La dynastie des Ming

céramique chinoise et littérature de la dynastie Ming

 

Un oeil sur … la Chine
Carolle Anne Dessureault :

Considérée comme l’une des plus grandes périodes de gouvernement efficace et de stabilité humaine, les Ming vont régner sur la Chine de 1368 à 1644. La dynastie Ming est la dernière dynastie chinoise à être dominée par les Han !

Rappelons qu’avant l’arrivée des Ming, les Mongols, sous la direction de Gengis Khan, repoussent les Jin du Nord en 1205 et s’emparent du pays. Gengis reste le maître jusqu’à sa mort en 1227. Les Song du Sud parviennent à conclure une alliance avec les Mongols, pourtant brusquement rompue par une attaque lancée par le petit-fils de Gengis Khan, Möngke, appelé le khan suprême des Mongols, qui deviennent maîtres du Nord de la Chine en 1251. Quelques années plus tard, Kubilai Khan, le frère de Möngke, poursuit les assauts contre les Song du Sud et fonde la dynastie Yuan. Ses armées vaincront définitivement la dynastie des Song du Sud en 1279, unifiant la Chine sous la dynastie Yuan, jusqu’à la conquête des Ming en 1368.

Toutes ces grandes dynasties finissent toutes par être remplacées. Le dernier empereur Ming, Chongzhen, met fin à ses jours. Une nouvelle dynastie s’installe, les QING, d’origine mandchoue, la dernière dynastie de 1644 à 1912. Pourtant, trois empereurs régneront de 1644 à 1662 au nom des Ming dans le sud du pays.

Revenons maintenant au règne de la dynastie des Ming, dont le mot signifie Lumière.

Afin de suivre plus facilement les empereurs Ming qui ont régné, veuillez consulter la liste ci-dessous. Notons que le nom qui apparaît à gauche est le nom personnel de l’empereur; celui de droite est son nom de règne.

LISTE DES EMPEREURS MING

Nom personnel                                   Nom de règne

Zhu Yuanzhang                                   Hongwu (1368-1398)

Zhu Yunwen                                       Jianwen (1398-1402) petit-fils de Hongwu

Zhu Di                                                 Yonglè (1402-1424)

Zhu Gaochi                                         Hongxi (1424-1425)

Zhu Zhanji                                          Xuandé (1425-1435)

Zhu Qizhen                                         Zhengtong (1435-1449)

Zhu Qiyu                                            Jingtai  (1449-1457)      demi-frère de Zhengtong

Zhu Qizhen                                         Tianshun (1457-1464)   ex-Zhengtong

Zhu Jianshen                                      Chenghua (1464-1487)

Zhu Youtang                                       Hongzhi (1487-1505)

Zhu Houzhao                                      Zhengdé (1505-1521)

Zhu Houcong                                      Jiajing (1521-1567)

Zhu Zaihou                                          Longqing (1567-1572)

Zhu Yijun                                             Wanli (1572-1620)

Zhu Changluo                                     Taichang (1620-1620)

Zhu Youjiao                                        Tianqi (1620-1627)

Zhu Youjian                                        Chongzhen (1627-1644) (suicide de l’empereur)

EMPEREURS DES MING DU SUD

Zhu Yousong                                      Hongguang (1644-1645)

Zhu Yujian                                          Longwu (1645-1646)

Zhu Youlang                                       Yongli (1646-1662)

Empereur Ming Hongwu (1368 – 1398)
C’est en 1368 que Zhu Yuanzhang s’impose comme le premier empereur de la nouvelle dynastie. Excellent général, très scrupuleux, il interdisait formellement à ses hommes de piller, ce qui le rendit populaire auprès des populations qu’il conquit.

Installé à Nankin, sa capitale, il commença par se faire bâtir un palais, et même, à y faire construire son grandiose mausolée. Homme de pouvoir, il reboisait et déboisait pour éviter les glissements de terrains, fit irriguer les terrains agraires. Les Mongols ayant ruiné l’économie du pays, il voulait redonner la prospérité à son pays, ce qui se produisit. L’extrême sévérité de son régime ne put faire cesser la corruption des fonctionnaires et des propriétaires terriens.

Dès le début, l’empereur Ming Hongwu reconstruit la base agricole chinoise, et renforce les voies de communications à travers le système militaire de coursiers ayant comme résultat la création d’importants surplus agricoles pouvant être vendus dans des marchés fleurissant le long des routes des coursiers.

