Un film sur l’impératrice Cixi de Jean-Jacques Annaud

La Chine, eldorado du cinéma mais d’un accès toujours compliqué

Un oeil sur … la Chine
Carolle Anne Dessureault :

*Texte de Dominique AGEORGES | Agence France-Presse –27 mars 2014

Au delà du nouvel accord de coproduction signé jeudi par le réalisateur Jean-Jacques Annaud avec la Chine, le monde du cinéma compte bien profiter de la visite du président Xi en France pour que l’Empire du milieu assouplisse sa drastique politique de quotas.

Les chiffres sont éloquents: entre 5 et 7 films français sont autorisés chaque année à sortir sur les écrans chinois contre 45 pour les Etats-Unis.

La question des quotas devait être évoquée par François Hollande avec son homologue chinois, assuraient jeudi les professionnels, en rappelant que c’est lors d’une visite d’Etat que le quota de films américains avait été relevé. Il était de 32 films par an précédemment.

Aujourd’hui, les films américains arrivent malgré tout à faire à peu près jeu égal avec les films chinois.

« Entre ces deux cinématographies qui se partagent le box-office, il y a un petit interstice dévolu aux autres cinémas du monde dans lequel le cinéma français a une petite place », déclare à l’AFP Jean-Paul Salomé, président d’Unifrance, organisme de promotion du cinéma français à l’étranger.

L’an dernier, la poignée de films sortis là bas – dont « Un plan parfait » avec Dany Boon ou « Sur la piste du marsupilami » – a attiré 5,2 millions de spectateurs, un chiffre suffisamment élevé pour que la Chine devienne pour la première fois le deuxième plus grand marché pour les films français derrière les Etats-Unis (7,5 millions d’entrées).

Le marché chinois aiguise d’autant plus les appétits qu’il est en forte croissance: une quinzaine de salles s’ouvrent chaque jour pour atteindre 18.000 écrans début 2014, à comparer aux 5.500 français.

Outre les quotas, le monde du cinéma travaille aussi sur la diversité des films. « Il y a une demande pour des films à destination d’un public chinois haut de gamme qui a envie de voir autre chose que des films à gros budget chinois ou américains », poursuit Jean-Paul Salomé, que ce soit dans les salles, à la télévision ou sur les chaînes à péage.

– Développer les coproductions –

Autrement dit des films qui au lieu d’être distribués dans 2.000 à 4.000 salles le seraient dans environ 100 à 200.

Les Chinois sont aussi intéressés « par le système français qui permet d’absorber 200 films américains par an en conservant une part de marché de 25 à 40% de films nationaux », dit encore Salomé.

Le mois prochain, le festival du film français à Pékin sera l’occasion pour lui comme pour Frédérique Bredin, directrice du Centre national du cinéma, de reparler quotas.

Jean-Paul Salomé, qui a pris ses fonctions il y a un an, en sera à son 4e voyage en Chine, souvent accompagné de poids lourds du secteur.

Le CNC a signé en 2010 un accord avec la Chine afin de développer des coproductions avec l’Empire du milieu en qui il voit « un partenaire stratégique ».

L’organisme organisera d’ailleurs en mai des rencontres professionnelles à Cannes avec un atelier de coproduction franco-chinois.

Le réalisateur de la « Guerre du feu » ou de « L’ours » Jean-Jacques Annaud vient quant à lui de finir le tournage en Mongolie chinoise de « Wolf totem » (titre provisoire) tiré d’un best-seller chinois.

Ce film, coproduit par les deux pays, pourra sortir sur un maximum d’écrans en Chine et n’entrera pas dans les quotas. C’est tout l’intérêt des coproductions.

Annaud a signé jeudi un accord stratégique de partenariat avec la Chine « pour deux films dans les trois prochaines années d’un montant d’une quarantaine de millions d’euros ». « Une coproduction exemplaire » pour le CNC.

« Jean-Jacques Annaud et Philippe Nuyl (qui va sortir +Le promeneur d’oiseaux », ndlr) restent des exceptions. Cela demande une vraie connexion avec le sujet », relève Jean-Paul Salomé.

Depuis quelques années, la Chine développe aussi des coproductions de documentaires avec l’Europe.

Comme pour le cinéma, mieux vaut éviter de parler des trois « T » (Taiwan, Tienanmen et Tibet), mais plutôt de la nature ou de l’histoire. Le prochain film d’Annaud s’intéresse à l’impératrice Cixi.

 

 

Une pensée sur “Un film sur l’impératrice Cixi de Jean-Jacques Annaud

  • avatar
    28 mars 2014 à 9 09 27 03273
    Permalink

    « Les chiffres sont éloquents: entre 5 et 7 films français sont autorisés chaque année à sortir sur les écrans chinois contre 45 pour les Etats-Unis. »

    Après vérification auprès de plusieurs sources dont l’ambassade de France, le quota de films occidentaux est de 20 dont une moyenne de 7 films français. Vu le nombre de langues parlées au monde, la France se taille une part non négligeable malgré ce que cet article (l’original, pas la copie) laisse entendre.

    En dehors du quota datant d’un âge que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », mais qui hélas perdure, un autre élément intervient. Il s’agit du doublage des films ou au moins de leur sous-titrage. Il y a en effet plus de traducteurs anglais/chinois que français/chinois, ce même au Québec.

    Un autre aspect est que les films français ne correspondent pas toujours à ce que recherche un spectateur chinois. Cette situation est d’ailleurs la même dans les autres pays où les succès français sont rares en dehors des reprises américanisées.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *