échelle réduite, l’évolution de la sociétée Québecquoise des cinquantes dernières années ainsi que de beaucoup d’autres sociétées, ayant subit un nivellement vers le bas.

    Cette partie de la réponse de Strelkov, entre autres :

    ….. identité décomposée sans relâche par ces tares de l’« euro-atlantisme », que la propagande nous assène et voudrait introduire chez nous : débauche sodomite, pédophilie, meurtre d’enfants et de personnes âgées (avortements et euthanasies), toxicomanie, terrorisme, etc., tous bienfaits de ce « nouvel ordre mondial humain ».

    Est toujours d’actualitée et on peut y ajouter; ogm, pharmaceutiques, restrictions de la libertée d’expression, l’état policier, l’industrie de la peur érigé en système, et combien d’autres aberrations…?

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    31 octobre 2014 à 17 05 50 105010
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    Du chaos mondial sortira le nouvel ordre mondiale mais avant il faut bien le produire ce chaos mondial, n’est-ce pas!

    Quoi de plus naturel que l’exceptionnel Amérique et sa force morale indéfectible pour produire ce chaos porteur d’un nouveau monde à venir…

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      1 novembre 2014 à 11 11 30 113011
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      Imaginons un couple couché sur un lit habillé d’une couverture pour se protéger du froid. L’homme représente l’oligarchie planétaire, la femme les peuples de la terre. Chacun tirant sur la couverture de son côté par désir de survie. Et là, aujourd’hui, l’homme le plus fort s’est accaparé de la presque totalité de la couverture ; le peuple est nu. Le peu de la couverture qu’il tient encore entre ses mains, ce dernier s’apprête à lâcher prise, ce qui aura pour conséquence que le bonhomme se ramassera tout seul sur le cul en bas du lit avec sa couverture.

      Cette couverture, imaginons maintenant que cela représente l’or et l’argent physique, les ressources de la terre, et les biens tangibles. L’homme s’imagine que le nouvel ordre mondial reposera sur ces possessions matérielles, mais en réalité, l’or physique n’est qu’une projection extérieure d’un or alchimique intérieur, donc, une illusion.

      Le peuple bien programmé, par l’oligarchie planétaire, croit comme ses pères, que l’avenir de la planète et de l’homme repose sur les possessions de la terre.

      Alors si le mal arrache les possessions matérielles au peuple de la terre, il libère les peuples d’un surplus de poids, et le laisse libre d’accueillir l’or alchimique, l’or véritable, que représente le corps d’immortalité, le corps sans couture, le corps d’éternité, un nouveau corps de lumière, que la tradition chrétienne authentique traduit comme un corps de gloire, de lumière, dénommé « corps christique ». C’est cette transmutation du corps de l’humanité entière qui est en route en ce moment et qui touchera tous les hommes ! Tout cela pour dire, qu’il ne faut pas s’inquiéter, tout est parfait même si de première approche c’est l’enfer, car tout concours, même le gigolo en bas du lit, à la venue de nouvelles civilisations qui n’auront plus rien en commun avec l’ancien ordre, et ce que l’on peut imaginer encore comme un nouvel ordre mondial, ce sera entièrement neuf, absolument.

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    31 octobre 2014 à 20 08 56 105610
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    @Oscar Fortin

    Les États-Unis manquent d’humilité en se plaçant au-dessus des autres, se présentant comme ceux du « bon côté ». Quelle panne d’inspiration de la part d’Obama en déclarant à l’Assemblée générale des Nations Unies « que la Russie représente, après l’Ebola, la seconde plus grande menace pour la stabilité de l’humanité, avant même les terroristes islamiques qu’il place en troisième lieu? »

    Un tel abus de pouvoir m’attriste profondément.

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    1 novembre 2014 à 11 11 50 115011
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    Un autre texte à méditer…

    « SCOOP EXCLUSIF : le rapport classé top secret de la dernière réunion des Bilderberg… »

    Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

    C’est une édition spéciale, très spéciale que je vous propose aujourd’hui. Je vous emmène comprendre la marche réelle du monde, du monde dans lequel nous vivons mais vraisemblablement plus pour très longtemps.

    Je reproduis dans les lignes ci-dessous le compte rendu exclusif de la dernière réunion des Bilderberg, cette réunion qui se tient tous les ans et à laquelle assistent des personnalités de très haut niveau de tous les pays du monde. C’est dans ce genre de cénacle que, depuis des décennies, se façonne le monde de demain.

