Athée, rationaliste et… solidaire de ma compatriote voilée

types de voiles

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Paul Laurendeau

La lancinante question de tous les types de voiles (incluant la burqa ainsi que le ci-devant « burkini » et tous les hidjab sportifs) est une question simple, traitée, par nos cultures, en jésuite inepte, dans la mauvaise foi ethnocentriste la plus alarmante. Il me semble qu’il y a une différence profonde entre déshériter une femme des biens de son patrimoine parce qu’un code religieux l’exigerait (profondément inacceptable) et susurrer (non sans une certaine condescendance) à des jeunes filles en quête de repères: libère toi, tombe le hidjab… (beaucoup plus délicat). Dans le premier cas il ne faut pas hésiter à répondre avec toute la fermeté requise: haro sur les codes de la famille moyenâgeux. L’égalité des femmes prime. Embrassez nos valeurs ou faites face aux conséquences de la loi. Exemple: un homme veut répudier la femme qu’il vient d’épouser en prétendant qu’elle n’était pas vierge au moment du mariage et que la virginité est, de jure, une exigence matrimoniale «essentielle». Si la virginité est ainsi essentialisée, au mépris de nos juridictions et de notre jurisprudence, le droit de cette femme est ouvertement brimé. Ce n’est pas acceptable. Si ce monsieur n’est pas content, qu’il divorce comme tout le monde et en assume le fardeau de la démonstration sans invoquer des principes n’ayant pas court en république… ou en les invoquant, mais à ses risques juridiques et périls argumentatifs. Ici je considère qu’une femme est directement privée de son patrimoine et de ses droits. Donc, c’est non.

Mais, dans le cas du voile, tout à fait distinct, je dis et redis prudence… il faut savoir laisser la chimie du contact interculturel jouer plus doucement… et savoir miser sur la déréliction, comme prise de conscience graduelle, naturelle, non imposée… et savoir éviter de fabriquer inutilement des martyr(e)s à petit tarif. La rationalité ne se dicte pas depuis la chaire. Elle émerge suite à une vie d’expériences critiques ordinaires. Si, sur la rue où se retrouvent tous les temples en quelque grande cité multiculturelle, je dois signaler mon respect pour le fétiche divin en retirant mon chapeau dans une église mais en le gardant sur la tête dans une synagogue, et si on me laisse vivre ces expériences, à la fois distinctes et semblables, à ma guise et sans encombre, dans une église, puis dans une synagogue, puis, un peu plus bas sur la même rue, cette fois-ci avec mes godasses, dans une mosquée etc… il en résultera inévitablement une relativisation des pratiques coutumières (vestimentaires et autres) entourant le rapport au fétiche divin, et, en dernière instance, la relativisation cruciale de ce dernier de surcroît. Il faut savoir patienter face à ce genre de questions. La patience méthodique, une valeur bien peu en rythme avec la trépidation culturelle contemporaine, s’impose pourtant ici… Le fait fondamental demeure en effet que dicter aux gens comment ils doivent s’habiller n’a jamais été une option très compatible avec un plein respect des droits de la personne. Je n’ai pas besoin de me vautrer bien longtemps dans les chemises brunes et les cols maos pour vendre cette idée criante… Or cela ne se transige tout simplement pas, et cela s’applique clairement à ceux qui imposent le port du voile mais aussi à ceux qui prétendent le retirer d’autorité. Combattre le feu par le feu, c’est bon dans la tactique de la terre brûlée, mais autrement… Les objets vestimentaires, c’est de l’ethnologie profonde, complexe, séculaire, délicate à manœuvrer. Que celui ou celle dont les talons aiguilles et les cravates rigides ne lui donnent pas des maux de dos ou de cou trop criants jette la première pierre… Il s’agit ici d’un choix privé, procédant de la culture intime, et réduire cela à une simple question de laïcité publique, de signes religieux ostensibles, ou, encore pire, de soumission tremblante et mystérieuse à quelque père crypto-tyrannique, ma foi (boutade), cela procède d’un jacobinisme grossier et inique. Tranchons le nœud et cessons de toujours s’en prendre aux mêmes boucs émissaires. Cette jeune femme, ma compatriote au voile, l’enlèvera elle-même de son plein grée, ou ne l’enlèvera pas, sinon ce sera sa fille, sinon sa petite-fille, sinon, eh bien, mes vieux yeux finiront simplement par s’habituer à cette nouvelle impression visuelle monde…

