Votre corps appartient-il à l’État ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Votre corps appartient-il à l’État ?

Est-ce qu’on devrait rendre le don d’organes obligatoire à votre décès ?

Est-ce qu’un don obligatoire est vraiment un don ?

Un corps sans vie a-t-il droit à son intégrité ?

Actuellement, une majorité de Québécois sont en faveur des dons d’organes, mais à peine une personne sur deux signe sa carte pour autoriser le prélèvement d’organes en cas de décès.

Consentement présumé ou non

En France, le consentement est présumé. Il faut inscrire son refus si on ne veut pas un prélèvement d’organes. On présume que les gens veulent donner leurs organes.

Au Québec, c’est le contraire.

Plusieurs médecins d’ici pensent que les gens devraient être donneurs à moins de signer leur carte pour refuser. D’autres affirment qu’au niveau éthique, c’est la personne qui doit décider de ce qu’elle veut faire de son corps.

Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, ne croit pas que le système de consentement présumé soit la solution pour avoir davantage de donneurs; ce qui augmente l’efficacité des dons dépend davantage de l’organisation des services dans les hôpitaux que le consentement présumé. Bien des lacunes existent dans les hôpitaux pour identifier les donneurs potentiels dont la mort est imminente. Procéder à une transplantation n’est pas si simple : les organes de très peu de donneurs sont utilisés pour des transplantations, plusieurs sont refusés parce qu’ils sont porteurs d’une maladie, ou identifiés tardivement.

Selon Transplant Québec, un malade qui a besoin d’un rein attend en moyenne 1 175 jours ! Un seul donneur peut sauver huit vies ! En 2013, cinq cent trois personnes ont bénéficié d’une transplantation, et ce, grâce à la générosité de cent soixante-cinq donneurs, une hausse de 37 % comparativement à 2012. Plus d’un millier de personnes demeurent toujours en attente d’une transplantation.

Vu sous cet angle, on comprend l’importance de faire don de ses organes. Une noblesse aussi dans cette décision qui permet à une autre personne de vivre. En plus, l’État récupère des sommes importantes avec l’augmentation des donneurs diminuant ainsi les coûts d’hospitalisation et de médicaments des malades en attente d’une transplantation. Par exemple, pour chaque personne sous dialyse qui reçoit la greffe d’un rein, Québec évalue une économie de 400 000 $ pour le système de santé, étalée sur dix ans. Un point important pour tous les citoyens puisque le système de santé, c’est nous.

Néanmoins, la fin ne justifie pas les moyens. Un don doit rester volontaire, sinon il cesse d’être un don. Je crois qu’il appartient à chacun de décider ce qu’il veut faire de ses organes. Les gens sont assez intelligents pour décider par eux-mêmes.

Il y a quelque chose de gênant dans le fait que l’État puisse considérer que les organes d’une personne lui appartient seulement parce qu’elle n’a pas rempli un formulaire.

Que faire des gens qui veulent se faire incinérer et qui ont négligé d’inscrire leur refus ?

De plus, lorsqu’une chose devient obligatoire, il y a souvent abus avec le temps. C’est dans la nature humaine. Il faut éviter la marchandisation des corps.

Lorsqu’une catastrophe se produit, on déploie de grands efforts pour retrouver les restes d’un corps pour l’identifier. On reconstitue son identité; même déchiqueté, le corps est considéré comme une entité globale.

Selon le Code civil du Québec, notre corps nous appartient même après la mort.

Il appartient à chacun de réfléchir soigneusement au choix de donner ou non ses organes.

Personnellement, je suis pour en autant que je le fasse en toute liberté, sans obligation. Je peux garder ainsi ma liberté d’action, mon intégrité, mon pouvoir intérieur. Donner avec conscience, c’est tout.

Trois façons de s’inscrire au Registre des consentements au don d’organes et de tissus 

1) Il suffit de signer le formulaire Consentement au don d’organes et de tissus qui vous sera envoyé par la poste, avec l’avis de renouvellement de la carte d’assurance maladie. Il est aussi possible de le commander par téléphone auprès de la RAMQ   L’information transmise à la Régie sera conservée de façon confidentielle. Au moment opportun, Transplant Québec et Héma-Québec pourront rapidement vérifier, à la demande d’un médecin ou d’une personne autorisée, si votre consentement est enregistré.

2) Signer l’autocollant et l’apposer au dos de votre carte d’assurance maladie. L’autocollant est envoyé en même temps que la carte d’assurance maladie.

3) Faire inscrire votre décision dans le Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Chambre des notaires du Québec via votre testament ou le mandat d’inaptitude. Ce consentement sera par la suite inscrit dans un registre conçu à cette fin par la Chambre des notaires du Québec.

Carolle Anne Dessureault

SOURCES :

http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal/actualites/archives/2014/04/20140418-215606.html

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201404/22/01-4759888-dons-dorganes-des-lacunes-dans-les-hopitaux.php

 

 

 

 

 

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d’argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l’épanouissement de la personne par la pratique de l’attention vigilante : la pleine conscience.