    Compte rendu rencontre annuelle. Classé Top Secret. À usage exclusif des membres

    Discours de clôture du président de séance

    « Au-delà du capitalisme. Franchir la nouvelle frontière »

    « Si nous poursuivons le maintien du contrôle des masses par le travail salarié classique dans le cadre d’un système bâti sur la production de masse et la consommation de masse avec la solvabilisation des consommateurs par la répartition d’une partie de la richesse créée via le travail, nous avons tous désormais acquis la certitude que la survie à long terme de l’espèce humaine, la sauvegarde et la pérennité d’une biosphère viable et en harmonie avec les activités humaines nécessitaient une réorganisation totale de nos modes de pensée, d’organisation et de production.

    Comme nous le savons tous, en réalité l’objectif que nous poursuivons n’est ni l’accumulation totalement vaine de nouvelles richesses ni même le sauvetage d’un système économique, fut-il utilisé depuis plus de 3 siècles et devenu incompatible avec notre vision du futur.

    L’objectif que nous poursuivons est évidemment celui de la vie éternelle ou en tout cas le passage à l’homme vivant deux siècles et nous rejoignons ici les idées ambitieuses de transhumanisme que nous souhaitons développer, installer afin de favoriser l’émergence d’un nouvel être humain. D’un surhomme. De même que nos technologies nous permettent désormais de posséder des outils dits de « réalité augmentée », nos recherches ont parfaitement abouti en ce qui concerne « l’homme augmenté ». Nos technologies sont parfaitement au point. Nous sommes prêts pour vivre deux siècles. Nos nano-technologies nous permettent de réparer les corps de l’intérieur, le décodage du génome humain nous a permis de comprendre le fonctionnement du vieillissement cellulaire que nous sommes en mesure non pas de stopper totalement mais de ralentir considérablement. Notre maîtrise des cellules souches nous permet de refabriquer à la demande n’importe quel tissu cellulaire ou encore évidemment n’importe quel organe qui deviendrait défaillant.

    Enfin, notre maîtrise du génome humain nous permet aussi bien de sélectionner les patrimoines génétiques les plus adaptés et les plus efficaces, sans oublier le fait qu’en en modifiant certains nous pouvons enfin augmenter aussi bien nos capacités physiques que mentales.

    Nos illustres prédécesseurs des années 30 pensaient naïvement que nous pouvions transposer, pour l’amélioration de l’espèce humaine, les méthodes utilisées pour l’optimisation des races canines par des croisements savamment organisés. Pourtant, ces échecs du « nazisme » nous ont permis d’explorer de nouvelles voies et d’atteindre le succès que nous célébrons aujourd’hui. Nous avons enfin percé les secrets de la vie éternelle, ultime conquête de l’homme devenu enfin son propre dieu et son propre maître. Nous sommes, nous tous ici réunis, les Alpha et les Oméga de ce nouveau monde qui s’ouvre à nous et qu’il nous convient donc de façonner.

    Évidemment, comme vous le savez, cela pose des problèmes de mise en œuvre absolument colossaux et c’était tout l’enjeu des travaux des différentes commissions auxquelles vous avez participé tout au long de ces jours intenses de séminaire.

    Nous avons tous une conscience aiguë du fait que la planète et notre environnement ne peuvent évidemment pas supporter la vie éternelle de dizaines de milliards d’êtres humains qui consommeraient de la même façon qu’aujourd’hui. Nous savons tous qu’une croissance infinie y compris démographique dans un monde fini est une aberration intellectuelle. Nous avons tous compris que diviser le monde en deux castes, celle des mortels et des immortels, serait tout simplement impossible puisque dans un cas nous proposons de vivre et aux autres de mourir, mettant ainsi les masses laborieuses et populaires dans une situation où elles n’auraient plus rien à perdre, hors je vous rappelle que l’outil principal du contrôle des peuples passe par le fait d’octroyer des avantages calculés permettant de donner l’illusion d’une perte en cas de rébellion.

    L’ensemble de ces données rendent le déploiement des technologies d’immortalité et d’amélioration de l’homme tout simplement impossible pour le moment.

    Les groupes de travail ont donc soumis un certain nombre de propositions qui ont été discutées par le grand comité. Je vais donc vous livrer ici les mesures les plus importantes qui ont été votées à l’unanimité conformément aux usages de notre charte par nos Grands Maîtres. Il vous reviendra d’appliquer et de mettre en œuvre chacun, dans vos pays respectifs et zone géographique d’influence, les décisions suivantes.