Cette question toute simple devient compliquée uniquement quand on commence à essayer de déguiser nos préjugés ethnocentristes en droits fondamentaux. Comme on l’a souvent signalé aussi: commençons donc par donner aux femmes occidentales une équité salariale réelle et une représentativité politique et professionnelle effective (notre iniquité profonde – tout aussi inacceptable, mais plus banalisée dans notre culture ordinaire, que les codes familiaux arriérés venus d’ailleurs) et fichons une bonne fois la paix aux gens sur comment ils s’habillent, se chaussent, ou se coiffent. Sinon, de fil en aiguille, en jouant ainsi les antipapes de la fripe, on finirait purement et simplement, dans notre bonne foi hautaine et outrecuidante, comme une converse occidentale de l’Iran (cf les observations savoureuses de Marjane Satrapi dans PERSEPOLIS sur le harcèlement vestimentaire quotidien par les constables de Téhéran) ou, plus proche de nous, comme le régime des colonels grecs de 1974, quand les soldats arrêtaient les garçons dans le vent sur la voie publique et leurs coupaient les cheveux de force

En rajustant un salaire ou un code d’héritage injuste, en bons démocrates, on protège directement le droit de quelqu’un. En dictant aux gens comment se coiffer, en mauvais démagogues, on instille nos préjugés dans l’affaire et on ne protège le droit de personne. Ce sont là des problèmes parfaitement distincts et, encore une fois, finalement assez simple… quand on les dépouille de la compulsion xéno inavouée qui les émulsionne et les brouille à l’excès.

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Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

32 pensées sur “Athée, rationaliste et… solidaire de ma compatriote voilée

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    12 septembre 2013 à 8 08 04 09049
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    L’hypocrisie sexiste envers la liberté des femmes en occident doit être dénoncer. C’est bien beau être contre le hijab mais regardez la mode chez les adolescentes occidentales, c’est de la provocation sexuelle qu’on recherche ou quoi? Pour faire sa promotion sociale en occident, la jeune femme doit-elle être absolument sexy pour réussir, c’est encore du sexisme pervers. Certaines de leurs valeurs devraient changer certes mais les notre également.

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      12 septembre 2013 à 22 10 20 09209
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      Je suis entièrement d’accord. Nous aussi, nous devons arrêter de nous imaginer qu’une femme dénudée est une femme plus libérée qu’une autre…

      Je trouve également très démagogique de brandir la sacro-sainte égalité homme-femme pour nous vendre cette charte:

      1- Parce qu’à mon avis, c’est de la propagande issue d’une mauvaise interprétation des textes sacrées, celle qu’en font les intégristes plus précisément… Par exemple, la bible, ne dit pas que la femme est moins importante que l’homme, mais plutôt que nous sommes complémentaires.

      Deuxième raison: Comme le dit si bien Mr Laurendeau, la femme musulmane se libère doucement et avec cette charte, nous stopperons sa progression. Donc, ce ne sera nullement une avancé sur le plan des droits humains.

      Enfin, troisième raison, cette charte cherche à diviser les québécois entre Laïques et non laïques et à uniformiser notre société pour la rendre conforme aux désirs de qui, de quoi? Je me pose la question…

      On fait dans cette charte de la laïcisation une religion, qui s’inscrit sans doute dans un objectif de nouvel ordre Mondial, d’uniformité Internationale…

      Propagande dans les publicité de cette charte: Je constate qu’on essaie de nous vendre l’idée, que d’un coté, il y a les religions, de l’autre la charte des droits et libertés. C’est vraiment très simpliste parce que ce n’est pas la religion, la plus grande cause de guerre, mais bel et bien l’intolérance face à la différence ou l’intégrisme si vous préférez. Plus généralement, la haine du voisin et l’appât du gain. (argent, pétrole, conquête de territoire)

      Quoi qu’il en soit, c’est triste à dire, mais notre intégrisme passé, celui que nous avons eu avec les amérindiens nous revient en pleine gueule comme un mauvais karma.

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    12 septembre 2013 à 8 08 26 09269
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    Entre le noir et le blanc toute une variété de couleur et de nuances de gris. Intéressante analyse.

    Conjurer la peur de la différence, celle du renard face au lion, et considérer que « personne n’aime les missionnaires armés ».

    L’ethnologie vestimentaire; les plus vieux se souviendront des jeans des cheveux longs et du pendentif peace and love de fer blanc doré, symbole d’une certaine anthropologie sociale mais d’abord politique et sans ethnie contre la guerre du Vietnam. (Un aparté sur les symboles, puisqu’ici on discute de signes religieux ostensibles.)

    « …savoir laisser la chimie du contact interculturel jouer plus doucement » Le fameux Solve Coagula.
    Tout en restant prudent comme vous le suggérez au début de votre texte, sachant que la grenouille dans le chaudon qui chauffe ne sait pas que la « patience méthodique » peut être fatale.

    Vos liens m’obligent à plus de lecture intéressante. Merci

    DG

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    12 septembre 2013 à 12 12 27 09279
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    Le problème «à mon sens» dans votre analyse est qu’elle surfe sur une sorte de confusion de la situation. (Il est aussi possible que mon cerveau n’ait absolument rien compris de vos propos.)

    On accuse le projet Marois d’interdire aux gens le droit de porter certains apparats reliés à leur religion et on va même jusqu’à accuser le projet du gouvernement péquiste de vouloir interdire la liberté religieuse.

    Le projet est en fait très clair, il s’agit simplement d’établir clairement un devoir de réserve religieuse en plus de politique pour les agents et agentes de l’État offrant des services aux citoyens.
    L’objectif est d’offrir aux citoyens de toutes religions et de toute «intensité» religieuse (parce qu’il y en a qui s’haïssent et s’haïront toujours) un environnement neutre où aucune règle ou loi émanant d’une religion précise ne dicte le mode de vie et où aucun signe religieux visible ne peut être perçu dans les services de l’État.

    On obtient ainsi un environnement gouvernemental neutre et égal pour tous. Une sorte de dénominateur commun «essentiel» pour la sauvegarde de notre Paix collective. Favoriser les privilèges des uns ou des autres fait en sorte de faire grandir des frustrations chez certains groupes qui risquent de déboucher dans des affrontements de communautés fermées et de plus en plus hermétiques. Il nous faut un gouvernement égal pour tous. Il nous faut un environnement «dénominateur commun».

    La liberté religieuse n’est pas menacée.
    La liberté de porter des signes religieux dans les endroits publics n’est pas menacée.
    On ne parle pas de fermer les églises, les mosquées ou les synagogues.

    On parle que les agents-es de l’État au service des citoyens doivent avoir un devoir de réserve et politique et religieux, point à la ligne.

    Il faut cesser d’extrapoler vers des considérations que je qualifierais de ridiculement exagérées.

    Il faut discuter si nous voulons revenir à ce que la religion influence nos politiques ou reste en dehors de nos lois régissant notre société.

    Lorsque nos soeurs et nos frères de l’instruction chrétienne ont abandonné leur soutane et leur capuche, la soeur Catherine qui m’enseignait la chimie est toujours restée soeur Catherine et les frères Bourbonnais, Nadeau, Célestin et tous les autres sont demeurés les frères Célestin, Nadeau, Bourbonnais, etc. Cela nous faisait juste « drôle » de les voir habillés en «vrai monde» comme on disait à l’époque. Et eux, ils ont passé au travers sans pour autant renier leur religion et même en gardant le sourire accueillant. Ceci est une histoire religieuse vécue et que vous avez sans doute aussi vécue.

    Nos prêtres au col romain ont perdu pour la plupart leur fameux col et les évêques ne portent même pas dans bien des cas leur costume religieux officiel. Ils n’ont pas moins d’autorité religieuse pour autant.

    Pourquoi donc pour les femmes musulmanes en serait-il autrement ?
    Le voile est-il greffé à leur peau ?
    Qui donc les oblige à non pas l’enlever, mais le garder ?
    Qui donc les empêche d’accepter un emploi où il doive remiser leur voile sur leur temps de travail ?
    Est-ce le gouvernement Marois ou leur dieu allah ?
    Notre dieu est-il plus permissif que le leur ?
    Qui donc est à blâmer ?
    Le gouvernement, allah ou yahvé ?