21 pensées sur “Votre corps appartient-il à l’État ?

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    1 mai 2014 à 7 07 13 05135
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    « Par exemple, pour chaque personne sous dialyse qui reçoit la greffe d’un rein, Québec évalue une économie de 400 000 $ pour le système de santé, étalée sur dix ans. Un point important pour tous les citoyens puisque le système de santé, c’est nous. »

    Quelle raison humanitaire!!! Mon coeur en saigne…

    Le système de santé ce n’est pas nous; nous n’en sommes que le « troupeau de base » du commerce en question. Cette raison pécunière présentée en est la preuve.

    Je n’appartiens pas à l’État; c’est plutôt lui qui m’appartient.

    « Que faire des gens qui veulent se faire incinérer et qui ont négligé d’inscrire leur refus ? »

    Qu’on les brûle!!! 🙂

    J’ai tellement confiance en notre système social et leur dirigeants que si je signais un tel consentement, je devrais mettre une serrure à ma porte de chambre et avoir un chien de garde derrière cette porte. Pour me justifier avec le même raisonnement qu’emploient les défenseurs de cette notion, je dirais: « Au prix que coûte la viande… »

    Certain me demanderons: « et toi si tu avais besoin d’un rein pour vivre? » je répondrais que je n’ai pas besoin d’un rein pour mourir et comme tous vont mourir de toutes façons…

    André Lefebvre

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    1 mai 2014 à 9 09 19 05195
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    Merci André
    Ce paragraphe exprime clairement ma pensée.
    (J’ai tellement confiance en notre système social et leur dirigeants que si je signais un tel consentement, je devrais mettre une serrure à ma porte de chambre et avoir un chien de garde derrière cette porte. Pour me justifier avec le même raisonnement qu’emploient les défenseurs de cette notion, je dirais: « Au prix que coûte la viande… »)
    Une auto neuve d’une valeur de $30,000. Vaut probablement $120,000. en pièces détachées.
    En suivant ce raisonnement un homme mort vaut 4 fois plus qu’un vivant. C’est en pensant à cela que ton paragraphe prend toute sa valeur.
    Naturellement les premiers servies avec ce lot de pièces de rechanges serait encore les mêmes soit les riches et Puissants qui seraient les premiers bénéficières et surtout recevraient les meilleurs pièces.
    Poser vous la question entre un organe venant d’un donneur de 20 ans et celui d’un homme de 75 ans lequel aimeriez-vous recevoir?
    Entre le pauvre et le riche qui l’aura ?
    Proverbe Chinois
    L’homme sage prend ses propres décisions. L’homme ignorant suit l’opinion publique

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    1 mai 2014 à 10 10 01 05015
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    @André Lefebvre
    @Poivre de Cayenne

    Deux réflexions pertinentes.

    Je suis POUR la liberté de décider de signer ou pas. CONTRE l’obligation de le faire ou d’inscrire notre refus (on pourrait l’oublier).

    C’est certain que tout le monde préférerait les organes d’un corps de 20 ans. Je ne pense pas que les jeunes se préoccupent beaucoup de signer un consentement. Ils ont la vie devant eux.

    Dans un système – comme en France par exemple – de consentement présumé, je crains éventuellement des abus, entre autres, le marché noir d’organes puisque celui-ci existe déjà dans l’illégalité…. dans un système permissif, il risque d’y avoir de belles horreurs.

    Cela dit, ce choix doit rester un choix individuel.

    Bonne journée,

    Carolle Anne Dessureault

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      1 mai 2014 à 12 12 13 05135
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      Bonjour Carolle,
      Tu as tout compris

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        1 mai 2014 à 13 01 34 05345
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        Je retourne le miroir.

        CAD

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      1 mai 2014 à 13 01 28 05285
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      Je suis évidemment pour la liberté; en fait, je suis pour la liberté sur tous les sujets et à tous les niveaux. Donc la question ne se pose pas pour moi. Le problème reste toujours: les responsabilités individuelles face à cette liberté individuelle.

      Personnellement, je n’accepterais pas le don d’organe d’une autre personne puisque je n’accepterais pas de donner un organe. « Too bad » pour le $400,000 échelonné sur 10 ans. 🙁

      Par contre je suis quasiment certain de ne pas survivre 10 ans dans une telle situation.

      André Lefebvre

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        1 mai 2014 à 13 01 32 05325
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        Ouf,c’est juste en tout cas. Mon ex belle-soeur a attendu douze ans pour une greffe de foie. Elle l’a finalement obtenue à l’été 2013. Ces années d’attente l’ont beaucoup diminuée, et même avec le nouveau foie, le système pompe difficilement et les effets secondaires sortent de partout.

        Un jour ou l’autre, il faut accepter de mourir.

        Merci André.

        CAD

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    1 mai 2014 à 12 12 01 05015
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    « Certain me demanderont: « et toi, si tu avais besoin d’un rein pour vivre? » je répondrais que je n’ai pas besoin d’un rein pour mourir…  »

    C’est une superbe repartie… Au rythme où « on change de poles et d’épaules », c’est la forme qui est éternelle.