On estime que le rassemblement des classes supérieures au sein de la basse noblesse furent affectées par la nouvelle culture agricole centrée sur la consommation. Parallèlement à l’évolution du commerce, des changements majeurs marquèrent la pensée philosophique, les arts et la littérature.

C’était un ère de commerce ouvert sur l’étranger, avec les Portuguais, les Espagnols et les Hollandais. Un important échange de biens, de plantes et d’animaux entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Le commerce avec les puissances européennes et le Japon entraînèrent un afflux massif d’argent. Le cuivre et les billets de banque furent remplacés. Malheureusement, dans les dernières décennies de la dynastie Ming, le flux d’argent vers la Chine diminua fortement. Le ralentissement de l’économie fut aussi aggravé par les effets du petit âge glaciaire sur l’agriculture, les catastrophes naturelles et les épidémies.

Revenons de nouveau à l’époque du règne de Hongwu, homme assez original. Un fait le démontre bien. En 1391, il est le premier homme connu à utiliser le papier pour des raisons hygiéniques !

Paranoïaque et méfiant, Hongwu était convaincu qu’un complot mettant en scène des fonctionnaires et des eunuques le menaçait. Un grand nombre d’entre eux furent exécutés pour écrits subversifs. En réalité, il se sentait menacé par le pouvoir grandissant des eunuques dans les intrigues de la cour, aussi, il les chassa du pouvoir et fit inscrire sur un panneau que les eunuques ne devaient jamais toucher aux affaires de l’État.

De plus, il supprima la majorité de ses compagnons de route et instaura un système de surveillance de la population où chacun devait surveiller son voisin. C’est aussi lui qui instaura des cartes de résidences interdisant à l’immense majorité du peuple à se déplacer à plus de cinquante kilomètres de son domicile.

Et quand il sentit sa fin proche, il fit éliminer l’ensemble de ses généraux et les responsables de ses polices politiques, enfin, tous ceux qu’il jugeait susceptibles de poser des problèmes à son successeur Zhu Yunwen.

L’empereur Ming Hongwu avait vingt-six fils et pour éviter les rivalités entre eux, il avait instauré le droit d’aînesse. Mais son fils aîné Zhu Bia, mort avant lui, c’est au fils aîné de celui-ci que revenait d’être empereur.

Or, Zhu Yunwen était un lettré et Hongwu, son grand-père, craignait qu’il ne sache pas défendre sa place dans cet empire naissant, fait qui ne tarda pas à se concrétiser.

Une descendance sanglante – Ming Jianwen (1398 – 1402) et Ming Yongle (1402 – 1424)


empereur Yonglè (Zhu Di)

Ainsi, Zhu Yunwen, petit-fils de Hongwu qui prit le nom de Ming Jianwen, ne dura pas très longtemps, à peine quatre années. Très vite, il fut violemment combattu par le puissant fils de Hongwu, Zhu Di, qui allait monter triomphalement sur le trône et se faire appeler Ming Yongle.

Comment s’y prit-il ? Zhu Di était en total désaccord avec la décision de son père de nommer faire monter Zhu Yunwen sur le trône. Lui-même, chef de l’armée, il fit éclater les hostilités. Ming Jianwen eut beau résister en faisant arrêter des associés de Zhu Di, il ne parvint pas à refouler le conflit. Et Zhu Di n’était pas homme à tergiverser. Il prit les grands moyens, c’est-à-dire qu’il fit incendier le palais de Nanjing et l’empereur Jianwen lui-même par la même occasion, sa femme, sa mère ainsi que les courtiers. Tous périrent dans l’incendie.

Après quoi, Zhu Di monta triomphalement sur le trône et se fit appeler Ming Yongle. Les hisstoriens considèrent généralement son règne comme la « seconde fondation » de la dynastie Ming, car il annula de nombreuses réformes de son père. Là où le père était intervenu, le fils renversa les programmes.

Qu’est-ce que l’histoire doit à l’empereur Yongle ? Pendant plus d’une décennie, des centaines de milliers d’ouvriers travaillèrent à la construction de la nouvelle ville de Pékin qui contenait en son centre le pouvoir politique de la Cité impériale dans laquelle s’insérait la Cité interdite constituée du palais de l’empereur et de sa vaste famille.

Un amiral ennuque musulman Zheng He conduisit la puissante marine de guerre et l’armée de métier d’un million d’hommes ! Zheng He était l’ennuque favori de l’empereur.