    J’ai refusé personnellement plusieurs emplois où on exigeait le veston cravate.
    Ma compagne a été confrontée à une compagnie qui voulait l’obliger à porter la jupe (de telle longueur et de telle teinte). Nous avons dû renoncer à ces emplois parce que ce code vestimentaire était contre nos principes. Avons-nous été «discriminés» ? Ou est-ce simplement notre tête de cochon qui fit en sorte de nous priver de ces postes intéressants ?

    Je crois que dans la vie chacun doit assumer ses choix personnels sans accuser la société de les empêcher de vivre comme il l’entende.

    Refuser d’enlever son voile, sa kippa, sa croix ou son kirpan est un choix personnel.
    Et les choix personnels doivent, à mon humble avis, être assumés personnellement par chaque personne (pléonasme volontaire).

    Je crois que dans ce débat il faut s’efforcer de ne pas «exagérer» la portée de la loi prévue. Je crois que l’on doit s’efforcer de discuter des points réels et précis de la loi et non lui attribuer toutes sortes d’intentions qui peuvent se rendre au sapin de Noël en passant par la lapidation.

    La laïcité c’est la séparation de l’église (la religion) et de l’État.
    La liberté religieuse, la liberté de conscience, de pensée et de croyance «personnelle» ne sont nullement menacées parce qu’une société adopte des règles mettant tout le monde sur exactement le même pied concernant les services publics.

    Amicalement,

    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Je crois qu’il est important de réfléchir sur tous ces gens qui «hors de nos frontières» s’intéressent avec une passion «étonnante» à nos décisions internes.

    Je crois que ce projet de loi qui devrait être une affaire interne rejoint étrangement des politiques internationales ! Pourquoi donc le monde est-il si sensible aux libertés individuelles ? Pourquoi la situation de la femme et des hommes en Arabie saoudite et dans plusieurs autres Pays. Pourquoi la charia peut devenir démocratique à certains endroits ?

    Pourquoi favorise-t-on que la religion s’ingère partout dans les lois des États ?
    À mon avis ce volet mérite que l’on s’y attarde.

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    12 septembre 2013 à 12 12 43 09439
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    Un changement d’angle est proposé ici. Il ne s’agit pas de religion mais d’habillement… Et des parties du corps qu’on cache avec un habillement (un habillement civil, hein, laissons les cornettes et les collets romains de côté pour le moment). Cela varie profondément avec les cultures. Je pense que dicter aux gens comment s’habiller est une brutale atteinte aux libertés individuelles les plus intimes. Vos exemples sur le costard et la jupe le montrent brillamment. Dicter une tenue, c’est ouvertement fascisant. Ceux qui le font ne sont pas de mon camp et ne promeuvent pas le modèle de société que je promeus. Ils allument des feux et, pour ma part, je ne combat pas le feu par le feu…

    Je suis ni pour le voile ni pour l’absence de voile. Je suis pour le libre arbitre. Quand le voile est encore en place, j’attends. Quand le voile est tombé de lui-même, je défends celle qui ne le porte plus. Je suis fermement solidaire de ma compatriote ayant retiré son voile en vertu de son propre libre arbitre… mais je ne formule pas ce choix pour elle.

    Car dicter de l’enlever, au travail comme ailleurs, c’est aussi brutal que dicter de le mettre… Je ne la joue pas sur ce ton là… je ne m’enchâsse pas sur ce rail là… C’est une erreur intellectuelle et pratique.

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    12 septembre 2013 à 13 01 54 09549
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    Paul vous dites: «un habillement (un habillement civil, hein, laissons les cornettes et les collets romains de côté pour le moment). »

    C’est une grave erreur.
    Pourquoi laisser les cornettes et les collets romains de côté ?
    C’est EXACTEMENT de quoi on parle.
    Les cornettes de nos soeurs et les collets romains de nos curés sont des signes religieux aussi visibles que le voile musulman et que la kippa, le turban et le kirpan.

    Nous ne parlons pas d’habillement dans le projet du gouvernement, nous parlons de signes religieux.

    On peut aussi parler de code vestimentaire si on dit que le voile n’est que coquetterie comme dans certains cas disant que ce vêtement « anodin » et « non-religieux » ne fait que refléter la personnalité !

    Alors, le débat se transporte ailleurs. Nous parlons donc de code vestimentaire et dans ce cas les discriminations sont courantes et depuis longtemps. Pourquoi donc aujourd’hui faire une crise pour défendre ce bout de tissu alors que jamais il n’y a eu crise pour le port de la cravate du jeans et de la ceinture fléchée ?