    Pierre JC

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      1 mai 2014 à 13 01 35 05355
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      Très jolie répartie.

      Je fais remarquer cependant qu’il est facile de penser de cette façon quand on est en bonne santé.

      Pouvons-nous vraiment savoir ce qu’une personne en attente d’un organe ressent ?

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        1 mai 2014 à 14 02 44 05445
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        C’était ma répartie.

        Il est indiscutable que c’est facile lorsqu’on est en bonne santé. Cependant, une personne « en attente » de quoi que ce soit ressent un « manque » qui l’empêche de vivre le moment présent et bousille sa vie à chaque jour. Alors imaginer accepter d’attendre un organe pour « enfin vivre ».

        Je vais mourir d’ici quelques années (entre les prochaines 5 et 85 ans); je me demande si je n’irai pas finir mes dernières années à la pêche et à la chasse dans un camp de trappeur abandonné??? 🙂

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          2 mai 2014 à 0 12 00 05005
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          Chez certains peuples, les personnes sur le point de décéder s’en retournent dans la nature, accompagnées par leur famille qui leur fait leurs adieux. Elles attendent la mort dans le silence riche (oiseaux, air, frémissements de feuilles, craquements) de son décor.

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            2 mai 2014 à 7 07 02 05025
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            Une chose est certaine, si je « retourne dans la nature » (ce qui prouve l’état artificiel de notre société actuelle), ce ne sera pas pour « attendre la mort »; ce sera pour enfin vraiment profiter de la vie.

            Amicalement

            André Lefebvre

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            2 mai 2014 à 7 07 49 05495
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            Vos réflexions me font penser à une scène du film Esquimau The Savage Innocents avec l’acteur Anthony Quinn.
            Scène ou ayant eu un enfant il doit un matin abandonner sa mère qui est en pleine santé sur la banquise.
            Ayant son épouse et maintenant un fils il devient impossible pour lui vu sa vie de nomade de pourvoir à toutes ces bouches. Scène très émouvante.
            Lorsque le traineau s’éloigne nous entendons la pensée de la mère qui espère que son corps servira de nourriture aux animaux qui à leur tour nourrirons la famille d’Inuk.
            Pour moi ce que j’ai retenu de cette scène est qu’il faut se battre mais savoir quand lâcher prise.

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    1 mai 2014 à 14 02 56 05565
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    Vous rejetez tous Dieu. Donc, votre nouveau maître c’est qui selon vous? Continuez de refuser de voir la connexion entre ce refus et la dérive que l’on voit s’accentuer de jour en jour. Il n’y a aucune connexion. Vous avez bien raison.

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    • avatar
      1 mai 2014 à 15 03 14 05145
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      Dieu c’est pour les pauvres, l’argent c’est pour les riches tout comme le système de gestion de la maladie c’est pour les pauvres et le système de remise en santé c’est pour les riches.

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      2 mai 2014 à 0 12 04 05045
      Permalink

      Pourquoi dites-vous que nous rejetons tous Dieu ?

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        2 mai 2014 à 8 08 22 05225
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        C’est également la question qui me vient à l’esprit.

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    1 mai 2014 à 15 03 55 05555
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    Après mûr réflexion je suis prêt à faire une offre.
    A l’âge que je suis rendu je pourrais vendre tout ce que j’ai en double.
    Une oreille $15,000. Un œil $25,000. Bras gauche $55,000. Jambe droite $75,000. Partie gauche du cerveau $35. Pour un total de $170,035. L’acheteur doit tout prendre d’un coup.
    J’accepte s’il ne veut pas du cerveau.
    Après la vente J’espère qu’André m’acceptera dans son camp de trappeur.
    Tu vois Carolle comme tu as raison quand tu mentionne (dans un système permissif, il risque d’y avoir de belles horreurs.)
    Proverbe Chinois
    Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi
    Maudit j’ai manqué une belle occasion

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    2 mai 2014 à 0 12 03 05035
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    @Poivre de Cayenne

    Les proverbes c’est beau … en autant qu’ils ne nous fassent pas manquer l’occasion de les transgresser quelquefois.

    Merci pour votre humour.

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      2 mai 2014 à 6 06 14 05145
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      Seulement qu’à voir comment les humains profiteurs ont su manipulé pour leurs avantages l’Assurance Chômage et le Bien-Être Social deux systèmes instauré avec les meilleurs intentions du monde, pour imaginer comment ils trouveraient toutes sortes de combine avec la légalisation des dons d’organes. Juste à y penser j’ai un petit froid dans le dos.
      Tu as raison quant aux proverbes,
      comme tout autres règles il y a toujours des exceptions.

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    25 janvier 2015 à 9 09 55 01551
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    Pour moi la solution est simple: pour avoir la carte soleil, il faut obligatoirement répondre à la question de don par Oui ou Non (au même titre que prendre une photo et confirmer l’adresse). Comme ça aucune présomption n’est possible.

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