    L’objectif initial est donc la dépopulation massive en protégeant au mieux l’environnement, ce qui revient à exclure du champs de nos possibles tout usage des armes nucléaires qui reviendrait à infliger certains dommages irréparables à notre si petite planète. Les moyens dont nous disposons sont peu nombreux mais leur efficacité cumulée est certaine puisque en rentrant en résonance nous obtiendrons ce que les militaires appellent un « effet multiplicateur de force ». Il s’agit du triptyque effondrement économique, guerre civile et épidémies massives. L’utilisation de ces trois outils devrait nous permettre à terme de réduire la population mondiale de 7 à 10 milliards d’habitants. Nous pensons qu’atteindre notre objectif de 500 millions d’êtres humains en vie est illusoire et que malgré tous nos efforts de réduction, des poches de survivants subsisteront un peu partout à travers la planète. Néanmoins, ces poches ne devraient pas nous poser de problèmes majeurs, en tout cas dans un premier temps puisque leur désorganisation, leur isolement et leur incapacité à maîtriser l’ensemble des techniques ne serait-ce qu’actuelles en raison de leur faible nombre devraient limiter considérablement leur pouvoir de nuisance. Nous pensons qu’en quelques années beaucoup disparaîtront et que le peu qui subsisteront retourneront plus ou moins rapidement à l’état sauvage en quelques générations. Tout regroupement qui nous menacerait serait, dans tous les cas, traité de façon rapide.

    Notre principal ennemi historique à la mise en œuvre de notre plan était évidemment les États nationaux. La mondialisation, la globalisation, les instances européennes, l’immigration massive ont été autant d’outils que nous avons utilisés avec un immense succès depuis 30 ans et désormais les identités nationales ou les sentiments d’appartenance ont été considérablement réduits, de même que les sentiments patriotiques. L’argent et la possession sont devenus les valeurs cardinales du plus grand nombre. La politisation des masses s’est considérablement réduite, les nations, comme nous le souhaitions, sont devenues fragiles et peuvent désormais être déstabilisées de l’intérieur.

    Nous devons donc poursuivre avec constance la politique immigrationniste permettant de faire venir des masses considérables de pauvres du Sud dans des pays du Nord appauvris. Nous devons avec constance faire monter l’islam le plus radical afin d’attiser au maximum les haines et la désunion des peuples. Lorsque nous provoquerons l’effondrement économique, alors le communautarisme le plus absurde que nous avons développé dans chaque pays conduira la plus grande partie de ces pays vers des guerres civiles de grande ampleur où chaque communauté se chargera pour notre compte de tuer le plus grand nombre des membres de la communauté adverse. Noirs contre blancs aux USA, musulmans contre chrétiens en Europe, ces guerres civiles auront l’immense avantage de détruire les hommes sans que des affrontements entre pays dégénèrent en guerre nucléaire mondiale. Enfin, lorsque les guerres dévasteront les pays, nous en profiterons pour amplifier la diffusion de virus comme notre projet de e-bola 2.0 modifié génétiquement que nous testons actuellement avec efficacité puisque nous obtenons de précieuses données épidémiologiques, sociologiques (comportement des individus face à la maladie) mais nous visualisons également notre capacité à saturer des systèmes de soins qui seront, dans tous les cas, déjà considérablement dégradés par les guerres civiles que nous aurons créées sur l’exemple de la guerre entre les deux Ukraines.

    L’ensemble de ces éléments, l’impréparation des peuples, leur dépendance vis-à-vis de tous les systèmes supports les rendront particulièrement vulnérables à nos différentes actions. L’effondrement économique devrait rapidement se propager à l’ensemble de la planète. La Chine s’effondrera sous le poids des troubles sociaux et la Russie, qui nous pose encore des problèmes à l’heure actuelle, devrait voir son problème réglé en 2015 comme nous l’espérons, mais disons que pour le moment c’est l’axe Russo-chinois qui oppose la plus grande résistance à notre vision de futur. Nous n’excluons pas, si nous n’arrivions pas à convaincre, à utiliser l’arme de l’assassinat ciblé à l’égard de personnalités refusant notre programme de dépopulation et l’adhésion à notre idéologie de la vie éternelle. »

    Évidemment, pour tous ceux qui ne l’auraient pas compris, ce que vous venez de lire n’a aucun rapport avec la réalité et toute ressemblance avec un ou plusieurs personnages existants serait purement fortuite (ou pas…). Il s’agit bien sûr de science-fiction (ou pas tout à fait…). C’était juste une petite histoire, sortie de mon esprit fertile (ou d’ailleurs…), que je souhaitais vous raconter. Vous pouvez évidemment vous rendormir tranquillement.

    Disons qu’il s’agit juste du point de départ de ce que pourrait être un roman (ou pas…) mais il n’en demeure pas moins que, comme toute histoire, cela pose de véritables questions.