    Le débat qui nous préoccupe présentement concerne «les signes religieux» et non pas une tenue vestimentaire.

    Si par contre ceux qui veulent défendre le signe religieux du voile en le banalisant au rang d’un vêtement coquet quelconque alors on peut débattre en abordant cet aspect des codes vestimentaires de tout acabit très répandu depuis longtemps et qui n’a jamais soulevé aucune passion de la liberté personnelle de pouvoir s’habiller librement comme chacun l’entend afin de refléter la personnalité de chacun.

    Mais cet aspect triche le débat.

    Le débat ne concerne nullement un vêtement quelconque.

    Le foulard islamique ou la kippa juive ou le kirpan sikh ou la croix catholique ne sont pas des breloques ou des vêtements anodins, tout comme le collet romain ou la cornette des bonnes soeurs, ce sont des signes religieux apparents. Nier ce fait c’est, à mon sens, faire preuve de malhonnêteté intellectuelle.

    Serge Charbonneau
    Québec

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    12 septembre 2013 à 13 01 58 09589
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    Lorsque vous dites Paul:
    «Je pense que dicter aux gens comment s’habiller est une brutale atteinte aux libertés individuelles les plus intimes»

    Voulez-vous dire que vous êtes contre tous les codes vestimentaires qui prévalent à travers multitudes d’emplois et de postes ?

    Comment voyez-vous ces écoles qui obligent les étudiants à porter un costume ?

    Ici, il est clair que nous abordons un autre débat.
    Nous ne sommes plus du tout dans ce projet de loi parlant de la laïcité de l’État.
    Nous ne parlons plus du tout de signes religieux apparents.
    Nous parlons de vêtements.

    Le gouvernement s’apprête-t-il, selon vous, à légiférer les tenus vestimentaires ou les signes religieux ?

    Amicalement,

    Serge Charbonneau
    Québec

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      12 septembre 2013 à 14 02 22 09229
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      Voulez-vous dire que vous êtes contre tous les codes vestimentaires qui prévalent à travers multitudes d’emplois et de postes?
      Plutôt très contre…

      Comment voyez-vous ces écoles qui obligent les étudiants à porter un costume ?
      Très mal. Ce sont habituellement des institutions de droite, élitistes, ouvertement et impunément méprisantes -justement!- de la laïcité la plus élémentaire et qui ne mettent pas grand chose de bon dans la tête de nos enfants.

      Le gouvernement s’apprête-t-il, selon vous, à légiférer [sur] les tenues vestimentaires ou [sur] les signes religieux?
      Sur tout un bric-à-brac procédant des droits individuels les plus minimaux, dont des tenues vestimentaire en les considérant (suite à une analyse fort sommaire et souvent fausse – voir mon article de la semaine prochaine) pour des signes religieux.

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        12 septembre 2013 à 15 03 16 09169
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        Vous dites Paul que le gouvernement s’apprête à légiférer «[Sur] tout un bric-à-brac procédant des droits individuels». Je crois que vous avez une vision très confuse du projet de loi. Et cette confusion est véhiculée allègrement et intensément par des gens de partout.

        Je crois que vous devriez lire avec moins de craintes émotives le projet de loi.

        De dire «[sur] tout un bric-à-brac procédant des droits individuels» m’apparaît nettement excessif.

        Le projet de loi est très clair et très précis. Il s’agit de dire clairement que les agents-es de l’État au service des citoyens doivent avoir un devoir de réserve concernant la religion. Rien de plus.

        Toutes les peurs lancées à gauche et à droite sont, à mon avis, que purs délires.

        La population demande depuis des années que notre gouvernement établisse des balises claires concernant la politique et la religion. Le projet de loi tente de répondre à cette demande très nette de la population.

