ALGERIE. Recrudescence de la violence: « la faute n’incombe pas au citoyen ! »

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN

Par NASSER 

CONSTANTINE, Algérie – Dans le cadre de la visite à Constantine du Directeur général de la Sûreté nationale, M. Abdelghani Hamel, plusieurs journaux algériens ont rapporté les déclarations suivantes de ce responsable : «Si nous avons une criminalité galopante, cela veut dire qu’il n’y a pas participation du citoyen» et qu’elle n’est en rien le fait d’une mauvaise couverture sécuritaire ou la conséquence d’un déficit en effectif  ajoutant  «Nous avons un bon maillage territorial. Nous avons une présence en surface qui est permanente »Ceci nous autorise cette réponse.

Le DGSN Abdelghani Hamel. New Press

Un responsable à ce niveau doit mesurer ses propos quand il dirige une institution qui doit protéger les citoyens. Ce n’est jamais le peuple qui est fautif. Si les institutions existent, c’est parce qu’il y a un « contrat social ». S’il y a insuffisance, c’est qu’une partie ne l’a pas respecté. Dans le cas de la criminalité, c’est incontestablement l’État, à travers ses institutions; dans ce cas, la police ! Ce n’est pas au citoyen d’assurer sa propre sécurité ! La criminalité a toujours existé. Il appartient à la police de la combattre.

Le citoyen sait que c’est lui qui la subit et la police est là pour le protéger comme l’exige la loi. La participation du citoyen est, en effet, un acte civique recommandé, mais soumis à des « conditions » qui doivent rassurer ! Ce qui n’est pas encore le cas. Nous pouvons donner des centaines d’exemples précis qui montrent que les policiers ne font toujours pas leur travail. Beaucoup sombrent dans la paresse. Ils n’interviennent toujours pas quand un citoyen les sollicite. Ce ne sont pas des cas isolés du tout. C’est presque une règle. Ils trouvent mille et un motif pour vous éloigner par l’intimidation surtout. Avant même d’exposer votre problème on vous intimide par des « votre nom, prénom, âge, fonction, situation familiale, nom prénom de votre père, mère, etc…» pour vous répondre,  10 minutes plus tard, par des motifs incompréhensibles qui montrent que vous dérangez. Et n’insistez pas ! Vous leurs dites que vous êtes menacé par… réplique par «vous étiez seul, témoins, que lui avez-vous fait…écrivez au procureur…» n’insistez pas.

C’est dans tous les cas de figure, même si vous dénoncez un fait ou une malversation qui exige une intervention immédiate on vous met dans une situation qui vous fait regretter d’avoir été civique ! Ils n’ont pas encore les qualifications qui leur permettent de comprendre qu’ils sont au service des citoyens malgré les fortes augmentations de leurs salaires. Les vols d’appartements ? Mieux vaut ne pas en parler ; c’est la bureaucratie et l’activisme avec zéro résultat ! Le simple citoyen a appris qu’ils n’interviennent que « quand il y a du sang ». Où est donc la prévention ? Est-ce avec ces comportements que le citoyen « participera » ? Et à quoi ? Seuls les agents de circulations sauvent un peu les « meubles » et encore ! Quel que soit le cas que vous leur rapportez, ils s’arrangent pour vous dissuader de continuer votre démarche.

La confiance et l’implication du citoyen ne se gagnent jamais ainsi ! En plus il n’y a même pas à qui se plaindre ! Qu’a fait la police pour ces « bandes » connues qui contrôlent les parkings sauvages, qui font leur loi ou ces commerçants qui accaparent les trottoirs? Elle ne peut pas ? Oh ! Oh !… Par souci de préservation de l’institution, nous ne citerons pas certains faits. Disons que les citoyens évitent d’avoir à faire avec la police, car au courant de faits avérés où des citoyens se sont trouvés dans un engrenage bureaucratique où l’on ne les distingue pas des criminels qu’ils ont dénoncés où, parfois, on les confond avec les faits condamnables qu’ils ont rapportés.

Si les citoyens constatent encore des faits de corruption, de passe-droits ou toutes sortes de faits abusifs restés sans conséquences ou sans sanctions dans la rue, les cités, les institutions et les entreprises, ils ne s’impliqueront jamais ! Les rapports officiels ne rapportent pas toute la vérité ou toutes les causes et ce depuis toujours. J’ai personnellement, été victime d’un abus d’un officier de police, sur mon lieu de travail, dans mon bureau par le fait d’une connivence de ce responsable avec mon Directeur pour une histoire simple de mauvaise relation de travail entre mon responsable et moi. On voulait « m’embarquer » pour m’intimider. D’accord j’ai réussi à mettre en difficulté cet officier par la loi, mais que dire des citoyens ignorants leurs droits.

L’incompétence est réelle au sein de la police et M. Hamel, qui reproche au citoyen son manque d’engagement, sait que ses explications, pour justifier les graves insuffisances de la police, ne tiennent pas devant la réalité que subit ou voit quotidiennement le citoyen. S’il y a regain des activités criminelles ces dernières années c’est à 90 % par la faute des services qui ne font pas (ou ne peuvent pas faire) leur travail, soit par incompétence, soit par complicité, soit par contrainte, soit par infidélité.

On reconnaît, toutefois, que depuis l’arrivée de M. Hamel les policiers sont moins arrogants et un peu plus à l’écoute, mais pas plus.Arriver à proposer de «créer des ponts» entre la société civile et la police, montre que ces « ponts » n’existent toujours pas. La police sait pourquoi. La « police de proximité » ? C’est la police tout court qui est composée des mêmes éléments. C’est donc inutile ! Annoncer la mise en place de dispositifs « spécifiques de sécurité » durant la période du mois de Ramadhan montre aussi que le dispositif actuel est inefficace. Que peut-elle bien faire de plus que de renforcer les effectifs qui garderont les mêmes travers ! Le problème est donc ailleurs.

Vraiment dommage on tourne en rond depuis des dizaines d’années. C’est les mêmes critères de recrutement, les mêmes « méthodes » de recrutement, les mêmes clans d’influence, les mêmes incompétences, les mêmes méthodes de travail et par conséquent les mêmes insuffisances, les mêmes pratiques, les mêmes réactions de rejet des citoyens, les mêmes résultats.

M Hamel le sait, car il a été sollicité pour ses compétences précisément pour réorganiser et mettre de l’ordre dans cette institution. Ses capacités reconnues  semblent montrer ses limites à changer une institution dépassée et déliquescente incapable de comprendre le changement et les objectifs faute de compétences dont on ne veut toujours pas !

Mais la clé est incontestablement là ! M Hamel rendra un grand service au pays s’il réussit à engager et placer les compétences, les vraies, là où beaucoup d’institutions n’y arrivent toujours pas!

NASSER

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Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. – Paul Laurendeau (Ysengrimus)

2 pensées sur “ALGERIE. Recrudescence de la violence: « la faute n’incombe pas au citoyen ! »

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    18 juillet 2013 à 9 09 13 07137
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    « «Si nous avons une criminalité galopante, cela veut dire qu’il n’y a pas participation du citoyen» … »

    Euh…Est-ce à dire que les criminels sont de la classe des dirigeants qui eux, « participeraient » à la criminalité?

    Je suis un peu perdu, là…

    André Lefebvre

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    18 juillet 2013 à 14 02 09 07097
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    Bonne nouvelle ce n’est pas qu’au Québec de nos administrateurs sont corrompus et pourris et se cache derrière un langage de bois.

    Répondre

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