À cette époque, le transport des céréales vers le nord jusqu’à Pékin était fort laborieux, presque impossible, en raison du système inefficace d’acheminement par la mer de Chine orientale et par les nombreux autres canaux qui imposaient de nombreux chargements et déchargements. Le canal dans le Shandong fut dragué, on y recruta 165 000 ouvriers pour le draguer, et construire une quinzaine d’écluses. C’est ainsi que la ville Suzhou, mieux positionnée, supplanta Nanjing comme principal centre commercial de Chine.

Sous ce règne, se développèrent de grands projets de construction et de restauration. Mentionnons la restauration du Grand Canal et de la Grande Muraille, la fondation de la Cité Interdite à Pékin au XVe siècle. À la fin de cette dynastie, la population s’élevait entre 160 et 200 millions d’habitants.

Entre 1403 et 1419, les chantiers navals de Nanjing construisirent des centaines de navires, dont les grands navires aux trésors, d’une taille impressionnante quoique inconnue, mais d’une longueur supérieur à soixante mètres. Certains spécialistes les évaluent à plus de cent vingt mètres de long. Ces embarcations étaient supérieures à celles de l’Europe. Pourtant, ces voyages diplomatiques cessèrent à la mort de Yongle. La Chine devait concentrer ses efforts au nord pour refouler les Mongols et n’avait d’ailleurs plus les moyens de financer de telles expéditions. Des lois interdirent la construction de grands navires, une décision qui entraîna l’accroissement de la piraterie le long des côtes chinoises. Pendant ce temps, les pirates japonais menaient des raids sur les communautés côtières.

Suite la semaine prochaine sur la dynastie Ming.

 

SOURCES : http://fr.wikipedia.org/wiki/

Liste_des_empereurs_Ming
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_dynastie_des_mingsdu_dynamisme_a_l_isolement.asp
Source : Wikipedia
Le monde de Clio

3 pensées sur “La dynastie des Ming

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    4 avril 2014 à 5 05 59 04594
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    « Un amiral ennuque musulman Zheng He conduisit la puissante marine de guerre et l’armée de métier d’un million d’hommes! Zheng He était l’ennuque favori de l’empereur. »

    Ah quand même… Enfin un vrai homme de guerre dont les admirateurs (masculins) béats n’oseront pas aller dire qu’il « avait des couilles »

    J’adore ce genre d’infirmation historique radicale des métaphores malheureuses…

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      4 avril 2014 à 20 08 43 04434
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      @Paul Laurendeau

      Très bien dit, et puis-je ajouter que ça prenait des couilles pour en faire la remarque !

      Carolle Anne

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    4 avril 2014 à 9 09 44 04444
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    Cette manie de relater en détail des faits dont personne ne peut affirmer la réalité est typiquement occidentale. C’est cette «sale» habitude qui a laissé croire à des millions d’enfants que Gutemberg avait inventé l’imprimerie. C’était obligatoirement vrai puisque écrit dans les livres d’écoles.

    Il en a été de même de l’esclavage dont encore de nos jours les occidentaux ont le plus grand mal à assumer l’héritage alors qu’ils prennent à leur compté les côtés plus « présentables ». La déchéance des anciennes puissances coloniales doit beaucoup à cette éducation faite de perfection.

    Je note que dans votre long « reportage de terrain », il n’y a qu’une fois le mot peuple. Décidément, votre monde et votre Chine ne sont les mêmes que ce que je lis (en version orignale) sur cette époque. Vous ne décrivez que l’élite autoproclamée en ignorant totalement la souffrance de ce peuple quelle que soit l’époque. Dans mes articles, je cite souvent ce gène colonialiste qui aveugle plus ou moins consciemment les populations qui elles aussi ne voient qu’une élite dont elles ne font pourtant pas partie.

    La Chine a été et est autre chose que ces quelques légendes. Il en est de même pour la Chine de Genghis khan dont l’occident a fait une légende. Durant des siècles, l’élite que vous vous plaisez tant à décrire n’a eu aucun poids dans la plupart des régions du sud et de l’ouest de la Chine. Celles-ci étaient au mains de mafias locales et cette situation durera jusque dans les années 1960 pour renaître à partir de 1980 avec la libéralisation prônée par Deng Xiaoping.

    Je vous ai assez ennuyé et vous laisse dans votre monde peuplé de Père Noëls et autre divinités grecques, romaines ou chinoises.

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