        Serge Charbonneau
        Québec

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          12 septembre 2013 à 15 03 33 09339
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          Je n’ai aucune « crainte émotive » sur cette question et mes positions sur la laïcité sont fermes, bien plus fermes et gauchistes que celles de ce gouvernement biaiseux, instable parlementairement et fort suspect, qui ratisse amplement à droite et qui enchevêtre laïcité et « patrimoine » d’une façon qui défie toute cohérence d’inspiration « républicaine » ou autres…

          Vous aimez les questions dialectiques Serge. En voici une pour vous. Ils attendent quoi pour démanteler unilatéralement et sans compensation les systèmes scolaires non-publics catho et protestoto de tout le Québec? Ce serait ça, un vrai commencement de laïcité. Non, on préfère taper à la démago sur nos compatriotes les plus vulnérables. C’est pas fort fort comme maturité nationale, ça…

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    12 septembre 2013 à 14 02 12 09129
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    @Paul Laurendeau

    J’aime votre article. Je serai concise dans mon propos – trop d’explications dans un commentaires finit par embrouiller.
    Je retiens : «Je suis ni pour le voile ni pour l’absence de voile. Je suis pour le libre arbitre.» En ce sens, je vous rejoins. Et votre article enrichit ma pensée.

    Que vous disiez que les différents voiles ne sont pas des signes religieux, c’est votre opinion. L’important pour moi est le respect que vous démontrez envers la femme, la compatriote au voile, qui décidera elle-même de l’enlever de son plein gré, ou de le garder.

    Revenons à l’essentiel : au-delà des débats intellectuels, le comportement d’une personne est ce qui importe.

    Carolle Anne Dessureault

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      12 septembre 2013 à 14 02 30 09309
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      Vous captez l’essentiel, Carolle-Anne. Une de mes compatriotes au voile disait hier sur Radio-Canada: « C’est pas parce que je suis voilée que je suis soumise ». Je la crois. Cela me dépayse mais je la crois. Je suis Œdipe les yeux crevés posant, au soir de sa vie, sa main sur l’épaule d’Antigone, qui, elle, femme (voilée ou non) y voit et le guide. C’est elle qui m’aide à voir ce que mon cadre d’homme occidental ne me fournit pas. Les yeux du collectif sont aussi ceux qui portent le regard de la prudence rationnelle.

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        12 septembre 2013 à 15 03 18 09189
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        Qui donc veut obliger les femmes à se dévoiler ?

        Serge Charbonneau
        Québec

        Répondre
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            12 septembre 2013 à 15 03 40 09409
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            Moi non plus.
            Mais c’est bien de cette peur dont on parle, n’est-ce pas?

            Alors qui donc fait cette menace?

            Serge Charbonneau
            Québec

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        12 septembre 2013 à 15 03 29 09299
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        J’aurais préféré lire que vous étiez plutôt comme Michel Strogoff rendu aveugle par un bourreau alors qu’Oedipe a préféré se culpabiliser pour le crime de sa mère.

        Quand à votre compatriote voilée, elle est soumise sinon à son mari, du moins, comme nos mères au Québec jusque dans les années 70, à la religion, donc affligée d’une certaine cécité psychologique caveat à ne pas les suivre aveuglément.

        Imaginez pour un instant Carolle voilée. Ce serait un péché.

        Affectivement.

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          12 septembre 2013 à 15 03 48 09489
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          Concernant le port du voile si difficile à cerner et comprendre…

          Je crois que nous devrions tous, hommes et femmes le porter au moins quelques jours afin de tenter de mieux comprendre ces femmes.

          Et je ne crois pas que le charme de Mme Carolle peut se faire diminuer à ce point par un voile. On serait peut-être même surpris de constater que ses yeux étaient voilés par l’éclat de ses cheveux.

          Quant à moi, sûrement qu’un voile améliorerait mon apparence. Dans mon cas, le moins on en voit, le mieux je parais. Voilà pourquoi j’ai toujours voulu resté derrière la caméra.

          Amicalement

          Serge Charbonneau
          Québec

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            12 septembre 2013 à 16 04 05 09059
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            Bon, j’avais zoomé 400 fois avant d’écrire.

            C’est la ligne du cou qui disparaîtrait sous n’importe quel voile. Rose sur sa tige. Le charme.

            Mais bras résolument croisés sur sa poitrine, l’épine?

            Quel péché se serait…

            Affectivement.

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            12 septembre 2013 à 17 05 10 09109
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            Je crois que nous devrions tous, hommes et femmes le porter [le voile] au moins quelques jours afin de tenter de mieux comprendre ces femmes.

            L’idée n’est pas sans mérite, Serge.