    La vie éternelle, qui est au cœur de la stratégie d’une société comme Google (dont les liens avec les instances les plus secrètes des USA comme la NSA ou la CIA ne sont plus à démontrer), pose la question de la possibilité de l’accessibilité de tous à la vie éternelle. Peut-on être 10, 20 ou 30 milliards d’humains à peupler la planète et à consommer ? La réponse est bien évidemment négative, alors dans un tel cas forcément hypothétique, que ferions-nous des hommes et des femmes en trop ? Lire ici un excellent article du JDD sur le dernier livre de Laurent Alexandre « la mort de la mort » détaillant la stratégie de Google.

    Le transhumanisme n’est pas une vue de l’esprit, c’est même une idéologie fondamentalement profondément répugnante qui a toujours existé même si elle portait d’autres noms en d’autres temps. Le transhumanisme se développe même de façon relativement transparente à visage presque découvert et finalement, personne n’y trouve tellement rien à y redire, mais que restera-t-il de l’homme lorsque l’homme sera scientifiquement amélioré pour devenir un surhomme, et cela ne vous rappelle-t-il toujours rien ?

    Autre question, on commence enfin à parler quelque peu du ravage que va provoquer l’arrivée de la robotique, et France 2 a même consacré un reportage à ce sujet au JT de 20 heures d’hier sur cette étude qui annonce la disparition de 3 millions de postes en France d’ici 2025 – mais je peux vous assurer que ce sera beaucoup plus et beaucoup plus vite – et qui nous donne vite une raison d’espérer en allant nous montrer une entreprise de aéronautique qui a même embauché en même temps qu’elle installait… un robot !

    Tout cela nous amène à deux questions de fond. La première c’est que factuellement, en supprimant tous les postes et le maximum de travail pour optimiser les gains, les entreprises finalement se tirent toutes une balle dans le pied à terme puisque évidemment, il n’y aura plus de consommateur solvable et donc de profit alors pourquoi poursuivre cette politique, d’où l’idée qu’en réalité le système ne cherche pas à se sauver mais à se « dépasser » et, désormais, la frontière de partage entre les riches et les pauvres n’est plus tant l’argent que l’accès à la vie éternelle.

    Autre grande question, corollaire des premiers éléments, vous ne pouvez pas ne pas voir que l’homme voit son « utilité marginale » s’effondrer. Mao disait qu’un homme c’était une bouche à nourrir mais deux bras (pour travailler). Calcul économique simple mais fondé. L’homme avec ses deux bras c’est une « force de travail ». D’ailleurs, toute notre économie est basée sur ce type de postulat. Pourtant l’on voit bien que l’homme devient inutile et le deviendra d’autant plus que les nouvelles machines qui arrivent permettront de tout faire ou presque sans intervention humaine. Les humanoïdes pourront nous remplacer pour 95 % des tâches, alors que restera-t-il à l’homme ?

    Si j’aimerais croire à la capacité de l’humanité de partager et de dépasser tous ses défauts, soyons raisonnables, l’histoire humaine prouve qu’il y a assez peu de chance que nous vivions dans un monde de Bisounours où tout le monde serait gentil et où personne ne manquerait de rien… Alors que faire de tous ces bras en trop devenus parfaitement inutiles, je dirais même obsolètes. Comment régler le problème pourrions-nous dire pudiquement.

    Si nous poussons au bout les raisonnements « environnementalistes » et « transhumanistes », il apparaît logiquement que seule une politique drastique de dépopulation viendrait à bout des problèmes auxquels nous sommes confrontés et ces raisonnements, aussi odieux soient-ils, sont intellectuellement imparables. Nous sommes devenus trop nombreux, la planète ne peut pas supporter le nombre d’humains actuel dans le système économique actuel, notre empreinte écologique est insupportable et nous n’avons plus du tout besoin de main-d’œuvre. Enfin, nous pourrions presque vivre éternellement, or la quête de l’éternité est évidemment une tentation humaine depuis la nuit des temps.

    Alors bien entendu, tout cela est de la fiction pure… et pourtant… Si Mao disait qu’une bouche à nourrir c’était deux bras utiles, aujourd’hui il dirait qu’une bouche… c’est toujours une bouche de trop, surtout quand il y en a 7 milliards et que leurs bras, bientôt, ne serviront plus à rien. Et Mao, ce grand humaniste, qu’aurait-il fait dans un tel contexte ?

    Il est déjà trop tard. Préparez-vous et restez à l’écoute.

    À demain… si vous le voulez bien !!

    Charles SANNAT

    http://www.lecontrarien.com/scoop-exclusif-le-rapport-classe-top-secret-de-la-derniere-reunion-des-bilderberg-28-10-2014-edito?utm_source=Le+Contrarien+Matin&utm_campaign=8e9eccafdc-daily_newsletter_2014_10_28&utm_medium=email&utm_term=0_b6dd3f3e5f-8e9eccafdc-45294689

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