A nouveau, la guerre se profile

Par Eberhard Hamer, professeur d’économie, Allemagne. Le 19.05.2017.

 

«Nous sommes dans une situation de danger de guerre la plus élevée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi n’y a-t-il actuellement pas de marches pour la paix, d’appels pour la paix dans les médias comme dans les années cinquante et soixante? Les réseaux américains qui ont fait chanter Trump et qui ont provoqué ou exploité un incident de guerre, pourraient être assez forts pour provoquer une troisième guerre mondiale. 70 ans de paix semblent nous avoir rendus insouciants. Mais entre-temps, je suis davantage préoccupé par la menace de guerre que par un crash financier.»

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L’ordre donné par le président américain Donald Trump à la flotte méditerranéenne américaine d’attaquer un aéroport syrien a surpris le monde. Jusqu’à présent, Trump était – à l’inverse d’Hillary Clinton ayant annoncé, lors de sa campagne électorale, vouloir entrer ouvertement en guerre en Syrie et en Ukraine – un garant pour la paix. Le fait qu’il ait si soudainement changé de position réside en des raisons de politique intérieure:

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  • La haute-finance américaine et son industrie de pétrole veulent – ensemble avec le Qatar – exclure les Russes (Gazprom) du transfert de pétrole par la Syrie vers la Méditerranée et exploiter elles-mêmes un gazoduc menant du Qatar à la Méditerranée. Cela n’est possible que sans Bachar el-Assad. Mais ce dernier s’est arrangé avec les Russes pour conserver la priorité de Gazprom, mais aussi en leur offrant la possibilité d’installer une base militaire sur la côte méditerranéenne. La puissante haute finance n’abandonne donc pas ses projets, même sous Trump, et ne peut les imposer qu’en éliminant Assad.
  • L’industrie d’armement américaine a financé la campagne électorale de Clinton avec 7,5 milliards de dollars en échange de son accord à se soucier des ventes de matériaux d’armement par une guerre contre la Russie. Aucun président ne peut résister à la pression de la toute puissante industrie d’armement, car elle représente 70% du stock de capitaux de l’économie nationale américaine. Quiconque veut créer un boom économique aux Etats-Unis doit s’occuper à créer des commandes pour l’industrie d’armement, donc provoquer la guerre entre ceux qui utilisent des armements américains.
  • Certaines parties de l’armée américaine croient à l’obligation de confrontations militaires avec la Russie et la Chine pour que les Etats-Unis puissent sauvegarder leur empire du dollar. Après l’élection présidentielle, elles ont traqué tous les collaborateurs de Trump ayant eu des contacts avec la Russie, pour ainsi pouvoir à nouveau présenter la Russie comme l’ennemie principale des Etats-Unis. Par l’attaque contre un allié de la Russie, ils veulent – tant que les Etats-Unis sont encore les plus forts – provoquer une confrontation avec la Russie.
  • La guerre pourrait également représenter la dernière issue pour les Etats-Unis afin d’empêcher le crash financier imminent. Les Etats-Unis sont endettés à hauteur de plus de 20 billions de dollars, ont chaque année plus de 600 milliards de dépenses militaires et des déficits permanents de commerce extérieur. Ils se trouvent donc avec leur empire mondial du dollar devant l’effondrement.
  • Deux fois déjà, les Etats-Unis ont utilisé une crise économique par un boom de l’armement dans deux guerres mondiales pour la montée à l’hégémonie mondiale. Cette fois aussi la direction américaine pourrait tenter de prévenir le crash imminent par une guerre, la guerre employée comme dernière issue de secours pour tenter de prévenir le crash garanti.

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Après la victoire de Trump, nous croyions être protégés d’une aventure militaire des Etats-Unis. Cependant au cours des dernières semaines, tout a changé. Les agressions des va-t’en-guerre en politique intérieure semblent si puissantes, que le président est obligé de s’y soumettre – c’est-à-dire que les Etats-Unis et leur OTAN menacent le monde d’une guerre imminente.
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Jusqu’à présent, il n’est pas prouvé qui a perpétré l’attaque au gaz toxique en Syrie: Assad – comme l’affirment les Américains – ou les rebelles dirigés par les Etats-Unis – comme l’affirment les Russes. Le fait que les réels dirigeants du pays aient immédiatement forcé le président à agir et que les gouvernements satellites européens, sous la conduite de Mme Merkel, aient émis des serments de fidélité et aient condamné Assad avant qu’une quelconque preuve soit établie, ressemble étrangement au début de la guerre contre l’Irak (action sous fausse bannière ou False Flag Operation).
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(Traduction Horizons et débats)

Essais atomiques américains menés dans les années 1950 et déclassifiés début mars 2017
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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant ouvrier depuis 40 années.

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