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            12 septembre 2013 à 18 06 19 09199
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            @Paul et Serge,

            Je crois que c’est une erreur de perspective.

            Comme l’arc en ciel, le phénomène se produit de l’autre côté.

            Affectivement.

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            13 septembre 2013 à 10 10 21 09219
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            http://www.les7duquebec.com/7-au-front/laicite-ouverte-ou-laicite-definie-eh-bien-laicite-ouverte-et-laicite-definie/

            « Par contre, je tombe quand même sur ceci:

            «Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations, et conformément à l’usage.
            Les hommes ont cependant une prééminence sur elles.
            Dieu est puissant et juste.»

            Le Coran
            (traduction D. Masson), Sourate 2 (La vache), fin du verset 228.

            « Force est donc de conclure que la coutume et l’us peuvent imposer, sous la houlette de l’homme, des tenues que le Coran n’impose pas explicitement, se contentant, lui, de dicter, sans ambages, la prééminence masculine… »

            CQFD

            Affectivement.

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        12 septembre 2013 à 15 03 55 09559
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        D’Échyle à Annouilh l’allégorie d’Antigone varie selon la résistance qu’on veut lui prêter. Principalement à défendre une culture ou un culte (enterrer son frère pour ne pas le laisser au charognards) et à braver l’interdit face aux lois dictées par l’ordre établi. Les suicides qui suivront sont assez désolants.

        Nous n’en sommes pas à toute cette tragédie.

        DG

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    12 septembre 2013 à 16 04 01 09019
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    Je crois que trop de choses encombrent déjà le Libre-Arbitre. Je saisi l’essence du besoin de protéger la culture. Si c’est important pour vous, vivez la, exprimez la fièrement, volontairement, de façon participative!

    Pourquoi toujours tout remettre dans les mains de l’état?
    Il me semble qu’on devrait commencer à savoir ce que ça donne!

    De grâce, les limitations nous emprisonnent encore plus dans le rôle de victime du système. Il faut en enlever, pas en ajouter!

    Pensez à tout ce qu’on pourrait créer avec l’énergie qu’on dépense dans la division et la confrontation à l’échelle provincial sur un tel débat. Imaginez cette énergie consacré à coopérer, combien de vies nous pourrions améliorer?!

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    12 septembre 2013 à 22 10 24 09249
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    Ah oui… J’ai oublié de remercier Paul Laurendeau pour ce texte merveilleux qui me fait voir qui me réconcilie un peu avec les athées. 😉

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    13 septembre 2013 à 10 10 45 09459
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    .
    .
    CQFD [dit Le Gaïagénaire]

    Ah bon? Ne confondons pas fripe et principes.

    Ce n’est pas le voile le problème. C’est la théocratie phallocrate coranique (qui, elle, est bien attestée dans le texte). Qu’une femme veuille porter un fichu pour cacher pudiquement ses cheveux, grand bien lui fasse, tant qu’elle ne se fait pas spolier de ses biens par un code d’héritage inique. S’en prendre au voile c’est faire de l’exclusion superficielle pour ne pas affronter les vrais problème de laïcisation juridique. C’est de la petite politique tout ce qu’il y a de plus typique. Haro sur le baudet voilé…

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      13 septembre 2013 à 10 10 57 09579
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      @Paul,

      Nous sommes d’accord.

      C’est ce que je veux dire par l’arc en ciel dont le phénomène se produit à l’opposé d’où il apparaît..

      Affectivement.

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    25 juin 2015 à 3 03 16 06166
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    Cool , on pourra aussi se balader à poil chez vous !!

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      25 juin 2015 à 7 07 08 06086
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      Oui, mais les penseurs suspects sont pas bienvenus. Vous risquez donc d’avoir plus d’ennuis chez moi pour vos idées que pour votre tenue… Enfin on débattra…

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    4 mai 2018 à 9 09 58 05585
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    Bonjour à tous. Lorsque J’ai quitté la Colombie, je n’ai gardé pour moi – et mes futures générations- deux choses: la langue et la façon comme élever nos enfants… Le restant, je l’ai supprimé, car- si je me trouve aujourd’hui au Québec- c’est parce J’ai décidé de l’accepter. Bref, la Colombie et sa culture est dans la marde à cause de nous les colombiens et si je décide de vivre au Québec comme en Colombie, alors le mieux qu’on peut faire est de retourner.

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